À Limoges, en Haute-Vienne, De l’I-Dé dans l’Air imagine et réalise des éventails uniques et sur mesure. Christelle Boutaud travaille cet accessoire comme un objet de mode, de cérémonie et de décoration, en associant une monture, une feuille et des matières choisies pour leur présence visuelle. Son atelier s’inscrit dans une tradition française de l’éventaillerie tout en ouvrant le modèle à des tissus contemporains, à la récupération et à des compositions personnalisées. Chaque pièce est façonnée à la main et pensée pour durer, être portée, offerte ou conservée.
Un éventail pliant réunit plusieurs éléments qui doivent fonctionner ensemble. La monture donne sa structure et permet l’ouverture ; la feuille apporte la surface qui se déploie ; les rivets et les attaches maintiennent l’ensemble ; les finitions déterminent le confort de la prise en main. Une création réussie tient compte du poids, de la souplesse, de l’équilibre et de la manière dont l’objet se referme. La forme ouverte doit être expressive, mais l’éventail doit aussi rester facile à tenir, à transporter et à ranger.
La démarche de De l’I-Dé dans l’Air commence par le choix d’une intention. Un éventail peut accompagner une robe de mariée, un costume, une tenue de cérémonie, un spectacle ou un décor intérieur. Il peut être imaginé comme une pièce discrète, un accessoire coloré ou un objet d’apparat. La demande précise l’usage, les couleurs, les matières et le degré de personnalisation. Christelle Boutaud étudie ensuite la combinaison qui donnera à l’objet son équilibre, sans dissocier la fonction de fraîcheur de la dimension esthétique.
La feuille est la partie qui se déploie au-dessus de la monture. Elle peut être constituée de soie, d’organza, de coton imprimé, de wax, d’un tissu japonais, de jean ou d’une autre étoffe adaptée au projet. Chaque matière possède sa propre tenue. Une soie légère accompagne un geste souple et laisse jouer la lumière. Un tissu plus dense donne une présence plus affirmée. Un ruban ou une découpe particulière modifie la manière dont la feuille se replie. Le choix du textile influence donc autant l’apparence que le mouvement de l’éventail.
Certaines créations utilisent des tissus recyclés ou des matières qui ont déjà une histoire. Le jean peut être transformé en feuille ou en palmette, tandis qu’un textile imprimé apporte un motif qui devient visible au moment de l’ouverture. Le réemploi n’efface pas les caractéristiques du tissu : il faut tenir compte de son épaisseur, de ses coutures, de ses bords et de sa résistance. La composition cherche à valoriser ces particularités plutôt qu’à les dissimuler. Une matière déjà portée peut ainsi prendre une nouvelle forme dans un objet qui accompagne un autre moment de vie.
La monture peut être réalisée en bois de fruitier ou dans une essence adaptée au projet. Elle doit offrir une bonne rigidité sans rendre l’éventail trop lourd. Les brins sont alignés, percés et assemblés pour permettre une ouverture régulière. Leur espacement influence la répartition de la feuille et la manière dont le motif apparaît. Une monture peinte, laissée naturelle ou associée à une finition particulière ne donne pas la même sensation dans la main. Le bois devient à la fois une structure technique et un élément visible de la création.
Les matières choisies par l’atelier comprennent aussi des plumes et des teintures végétales. Une plume peut prolonger la feuille, souligner le bord ou donner du mouvement à un éventail de palmette. Sa longueur, sa souplesse et sa couleur doivent être compatibles avec la structure. Une teinture végétale apporte une nuance qui peut varier selon le support et le bain. Elle invite à regarder les différences de ton comme une part de la pièce, surtout lorsque l’éventail est réalisé à la main et non produit en série.
L’éventail de palmette se distingue de l’éventail pliant classique par sa composition. La partie supérieure est formée d’éléments individuels fixés sur une monture, ce qui ouvre d’autres possibilités de matières et de volumes. Des morceaux de tissu, des plumes, des rubans ou des éléments découpés peuvent être répartis pour créer une silhouette plus libre. La palmette se prête aux pièces de cérémonie et aux créations artistiques, mais elle demande aussi une attention précise à la fixation et à la stabilité de chaque élément.
Le pliage constitue une étape délicate. La feuille doit accepter les plis sans se déformer et retrouver une ouverture harmonieuse. Le sens du pli, la largeur des intervalles et la régularité des arêtes influencent le dessin final. Un tissu trop épais peut résister au mouvement ; une étoffe trop souple peut manquer de tenue. L’assemblage demande donc des essais et une observation attentive. Le travail manuel permet d’ajuster la construction à la matière au lieu d’imposer une même méthode à toutes les créations.
La décoration de la feuille peut rester minimale ou devenir le centre de la composition. Un tissu japonais imprimé, un motif de wax, une soie unie, une dentelle ou un organza transparent créent des effets différents lorsqu’ils sont ouverts. La lumière traverse certaines étoffes et se pose sur d’autres. Les couleurs peuvent être choisies pour rappeler une tenue, une décoration florale, un lieu ou une saison. La surface se lit en mouvement, car le motif se resserre quand l’éventail se ferme et s’élargit lorsque les brins s’écartent.
Les commandes personnalisées ouvrent un dialogue autour du format, du textile et de la monture. Pour un mariage, l’éventail peut reprendre une couleur, une matière ou un détail présent dans la tenue. Pour une naissance, un anniversaire ou un cadeau, la pièce peut être pensée autour d’un tissu, d’une palette ou d’un souvenir. Une création personnelle peut aussi répondre à une envie de conserver un textile sous une forme nouvelle. Le projet est alors défini par l’usage, les dimensions souhaitées et les éléments que la personne souhaite faire entrer dans l’objet.
L’éventail peut également trouver sa place dans le spectacle et la haute façon. Sur scène, il devient un accessoire visible qui accompagne un geste, une silhouette ou un personnage. Le poids et l’ouverture doivent rester compatibles avec la chorégraphie ou le jeu. Pour un costume, la matière de la feuille doit dialoguer avec les autres textiles et supporter les manipulations prévues. Un modèle destiné à la décoration peut privilégier une ampleur, un relief ou une richesse de surface différente d’un accessoire conçu pour être utilisé au quotidien.
Le rapport à la tradition est présent dans le travail de Christelle Boutaud, qui revendique une fabrication artisanale française et un savoir-faire inspiré de l’éventaillerie du XVIIe siècle. Cette référence ne signifie pas que les pièces reproduisent un modèle historique unique. Elle sert plutôt de point d’appui pour comprendre la relation entre la monture, le pli, la feuille et l’ornement. Les matériaux contemporains, le recyclage et les tissus venus d’autres cultures élargissent ensuite le vocabulaire de l’atelier. La tradition devient une base de travail, pas une limite.
La durabilité passe par le choix des matériaux, par une construction soignée et par la possibilité de transmettre l’objet. Un éventail bien entretenu doit être protégé de l’humidité excessive, de la poussière, d’une chaleur forte et des manipulations brutales. Les tissus fragiles et les plumes demandent un rangement adapté. La monture peut être refermée sans forcer et conservée dans une housse ou un emballage qui évite les pressions. Ces précautions permettent de garder la forme et la fraîcheur des matières au fil du temps.
L’accueil sur rendez-vous favorise une étude précise des projets. La personne peut présenter une tenue, un textile, une gamme de couleurs ou des images d’inspiration. Il est utile d’indiquer la destination de l’éventail, la fréquence d’utilisation et la date à laquelle la pièce doit être disponible, sans réduire la création à une commande standardisée. L’échange permet de choisir entre un éventail pliant, une palmette ou une construction plus particulière. Les dimensions et les matières sont ensuite définies selon la cohérence de l’ensemble.
À Limoges, De l’I-Dé dans l’Air fait vivre l’éventaillerie par des pièces uniques, des éventails de création et des réalisations sur mesure. Christelle Boutaud associe bois, soie, organza, tissus japonais, wax, jean recyclé, plumes et teintures végétales selon les projets. La feuille, la monture, le pliage et les finitions sont étudiés ensemble pour obtenir un objet léger, expressif et durable. L’atelier relie ainsi un accessoire ancien à des matières actuelles, à la personnalisation et à une recherche de fabrication respectueuse de l’usage et de la transmission.