À Lisieux, dans le Calvados, DYL Vitrail développe une activité consacrée à la création et à la restauration de vitraux. L’atelier est porté par Corinne Lecourt, qui présente son travail autour de pièces réalisées sur mesure et d’interventions destinées au patrimoine. La pratique associe le verre, le plomb, le dessin et la lumière pour produire des ouvrages adaptés à un lieu, à une ouverture ou à une histoire particulière. Les réalisations sont annoncées comme des pièces uniques : chacune est donc pensée selon ses dimensions, son style, son environnement et la relation que le commanditaire souhaite établir avec la lumière.
Corinne Lecourt a créé DYL Vitrail à Lisieux en 2003, après avoir travaillé plusieurs années dans un grand atelier rouennais. Son parcours comprend un CAP et un BMA dans le domaine du vitrail, ainsi qu’une attestation de qualification d’Artisan d’Art. Cette formation donne une base technique à une activité qui demande de comprendre à la fois le comportement du verre et la construction d’un panneau. Elle permet aussi de dialoguer avec un client qui arrive parfois avec une idée générale, une photographie, un motif ou une contrainte architecturale, sans encore savoir comment cette intention pourra devenir une composition vitrée.
La création commence par la relation entre le projet et l’ouverture qui recevra le vitrail. Une porte, une fenêtre ou une séparation intérieure ne distribue pas la lumière de la même façon. La forme du châssis, la profondeur du support, l’orientation et la vue qui se trouve derrière influencent le choix des couleurs et des transparences. Un dessin très ouvert peut laisser circuler la clarté d’une pièce à l’autre. Une composition plus dense peut filtrer les regards et donner davantage d’intimité. Dans les deux cas, le réseau de plomb ne sert pas seulement à assembler les fragments : il participe au rythme du motif et à la solidité de l’ensemble.
Le site de l’atelier présente des créations originales dans des styles variés. Une commande peut s’appuyer sur une composition décorative, une inspiration plus figurative ou une recherche contemporaine. La couleur ne se réduit pas à une palette posée sur un dessin : elle dépend de l’épaisseur, de la texture et de la manière dont le verre reçoit la lumière naturelle. Un verre transparent, opalescent ou texturé ne produit pas la même profondeur. Les variations deviennent particulièrement visibles au fil de la journée, lorsque le soleil change d’angle et transforme les zones colorées, les ombres et les reflets.
DYL Vitrail réalise aussi des portes et des fenêtres pouvant recevoir une insertion sous double vitrage. Cette solution met en relation le décor du vitrail avec les exigences d’une menuiserie contemporaine. Le panneau doit être conçu pour trouver sa place dans son support, sans perdre la lecture du dessin ni la présence des matières. Le vitrage extérieur protège l’ensemble et modifie la manière dont la lumière traverse la pièce. Pour un projet de rénovation, cette possibilité permet d’envisager un décor artisanal dans une ouverture qui doit également répondre aux contraintes d’un bâtiment habité.
La restauration constitue l’autre versant central de l’atelier. Un vitrail ancien n’est pas seulement une surface décorative : il appartient à un bâtiment, conserve les marques de sa fabrication et peut avoir subi des réparations ou des transformations successives. Une intervention commence donc par l’observation de l’état des verres, du réseau de plomb et des éléments qui maintiennent le panneau. Les solutions dépendent de la nature des fragilités et du rôle de la verrière dans le lieu. Restaurer un ouvrage destiné à un manoir ou à un château suppose de tenir compte de son contexte architectural et de préserver autant que possible les informations portées par les fragments conservés.
La restauration peut concerner des verres cassés, des parties manquantes, un assemblage affaibli ou une peinture qui doit être comprise avant d’être reprise. Le travail du vitrailliste demande alors de distinguer ce qui peut être conservé de ce qui doit être remplacé ou consolidé. Un nouveau morceau ne doit pas attirer le regard de manière excessive, mais il ne doit pas non plus effacer la différence entre une matière ancienne et une intervention récente. La cohérence de la couleur, de la texture, de la coupe et du réseau de plomb guide les choix. Chaque panneau appelle une réponse particulière, liée à son histoire et à son état réel.
Le site de DYL Vitrail présente également des blasons et des écussons réalisés avec de la peinture, des émaux, de la grisaille et du jaune d’argent, avec une cuisson au four. Ces procédés enrichissent le verre de lignes, de nuances et de détails qui ne reposent pas uniquement sur la juxtaposition des couleurs. La grisaille peut préciser un contour ou organiser une figure. Les émaux apportent une autre gamme chromatique. Le jaune d’argent modifie la teinte après la cuisson et permet de travailler des détails avec une profondeur spécifique. La cuisson transforme la matière déposée sur le verre et demande donc de préparer le résultat en tenant compte de cette étape.
Les blasons donnent au vitrail une fonction de représentation et de mémoire. Un écusson peut être lié à une demeure, à une famille, à une institution ou à un projet décoratif. La composition doit rester lisible dans le format disponible, tout en respectant l’équilibre entre les signes, les couleurs et les parties transparentes. Le vitrail devient alors un support où l’image est construite par la lumière : elle se découvre depuis l’intérieur, varie avec l’éclairage et s’inscrit dans l’architecture au lieu d’être simplement posée sur un mur.
Corinne Lecourt dessine aussi des meubles qui associent le métal et le verre. Le site cite notamment des tables basses, consoles d’entrée, bureaux, coiffeuses et paravents réalisés sur mesure. Ces objets déplacent le vitrail hors de la seule fenêtre. Le verre peut devenir une surface à regarder de près, un élément qui sépare deux espaces ou un décor intégré à une structure métallique. Les proportions, les supports et les usages quotidiens prennent alors une importance particulière. Une table doit conserver une surface stable, un paravent doit rester équilibré et une console doit s’inscrire dans la circulation de la pièce.
Cette association du verre et du métal demande de penser les matériaux ensemble. Le métal porte, encadre ou souligne le panneau, tandis que le verre apporte la couleur, la transparence et les effets de lumière. Le dessin doit prendre en compte les points de fixation et les zones qui seront visibles. Une forme très décorative peut être conçue pour un meuble, alors qu’une composition destinée à une baie devra aussi dialoguer avec l’extérieur et avec la lumière changeante. Le sur-mesure permet d’ajuster l’objet à l’espace et de donner à la création une fonction précise.
Le vitrail au plomb repose sur des gestes qui relient précision et patience. Les morceaux sont choisis et découpés en fonction du dessin, puis ajustés afin que leurs contours puissent s’insérer dans le réseau prévu. Le plomb organise les lignes et donne au panneau sa structure. Les soudures réunissent les croisements, tandis que les finitions contribuent à la stabilité de l’ensemble. La qualité d’un ouvrage se lit autant dans la composition que dans la régularité des raccords, la justesse des ajustements et la façon dont le panneau répond à la lumière.
Un projet de création gagne à préciser l’emplacement, les dimensions, le degré de transparence recherché et la relation souhaitée avec la pièce. Pour une restauration, les photographies, l’histoire connue de la verrière et les désordres visibles peuvent aider à préparer le premier échange, sans remplacer l’examen de l’ouvrage. Le vitrailliste doit pouvoir distinguer les fragilités du verre, du plomb, du châssis et des éventuelles protections. Ces informations orientent la méthode, les matériaux et l’organisation du travail. La demande d’un particulier, d’un propriétaire de demeure ou d’un responsable de patrimoine ne se traite donc pas de la même manière, même lorsque le support paraît comparable.
Installé à Lisieux, au cœur du Pays d’Auge, DYL Vitrail relie une pratique de création sur mesure à la restauration d’ouvrages patrimoniaux. Les portes, fenêtres, blasons, écussons, meubles et panneaux de verre montrent plusieurs manières d’habiter la lumière. Le parcours de Corinne Lecourt, commencé dans un atelier rouennais puis prolongé par la création de DYL Vitrail, s’appuie sur une formation spécialisée et sur une pratique qui associe dessin, verre, plomb, peinture et cuisson. L’atelier propose ainsi une approche du vitrail où la pièce unique peut prendre place dans une architecture ancienne, un intérieur actuel ou un meuble conçu pour elle.