Atelier & professionnel

Éric Savalli — maître verrier et vitrailliste à Brest

Bretagne

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Brest, Éric Savalli exerce le métier de maître verrier-vitrailliste. Son parcours est associé au travail du verre, à la peinture verrière et à une relation étroite entre matière, dessin et lumière. Ancien élève de Jean-Dominique Fleury dans le Programme Maîtres d’art-Élèves, il s’inscrit dans une pratique où la transmission passe par l’observation, la précision du geste et la compréhension de l’architecture qui reçoit le vitrail. Son activité est particulièrement liée à une conception du verre qui ne se réduit pas à l’emploi de couleurs décoratives : la transparence, la translucidité, les lignes de plomb et la modulation de la lumière participent ensemble à l’identité d’une baie.

Le métier de vitrailliste commence par l’étude d’un lieu. Une fenêtre n’est jamais une surface indépendante de l’édifice. Sa hauteur, son orientation, la profondeur de l’embrasure, la nature des murs et la lumière extérieure influencent la manière dont le verre sera perçu. Dans un édifice ancien, les proportions et les rythmes existants doivent être observés avant de dessiner une composition. Dans un projet contemporain, le vitrail peut devenir un élément architectural à part entière, en accompagnant une façade, une séparation ou une mise en scène de la lumière. Le professionnel doit donc comprendre l’espace avant de choisir une matière et un tracé.

Le dessin constitue une étape essentielle de cette compréhension. Le carton permet de travailler la composition à l’échelle de la baie, de tester les lignes et d’évaluer les rapports entre les parties opaques et les zones traversées par la lumière. Dans un vitrail traditionnel, le dessin prépare aussi la découpe des pièces de verre et l’organisation du réseau de plomb. Les lignes ne servent pas seulement à maintenir les fragments : elles structurent le regard et peuvent donner une direction, une tension ou un rythme à l’ensemble. Le travail d’Éric Savalli est documenté dans cette étape des cartons pour les vitraux de Conques, réalisée avec Pierre Soulages et Jean-Dominique Fleury.

Le chantier de Conques offre un exemple singulier de collaboration entre artiste et maître verrier. La commande publique concernait les baies de l’abbatiale Sainte-Foy, un édifice roman dont les proportions, la pierre et la lumière formaient un ensemble très marqué. Pierre Soulages a cherché un verre qui laisse entrer la clarté naturelle sans rendre l’espace transparent au regard. Le projet ne consistait donc pas à transposer une peinture colorée dans le verre. Il fallait mettre au point une matière capable de filtrer, de diffuser et de moduler la lumière en accord avec l’architecture.

Le travail des cartons a commencé dans les ateliers de l’artiste à Paris et à Sète, avec Jean-Dominique Fleury et Éric Savalli, avant de se poursuivre dans l’atelier du maître verrier à Toulouse. Cette organisation montre que le vitrail se construit par échanges successifs. Le peintre, le maître verrier et les personnes chargées de la mise en œuvre confrontent leurs regards sur les proportions, le dessin et le comportement du matériau. Les cartons peuvent être déplacés, corrigés et observés à distance afin d’obtenir un tracé juste. La ligne de plomb doit s’accorder avec les formes du verre et avec la structure de la baie.

Le verre retenu pour Conques possède une transmission diffuse et modulée de la lumière. Il est translucide sans être transparent : la lumière traverse la masse du matériau, mais le regard ne passe pas directement comme à travers une vitre claire. Cette qualité vient de la composition du verre et de la manière dont ses fragments réagissent pendant la fusion. La surface n’a pas besoin d’un décor peint pour devenir expressive. Sa profondeur, sa densité et ses variations de clarté produisent une présence qui change au cours de la journée.

Le choix d’un verre blanc ou incolore modifie profondément la tradition du vitrail. Les couleurs franches des verrières gothiques ne sont pas utilisées pour imposer une palette. À Conques, la lumière naturelle devient le principal agent de transformation. Elle varie selon le temps, l’heure et l’orientation des baies. Une zone plus éclairée peut paraître plus froide, tandis qu’une partie moins exposée prend une tonalité plus chaude. Le verre ne porte pas une couleur fixe de la même manière qu’une peinture ; il révèle des nuances liées à l’intensité lumineuse et à la relation entre intérieur et extérieur.

Cette modulation donne naissance à un chromatisme discret. Les variations ne sont pas ajoutées comme une polychromie appliquée à la surface. Elles apparaissent par l’interaction entre la masse du verre, la lumière reçue et le regard qui se déplace. Un vitrailliste doit tenir compte de cette mobilité lorsqu’il prépare les pièces et les assemblages. La même baie peut être perçue différemment le matin et l’après-midi, depuis la nef ou depuis l’extérieur. L’œuvre n’est pas seulement un dessin fixé dans une fenêtre : elle devient une expérience lumineuse liée à l’architecture.

Les lignes de plomb jouent également un rôle plastique. Dans les vitraux de Conques, les tracés obliques et souples accompagnent la modulation de la lumière. La bordure habituelle est supprimée afin de préserver la pureté du dessin architectural de la baie. Les plombs ne sont donc pas seulement des éléments de construction. Leur épaisseur, leur direction et leur espacement participent à l’élan général de la composition. Le maître verrier doit les mettre en œuvre avec assez de précision pour assurer la tenue des panneaux, tout en respectant le rythme imaginé avec l’artiste.

Les barlotières, ces barres d’acier qui rigidifient et soutiennent les vitraux, appartiennent elles aussi à la lecture de l’ensemble. Elles remplissent une fonction structurelle, mais leur disposition peut contribuer à l’organisation visuelle de la baie. Leur nombre, leur orientation et leur rapport avec les plombs doivent être examinés avec soin. Le projet de Conques montre que la construction ne reste pas cachée derrière l’image. Les éléments nécessaires à la stabilité peuvent entrer dans la composition et renforcer le lien entre technique, architecture et expression.

La peinture sur verre constitue un autre aspect du métier de verrier. Elle permet d’ajouter un trait, une nuance ou un détail lorsque le projet le demande, mais elle ne remplace pas la compréhension de la matière. Le peintre verrier travaille avec la transparence, la cuisson et la lumière. Une couche trop dense peut fermer une zone qui devait rester lumineuse ; un trait trop fin peut perdre sa présence après cuisson. Le dessin doit donc être pensé en fonction de la vitre, de son épaisseur et de la distance depuis laquelle il sera observé.

La restauration de vitraux exige une attention comparable à celle d’une création. Le professionnel commence par distinguer les verres conservés, les plombs déformés, les cassures, les lacunes et les interventions anciennes. Une baie peut avoir été exposée à des variations de température, à des vibrations, à des infiltrations ou à des réparations successives. Avant de remplacer une pièce, il faut comprendre sa couleur, sa texture, sa place dans le dessin et sa relation avec les fragments voisins. La restauration ne consiste pas à uniformiser l’ensemble ; elle cherche à préserver l’histoire de la baie tout en rétablissant sa cohérence et sa stabilité.

Le parcours d’Éric Savalli est lié à la transmission de Jean-Dominique Fleury. Dans un métier où les gestes sont difficiles à résumer par des consignes abstraites, l’apprentissage se fait en regardant préparer un verre, tracer un carton, ajuster un plomb et organiser un panneau. Il faut comprendre la résistance de la matière, la fragilité d’une coupe, la tenue d’un assemblage et la manière dont la lumière révèle ou atténue un détail. Le programme Maîtres d’art-Élèves inscrit cette relation dans une démarche de transmission structurée, où l’expérience d’un maître accompagne la construction professionnelle d’un élève.

Le vitrail relie plusieurs échelles de travail. À la table, le verrier choisit une pièce, la découpe et l’ajuste à son voisinage. Dans l’atelier, il assemble des fragments en panneaux, contrôle la géométrie et prépare la structure. Sur le chantier, il doit considérer la baie entière, sa position dans l’édifice et sa réponse à la lumière extérieure. Une décision prise sur un petit morceau peut modifier l’équilibre d’une surface entière. La pratique exige donc de passer du détail au grand format sans perdre la cohérence du projet.

À Brest, Éric Savalli représente une approche du verre où la technique sert une vision architecturale et lumineuse. Son parcours de maître verrier-vitrailliste, sa transmission auprès de Jean-Dominique Fleury et sa participation documentée au travail des cartons de Conques témoignent d’un savoir-faire inscrit dans l’histoire récente du vitrail. Le verre blanc, la translucidité, les lignes de plomb et les structures de soutien deviennent des moyens de composer avec la lumière naturelle. Création, peinture verrière, restauration et transmission s’y rejoignent autour d’une même exigence : faire du vitrail un élément vivant de l’architecture, capable de changer avec le lieu, le temps et le regard.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Source institutionnelle fiche-institutionnelle

    Eric SAVALLI — Institut pour les Savoir-Faire Français (site externe)

    Organisme : Institut pour les Savoir-Faire Français

    Fait soutenu
    La notice institutionnelle recense Éric Savalli comme maître verrier-vitrailliste en activité à Brest, en Bretagne, et indique qu’il a rejoint le Programme Maîtres d’art-Élèves aux côtés de Jean-Dominique Fleury.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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