Atelier & professionnel

Fanny Schaeffer — papiers marbrés à Munster

Munster

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Munster, dans le Haut-Rhin, Fanny Schaeffer pratique la marbrure sur papier au sein de l’atelier-boutique Le Papier et la Cuve. Son travail s’adresse aux relieurs, aux artistes, aux amateurs de beaux papiers et aux personnes qui souhaitent découvrir un geste graphique rare. Elle crée des feuilles décorées à la main, explore des motifs traditionnels et contemporains, et développe en parallèle une démarche artistique où les couleurs et les formes composent des paysages imaginaires. L’atelier reçoit sur rendez-vous et participe à des rencontres consacrées au livre et aux métiers d’art.

La marbrure consiste à composer un dessin à la surface d’un bain avant de le transférer sur une feuille. L’eau est épaissie afin de maintenir les couleurs à la surface. Les pigments ou les encres sont déposés avec une brosse, puis déplacés à l’aide de stylets et de peignes. Le marbreur peut laisser les gouttes s’étendre, les étirer, les peigner ou les superposer pour former un caillouté, un peigné, des coquilles, une queue de paon, un œil de tigre ou une composition plus libre. La feuille est posée sur le motif, retirée avec précaution puis mise à sécher. Chaque passage renouvelle le dessin, ce qui rend chaque papier singulier.

Fanny Schaeffer a acquis les bases du métier auprès de Zeynep Uysal, marbreuse installée dans les Vosges. Elle a ensuite pratiqué seule de façon intensive avant de présenter ses papiers à une clientèle professionnelle. Cette période de répétition permet de comprendre les réactions du bain, la façon dont une encre se diffuse et la tension nécessaire pour déplacer les couleurs sans les brouiller. Le geste demande à la fois de la délicatesse et de la décision : il faut intervenir au bon moment, accepter l’évolution de la matière et savoir quand la composition est prête à recevoir le papier.

Les feuilles trouvent une place privilégiée dans la reliure d’art. Elles peuvent habiller les gardes, les contreplats ou certaines parties de la couvrure, en dialogue avec une toile, un cuir ou une autre matière. Le choix d’un papier dépend de la taille du livre, de l’ouverture attendue, de la couleur de la couverture et du degré de protection recherché. Un relieur peut rechercher un motif régulier pour un ouvrage classique ou préférer une composition plus mouvante pour une création contemporaine. La marbrure apporte alors une profondeur visuelle, mais elle reste aussi un matériau à couper, plier, coller et manipuler.

Le Papier et la Cuve présente des motifs traditionnels ainsi que des recherches plus actuelles. Les familles de dessins peuvent être organisées autour d’une palette chaude, froide, neutre ou très colorée. Cette organisation aide à choisir une feuille pour une reliure, une boîte, un carnet ou un projet décoratif. La créatrice peut également marbrer de petits objets, comme des carnets, des boîtes ou des boules décoratives. Le motif n’est pas reproduit par une machine : il se construit dans un bain et conserve les traces du déplacement des couleurs, de la pression du peigne et de la rencontre entre les gouttes.

L’atelier développe aussi une pratique artistique autonome. Dans ses tableaux et compositions, Fanny Schaeffer utilise les techniques du papier décoré pour créer des images oniriques. Les formes peuvent évoquer une végétation, un ciel, un rivage ou un relief sans représenter un paysage de façon littérale. Le regard circule entre les couches, les transparences et les contrastes. Cette recherche montre que la marbrure peut quitter le seul domaine de la reliure pour devenir une matière picturale. La feuille conserve son histoire artisanale tout en servant de support à une interprétation personnelle.

La transmission occupe une place régulière dans son activité. Des stages de découverte permettent d’aborder l’histoire de la marbrure, le matériel, la préparation des couleurs et les gestes de base. Dans le programme proposé avec l’Atelier d’Arts Appliqués du Vésinet, les participants travaillent sur un bain de CMC et réalisent une série de feuilles au format A3. Les motifs commencent par des formes simples, puis s’enrichissent de coquilles, de veinés, d’agates, de drapés ou d’approches Ebru. Le matériel collectif est fourni, tandis que les participants prévoient des feuilles, une blouse et de quoi prendre des notes. La formation est conçue pour des adultes sans prérequis en marbrure.

Des initiations plus courtes sont proposées dans des lieux culturels. Un atelier animé à Strasbourg en 2026 a permis de découvrir la préparation des peintures, l’ordonnance des couleurs et les premiers transferts sur papier en une journée. À Colmar, une séance destinée aux enfants à partir de six ans a associé observation, dépôt des couleurs et création de feuilles personnelles ; les plus jeunes participaient avec un adulte et le matériel était fourni. Ces formats rendent la technique accessible à des publics qui n’ont jamais tenu de peigne de marbreur et montrent le lien entre expérience sensible, fabrication du livre et création graphique.

Les expositions de Munster donnent une autre dimension au travail. Lors de rencontres avec des illustratrices ou des photographes, les papiers marbrés entrent en dialogue avec des images, des aquarelles ou des monotypes. Des démonstrations publiques permettent d’observer la peinture sur l’eau et de comprendre pourquoi la feuille ne peut pas être identique à la précédente. La présentation des outils, du bain et des motifs aide à saisir le temps de préparation qui précède le transfert. Elle rappelle aussi que la rareté du métier tient à la nécessité d’une pratique constante et à la longue période d’apprentissage du geste.

Pour commander une feuille ou préparer un projet, il est utile de préciser le format, le nombre d’exemplaires, la palette, l’usage et le matériau auquel le papier sera associé. Une reliure peut demander un papier sans acide et suffisamment stable pour être collé ; un encadrement ou une décoration intérieure peut privilégier une présence graphique et une protection adaptée à la lumière. Les petites variations de tonalité sont liées au travail manuel et doivent être envisagées comme une caractéristique de la pièce. Le séchage, le stockage à plat et la protection contre l’humidité contribuent ensuite à conserver la feuille.

À Munster, Fanny Schaeffer réunit ainsi production de papiers d’art, commandes pour la reliure, expérimentations plastiques et transmission. Le Papier et la Cuve peut intéresser un relieur qui cherche une garde originale, un artiste qui souhaite intégrer une surface marbrée à une composition, une famille qui veut participer à une initiation ou un curieux attiré par la peinture sur l’eau. Le rendez-vous permet de regarder les collections, de comparer les motifs et de définir une proposition cohérente avec le livre, l’objet ou l’expérience souhaitée. Le résultat garde la mémoire d’un geste réalisé une seule fois, dans le dialogue entre l’eau, la couleur et le papier.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel source-specialisee

    Stage de découverte du papier marbré avec Fanny Schaeffer (site externe)

    Organisme : Atelier de Reliure Cécile Coyez

    Fait soutenu
    La page professionnelle présente Fanny Schaeffer comme marbreuse sur papier à Munster, son accompagnement de stages sur bain de CMC et les gestes de base de la marbrure. Les programmes de l’AAAV et les annonces culturelles associées décrivent sa pratique professionnelle, ses motifs, ses démonstrations et ses ateliers pour différents publics.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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