À Lyon, Claire Ginestoux fait vivre un atelier où la soie, la couleur et le volume se rencontrent dans des fleurs artificielles réalisées à la main. Son travail prolonge le métier de parurier floral en l’ouvrant à la décoration, au design et aux projets événementiels. Les pétales sont découpés dans la soie ou le coton, apprêtés, teints, gaufrés à chaud puis assemblés pour composer des fleurs de tailles et de formes variées. Les bouquets et les fleurs à l’unité peuvent être proposés pour l’achat ou la location, dans un registre qui va de la maison aux vitrines, des réceptions aux expositions.
La parure florale est un métier de matière et de précision. Une fleur en tissu n’est pas une imitation obtenue par une seule découpe : elle se construit par une succession de pièces qui doivent trouver leur place dans un volume cohérent. La forme d’un pétale, sa courbure, sa nervure et sa nuance dépendent de la matière choisie et du geste qui la transforme. Une fleur destinée à être regardée de près révèle la finesse du tissu et les variations de teinte ; une composition installée dans un lieu doit aussi conserver une silhouette lisible à distance.
Le travail de Claire Ginestoux s’inscrit dans un parcours consacré aux couleurs, aux surfaces et aux textiles. Née en 1989, elle vit et travaille à Lyon. Elle est diplômée de cinq années à la Haute École des Arts du Rhin en design textile en 2012, puis poursuit sa formation à l’Université de la Mode à Lyon avec un master Mode et Création en 2013. Elle travaille ensuite comme styliste-coloriste pour un fabricant de papier peint français, puis rejoint en 2016 un atelier de sérigraphie lyonnais comme formatrice et designer textile. Ces expériences nourrissent une pratique attentive aux gammes chromatiques, aux motifs et à la manière dont une surface transforme un espace.
Depuis 2018, Claire développe également une série de dessins au pastel. Cette recherche sur la couleur dense, vive et lumineuse dialogue avec les fleurs en soie. Dans les deux cas, la couleur n’est pas un simple ajout posé à la fin : elle organise la perception de la forme et la relation entre les éléments. Un pastel peut suggérer une floraison imaginaire par la matière du pigment ; une fleur textile en propose une présence en volume. Le passage d’un support à l’autre entretient une continuité entre le geste du peintre, la construction textile et la composition décorative.
Son imaginaire s’inspire de la nature sous ses formes graphiques et colorées. Le phénomène du Superbloom, éclosion spectaculaire de fleurs sauvages dans les déserts de Californie, nourrit notamment son univers de paysages imaginaires, de pastels et de fleurs lumineuses. Cette référence ne conduit pas à copier une plante précise. Elle ouvre plutôt une réflexion sur l’abondance, la densité et la surprise d’une floraison. Les compositions fabriquées dans l’atelier peuvent ainsi évoquer un jardin durable, où les couleurs restent présentes au-delà du cycle des saisons.
La fabrication commence par la sélection de la soie ou du coton. Le tissu doit offrir une tenue et un toucher compatibles avec la fleur recherchée. Les pétales sont ensuite découpés avec soin. Leur contour détermine déjà la personnalité du modèle : une pointe, une échancrure, une base plus large ou une courbe plus douce modifient le mouvement de l’ensemble. La découpe peut produire des pétales réguliers pour une série ou des éléments différenciés pour une composition plus libre. Dans tous les cas, chaque pièce prépare la prochaine étape du travail.
L’apprêt donne au tissu une tenue qui lui permet de conserver la forme créée par les outils. Le dosage et la répartition de cette préparation influencent la souplesse du pétale. Une matière trop raide perdrait une partie de son mouvement ; une matière trop souple ne garderait pas le relief nécessaire. L’apprêt doit donc accompagner la structure sans effacer la légèreté de la soie. Cette étape discrète conditionne le gaufrage, l’assemblage et la résistance de la fleur lorsqu’elle est manipulée ou installée dans un décor.
La teinture apporte ensuite la couleur. Une même fleur peut recevoir une nuance uniforme ou des variations qui différencient le cœur, les bords et les zones de recouvrement. La teinte dialogue avec la transparence du tissu, sa texture et la lumière du lieu où la composition sera présentée. Un bouquet destiné à un intérieur ne sera pas regardé dans les mêmes conditions qu’une installation pour une réception ou une vitrine. La palette est donc pensée avec le format, le support et l’atmosphère du projet.
Le gaufrage à chaud donne aux pétales leur relief. Les outils marquent les nervures, les creux et les courbures qui permettent au tissu de se rapprocher d’une forme botanique. La chaleur et la pression doivent être maîtrisées pour modeler la pièce sans l’abîmer. Un relief trop faible laisserait le pétale plat ; un marquage trop prononcé pourrait durcir son aspect. Le geste s’adapte à l’épaisseur, à l’apprêt et à la forme découpée. La surface textile devient ainsi une petite architecture destinée à être assemblée.
Les pétales sont ensuite réunis à la main. Leur ordre, leur orientation et leur espacement déterminent l’ouverture de la fleur. Un montage serré donnera un cœur plus dense, tandis qu’une disposition plus aérée laissera entrer la lumière entre les éléments. Le choix de la tige, du feuillage et de la position du bouquet prolonge cette construction. L’assemblage ne cherche pas à rendre toutes les fleurs identiques : il compose un rythme, une direction et un équilibre propres à chaque pièce ou à chaque groupe de pièces.
Le métier de parurier floral est historiquement lié à la création de fleurs artificielles destinées aux accessoires de mode et à la haute couture. Claire Ginestoux en transpose certains gestes vers les intérieurs et le design. Ses fleurs peuvent devenir des bouquets décoratifs, des éléments d’agencement ou des pièces utilisées dans des projets visuels. Cette translation change le format et l’usage sans supprimer la précision de la fabrication. Le pétale reste préparé comme un élément de parure, mais la composition peut désormais accompagner un meuble, une vitrine, une exposition ou un espace d’accueil.
Les fleurs en soie sont disponibles en bouquet ou à l’unité. La location permet de créer une présence végétale pour un shooting, une vitrine, une banque d’accueil, un restaurant, un mariage ou une réception, sans dépendre de la durée de vie d’une fleur fraîche. L’achat s’adresse à la maison, aux événements et aux bouquets de fête. Le site de Claire Ginestoux présente aussi des modèles et des coloris ainsi que la possibilité d’une réalisation sur mesure. Le projet peut ainsi être défini à partir d’un volume, d’une couleur, d’une ambiance ou d’un lieu.
Une composition florale durable doit trouver sa place dans son environnement. Un bouquet posé sur une table se découvre de plusieurs côtés et doit conserver une relation équilibrée entre les fleurs et le contenant. Une installation de vitrine est regardée depuis l’extérieur, avec une lumière parfois changeante et une distance variable. Dans un espace d’accueil, les volumes doivent dialoguer avec l’architecture et ne pas gêner la circulation. Le travail de la parurière prend en compte ces situations pour adapter la taille, la densité et l’orientation des éléments.
Les projets de décoration et d’agencement peuvent associer les fleurs en soie à d’autres matériaux et à d’autres savoir-faire. Claire Ginestoux aime collaborer avec des plasticiens, des artisans d’art et des créateurs. Une fleur textile peut ainsi participer à une scénographie, accompagner une pièce de mobilier ou entrer dans un décor photographié. Les échanges permettent de préciser la place de la couleur, le mode de fixation, le rythme de la composition et la façon dont l’œuvre sera éclairée. La fleur n’est plus seulement un objet isolé : elle devient un élément d’un ensemble visuel.
La location et l’achat répondent à des temporalités différentes. Une entreprise peut souhaiter transformer un espace pour une campagne ou une réception, tandis qu’un particulier peut conserver une fleur ou un bouquet dans son intérieur. Dans les deux cas, les éléments textiles ont une présence stable qui permet de les réemployer, de les déplacer ou de les intégrer à plusieurs compositions. La délicatesse de la soie ne signifie pas absence de structure : les pétales apprêtés et gaufrés sont préparés pour tenir leur forme et rester lisibles dans un décor.
La formation suivie en 2022 au lycée Octave Feuillet à Paris, consacrée à la conception de fleurs artificielles, a complété le parcours de Claire Ginestoux. Elle a approfondi un savoir-faire qui associe découpe, apprêtage, teinture, gaufrage et montage. Cette spécialisation s’ajoute à son expérience du design textile et de la sérigraphie. Le résultat est une pratique qui ne sépare pas l’artisanat du regard de designer : la technique sert la construction d’une image, mais la matière conserve sa place et ses réactions propres.
À Lyon, Claire Ginestoux propose ainsi une vision contemporaine de la parure florale. Ses fleurs en soie et en coton sont découpées, apprêtées, teintes, gaufrées à chaud puis assemblées à la main. Elles peuvent former des bouquets, être proposées à l’unité, accompagner une maison ou donner une présence à une vitrine, une réception, un mariage, une exposition ou un shooting. Son parcours en design textile, en couleur, en sérigraphie et en création florale nourrit des compositions où la nature devient volume, matière et lumière. Chaque projet se construit autour du lieu, de la palette et de l’usage, avec la volonté de faire durer la floraison par le geste artisanal.