À Carcassonne, Clément Keck développe CK Art et Artisanat autour d’une rencontre très personnelle entre le bois et le métal. Son travail donne naissance à des meubles, des sculptures, des luminaires et des objets décoratifs qui ne cherchent pas à effacer les différences entre les matières. Le bois apporte ses veines et sa présence chaleureuse ; le métal introduit une structure, une ligne et une autre façon de recevoir la lumière. Leur association permet de composer des pièces singulières, destinées à habiter un intérieur ou à attirer le regard comme une œuvre.
Clément Keck travaille seul dans son atelier carcassonnais depuis 2019. Cette échelle de fabrication favorise une relation directe avec les projets. Une demande de meuble sur mesure ne se réduit pas à une dimension à reporter sur un plan : elle demande de comprendre l’espace, les objets qui seront accueillis et la place que la réalisation doit occuper. La création peut alors trouver un équilibre entre usage quotidien et présence décorative. Le meuble reste fonctionnel, tout en portant une écriture qui ne ressemble pas à celle d’un produit standard.
Le bois et le métal réagissent différemment au toucher, à la lumière et aux variations de l’environnement. Une pièce de bois montre ses fibres, ses nœuds et ses changements de teinte. Une surface métallique peut être lisse, mate, brillante ou marquée par la rouille. Quand ces matières sont réunies, le dessin doit organiser leur contraste. Une structure métallique peut souligner une ligne de bois, tandis qu’un plateau ou un panneau peut adoucir la présence d’un piètement plus graphique. Le résultat tient autant à la proportion qu’à la matière elle-même.
Les créations de CK Art et Artisanat comprennent du mobilier de style et des curiosités plus insolites. Cette double orientation laisse une place à des pièces qui rendent service et à d’autres qui déplacent le regard. Un meuble peut conserver une forme reconnaissable tout en recevant des détails inattendus. Un objet décoratif peut emprunter une construction proche de l’assemblage ou de la sculpture. Dans les deux cas, la pièce doit pouvoir être reconnue par son allure, ses matériaux et la relation qu’elle entretient avec l’espace.
Le sur-mesure donne au mobilier une dimension architecturale. Une sellette, une table, un rangement ou un élément d’appoint doit s’inscrire dans un volume précis. Sa hauteur modifie la manière de poser un objet ou de le regarder ; sa largeur change la circulation autour de lui ; son épaisseur transforme la perception de la matière. L’association du métal et du bois permet d’ajuster ces rapports. Un cadre fin peut alléger une surface épaisse, alors qu’une structure plus présente peut donner de la force à un plateau ou à un ensemble de niveaux.
La Sellette 4 plateaux illustre cette réflexion sur la superposition. Plusieurs surfaces organisent des hauteurs et des usages différents, tandis que la structure les relie dans une seule silhouette. Ce type de meuble peut accueillir des objets décoratifs, des livres, des plantes ou des pièces de collection. Les plateaux ne sont pas seulement placés les uns au-dessus des autres : leur espacement crée des ouvertures et permet à la lumière de traverser l’ensemble. La pièce devient ainsi un petit volume à observer depuis plusieurs côtés.
Le Buffet acier et acacia met en relation un bois identifiable et une construction métallique. L’acacia donne au meuble une surface vivante, portée par le dessin de ses fibres et par des variations de couleur. L’acier apporte une lecture plus linéaire et plus minérale. Le contraste peut être franc sans rompre l’unité du meuble. Les proportions, les raccords et les limites entre les matériaux font le lien entre les deux présences. Le buffet devient à la fois un meuble de rangement et une composition où la matière tient une place essentielle.
Le travail sur le métal ne se limite pas à une fonction de support. Dans les sculptures et les objets décoratifs, il peut devenir la matière principale de la forme. L’acier peut être découpé, assemblé, plié ou laissé en dialogue avec les traces de son évolution. La rouille apporte alors une couleur, un relief et une profondeur qui modifient la surface. Une sculpture en acier rouillé peut paraître plus douce dans une lumière chaude, plus graphique contre un mur clair ou plus dense lorsqu’elle est observée de près.
La Sculpture araignée montre une autre façon de construire une présence. Une forme inspirée du vivant peut être traduite par des lignes, des articulations et une organisation qui donne l’impression d’un mouvement suspendu. Le métal permet de travailler la finesse et la tension, mais aussi la stabilité de l’ensemble. La sculpture ne cherche pas forcément à reproduire un animal de manière naturaliste. Elle peut retenir quelques signes reconnaissables et les transformer en une silhouette décorative, capable de dialoguer avec un meuble ou de s’imposer seule dans un espace.
Les luminaires ajoutent la lumière au rapport entre matière et volume. Une lampe doit être regardée lorsqu’elle est éteinte, puis produire une ambiance lorsqu’elle est allumée. Le métal peut former une structure, un pied, un bras ou un écran ; le bois peut apporter une note plus douce et une surface qui réagit autrement aux reflets. La forme de l’objet détermine la direction de la lumière, tandis que les finitions modifient la manière dont elle se pose sur les surfaces voisines. Une création artisanale peut ainsi réunir une fonction concrète et une recherche visuelle.
La fabrication d’un meuble composé de bois et de métal demande de penser les assemblages. Chaque matière possède ses propres contraintes. Le bois peut varier avec l’humidité et demande de respecter le sens de ses fibres. Le métal conserve une géométrie plus stable, mais sa découpe, son soudage ou sa finition laissent des traces qui participent à son aspect. La rencontre entre les deux doit rester solide et lisible. Une jonction bien conçue ne doit pas forcément disparaître ; elle peut devenir un détail du dessin.
Le choix de la finition prolonge la création. Une surface de bois peut rester proche de son aspect naturel afin de laisser apparaître ses veines, ou recevoir un traitement qui renforce une nuance et protège le meuble. Le métal peut conserver une apparence brute, être patiné, être plus sombre ou montrer les marques de son travail. La finition doit correspondre à l’usage et à l’identité de la pièce. Une table manipulée chaque jour ne se regarde pas comme une sculpture ; pourtant, toutes deux doivent garder une cohérence entre matière, forme et entretien.
Les meubles sur mesure trouvent leur place dans des intérieurs très différents. Une pièce peut être dessinée pour accompagner un mur, répondre à une niche, créer une séparation ou organiser une collection. Le métal donne parfois une sensation de légèreté grâce à des lignes fines et des espaces ouverts. Le bois apporte une surface disponible pour poser, ranger ou présenter. En modifiant le rapport entre ces deux éléments, on peut obtenir un meuble discret ou une réalisation qui devient le point central de la pièce.
Les objets décoratifs ouvrent un espace de liberté plus large. Ils peuvent être conçus à partir d’une forme, d’une silhouette ou d’une association de matières. Leur fonction n’est pas toujours de ranger ou d’éclairer. Ils peuvent simplement introduire un rythme, une texture ou une présence dans un intérieur. Les curiosités créées par Clément Keck s’inscrivent dans cette approche : elles invitent à regarder autrement un assemblage de bois et de métal et à accepter qu’un objet puisse être utile, décoratif ou difficile à classer.
L’atelier carcassonnais accueille une réflexion sur la pièce unique. Lorsque les matériaux ne sont pas parfaitement identiques, leurs différences deviennent une partie de la fabrication. Une veine se prolonge autrement, une zone de métal réagit d’une manière particulière ou une trace de travail apparaît à la surface. Reproduire exactement la même pièce ne donnerait pas le même résultat. La singularité naît donc aussi de la réponse des matières et des décisions prises au cours de la réalisation.
CK Art et Artisanat propose ainsi un univers où les matériaux bruts deviennent des pièces de mobilier, des sculptures, des lampes et des objets décoratifs. À Carcassonne, Clément Keck travaille le bois et le métal en recherchant des formes originales, des réalisations sur mesure et des associations capables de donner du caractère à un intérieur. Le Buffet acier et acacia, la Sellette 4 plateaux et la Sculpture araignée montrent trois manières d’aborder cette matière : le rangement, la composition verticale et la figure sculpturale. L’atelier conserve une même attention à la singularité, qu’il s’agisse d’un meuble imaginé pour un espace précis ou d’une curiosité créée selon l’inspiration du moment.