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Delphine Billard — Ostara Instruments, handpans à Chauffailles

Chauffailles

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Chauffailles, en Saône-et-Loire, Delphine Billard fabrique des handpans sous le nom d’Ostara Instruments. Ces percussions mélodiques en acier réunissent, dans un même volume, des zones accordées que le musicien met en vibration avec les mains. Son travail associe mise en forme du métal, réglage sonore, polissage et gravure. Chaque instrument est conçu comme une sculpture sonore complète : la disposition des notes, le timbre, la réponse au toucher et l’aspect de la surface doivent former un ensemble cohérent.

Delphine Billard construit des handpans depuis 2011. Sa trajectoire a commencé par une fascination pour le timbre du Hang mis au point par PANArt. Elle a ensuite contribué à la création de Shellopan, expérience qui lui a permis de développer sa pratique de la facture instrumentale en acier. En 2018, elle a choisi de poursuivre cette voie à travers son propre projet, Ostara. Ce passage ne marque pas un changement de famille d’instruments, mais l’affirmation d’une identité de fabrication personnelle après plusieurs années consacrées au façonnage et à l’accordage.

Le nom Ostara renvoie au renouveau printanier et à l’éveil de la nature. Delphine Billard place ce rapport au vivant au cœur de sa manière d’aborder l’atelier. Il ne s’agit pas d’appliquer un décor naturaliste identique sur chaque instrument. La référence intervient plutôt dans le rythme de fabrication, la place laissée à l’évolution et le choix de ne pas forcer une étape lorsque les conditions de travail ne lui paraissent pas justes. Les instruments se transforment ainsi au fil de ses recherches au lieu d’être figés dans une formule unique.

La fabrication s’inscrit dans un temps long. Delphine Billard explique qu’un instrument ne se construit ni en une journée, ni même en trois ou quatre jours. Certaines phases peuvent être séparées par plusieurs jours hors de l’atelier. Cette alternance permet de reprendre le métal avec une écoute et une concentration renouvelées. La durée ne correspond donc pas seulement à l’addition d’opérations techniques : elle comprend les pauses nécessaires entre deux interventions et la possibilité de revenir sur le résultat obtenu.

La majorité du travail est effectuée manuellement. Delphine Billard cite notamment la formation des dimples, le polissage et les gravures. Les dimples créent les reliefs concaves visibles au centre des zones de note. Le polissage agit sur l’unité de la surface métallique, tandis que la gravure apporte une intervention graphique durable. Ces gestes ont chacun une fonction distincte et demandent une maîtrise du support déjà façonné. Une action trop forte ou mal située ne pourrait pas être considérée indépendamment de l’équilibre général de l’instrument.

Les handpans Ostara sont répertoriés avec des coques en acier nitruré d’un millimètre ou en acier Ember de même épaisseur, pour un diamètre de cinquante-trois centimètres. Ces données situent précisément la matière travaillée et l’échelle de l’objet. Une feuille d’acier mince doit devenir un volume capable de porter plusieurs notes sans perdre sa stabilité. Le choix entre les deux familles d’acier modifie le point de départ matériel, mais chaque coque passe ensuite par une succession d’interventions manuelles et de réglages propres à l’instrument.

L’accordage ne consiste pas à répartir des sons isolés au hasard sur la coque. Delphine Billard construit des gammes dont les notes entretiennent des relations déterminées. Ostara présente ses réalisations en trois ensembles : gammes polyvalentes, colorées et atypiques. Cette organisation aide à comprendre que deux handpans de même forme peuvent proposer des univers musicaux très différents. Le choix porte sur une architecture de sons, pas simplement sur le nombre de zones que l’on peut frapper.

Equinox, Celtic Minor ou Amara et Kurd 10 figurent parmi les gammes polyvalentes. La Celtic Minor est présentée comme une configuration classique capable d’accompagner la progression d’un débutant tout en restant ouverte à d’autres niveaux de jeu. Kurd 10 possède une jouabilité proche, avec un si bémol qui modifie sa couleur. Equinox s’organise autour d’un fa et d’une suite comprenant notamment sol dièse, do, do dièse, ré dièse et sol. Ces agencements donnent au musicien un cadre harmonique immédiatement disponible sous les mains.

Les gammes colorées explorent d’autres climats. Ake Bono est une pentatonique associée à un univers japonais. Ida apporte une orientation décrite comme subtilement orientale, avec plusieurs possibilités de variation. Ysha Savita est une gamme majeure au caractère joyeux, tandis qu’Aegean 10 recherche une profondeur plus intense. Delphine Billard a également réalisé des handpans en fa dièse mineur. Ces noms ne servent pas uniquement à différencier des modèles : chacun correspond à une succession de notes précise qui change les phrases possibles et les tensions musicales.

Les configurations atypiques montrent une autre facette de la recherche. Une gamme en mi mineur ajoute sur la coque inférieure des notes extérieures à la gamme principale afin d’accompagner des mantras particuliers. Une combinaison Kurd / Equinox étendue rassemble plusieurs couleurs dans un même instrument et a été étudiée pour dialoguer avec une autre gamme. Les notes placées sous l’instrument élargissent le registre sans surcharger nécessairement la face supérieure. Elles modifient aussi la gestuelle, puisque le joueur doit aller chercher des sons sur plusieurs plans.

Ostara réalise également des combinaisons personnalisées. Imaginer une gamme demande de considérer les relations entre toutes les notes plutôt qu’une préférence isolée pour une tonalité. Une note ajoutée change les enchaînements disponibles, les accords possibles et la manière dont l’instrument peut rejoindre un autre handpan. Delphine Billard présente les défis de composition comme un moteur de son travail. Le sur-mesure prend alors la forme d’une recherche musicale autant que d’une adaptation matérielle.

Le handpan conserve pourtant une approche intuitive. Le joueur peut faire naître une mélodie sans passer d’abord par la lecture d’une partition. Les zones accordées limitent le risque de produire une succession totalement étrangère à la gamme choisie. Cette accessibilité n’empêche pas un jeu plus élaboré : Ostara présente l’instrument comme capable d’accompagner une progression vers des compositions avancées. La même disposition peut donc soutenir une première exploration du rythme et servir ensuite à construire des motifs, des accents et des enchaînements plus complexes.

Le travail de Delphine Billard trouve aussi sa place dans des projets musicaux enregistrés. Pour son album Libre, paru en 2023, Greg Voinis a utilisé un handpan fabriqué sur mesure par Ostara comme instrument principal de quatorze morceaux essentiellement instrumentaux. Cet usage met en évidence le lien entre la facture et la composition : le choix préalable d’une gamme fournit une palette que le musicien peut développer sur la durée d’un album. L’instrument quitte alors l’atelier pour devenir la voix centrale d’un répertoire personnel.

La protection accompagne cette vie hors de l’atelier. Ostara présente une housse dotée d’un rembourrage à effet coussin sur chaque côté, destiné à mieux maintenir le handpan pendant le transport. Cette attention est cohérente avec la nature de l’objet : une surface accordée et travaillée manuellement doit être protégée des chocs. La housse ne modifie pas l’instrument, mais elle contribue à préserver les réglages, le polissage et les gravures lorsque le handpan circule entre répétitions, cours, scènes ou rencontres musicales.

Delphine Billard participe à l’Été Nomade, festival consacré au handpan, au didgeridoo et aux fabricants d’instruments. La présentation d’Ostara y reprend son parcours depuis la découverte du Hang, son passage par Shellopan et son choix de développer son propre atelier. Ce contexte réunit facture et pratique musicale : les instruments peuvent être comparés, écoutés et joués au contact d’autres créateurs. En 2026, Ostara figure encore parmi les fabricants associés au festival, tandis que l’atelier poursuit son activité à Chauffailles.

La commune de Chauffailles inscrit aujourd’hui Ostara dans le sud de la Bourgogne-Franche-Comté. Delphine Billard y poursuit une recherche commencée plus de quinze ans auparavant autour de l’acier accordé. La localisation actuelle accompagne une pratique qui reste ouverte aux échanges avec des musiciens et des enseignants dans plusieurs régions, sans dissoudre l’identité de l’atelier. Le nom Ostara, les gravures et la construction patiente donnent une continuité visuelle et sonore aux instruments malgré la diversité des gammes.

Ostara Instruments rassemble ainsi plusieurs niveaux de création : choix d’un acier, mise en forme manuelle, travail des dimples, polissage, gravure, accordage et composition d’une gamme. Equinox, Celtic Minor, Kurd 10, Ake Bono, Ida, Ysha Savita, Aegean ou les configurations étendues montrent que Delphine Billard ne réduit pas le handpan à une seule couleur musicale. À Chauffailles, elle fabrique des instruments qui peuvent accueillir une découverte intuitive, accompagner une pratique avancée ou devenir le centre d’un projet enregistré, tout en conservant la marque d’un travail patient du métal et du son.

Traçabilité

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