Atelier & professionnel

Coralie Beltrame — vannerie et osier vivant à Monestier-du-Percy

Monestier-du-Percy

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Monestier-du-Percy, dans le Trièves, Coralie Beltrame exerce le métier de vannière et travaille l’osier pour créer des objets durables, des aménagements végétaux et des pièces adaptées à des usages contemporains. Formée à l’École Nationale d’Osiériculture et de Vannerie, elle associe la connaissance du matériau, les gestes du tressage et une réflexion sur la place des fibres végétales dans la vie quotidienne. Son atelier se situe dans un territoire de montagne où l’osier n’est pas seulement une matière achetée pour fabriquer des paniers : il est aussi cultivé, récolté, trié, séché et préparé localement. Cette proximité avec le cycle de la plante donne à son travail une dimension complète, de la parcelle jusqu’à l’objet fini.

La vannerie traditionnelle constitue un socle de sa pratique. Paniers, cabas, sacs à main, paniers à vélo et hottes-sac à dos prolongent des formes connues tout en répondant à des usages actuels. Un panier doit être agréable à porter, suffisamment solide pour son contenu et proportionné à la manière dont il sera utilisé. Un cabas accompagne les courses ou les déplacements ; un panier à vélo doit trouver sa place sur un équipement existant ; un sac peut demander une construction plus légère et une attention particulière aux anses. Le tressage ne se résume donc pas à répéter un motif : il organise le fond, les montants, les croisées, les bordures et les prises afin que la pièce conserve sa forme dans le temps.

Coralie Beltrame réalise aussi des créations sur mesure. Le projet peut concerner un objet domestique, un élément de rangement, une pièce décorative ou un aménagement pour une maison et un jardin. Le dessin doit alors tenir compte de l’espace disponible, de la fonction recherchée et de la relation entre l’osier et les autres matériaux déjà présents. Une demande particulière peut conduire à modifier une hauteur, une courbe, une anse ou une manière de fermer le contenant. Le tressage garde une part de souplesse, mais cette souplesse est maîtrisée par la préparation des brins et par la construction de la structure. Les irrégularités naturelles de l’osier peuvent devenir un élément du caractère de l’objet, à condition de rester compatibles avec sa solidité et son usage.

La matière première occupe une place centrale dans l’atelier. L’osier est une branche de saule destinée à être tressée. Dans les parcelles cultivées près de chez elle, les boutures sont plantées de manière à favoriser des brins droits, adaptés au travail de vannerie. L’entretien accompagne la croissance de la plante, puis vient le temps de la récolte après la chute des feuilles et avant la reprise de la végétation. Les brins sont coupés à ras pour permettre au taillis de repartir. Ils sont ensuite rapportés, débarrassés des plantes mélangées à la récolte et triés selon leur qualité, leur longueur et leur diamètre. Le classement prépare les étapes suivantes et permet de choisir le brin en fonction du modèle à réaliser.

Le séchage transforme progressivement l’osier fraîchement récolté. Les bottes reposent à plat, à l’abri de la lumière et dans un lieu ventilé, pendant plusieurs mois. Le poids et le diamètre diminuent, tandis que la matière devient prête à être réhumidifiée avant le tressage. Cette succession de temps agricoles et de temps d’atelier rappelle que chaque panier dépend d’un calendrier qui dépasse la seule séance de fabrication. Le choix de cultiver l’osier en agriculture biologique s’inscrit dans une attention portée au sol, aux plantes et aux effets des pratiques de production. Le lien entre la plantation et la vannerie permet de comprendre pourquoi la régularité d’un brin, sa souplesse et sa couleur comptent autant dans le résultat final.

Le travail de Coralie Beltrame s’étend à l’aménagement et à la décoration. L’osier peut servir à structurer un jardin, à créer une clôture tressée, à installer un support pour les plantes ou à former une cabane et une haie vivantes. Dans ce cas, les brins ne sont pas seulement assemblés pour produire un objet transportable : ils sont implantés dans un espace et doivent dialoguer avec le sol, la lumière, les végétaux et les saisons. L’osier vivant peut reprendre sa croissance au printemps. Une structure destinée à un jardin demande donc une réflexion sur la forme au moment de la pose, mais aussi sur son évolution. L’artisane peut réaliser des structures ou accompagner un projet en transmettant les techniques nécessaires à leur mise en œuvre.

Les projets artistiques ouvrent une autre voie. Coralie Beltrame présente des réalisations menées pour des artistes contemporains ou avec d’autres vanniers. Ces collaborations peuvent l’amener à sortir des formes habituelles du panier, à expérimenter des volumes, à répondre à une scénographie ou à intégrer le tressage dans une œuvre plus large. L’osier devient alors un langage de lignes, de vides, de tensions et de rythmes. La connaissance des constructions traditionnelles reste utile, mais elle sert de point de départ à une recherche qui peut modifier l’échelle, la fonction et la manière de regarder l’objet.

La transmission fait partie de l’activité. Les stages permettent de découvrir les premiers gestes ou d’approfondir une pratique : préparer la matière, installer les montants, tenir la forme, conduire le tressage et réaliser une bordure. Les participants peuvent fabriquer un panier rond, un panier asymétrique, un cabas, une suspension pour les oiseaux ou une autre pièce selon le programme. Des formats plus longs abordent l’ensemble de la relation entre osiériculture et vannerie, depuis la culture du saule jusqu’aux utilisations de l’osier. Les animations peuvent s’adresser à des adultes, à des enfants ou à des publics en situation de handicap. Elles associent la pratique manuelle à la découverte de l’artisanat local, de la matière végétale et de solutions qui limitent le recours au plastique.

Des formations et des interventions sont également proposées à des groupes constitués, à des établissements ou à des professionnels. Le contenu peut porter sur les clôtures végétales, l’osier vivant, la vannerie ou l’intégration de fibres dans un projet artistique et paysager. Cette diversité suppose d’adapter les explications au niveau des participants et au contexte du lieu. Montrer un geste, expliquer la préparation d’un brin et laisser le temps d’éprouver la résistance de la matière sont trois aspects complémentaires de l’apprentissage.

À Monestier-du-Percy, Coralie Beltrame réunit ainsi vannerie traditionnelle, créations contemporaines, culture d’osier biologique, aménagement végétal et transmission. Ses paniers et ses objets s’appuient sur une matière locale dont elle connaît les étapes de préparation. Ses ouvrages sur mesure répondent à des usages précis, tandis que ses structures vivantes prolongent le tressage dans le jardin. Du brin récolté en hiver à la forme achevée entre les mains d’un participant, son activité montre la continuité entre agriculture, artisanat et création.

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    Accueil — Coralie Beltrame, artisane vannière (site externe)

    Organisme : Coralie Beltrame

    Fait soutenu
    Le site officiel présente Coralie Beltrame comme vannière formée à l’École Nationale d’Osiériculture et de Vannerie, installée dans le Trièves, et décrit la vannerie traditionnelle, les créations, le travail sur mesure, la culture d’osier, les stages et les projets artistiques.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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