À Montpellier, CHD ART MAKER associe un studio de conception technique et un atelier de fabrication dédié à la création contemporaine. L’équipe accompagne des artistes, des architectes, des institutions et des maîtres d’ouvrage publics ou privés lorsqu’une œuvre doit passer de l’intention à une réalisation concrète. Sculptures, installations artistiques, dispositifs architecturaux, prototypes et petites séries moulées sont étudiés selon leur échelle, leur matière, leur environnement et les conditions de leur installation. Le travail ne se limite pas à une opération de production : il relie analyse du projet, choix constructifs, essais, fabrication, assemblage, transport et pose.
Un studio-atelier né de la création contemporaine
CHD ART MAKER a été cofondé en 2001 par Christian Hubert-Delisle et Bénédicte Baqué. Le studio est aujourd’hui piloté avec Adrien Gorris, autour d’une équipe technique et d’un réseau de partenaires spécialisés. Cette organisation s’est construite sur plus de vingt-cinq ans de projets menés avec des créateurs et des commanditaires confrontés à des œuvres de grande dimension, à des matériaux variés ou à des contraintes particulières de lieu. L’atelier revendique le label Entreprise du Patrimoine Vivant depuis 2018, renouvelé en 2025.
L’identité de CHD ART MAKER tient dans le dialogue entre la conception et le faire. Avant de lancer une fabrication, l’équipe cherche à comprendre l’intention artistique, la place de l’œuvre, ses usages éventuels et les contraintes qui entourent son apparition. La géométrie, les assemblages, la résistance des éléments, la circulation autour de la pièce et la manière de l’entretenir peuvent être abordés au même moment. Cette lecture d’ensemble permet de conserver la force du projet tout en donnant une forme réalisable aux idées du créateur.
Le site montpelliérain réunit un studio consacré aux études et aux échanges ainsi qu’un atelier comprenant un laboratoire composites et résines, des espaces pour le métal et le bois, une zone de finitions et un plateau de montage modulable. Les œuvres y sont fabriquées ou préassemblées ; des ajustements, des essais de matière et des validations peuvent être réalisés avant leur départ. Cette configuration est adaptée aux pièces qui doivent être contrôlées en volume plutôt que seulement sur un plan ou une image de synthèse.
Étudier la faisabilité avant la fabrication
La première expertise de CHD ART MAKER consiste à étudier le projet avec le créateur et la maîtrise d’ouvrage. L’analyse porte sur le lieu, les dimensions, les accès, les contraintes structurelles, les conditions environnementales et les objectifs de réalisation. La modélisation 3D et la conception paramétrique servent à comprendre les formes, à préparer des assemblages et à anticiper les points délicats. Les maquettes, les prototypes et les échanges techniques donnent la possibilité de comparer plusieurs solutions avant d’engager les opérations les plus lourdes.
Cette phase peut également intégrer une faisabilité budgétaire et un examen des partenaires nécessaires. Lorsqu’une pièce demande une découpe numérique, une structure particulière, une finition industrielle ou une capacité de levage, ces besoins sont identifiés en amont. Le studio coordonne alors les compétences utiles au projet et conserve une vision d’ensemble des choix opérés. Le créateur garde la maîtrise de l’intention et des effets recherchés ; l’équipe technique veille à ce que la réponse matérielle reste cohérente avec les contraintes du lieu.
Les documents d’exécution, les essais de textures et de teintes, les prototypes et les préassemblages permettent de faire circuler les décisions entre les personnes concernées. Une surface n’est pas seulement choisie pour son aspect sur écran : elle peut être observée dans la lumière, manipulée, comparée à une autre finition et appréciée à l’échelle prévue. De même, une jonction ou un système de fixation peut être vérifié dans sa configuration réelle avant l’arrivée sur le site définitif.
Une fabrication multi-matériaux
L’atelier travaille le métal, le bois, les composites, les résines, le verre, le béton, la céramique et le textile, selon les exigences de chaque œuvre. Cette diversité ne signifie pas que les matériaux sont employés indistinctement. Ils sont sélectionnés en fonction de la forme, du poids, de la stabilité, de la texture, du rendu lumineux et de la manière dont l’objet sera transporté ou installé. Une sculpture destinée à l’espace public ne rencontre pas les mêmes contraintes qu’un élément d’exposition intérieure ou qu’un prototype destiné à une série limitée.
Les savoir-faire annoncés comprennent la mécano-soudure, la menuiserie, le moulage, la stratification et les assemblages complexes. Dans le laboratoire composites et résines, les équipes peuvent développer des masters, des moules et des tirages. Les espaces métal et bois servent à construire les éléments et à préparer les ajustements. Le plateau de montage donne enfin la possibilité de réunir des pièces de tailles différentes, d’observer leurs relations et de tester la logique d’un assemblage avant son démontage.
CHD ART MAKER pilote aussi des opérations réalisées par des partenaires spécialisés : usinage CNC, découpe laser, jet d’eau, numérisation ou scan 3D, structures métalliques, thermolaquage et traitements de surface. Le rôle de l’atelier consiste alors à traduire les besoins de l’œuvre, à suivre les étapes et à contrôler la compatibilité des résultats avec le projet. Cette coordination complète le travail manuel au lieu de le remplacer. Les finitions et les procédés industriels sont intégrés à une démarche où les formes, les couleurs, les textures et les assemblages restent liés à l’intention artistique.
Installer, documenter et faire voyager les œuvres
Une œuvre fabriquée en atelier doit encore trouver sa place. CHD ART MAKER accompagne les opérations d’installation en étudiant les méthodes de pose, les fixations, le levage, la sécurité et la conformité attendue sur le site. Les préassemblages servent à réduire les incertitudes et à repérer les éléments avant le départ. La documentation technique, les notices d’assemblage et les indications de conditionnement facilitent ensuite le passage entre la fabrication, le transport et le montage.
La logistique fait partie de la continuité du projet. Une pièce monumentale peut être démontée en sous-ensembles, identifiée, protégée et préparée pour un parcours qui associe transport, manutention et remontage. Les dimensions des accès, la nature du sol, les possibilités de levage et la chronologie du chantier peuvent influencer les décisions prises dès la conception. En conservant le lien entre ces étapes, l’atelier aide à éviter qu’une difficulté de pose ne remette en cause une solution esthétique ou constructive choisie trop tard.
CHD ART MAKER intervient en France et à l’international. La présentation de l’atelier mentionne des expériences aux États-Unis, en Europe et en Asie, ainsi qu’une présence de travail à Paris, Londres, Shanghai, New York et Venise. Ces implantations décrivent des contextes d’intervention et des liens avec les créateurs, les institutions ou les commanditaires ; le cœur du studio-atelier et de sa fabrication se trouve à Montpellier. L’équipe peut ainsi préparer des projets destinés à des environnements culturels et techniques différents, tout en conservant une organisation commune pour les études, les validations et la documentation.
Restaurer et prolonger la vie d’une œuvre
La quatrième expertise est consacrée à la restauration. Elle commence par un diagnostic et par la définition d’un protocole adapté à la pièce. Selon son état, l’intervention peut se dérouler dans l’atelier ou directement sur le site. La préservation, la remise en état d’un élément et la recherche d’une seconde vie ne demandent pas forcément les mêmes gestes qu’une fabrication neuve. L’histoire matérielle de l’œuvre, ses assemblages et son environnement doivent être pris en compte pour ne pas effacer ce qui fait sa singularité.
Dans une restauration, le travail peut associer observation, démontage maîtrisé, reproduction d’une pièce, adaptation d’un support ou reprise de finition. Le choix d’un matériau de remplacement et la manière de le relier à l’existant peuvent modifier l’équilibre de l’ensemble. Les essais et la documentation servent alors à conserver une trace des décisions et à rendre l’intervention compréhensible pour la suite. L’objectif est de préserver la présence de l’œuvre tout en lui redonnant des conditions de stabilité et de présentation compatibles avec son usage.
Des réalisations qui montrent la diversité des échelles
Le projet « L’autre Mer » de Jean Denant, réalisé à Marseillan en 2017, illustre un travail où la matière et la dimension participent directement à l’expérience de l’œuvre. CHD ART MAKER y décrit un support en acier inoxydable et des feuilles d’inox polies, pour un ensemble d’environ 5,8 mètres sur 18,3 mètres. La découpe au laser, le polissage manuel et mécanique ainsi qu’un collage spécifique ont été mobilisés pour obtenir une surface dont les reflets dépendent de la lumière et de l’environnement. La fabrication devait donc articuler précision géométrique, qualité de surface et préparation de l’installation.
Avec « Very Hungry God » de Subodh Gupta, l’atelier a participé à une œuvre monumentale de 2006, mesurant environ 2,5 mètres sur 3,5 mètres sur 4 mètres et composée d’ustensiles en acier inoxydable. La présentation du projet distingue la sculpture de la forme, la définition de la construction, la fabrication, la maintenance, la manutention et l’installation. Cet exemple montre qu’une œuvre peut demander une organisation durable, bien au-delà du moment où les éléments sont assemblés pour la première fois.
Le projet « Snake » de l’agence R&Sie(n), réalisé à Paris en 2002, représente une autre relation entre art, architecture et prototype à grande échelle. Sa surface d’environ 400 mètres carrés associait plâtre, bois, composite, bambou et acier noir. Une réalisation de cette nature oblige à réfléchir à la continuité entre une forme expérimentale, ses matériaux, sa structure et les conditions de son montage. Elle correspond à l’approche d’un atelier capable d’accompagner une idée depuis la conception jusqu’à une mise en œuvre complexe.
CHD ART MAKER propose ainsi une pratique située entre atelier d’art, bureau d’étude technique et coordination de projet. À Montpellier, les espaces de fabrication, les essais multi-matériaux, la modélisation, les prototypes et les préassemblages donnent une réalité tangible aux projets contemporains. La maîtrise du métal, du bois, des composites, des résines, du verre, du béton, de la céramique et du textile s’appuie sur des gestes d’atelier, des outils numériques et des partenaires spécialisés. Cette combinaison permet de passer d’une intention artistique à une œuvre fabriquée, documentée, installée ou restaurée avec une attention constante portée aux formes, aux matériaux et au lieu.