À Juvisy-sur-Orge, dans l’Essonne, Chloé Hoquet exerce comme créatrice joaillière et ciseleuse. Son atelier associe la fabrication de bijoux d’art à un savoir-faire de travail du métal transmis par l’apprentissage auprès de maîtres artisans. Elle conçoit des pièces uniques et des bijoux sur mesure inspirés de l’orfèvrerie antique, des formes archaïques et de l’abstraction géométrique. Le résultat cherche un équilibre entre la structure du bijou, la texture du métal et la lumière qui se pose sur sa surface. L’Institut pour les Savoir-Faire Français et Ateliers d’Art de France présentent son activité autour de la joaillerie, de l’orfèvrerie et de la ciselure, pour une clientèle de particuliers comme de professionnels.
La ciselure intervient après la conception de la forme et permet de donner au métal une peau, un relief ou une vibration particulière. Elle ne consiste pas simplement à graver un dessin. Le ciseleur travaille la surface avec des outils adaptés pour créer des lignes, des creux, des bosses et des textures qui modifient la manière dont la matière réfléchit la lumière. Un motif peut rester très discret, apparaître seulement lorsque le bijou bouge ou devenir le caractère principal d’une bague, d’un bracelet ou d’un pendentif. Chloé Hoquet utilise cette technique pour faire dialoguer la joaillerie artisanale avec une approche plus sculpturale du bijou.
Son parcours commence par une formation aux métiers d’art à l’École Boulle, avec une spécialisation en ciselure. Pendant trois ans, elle apprend auprès de Guillaume Estrade, maître orfèvre et Meilleur Ouvrier de France. Sa pièce de diplôme, intitulée Icarus, est un service à champagne cinétique inspiré du praxinoscope d’Émile Reynaud. Cette réalisation, conçue autour du mouvement d’une libellule, lui ouvre l’accès à des concours et à des expositions en France et à l’international. Elle reçoit également un Prix Avenir Métiers d’Art national, distinction mentionnée dans la notice de l’Institut pour les Savoir-Faire Français.
Après l’École Boulle, Chloé Hoquet poursuit son apprentissage auprès d’un maître joaillier à Montpellier. Elle y découvre les rudiments de la joaillerie faite main dans une famille d’artisans qui transmet ce métier depuis plusieurs générations. Elle travaille ensuite dans un atelier de joaillerie à Paris sur des maquettes, des décors ciselés et la fabrication de pièces de haute joaillerie. Cette expérience lui apprend la rigueur nécessaire pour tenir une ligne, respecter une proportion et exécuter un détail avec régularité. En tant qu’indépendante, elle collabore aussi avec des maisons de la place Vendôme pour la mise en forme et le repoussage de motifs et de textures sur des bracelets, des manchettes, des bagues et des boucles d’oreilles.
La forge des outils constitue une étape singulière de sa pratique. Chloé Hoquet fabrique à la main les ciselets et les traçoirs qui lui servent à obtenir les textures recherchées. Chaque outil possède une forme et une empreinte particulières. Le ciselet peut dessiner une ligne, marquer un contour ou produire un effet de surface ; l’outil mat peut casser l’éclat du métal et créer une zone plus douce. Le geste ne se résume pas à frapper plus ou moins fort. Il faut contrôler le rythme du martelage, la direction de l’outil et la répétition du motif pour que le décor conserve sa cohérence sur toute la pièce.
Le repoussé permet ensuite de construire des volumes dans une plaque de métal. La plaque est maintenue dans un ciment de fontainier posé sur un boulet de ciseleur. Le métal peut alors être embouti pour faire apparaître un relief. La pièce est retournée afin de reprendre les détails sur l’autre face, puis le travail se poursuit par étapes jusqu’à obtenir le volume et la précision souhaités. Cette alternance entre creux et relief donne au métal une profondeur que la seule couleur ne pourrait pas produire. Dans un bijou de petite dimension, chaque déplacement d’outil influence la lecture du motif et la manière dont la lumière circule.
Le tracé-mati intervient dans la finition de la surface. Les textures sont distribuées pour faire varier l’éclat, créer un contraste entre une partie lisse et une partie mate, ou rappeler les nervures d’une feuille, la maille d’un tissu et les effets d’une matière ancienne. La ciselure peut ainsi rester liée à un dessin géométrique ou s’inspirer de formes végétales et archaïques. Les bijoux présentés par Chloé Hoquet comprennent notamment les collections et pièces Basiléa, Granulation, Mycène, Rome, Rhombe, Artémis, Hélios, Selḗnē, Véga et Eiar. Les formes et les décors diffèrent, mais ils partagent une attention au relief, au contraste et à la présence de la matière.
L’or occupe une place centrale dans cette démarche. Le site officiel indique que Chloé Hoquet forge ses créations en or recyclé 18 carats, provenant d’un fondeur responsable certifié RJC-COC, ou à partir de l’or personnel confié par un client. Cette possibilité permet de transformer d’anciens bijoux en une nouvelle pièce. Le projet commence alors par un échange sur ce que l’on souhaite conserver : la matière, certaines pierres, un souvenir familial ou simplement la valeur affective de l’objet. Après définition de la forme, l’or peut être refondu et les pierres anciennes peuvent être intégrées lorsqu’elles sont adaptées au nouveau dessin. L’atelier présente cette transformation comme un travail de création partagé.
Les pierres précieuses et fines sont choisies en fonction de la pièce et du projet. Les collections publiées montrent des bagues et des colliers associés à des diamants ou à des saphirs, mais une demande sur mesure peut conduire à d’autres choix de couleur, de taille ou de présence. Le sertissage doit rester cohérent avec le décor ciselé : une pierre trop dominante peut effacer le travail de surface, tandis qu’un petit élément bien placé peut accentuer une ligne ou un relief. Le dessin, les proportions et les contraintes de fabrication sont donc étudiés ensemble. Les échanges préalables permettent de préciser la taille, la forme, le métal, la pierre et le caractère quotidien ou exceptionnel de la pièce.
Le processus de création sur mesure suit plusieurs étapes annoncées par Chloé Hoquet. Un premier rendez-vous sert à comprendre l’histoire, les envies et les usages associés au bijou. Des croquis permettent ensuite d’explorer la forme, puis un gouaché réalisé à l’échelle un permet de mieux percevoir les dimensions, les couleurs et la composition. Le choix de l’or et des pierres intervient avant la réalisation, qui est effectuée à la main avec une attention portée aux détails. Cette progression donne au client des points de discussion concrets sans réduire le projet à une simple sélection de catalogue. Une création existante peut également être réinterprétée selon la taille, le métal, les pierres ou certains éléments de dessin.
Les bijoux d’art proposés par l’atelier sont forgés en France et peuvent être accompagnés d’un certificat d’authenticité et de fabrication française. Le site présente des garanties et des conseils d’entretien : éviter les produits chimiques et le chlore, nettoyer avec des produits adaptés et ranger les pièces dans une boîte ou une pochette pour limiter les rayures. Ces précautions varient selon le métal, les pierres et la construction du bijou. Une demande de remise à taille ou de réparation peut être exposée directement à l’atelier, qui précise la solution possible après examen de la pièce.
À Juvisy-sur-Orge, Chloé Hoquet réunit ainsi le geste du ciseleur, la précision de la joaillerie et une recherche personnelle sur les formes anciennes et géométriques. La forge des outils, le repoussé et le tracé-mati donnent au métal une surface vivante, tandis que l’or recyclé et la transformation de bijoux personnels ouvrent des voies de création liées à l’histoire des clients. Pièce unique, réinterprétation ou projet entièrement dessiné, chaque demande se construit par le dialogue, les croquis et l’étude des matières. Le site officiel présente ses réalisations, son parcours et les modalités de prise de contact pour élaborer un bijou d’art ou un ouvrage ciselé adapté à une intention précise.