Atelier & professionnel

De Verre en Perle — Claudine Bernadet, fileuse de verre à Cajarc

Cajarc

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Cajarc, dans le Lot, Claudine Bernadet travaille le verre au chalumeau pour créer des perles uniques, puis les transformer en bijoux. Sous le nom De Verre en Perle, elle développe un univers fait de transparence, de brillance et de couleur. Chaque perle naît d’une matière portée à la fusion dans la flamme, puis reçoit progressivement des éléments qui construisent son motif et sa personnalité. Le filage est un geste précis, conduit par la connaissance des différents degrés de fusion du verre et par l’observation de la forme qui se crée sous la chaleur.

La première rencontre de Claudine Bernadet avec le verre a lieu lorsqu’elle a à peine dix ans, lors d’une visite d’atelier de fabrication avec son père. Elle découvre alors la transformation de la matière en fusion et garde le souvenir de cette sensation. Des années plus tard, cette découverte reste liée à sa manière de travailler. Voir une perle apparaître dans la flamme devient une expérience où la chaleur, la couleur et le mouvement se rejoignent. Le verre n’est pas une matière immobile : il change d’état, s’allonge, s’enroule et se rassemble avant de se stabiliser.

En 2015, Claudine Bernadet suit une formation auprès d’un verrier d’art et au Centre Européen des Arts Verriers, le CERFAV, afin de devenir professionnelle. Cet apprentissage lui permet d’approfondir les gestes du chalumeau et la compréhension du matériau. Le verre réagit à la température, à la vitesse du geste et à la manière dont il est déposé. Une baguette chauffée trop brièvement ne se comporte pas comme une matière suffisamment souple ; une perle qui reste trop longtemps dans la flamme peut changer de forme ou perdre un détail. Le travail exige donc de maintenir une attention continue entre la chaleur et la silhouette.

Le filage commence avec des baguettes de verre colorées. Elles sont chauffées dans la flamme du chalumeau jusqu’à devenir assez souples pour être travaillées. Le verre en fusion est ensuite enroulé sur une tige métallique afin de former le cœur de la perle. Ce mouvement doit rester régulier pour obtenir un volume cohérent. La quantité de verre déposée, la vitesse de rotation et la distance par rapport à la flamme influencent la forme finale. La perle peut rester simple ou recevoir d’autres éléments qui viendront modifier sa surface, son dessin et sa profondeur.

Des fils de verre sont déposés sur la perle pour construire des motifs. Ils peuvent dessiner des lignes, des points, des courbes ou des effets de couleur qui se lisent une fois la matière refroidie. Le verre ajouté doit s’unir au support sans perdre la clarté du geste. La flamme permet de maintenir les éléments dans un état où ils peuvent se fondre les uns aux autres, mais elle doit être maîtrisée pour conserver les détails. Les motifs sont donc le résultat d’une succession d’actions brèves, où chaque ajout modifie la relation entre les couleurs déjà présentes.

Claudine Bernadet insère également des matières naturelles ou des feuilles de métaux précieux dans ses créations. Ces éléments introduisent une autre texture et une autre manière de réfléchir la lumière. Une matière naturelle peut créer une rupture avec la surface colorée du verre ; une feuille métallique peut apparaître comme une ligne, un éclat ou une zone lumineuse enfermée dans la perle. Leur présence doit être compatible avec la chaleur et avec la construction du volume. Le filage associe ainsi des éléments de nature différente sans les rendre interchangeables.

La connaissance des températures de fusion est au cœur de cette technique. Tous les verres ne réagissent pas de la même manière, et chaque ajout doit pouvoir se placer dans la fenêtre de chaleur adaptée. Le travail consiste à garder la matière suffisamment souple pour la modeler, sans perdre le contrôle de la forme. La chaleur est aussi un outil de liaison : elle permet aux couches de verre de se rapprocher et de donner à la perle une surface unifiée. La fileuse observe constamment les couleurs, la viscosité et les contours qui se transforment devant elle.

Une perle ne devient pas immédiatement un bijou. Après le travail à la flamme, elle doit être stabilisée et préparée pour son montage. Le refroidissement permet à la matière de retrouver une solidité compatible avec l’usage. La forme, les couleurs, les motifs et les éléments insérés sont alors observés sous une lumière différente de celle du chalumeau. Une transparence peut devenir plus profonde ; un éclat métallique peut se révéler ; une ligne déposée dans la flamme peut apparaître comme un dessin. Le passage de la perle au bijou demande ensuite un choix de montage qui respecte le volume créé.

Le bijou met la perle en relation avec le corps et le mouvement. Un collier, une paire de boucles d’oreilles ou une autre pièce portée ne se regarde pas comme un objet posé sur une table. La lumière change lorsque la perle bouge, lorsque le vêtement se rapproche ou lorsque la personne se déplace. La transparence peut laisser apparaître le décor environnant ; la brillance peut capter un éclat bref ; une couleur plus dense peut devenir le point central de la pièce. Le montage doit accompagner ces qualités sans leur retirer leur singularité.

Les perles de De Verre en Perle sont décrites comme uniques et singulières. Cette identité naît du filage et de la construction manuelle du motif. Même lorsqu’une idée de couleur ou une famille de formes revient, la flamme, la quantité de verre et la disposition des éléments produisent une pièce qui possède ses propres nuances. Une perle peut être proche d’une autre sans lui être identique. La fabrication conserve ainsi la trace de la rencontre entre une intention préparée et la transformation du verre pendant le travail.

Les inspirations de Claudine Bernadet viennent d’images et de matières très différentes. Une photographie de coucher de soleil peut suggérer une gamme de couleurs et une transition lumineuse. Un tissu multicolore peut donner envie de rapprocher plusieurs tons ou de travailler un motif rythmé. Une fleur peut fournir une organisation de formes, un contraste ou une délicatesse de lignes. Ces éléments ne sont pas copiés tels quels dans le verre. Ils servent de points de départ à une recherche où la couleur et la transparence traduisent une impression plutôt qu’une reproduction.

Un coucher de soleil peut inspirer un passage progressif entre des tons chauds et une zone plus sombre. Un tissu peut conduire à juxtaposer des couleurs qui semblent éloignées, puis à les réunir par de petits fils de verre. Une fleur peut suggérer un centre, des pétales et une alternance de teintes. Le chalumeau transforme ensuite cette idée en volume. La perle conserve quelque chose de l’image de départ, mais elle devient un objet autonome, avec une surface que l’on peut toucher et une lumière qui se modifie au fil du mouvement.

Le travail au chalumeau demande une organisation précise de l’espace et des outils. Les baguettes doivent être disponibles selon les couleurs choisies, la flamme doit rester stable et la tige métallique doit pouvoir tourner avec régularité. Le geste alterne chauffage, dépôt, fusion et observation. Une perle peut réclamer plusieurs passages pour que le motif soit lisible et que les couches s’intègrent au volume. La fileuse travaille à une échelle réduite, mais chaque détail se trouve à proximité immédiate de la flamme et demande une attention fine.

La couleur et la transparence ne produisent pas le même effet selon la forme de la perle. Une surface arrondie peut agrandir visuellement une nuance, tandis qu’un fil déposé en relief peut créer un dessin plus net. Une inclusion métallique peut refléter la lumière depuis l’intérieur du volume. Une matière naturelle peut introduire une irrégularité qui contraste avec une zone plus lisse. Le bijou final réunit ces effets, mais il les rend aussi dépendants du mouvement, de la lumière ambiante et de la manière dont la pièce est portée.

Les réalisations présentées par De Verre en Perle portent notamment les titres « En bleu et Blanc », « Le vert vous va si bien » et « Tutti frutti de perles ». Ces noms évoquent trois directions de recherche chromatique. Le bleu et le blanc peuvent organiser un contraste clair autour de la transparence. Le vert peut devenir une couleur principale, modulée par des variations de densité et de lumière. « Tutti frutti de perles » suggère une profusion de teintes, une diversité de petits volumes et une composition joyeuse. Les titres accompagnent les pièces sans les enfermer dans une seule interprétation.

La notion de couleur est liée à la lumière dans tout le travail de la fileuse. Un verre coloré ne se contente pas de porter un ton : il peut le laisser traverser, le concentrer ou le réfléchir. Une perle translucide garde une profondeur qui n’apparaît pas sur une surface opaque. Les superpositions créent des zones où les couleurs se mêlent visuellement. Le bijou prend alors une présence variable, selon qu’il est observé de face, de côté ou dans un mouvement. La matière conserve une part de changement qui appartient à son caractère verrier.

La formation au CERFAV et auprès d’un verrier d’art a donné à Claudine Bernadet une base technique pour transformer cette relation au verre en activité professionnelle. Le geste reste sensible, mais il s’appuie sur une connaissance du matériau et sur une méthode de travail. Le chalumeau permet de modeler, d’ajouter et de fusionner ; la tige donne au volume sa rotation ; les baguettes apportent les couleurs ; les fils et les inclusions construisent le motif. Chaque décision agit sur la perle entière, car une modification de surface change aussi la lumière et l’équilibre du volume.

À Cajarc, De Verre en Perle développe ainsi une pratique du verre au chalumeau centrée sur la perle et le bijou. Claudine Bernadet y associe des baguettes colorées, des fils de verre, des matières naturelles et des feuilles de métaux précieux dans des volumes uniques. Ses inspirations viennent du coucher de soleil, des tissus multicolores et des fleurs, puis sont transformées par la flamme en compositions transparentes, brillantes et colorées. La précision du filage, la connaissance des températures de fusion et le travail manuel donnent à chaque pièce une identité propre, entre objet à porter, fragment de lumière et petit paysage de verre.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel annuaire-professionnel

    De Verre en Perle — Les métiers d’art d’Occitanie (site externe)

    Organisme : Les métiers d’art d’Occitanie

    Fait soutenu
    La présentation professionnelle identifie Claudine Bernadet comme verrier au chalumeau à Cajarc. Elle décrit sa découverte du verre, sa formation en 2015 auprès d’un verrier d’art et au CERFAV, la création de perles uniques transformées en bijoux, le filage à partir de baguettes fondues dans la flamme, le dépôt de fils de verre, l’insertion de matières naturelles ou de feuilles de métaux précieux et les inspirations liées aux couchers de soleil, tissus et fleurs.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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