Atelier & professionnel

Dominique Folliot — dinandier à Saint-Hilaire-les-Places

Saint-Hilaire-les-Places

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Saint-Hilaire-les-Places, en Haute-Vienne, Dominique Folliot exerce la dinanderie, un métier consacré à la mise en forme du métal en feuille. Le cuivre, le laiton et l’argent passent sous le marteau et répondent à la chaleur pour devenir des vases, des contenants, des bijoux, des objets religieux, des décors muraux ou des pièces destinées à l’extérieur. Le travail ne consiste pas à appliquer un décor sur une surface déjà construite. Il transforme progressivement la plaque, l’étire, la resserre, la creuse ou la relève jusqu’à ce qu’elle acquière un volume. La forme apparaît par une succession de décisions et de gestes qui tiennent compte de l’épaisseur, de la souplesse, de la résistance et de la lumière.

La dinanderie repose sur une relation directe entre le métal et l’outil. Une feuille plane peut devenir une coupe évasée, un vase arrondi ou un récipient plus fermé, mais elle ne prend pas cette courbe en une seule opération. Le dinandier prépare la plaque, choisit un support, installe la matière et commence à déplacer le métal par frappes mesurées. La rétreinte resserre une zone et lui donne davantage de profondeur ; l’étirage accompagne au contraire une ouverture ou une extension. Entre deux séries de coups, la surface est observée pour repérer les tensions, les plis et les différences de courbure. La pièce avance ainsi par corrections successives, avec un équilibre entre la force nécessaire et la retenue qui évite de marquer la matière.

Dominique Folliot travaille aussi la relation entre forme et surface. Les empreintes laissées par le marteau peuvent rester visibles et faire vibrer le métal sous la lumière. Un martelage régulier produit une texture qui accompagne la géométrie du volume, tandis qu’un planage plus fin calme certaines zones et clarifie les transitions. Le polissage apporte une autre lecture : il peut renforcer l’éclat d’un bord, révéler une courbe ou mettre en contraste une partie lisse avec une partie travaillée. La finition n’efface donc pas nécessairement le chemin de fabrication. Elle organise la manière dont les traces, les reflets et les ombres se répondent sur l’objet terminé.

Les contenants occupent une place visible dans son univers. Un vase ou une coupe doit posséder une silhouette juste, mais aussi une ouverture, une base et une stabilité adaptées à sa fonction. La hauteur, le diamètre et la courbure déterminent la façon dont l’objet se pose et se regarde. Une forme peut être conçue pour accueillir des fleurs, pour devenir un élément décoratif ou pour dialoguer avec un intérieur. Le métal apporte alors une présence particulière : le cuivre réchauffe les teintes, le laiton apporte une tonalité dorée et l’argent renvoie la lumière avec une intensité plus froide. Les choix de finition modifient encore la perception de la pièce selon l’éclairage et la distance d’observation.

Le travail de Dominique Folliot ne se limite pas aux formes fermées. Certaines créations associent plusieurs éléments ou plusieurs matières. Une plaque peut être courbée sans soudure lorsque le dessin le permet ; une autre pièce demande un assemblage qui réunit le cuivre, le laiton, l’étain, l’ébène, la pâte de verre ou une touche d’émail. Ces combinaisons donnent au métal une place différente dans l’objet. Il peut porter la structure, entourer une matière colorée, recevoir un détail en relief ou prolonger une ligne de bois. L’assemblage ne doit pas seulement être solide : il doit conserver une continuité visuelle et permettre à chaque matériau de jouer son propre rôle.

La dinanderie rejoint l’orfèvrerie dans les projets où les proportions, les bords et les raccords demandent une grande précision. Un objet religieux, un bijou ou une pièce destinée à un décor intérieur appelle une attention particulière aux détails qui seront vus de près. Le bord d’une coupe doit être régulier et agréable au toucher. Une surface destinée à être manipulée ne peut pas conserver une arête agressive. Une composition murale doit tenir compte de son poids et de sa relation avec le support. Chaque usage modifie la manière de préparer, de former et de finir le métal.

Les bijoux constituent un autre champ de création. À une échelle plus petite, le martelage donne au laiton, au cuivre ou à l’argent une texture qui accompagne le mouvement du corps. Une forme portée doit rester légère, équilibrée et confortable. Les attaches, les fermoirs et les zones de contact sont étudiés avec la même attention que la face visible. Une pièce peut être volontairement sobre, avec une seule courbe et une surface travaillée, ou recevoir plusieurs éléments qui créent un relief plus complexe. Le caractère singulier du bijou vient alors de la rencontre entre la précision de l’assemblage et la liberté laissée au geste.

Les objets religieux ont également permis à Dominique Folliot de mettre la dinanderie au service d’un ensemble cohérent. Dans ce type de projet, un vase, une coupe ou un élément liturgique doit trouver sa place dans un espace chargé de symboles. La matière, la couleur et la lumière participent à la présence de l’objet sans prendre le dessus sur sa fonction. Les courbes doivent être lisibles depuis plusieurs points de vue et les surfaces doivent répondre à l’éclairage du lieu. Le métal martelé ou poli peut accompagner un décor émaillé, une pierre ou un bois, tout en conservant la netteté de la forme.

Une part de son parcours est liée à la collaboration avec l’émailleur Pierre Christel. Leur travail commun autour d’un vase boule en cuivre rouge et émail a reçu en 2005 le Prix Bettencourt pour l’Intelligence de la main. Cette association montre ce que la dinanderie peut apporter à une œuvre qui réunit plusieurs savoir-faire. Le métal construit le volume et donne son support à la couleur ; l’émail introduit une surface différente, avec ses propres réactions à la chaleur et à la lumière. Le résultat dépend de la justesse de la forme comme de la préparation de la matière qui recevra la finition.

Le travail sur commande permet d’adapter la dinanderie à une attente particulière. Un projet peut concerner un contenant, un bijou, un élément décoratif ou une pièce pensée pour un lieu précis. La discussion porte alors sur la dimension, la matière, la ligne, la finition et la manière dont l’objet sera regardé ou utilisé. Une forme destinée à un intérieur n’est pas soumise aux mêmes contraintes qu’un objet manipulé chaque jour. Une création extérieure doit tenir compte de son exposition. Une pièce réalisée pour un ensemble architectural doit dialoguer avec les matériaux déjà présents. Le dessin et les essais servent à contrôler les proportions avant que le martelage ne fixe définitivement le volume.

La transmission occupe aussi une place dans l’activité de l’atelier. Dominique Folliot propose des stages individuels de découverte et d’initiation à la dinanderie. Le programme de découverte se déroule sur quinze heures réparties sur trois jours, tandis que l’initiation représente trente-cinq heures sur cinq jours. Le petit effectif permet de suivre chaque étape et d’observer la réponse de la plaque sous le maillet ou le marteau. Le cuivre et le laiton servent de supports pour comprendre la rétreinte, le recuit, le planage et le ciselage. La personne qui apprend réalise une pièce et repart avec le résultat de son travail, après avoir expérimenté les opérations qui donnent au métal sa courbe et sa tenue.

Un stage de dinanderie commence par la préparation de la matière et du poste. Il faut comprendre la forme recherchée, choisir l’outil adapté et installer la feuille de manière à pouvoir la soutenir sans gêner les frappes. Le recuit rend au métal une partie de sa souplesse lorsque le martelage l’a durci. Le planage régularise ensuite la surface et précise la géométrie. Le ciselage peut ajouter un relief ou un dessin lorsque le projet le demande. Ces opérations ne sont pas indépendantes : une plaque mal préparée compliquera la mise en forme, et une courbe insuffisamment contrôlée rendra la finition plus difficile.

La flamme intervient dans la relation entre chaleur et déformation. Le métal doit être chauffé avec mesure, car une température mal maîtrisée peut modifier son comportement ou altérer la surface. Le dinandier observe la couleur, la réaction de la plaque et l’état du volume avant de reprendre le travail. Cette alternance entre chauffe, frappe, recuit et planage demande de la patience. Elle explique aussi pourquoi chaque objet possède une histoire de fabrication lisible dans ses marques et ses transitions. La matière conserve la mémoire des opérations, même lorsque la finition adoucit certaines traces.

Les objets de maison et de jardin prolongent cette recherche sur l’usage. Une décoration murale peut jouer avec les reflets et la profondeur ; un objet extérieur doit résister à son environnement ; un contenant doit conserver une ouverture nette et une base stable. Le choix du métal accompagne ces contraintes. Le cuivre change d’apparence avec le temps, le laiton apporte une présence chaleureuse et l’argent offre une lumière plus directe. La finition peut être pensée pour laisser évoluer la surface ou pour maintenir un aspect précis. Dans tous les cas, la fabrication associe une intention esthétique à une connaissance concrète du matériau.

Saint-Hilaire-les-Places inscrit l’atelier dans un territoire de la Haute-Vienne où les métiers du feu, de l’émail et du métal entretiennent des liens avec la création limousine. Dominique Folliot est également associé à Limoges par ses collaborations et par la présentation de pièces dans une galerie de la ville. Cette proximité nourrit un dialogue entre la dinanderie et d’autres pratiques : l’émail, la porcelaine, le verre et les arts décoratifs partagent une attention aux surfaces, aux cuissons et à la lumière. Le métal garde toutefois son caractère propre, avec sa densité, son son sous l’outil et la mobilité de la feuille avant qu’elle ne devienne volume.

À travers les vases, contenants, bijoux, objets religieux, décors muraux, créations extérieures et réalisations sur commande, Dominique Folliot fait de la dinanderie un langage de formes et de matières. Le cuivre, le laiton et l’argent sont martelés, recuits, planés, ciselés ou polis selon le dessin et l’usage. Les collaborations avec les émailleurs ouvrent la surface à la couleur, tandis que les stages transmettent les gestes de rétreinte, d’étirage et de mise en forme. À Saint-Hilaire-les-Places, l’atelier associe la précision du métal en feuille, la recherche de volumes singuliers et une approche de la création où chaque courbe naît du dialogue entre la main, le feu et l’outil.

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    Dominique Folliot, dinandier (site externe)

    Organisme : Dominique Folliot

    Fait soutenu
    Le site professionnel présente le travail du métal en feuille au marteau et à la flamme, les productions personnelles et sur commande, les vases, contenants, bijoux, objets religieux, décors et objets extérieurs, ainsi que les stages individuels.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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