Atelier & professionnel

Emilie Sartelet — sculptrice sur pierre et restauratrice à Trévoux

Trévoux

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Trévoux, dans l’Ain, Emilie Sartelet développe un atelier consacré à la sculpture sur pierre. Son travail couvre les approches figurative et moderne ainsi que la gravure. Elle réalise des sculptures sur commande et présente aussi des pièces destinées à être acquises. La pierre est au centre de sa pratique, non comme un simple support à recouvrir, mais comme une matière dont la densité, la transparence, le veinage et les irrégularités orientent la forme. L’atelier associe création, étude préparatoire, restauration et transmission des gestes.

Une relation sensible avec la pierre

Emilie Sartelet décrit la création comme une manière de transmettre une émotion à travers le minéral. Cette intention se lit dans l’attention portée aux états de surface : les parties brutes, les zones adoucies et les polis ne produisent pas le même rapport à la lumière ni au toucher. Une même sculpture peut donc organiser plusieurs degrés de finition. Une arête conservée vive donne une direction au volume, une surface adoucie accompagne une courbe et un poli fait apparaître la profondeur ou la couleur de la pierre.

Le choix du matériau modifie fortement la construction d’une œuvre. L’albâtre est présenté pour sa douceur et sa transparence. Il peut laisser passer la lumière dans les parties les plus fines et donner au volume une présence presque intérieure. La serpentine offre une force différente, avec des couleurs qui se combinent selon le bloc et selon le résultat recherché. Le marbre apporte une homogénéité, une brillance et un veinage qui deviennent des éléments de composition. Ces pierres ne se travaillent pas comme une matière uniforme : chacune demande d’observer ses lignes, ses réactions et ses limites.

La sculpture commence par une écoute du bloc. Avant de retirer de la matière, l’artisane regarde les dimensions, la direction des veines, les différences de teinte et les éventuelles fragilités. Le dessin peut préciser une silhouette ou une structure, mais il doit rester compatible avec ce que la pierre permet réellement. Une forme pensée pour un marbre régulier ne se transpose pas automatiquement dans une serpentine colorée. Le projet évolue donc entre intention et découverte, avec une place laissée aux accidents et aux qualités naturelles du matériau.

Figuratif, moderne et gravure

La sculpture figurative demande d’organiser le volume pour qu’un sujet soit reconnaissable sans devenir une accumulation de détails. Un visage, un animal ou une figure tient d’abord par une masse générale, une posture, une direction du regard et un équilibre entre les pleins et les vides. Les détails interviennent ensuite pour préciser une expression, une texture ou un mouvement. Dans la pierre, une correction trop profonde peut modifier définitivement la silhouette ; l’observation doit donc accompagner chaque enlèvement.

L’approche moderne ouvre une relation plus libre avec le bloc. La forme peut s’éloigner de la représentation directe pour travailler une tension, une courbe, une ouverture ou un jeu de plans. Le veinage du marbre peut devenir une ligne qui traverse la composition. Une zone translucide d’albâtre peut être conservée pour laisser la lumière participer à la lecture. La serpentine, avec ses variations de couleur, peut soutenir une construction où la matière porte elle-même une partie du rythme visuel.

La gravure ajoute un travail de ligne à celui du volume. Une inscription, un motif ou un signe demande de décider de la profondeur, de l’espacement et de la relation entre les lettres. Sur un monument ou une plaque, la lisibilité dépend de la régularité du tracé et de la manière dont la lumière accroche les creux. La gravure peut aussi accompagner une sculpture sans se réduire à une information ajoutée : elle devient un dessin intégré à la surface de la pierre.

Étude, dessin et modelage

L’atelier distingue la réalisation finale des étapes d’étude. Le dessin aide à chercher une silhouette, à comparer plusieurs proportions et à prévoir les rapports entre une vue de face, un profil et une vue en trois dimensions. Le modelage permet de quitter le plan du papier pour éprouver le poids, la continuité d’une courbe et la manière dont les volumes se répondent. Ces préparations sont particulièrement utiles pour une commande, car elles donnent une base concrète au dialogue avant la taille définitive.

Un modelage ne remplace pas la pierre, mais il rend visibles des choix qui seraient plus difficiles à modifier dans le bloc. La position d’un bras, l’ouverture d’un espace, l’épaisseur d’un socle ou la relation entre une figure et son support peuvent être observées à petite échelle. L’étude sert aussi à contrôler la stabilité et la présence de l’œuvre dans son environnement. Une sculpture destinée à un intérieur ne se regarde pas comme une pièce prévue pour un espace extérieur ou pour un lieu de mémoire.

Le travail sur commande prend ainsi en compte le sujet, la pierre, les dimensions et le contexte de présentation. Une personne peut partir d’un dessin, d’une idée ou d’une référence. L’échange permet de préciser le caractère de la pièce, le degré de ressemblance recherché et la finition souhaitée. Le choix du matériau reste lié au projet : un albâtre mettra davantage en jeu la lumière, tandis qu’un marbre pourra privilégier le veinage et la netteté d’un poli. La commande devient une construction partagée sans perdre la part d’interprétation propre au geste de l’artisane.

Restauration de monuments et de statues

Emilie Sartelet intervient également dans la restauration de monuments et de statues en Rhône-Alpes. Parmi les réalisations présentées figurent le monument de Roussille à Saint-Didier-de-Formans, la croix de Parcieux et des travaux liés à la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Lyon. Ces contextes montrent la diversité des échelles et des histoires auxquelles une sculptrice peut être confrontée. Un monument commémoratif, une croix et une statue intégrée à un édifice ne présentent ni les mêmes formes ni les mêmes contraintes de conservation.

Restaurer une pierre commence par l’observation de son état. Les cassures, les épaufrures, les zones érodées, les reprises anciennes et les différences de surface renseignent sur la vie de l’œuvre. Le diagnostic doit distinguer une altération qui menace la lecture ou la stabilité d’une marque qui appartient à son histoire. La restauration cherche alors une intervention proportionnée : consolider, compléter ou reprendre une partie sans effacer les informations portées par la matière ancienne.

La relation entre la sculpture et son emplacement compte autant que la forme elle-même. Une statue exposée aux intempéries réagit à l’eau, au gel, aux variations de température et aux dépôts de surface. Un élément placé dans un édifice reçoit une lumière différente et peut être observé depuis le sol, à distance. Le choix d’une réparation ou d’une finition doit tenir compte de ces conditions. La pierre restaurée doit retrouver une cohérence visuelle et une stabilité compatibles avec le lieu qui la conserve.

L’atelier restaure aussi des monuments funéraires pour des particuliers et pratique la gravure de lettres. Dans ce cadre, la précision du texte rejoint la dimension affective du support. Les proportions, l’espacement et la profondeur du tracé doivent rester lisibles tout en respectant la pierre déjà en place. Une intervention peut concerner une inscription, une partie endommagée ou un ensemble plus large. Le travail demande de comprendre l’existant avant de choisir une forme, une lettre ou une finition.

Transmission et pratique d’atelier

La transmission occupe une place visible dans l’activité d’Emilie Sartelet. L’atelier propose des cours et des stages de sculpture. Une séance d’initiation peut permettre d’aborder le dessin d’une forme, la préparation du support, l’usage des outils et la progression du dégrossissage vers les surfaces plus fines. La pierre impose un rythme particulier : elle ne se corrige pas comme une matière souple, et chaque geste doit être conduit avec une attention au grain, à l’angle d’attaque et à la quantité retirée.

L’apprentissage passe aussi par le regard. Il faut reconnaître la différence entre une arête qui donne de la tension au volume et une aspérité qui gêne la lecture, entre un poli qui révèle le veinage et une surface trop brillante pour le sujet. Les travaux d’élèves présentés par l’atelier témoignent de cette progression par la pratique. La transmission ne consiste pas seulement à reproduire une forme : elle apprend à dialoguer avec un matériau qui conserve les conséquences de chaque décision.

Le titre de Maître Artisan d’Art reçu par Emilie Sartelet auprès de la Chambre des Métiers reconnaît ce parcours et cette maîtrise. Une distinction Arts Sciences et Lettres, avec une médaille de Vermeil mentionnée par l’atelier, accompagne également sa présentation. Ces repères s’ajoutent aux réalisations de sculpture et de restauration, sans remplacer ce qui se découvre dans la matière : la qualité d’une taille, la justesse d’une proportion et la capacité à faire tenir une émotion dans un volume.

À Trévoux, Emilie Sartelet réunit donc sculpture figurative, recherche moderne, gravure, étude préparatoire, restauration de monuments et de statues, et enseignement. L’albâtre, la serpentine et le marbre offrent des relations différentes avec la lumière, la couleur et le geste. Les commandes, les œuvres présentées à l’acquisition et les travaux patrimoniaux demandent chacun une attention adaptée à leur contexte. Le dessin, le modelage et la taille construisent progressivement une forme qui respecte à la fois l’intention du projet et la personnalité de la pierre.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    Emilie Sartelet — atelier de sculpture sur pierre à Trévoux (site externe)

    Organisme : Emilie Sartelet

    Fait soutenu
    Le site officiel présente l’atelier de Trévoux, la sculpture sur pierre figurative et moderne, la gravure, l’étude par dessin et modelage, la restauration de monuments et statues, l’enseignement et le titre de Maître Artisan d’Art.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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