À Neufmoutiers-en-Brie, en Seine-et-Marne, Clément Wintz développe un travail de sculpture et de moulage nourri par une connaissance étendue des matières. Diplômé de l’École Boulle en sculpture sur bois, il crée des pièces uniques et réalise aussi des sculptures, des modelages et des moulages sur demande. Le bois constitue un point de départ essentiel, mais il dialogue avec le métal, le cuir, les résines, l’argile et d’autres matériaux de synthèse. Cette ouverture donne à l’atelier une pratique située entre artisanat d’art, recherche plastique et réalisation technique.
Le parcours de Clément Wintz commence par un baccalauréat en arts appliqués obtenu en 2005. La même année, il intègre l’École Boulle, où il se forme à la sculpture sur bois jusqu’à l’obtention de son Diplôme des Métiers d’Art en 2008. Cette formation apporte la compréhension du volume, du dessin et du comportement du bois. Elle donne aussi une méthode pour passer d’une intention à une forme construite. Après son diplôme, il commence à travailler comme sculpteur et mouleur, deux pratiques qui resteront étroitement liées dans ses réalisations.
La sculpture sur bois demande de regarder la matière avant de décider ce qu’elle deviendra. Le sens du fil, la densité, les parties tendres et les zones plus résistantes influencent la manière d’enlever de la matière. Un volume peut être dégrossi, puis affiné par plans successifs jusqu’à faire apparaître une silhouette, une expression ou une texture. Le geste alterne observation et décision. Chaque outil modifie la surface, et chaque retrait réduit les possibilités restantes. Cette relation avec le matériau explique la place accordée à la précision dans une pièce destinée à rester unique.
Le modelage offre un autre chemin vers le volume. La forme se construit par ajout et par transformation, ce qui permet de chercher une attitude, une proportion ou un caractère avant d’envisager une autre matière. Le travail peut ensuite conduire au moulage, à la reproduction d’un élément ou à la fabrication d’une pièce composée. Le sculpteur doit alors penser à la dépouille, aux lignes de séparation, à la solidité et à la manière dont le matériau final remplira le moule. La connaissance de ces étapes rend possible un échange précis avec un artiste, un designer ou un commanditaire.
Les matériaux de synthèse complètent les savoir-faire hérités du bois. Les résines et autres matières de moulage peuvent enregistrer un détail fin, produire une surface régulière ou répondre à une contrainte de forme particulière. Elles ne remplacent pas le bois : elles ouvrent d’autres solutions pour une pièce qui doit être légère, répétable, résistante ou adaptée à un contexte de fabrication précis. Le métal, le cuir et l’argile apportent à leur tour des comportements différents. Leur association exige de prévoir les épaisseurs, les raccords, les effets de surface et les réactions propres à chaque matériau.
Cette diversité se retrouve dans les pièces uniques présentées par Clément Wintz. Une sculpture peut mêler plusieurs techniques et plusieurs matières sans perdre la lisibilité de son volume. Le bois peut porter une structure ou une texture ; le métal peut souligner une ligne ; le cuir peut introduire une souplesse visuelle ; la résine peut conserver un modelage ou une forme plus complexe. La cohérence ne vient pas d’une uniformité des surfaces, mais de la relation entre les parties. Les proportions, les transitions et la lumière doivent permettre de comprendre l’œuvre comme un ensemble.
Le travail personnel du sculpteur s’est construit en parallèle de ses activités de réalisation. Les techniques acquises dans les ateliers de sculpture, de moulage et d’effets spéciaux nourrissent une recherche plus libre sur les formes. Une expérience développée pour un projet collectif peut ainsi devenir un outil pour une pièce personnelle. La matière sert alors à produire un personnage, un objet étrange, un fragment réaliste ou une forme qui joue avec l’échelle. La pratique reste ouverte, car chaque projet peut appeler une combinaison différente de gestes et de matériaux.
La passion du cinéma a conduit Clément Wintz vers les effets spéciaux à partir de 2007. Il a travaillé dans de nombreux ateliers en France et à l’étranger, ce qui lui a permis d’élargir son expérience du modelage, du moulage et des matières techniques. Les effets spéciaux demandent de rendre une forme crédible sous un angle, dans une lumière et pour une action déterminés. Ils apprennent aussi à respecter un cahier des charges, un format et un calendrier de fabrication. Cette expérience se prolonge dans la capacité à passer d’un dessin ou d’une idée à un objet utilisable sur un plateau.
La filmographie publiée par l’atelier témoigne de cette activité. Elle mentionne notamment Le Règne animal, The Nun II, Astérix et Obélix : L’Empire du Milieu, Les Trois Mousquetaires : D’Artagnan, La Nuit du 12, Titane, Benedetta, Mandibules et de nombreux autres films réalisés entre 2008 et 2022. Cette liste ne décrit pas une série d’objets décoratifs, mais un savoir-faire de fabrication destiné à des univers visuels variés. Chaque production peut nécessiter des volumes, des textures ou des apparences capables de s’intégrer à une scène et de résister aux conditions de tournage.
Les collaborations avec d’autres créateurs constituent un autre volet du parcours. Clément Wintz indique avoir partagé son savoir-faire avec les artistes Clarissa Tossin, Fabien Merelle et Theo Mercier, ainsi qu’avec les designers Jean-Marie Massaud et Alexandre Echasseriau. Ces projets mettent en relation une intention artistique et une réalisation concrète. Le rôle du sculpteur consiste à comprendre ce qui doit rester fidèle au dessin, ce qui peut évoluer pendant la fabrication et ce que la matière impose. La discussion technique devient alors une partie de la création, au même titre que la taille, le modelage ou le moulage.
Plusieurs commandes notables sont détaillées dans son parcours. En 2022, il réalise la sculpture du personnage Chainsawman pour le festival de la bande dessinée d’Angoulême. En 2020, il assure la réalisation technique de l’œuvre Falling from Earth de Clarissa Tossin. En 2019, il sculpte et moule l’objet de fiction Porcotier imaginé par Alexandre Echasseriau. En 2017, il participe à la réalisation technique de la chaise Chimère conçue par Jean-Marie Massaud. Ces exemples montrent la variété des formats, des usages et des interlocuteurs auxquels l’atelier peut répondre.
La commande sur mesure commence par la définition de la forme attendue et de son contexte. Une sculpture destinée à un intérieur ne rencontre pas les mêmes contraintes qu’un élément conçu pour une exposition, un décor ou une production audiovisuelle. Le choix du matériau dépend de la taille, de la finition recherchée, de la résistance demandée et de la manière dont la pièce sera regardée. Le modelage peut servir à valider un volume ; le moule peut permettre d’obtenir une forme précise ; le bois peut donner à l’objet une présence directement liée au geste de taille.
Un projet peut également demander de passer d’une échelle à une autre. Le caractère d’un personnage, la ligne d’un objet ou la construction d’une pièce ne se transposent pas mécaniquement lorsque les dimensions changent. Les détails doivent être hiérarchisés, les épaisseurs adaptées et les points de fragilité anticipés. La lumière ne révèle pas les mêmes reliefs sur une petite sculpture et sur un volume plus grand. Le sculpteur travaille donc autant la structure que l’apparence, afin que la forme conserve sa force dans l’espace qui lui est destiné.
Le moulage ajoute une réflexion sur la trace et la fidélité. Un original modelé ou sculpté doit porter assez d’informations pour que le moule enregistre ses reliefs, ses creux et ses lignes de construction. La préparation de la forme, le choix du matériau de moulage et l’organisation des parties influencent le résultat final. Une jointure mal placée peut perturber une surface ; un détail trop fragile peut se perdre ; une matière trop fluide ou trop rigide peut modifier le niveau de précision. L’expérience technique sert ainsi à préserver l’intention de départ.
À Neufmoutiers-en-Brie, l’atelier de Clément Wintz réunit la sculpture sur bois, le modelage, le moulage et l’expérimentation de matières multiples. Les pièces uniques et les commandes sur mesure peuvent s’appuyer sur le bois, le métal, le cuir, l’argile, les résines ou des matériaux de synthèse, selon la forme et l’usage recherchés. Son parcours à l’École Boulle, dans les ateliers d’effets spéciaux, auprès d’artistes et de designers, ainsi que dans le cinéma, donne à chaque projet une double exigence : une forme convaincante et une fabrication maîtrisée. Le résultat peut appartenir à une collection personnelle, à un projet artistique, à un décor ou à une réalisation conçue pour être vue à l’écran.