À Dax, dans les Landes, Elisabeth Bonjean exerce le métier de doreur ornemaniste et intervient sur des objets, des mobiliers et des éléments de patrimoine. Son activité couvre la restauration et la conservation de dorures sur bois, pierre et métal, en intérieur comme en extérieur. Elle travaille notamment sur le mobilier, les cadres, les boiseries et les sculptures, mais aussi sur des supports métalliques comme le fer, le plomb, le cuivre et l’aluminium. La reproduction à l’identique d’ornements détériorés ou manquants constitue une part particulière de son savoir-faire.
La dorure commence par l’examen du support. Le bois, la pierre et les métaux ne présentent ni les mêmes aspérités ni les mêmes réactions. Un cadre en bois peut avoir des apprêts décollés, une sculpture des reliefs usés et une boiserie des zones touchées par les manipulations. Une surface métallique demande une préparation différente, surtout lorsqu’elle est exposée à l’extérieur. Le doreur observe les lacunes, les fissures, les anciennes couches et les parties encore stables avant de décider de la méthode. Cette étude protège la matière et évite de recouvrir indistinctement une finition qui pourrait être conservée.
La feuille d’or est très fine et révèle la qualité de la préparation. Les apprêts servent à régulariser le support et à donner à la dorure une base adaptée. Sur un décor sculpté, les creux et les reliefs doivent rester lisibles sous la feuille. Sur une surface plus plane, la continuité et les raccords deviennent essentiels. Une préparation trop irrégulière crée des ombres imprévues, tandis qu’un fond trop uniforme peut atténuer le caractère d’un objet ancien. Le travail préparatoire relie donc la conservation de la forme à l’éclat final.
La restauration de dorure dépend de l’époque et du style de l’objet. Une pièce ancienne peut associer plusieurs nuances, une polychromie, des zones brillantes et des parties plus mates. La finition ne doit pas être choisie uniquement pour son intensité. Elle doit correspondre à la place de l’objet, à la distance de regard et aux traces de fabrication qui subsistent. Une dorure destinée à un cadre de tableau n’a pas le même rôle qu’une finition appliquée sur une boiserie ou un ornement extérieur. Elisabeth Bonjean étudie ces relations avant de proposer un traitement.
La reproduction d’un ornement manquant demande de retrouver sa forme et son rythme. Un motif peut être composé de feuilles, de fleurs, de moulures, de volutes ou de détails géométriques. Le doreur s’appuie sur les parties conservées, les éléments voisins et les documents disponibles pour comprendre la composition. Le nouveau relief doit s’insérer dans l’ensemble sans paraître posé après coup. La sculpture, la préparation et la pose de la feuille sont coordonnées afin que le complément retrouve la logique de l’objet.
La dorure sur bois concerne des meubles, des cadres, des boiseries et des sculptures. Chaque support possède une histoire d’usage. Un fauteuil ou une console peut avoir reçu des chocs et des frottements sur les parties saillantes. Un miroir peut présenter des lacunes autour de la moulure. Une boiserie peut avoir été déplacée, repeinte ou exposée à des variations d’humidité. La restauration tient compte de la structure et de la finition : rétablir la feuille sans consolider un support déformé ne suffirait pas à préserver l’ensemble.
Sur pierre, la dorure s’inscrit dans un matériau plus minéral et parfois soumis aux intempéries. Une inscription, un relief ou un élément architectural doit rester lisible malgré la lumière, la pluie et les variations de température. La préparation de la surface, l’adhérence et la protection sont étudiées selon l’emplacement. Une dorure extérieure ne se traite pas comme un détail placé dans un intérieur sec. Les zones à travailler, l’accès et la sécurité du chantier peuvent également modifier l’organisation de l’intervention.
La dorure sur métal ouvre encore d’autres possibilités. Fer, plomb, cuivre et aluminium ont des textures et des comportements différents. Une grille, un élément décoratif ou une pièce d’ameublement peut recevoir une finition dorée ou être restauré lorsque sa surface s’est altérée. L’artisan tient compte de l’état de l’alliage, des assemblages et de la relation entre la feuille et le métal. La couleur choisie peut souligner un relief, marquer une bordure ou créer un contraste avec une patine existante.
Elisabeth Bonjean a été formée au métier de doreur ornemaniste à l’école d’ameublement La Bonne Graine, à Paris. Son histoire familiale est liée au bois : elle a grandi dans l’atelier de son grand-père menuisier ébéniste. Cette proximité ancienne avec le mobilier et la matière nourrit un regard attentif aux volumes, aux assemblages et aux décors. La formation de doreur complète cette connaissance par l’étude des apprêts, de la feuille et des techniques adaptées aux styles et aux époques.
L’activité est menée depuis l’atelier de Dax et s’étend à la Nouvelle-Aquitaine et à l’Occitanie, avec des déplacements en France pour certains projets. Elisabeth Bonjean travaille également en collaboration avec l’atelier L’Ébénisterie Notre Dame à Bordeaux, où intervient sa fille Aurélie Boyer, ébéniste restauratrice formée à l’École Boulle. Cette complémentarité permet de mettre en relation restauration du bois, préparation des volumes et traitement des surfaces dorées lorsque l’objet demande plusieurs compétences.
Un projet de restauration se prépare avec des photographies générales et des vues rapprochées des parties fragiles. Les dimensions, le type d’objet, les conditions de présentation et les anciennes interventions connues aident à comprendre la demande. Pour une création, un dessin ou une intention décorative permet de discuter le support, la forme et la finition. L’examen direct reste nécessaire pour déterminer les apprêts, les lacunes, les déformations et la technique la plus adaptée. Le devis et le calendrier sont ensuite établis selon l’état réel et l’ampleur du travail.
La dorure peut être historique ou contemporaine. Une intervention sur un meuble ancien cherche à respecter son style, tandis qu’une création actuelle peut utiliser l’or pour souligner une forme épurée ou un contraste avec une matière brute. Dans les deux cas, la feuille n’est pas un simple revêtement ajouté à la fin. Elle révèle les reliefs, organise la lumière et met en relation l’objet avec son environnement. Une finition réussie accompagne la construction de l’œuvre sans masquer le travail du bois, de la pierre ou du métal.
À Dax, Elisabeth Bonjean propose ainsi un savoir-faire de doreur ornemaniste qui relie conservation, reproduction et création. Dorure sur bois, pierre et métal, restauration de cadres, boiseries, sculptures et mobiliers, interventions intérieures ou extérieures répondent à des demandes distinctes. La formation reçue auprès de La Bonne Graine, l’expérience familiale du bois et la collaboration avec une ébéniste restauratrice forment un ensemble cohérent. Chaque chantier est étudié selon l’époque, le support, l’ornement et la lumière qui donnera à la dorure sa place dans l’objet.