Atelier & professionnel

Chloé Sanier, céramiste designer à Uzès

Uzès

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Uzès, dans le Gard, Chloé Sanier crée des pièces en céramique sous le nom d’Atelier Chloé Paule. Son travail associe une recherche de formes, une attention portée aux surfaces et un univers graphique reconnaissable. Les objets peuvent être décoratifs ou utilitaires, réalisés comme pièces uniques ou en petites séries. La plupart présentent des contrastes bicolores, des motifs peints et des lignes gravées à la main. L’atelier boutique ouvert dans le quartier des Bourgades accueille aussi des activités de découverte autour de la terre, du modelage et de la décoration. La céramique y est abordée comme une pratique complète, depuis le dessin du motif et la préparation de la forme jusqu’aux cuissons et aux finitions.

Avant de se consacrer à la terre, Chloé Sanier a étudié le design textile à l’ENAD de Paris. Elle a ensuite travaillé pendant environ vingt-cinq ans dans la création, les tendances et la communication liées à la mode et à l’univers de la maison. Son expérience l’a conduite chez Première Vision, puis dans des fonctions de directrice artistique et de consultante en style. Elle a imaginé des univers pour la table, le mobilier, le textile, la lumière et la décoration, ainsi que des collections pour des marques. Cette trajectoire explique la place accordée à la couleur, au rythme des motifs et à la cohérence d’un ensemble dans ses créations en céramique.

Elle a également développé Marcelise, une marque de linge de maison durable. Le choix du lin et d’une fabrication de proximité en France ou en Europe y occupait une place centrale. Cette première activité indépendante a prolongé son regard de designer tout en l’orientant vers des objets destinés à durer. La rencontre avec l’argile, en 2021, a ouvert un nouveau champ d’expérimentation. Chloé Sanier a commencé à tourner et à modeler, puis a suivi des cours auprès de potiers de Saint-Quentin-la-Poterie et une formation au CNIFOP. Elle a ainsi construit une pratique où la conception reste importante, mais où le comportement de la matière impose aussi son propre rythme.

Le travail de la terre demande d’accepter plusieurs temps successifs. Chloé Sanier tourne ou modèle une forme, la laisse reposer, puis revient sur sa surface pour la dessiner et l’inciser. La pièce est ensuite séchée, cuite, parfois émaillée, puis soumise à une nouvelle cuisson selon le résultat recherché. Chaque étape peut modifier légèrement la forme, la couleur ou la lecture du décor. Le temps de repos permet d’intervenir sur une terre assez ferme pour être gravée sans perdre sa construction. Les cuissons transforment ensuite la matière et fixent progressivement l’équilibre entre le volume, le relief et la finition.

Les décors sont souvent réalisés à l’engobe selon une approche proche du sgraffito. Une couche colorée est appliquée sur la surface, puis certains traits sont dégagés ou incisés pour faire apparaître un contraste. Le geste ne se limite donc pas à poser une couleur : il construit une ligne, une profondeur et une relation entre une zone mate, une partie plus brute et une finition plus travaillée. Les motifs peuvent être poétiques ou géométriques. L’association d’une matière laissée plus nue et d’un décor précis donne aux objets une présence à la fois sobre et expressive. Les teintes annoncées par l’atelier comprennent notamment un noir bleuté, un vert jade et un rose nymphe.

Les collections commencent par un thème qui guide les formes et les dessins. La série Mirus s’appuie sur un bestiaire fantastique où apparaissent des plantes et des animaux, parmi lesquels un kraken, un tigre ou un serpent. Les influences folkloriques et japonaises se croisent dans ces figures sans réduire les objets à une illustration plate. Le dessin doit suivre la courbure du support, accompagner l’ouverture d’un vase ou se répartir sur une surface utile. Un animal peut devenir un élément du décor, une silhouette qui se découvre en tournant l’objet dans la main ou un motif répété avec de petites variations. La forme, la couleur et le récit visuel sont ainsi pensés ensemble.

Les pièces utilitaires conservent cette dimension graphique tout en répondant à un usage concret. Une tasse, un bol, un vase ou un autre objet de la maison doit pouvoir être regardé, manipulé et installé dans un environnement quotidien. Les proportions, la prise en main, l’épaisseur et l’équilibre comptent autant que le décor. Une pièce décorative permet davantage de liberté dans le volume, l’orientation et la répartition des motifs. Dans les deux cas, le travail manuel reste visible dans les irrégularités discrètes, la ligne gravée ou la rencontre entre une surface émaillée et une zone plus mate. Les petites séries gardent cette proximité avec la pièce unique, car le décor et la cuisson peuvent introduire de légères différences.

L’atelier propose aussi des temps de pratique autour du modelage. Les cours et stages s’adressent à différents niveaux, à partir de l’adolescence, et permettent de découvrir la relation entre une masse de terre et une forme construite. Modeler ne consiste pas seulement à creuser ou à ajouter de la matière. Il faut maintenir une épaisseur suffisante, éviter les tensions inutiles, soutenir les parois et anticiper le retrait au séchage. Une personne débutante peut commencer par une forme simple avant de travailler une ouverture, un relief ou un motif. L’accompagnement aide à comprendre les gestes, mais laisse aussi une place à l’essai, à l’observation et aux choix personnels.

La décoration intervient lorsque la forme est assez ferme pour recevoir un dessin ou une texture. Une incision trop profonde peut fragiliser la paroi ; une ligne trop légère peut disparaître après les cuissons. La position de la main, la vitesse du geste et l’outil choisi influencent le caractère du trait. Les engobes permettent de travailler des contrastes avant la cuisson, tandis que l’émail apporte une autre profondeur et modifie parfois la perception des couleurs. Les participants peuvent ainsi expérimenter une relation directe entre un motif préparé et les accidents mesurés que la terre et le feu introduisent dans le résultat final.

L’ouverture de l’atelier boutique à Uzès, en décembre 2023, a rapproché la fabrication, la présentation des objets et la transmission. Le visiteur peut y découvrir des créations qui ne sont pas seulement des surfaces décorées, mais des volumes pensés pour être observés sous plusieurs angles. Le lieu permet aussi d’expliquer les différences entre modelage et tournage, entre une pièce unique et une petite série, ou entre un décor peint et un décor gravé. Les échanges autour des usages, des couleurs et des dimensions peuvent aider à choisir un objet ou à mieux comprendre le temps nécessaire à sa réalisation. Les informations pratiques et les disponibilités évoluant, elles sont à prendre directement auprès de l’atelier.

La pratique de Chloé Sanier ne se limite pas à la céramique. Elle réalise également des travaux de gravure à l’eau-forte et de linogravure. Ces techniques prolongent son intérêt pour la ligne, l’impression et la composition, tout en imposant des contraintes différentes. Une plaque, une matrice ou une surface imprimée ne se travaille pas comme une forme creuse. La gravure demande d’anticiper les valeurs, les réserves et le rapport entre le trait et le fond. Ce travail sur le papier nourrit un dialogue avec les motifs céramiques, tandis que l’argile apporte une dimension tactile et volumique absente d’une image plane.

Le parcours de designer reste perceptible dans la manière de composer les collections. Une couleur n’est pas choisie isolément : elle répond à une forme, à un motif et à une ambiance. Un décor peut être très présent sur un côté puis laisser respirer une autre partie de l’objet. Une répétition n’est jamais parfaitement neutre lorsque chaque trait est repris à la main. Cette attention à l’ensemble permet de réunir des pièces différentes sans leur faire perdre leur caractère. Les contrastes entre le brut et le raffiné, entre une figure fantastique et une géométrie plus calme, donnent aux séries une cohérence qui passe autant par la matière que par l’image.

À Uzès, Atelier Chloé Paule propose donc une céramique où le dessin, le volume et le feu avancent ensemble. Le parcours de Chloé Sanier, commencé dans le textile et le design d’univers, s’est transformé au contact de l’argile sans abandonner la couleur ni la composition. Les pièces décoratives et utilitaires, les motifs gravés, les engobes contrastés et les petites séries portent une attention particulière au geste. Les ateliers de modelage ouvrent cette recherche à d’autres mains, avec une approche adaptée aux niveaux des participants. L’ensemble forme un travail singulier, situé entre objet quotidien, décor graphique et expérimentation patiente de la terre.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    Présentation de Chloé Sanier (site externe)

    Organisme : Atelier Chloé Paule

    Fait soutenu
    Le site officiel présente la formation en design textile, le parcours dans la mode et l’univers de la maison, la création de Marcelise, la découverte de la terre en 2021, les cours suivis auprès de potiers et la formation au CNIFOP.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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