À Cassel, dans le Nord, Fer de l’Art transforme l’acier en décors destinés aux jardins, aux façades et aux espaces de vie. L’atelier, dirigé par Romain Pawlak, s’est développé à partir d’un projet personnel commencé en 2019. Après vingt années passées dans le bâtiment, l’artisan a découvert dans le métal une matière à la fois exigeante et expressive. Il a commencé par fabriquer ses propres décorations extérieures, puis a progressivement développé une activité de ferronnerie décorative et de créations sur mesure. Le site présente Fer de l’Art comme un atelier labellisé Artisan d’Art par la CMA Hauts-de-France depuis janvier 2025.
Une rencontre avec l’acier
Le parcours de Fer de l’Art commence par une envie concrète : donner au jardin des éléments décoratifs qui ne ressemblent pas à des produits standardisés. Les premières silhouettes créées représentent des oiseaux, des animaux et des personnages. Installées au milieu de la végétation, elles introduisent une présence graphique dans un espace extérieur. Une plaque de métal peut ainsi devenir une forme reconnaissable, un contour ajouré ou une sculpture qui se détache sur un mur, une pelouse ou un massif.
Cette démarche repose sur une relation directe avec la matière. L’acier est présenté par l’atelier comme un matériau froid, dur et inerte au départ, mais capable de changer la perception d’un lieu lorsqu’il est découpé, assemblé et placé dans son environnement. Le métal peut dessiner une ligne fine, créer une ombre, accompagner la croissance des plantes ou donner un point d’attention à une terrasse. Il ne s’agit pas seulement d’ajouter un objet au jardin : la pièce est pensée pour dialoguer avec la lumière, les saisons et les éléments déjà présents.
Fer de l’Art travaille majoritairement l’acier, notamment dans une épaisseur de trois millimètres choisie pour conserver une bonne rigidité face aux conditions extérieures. Cette donnée technique influence la manière dont les motifs sont dessinés et découpés. Une silhouette doit rester lisible sans perdre sa solidité ; une partie ajourée doit conserver des liaisons suffisantes ; un élément destiné à être planté, posé ou fixé doit être adapté à son support. La robustesse participe donc à la forme finale autant qu’à la durée d’utilisation.
Du dessin à la pièce métallique
Le travail commence par une idée, un croquis, une photographie, un dessin ou un souvenir. Ces sources servent à construire une silhouette et à définir la relation entre les pleins et les vides. Un oiseau peut être rendu par quelques lignes caractéristiques, un animal par une posture, un personnage par une découpe qui suggère son mouvement. L’artisan ne cherche pas seulement à reproduire une image : il adapte un sujet aux contraintes d’une plaque, à la distance de lecture et à l’endroit où l’objet sera installé.
Les pièces sont dessinées puis découpées au plasma. Cette opération permet de suivre un contour, d’ouvrir une forme dans la tôle et de faire apparaître des détails qui donneront son identité à l’objet. Le travail se poursuit selon les projets par le martelage, la soudure et la sculpture. Le martelage modifie la surface ou accentue un relief ; la soudure réunit des éléments et construit une structure ; la sculpture permet de reprendre la matière pour donner davantage de présence à une partie de la composition. Ces techniques sont mobilisées ensemble ou séparément, en fonction du type de décoration et du résultat recherché.
La fabrication reste manuelle. Fer de l’Art indique que les créations sont réalisées en très petites quantités ou sur commande et que chaque pièce est faite à la main. De légers écarts de taille peuvent donc apparaître d’un exemplaire à l’autre. Cette variation n’est pas un défaut à corriger par une production industrielle : elle rappelle la succession des gestes, la lecture du dessin et l’adaptation de l’objet à un projet particulier. Une pièce destinée à un jardin, une façade ou une enseigne peut ainsi garder un caractère propre tout en reprenant une même famille de formes.
Des décors pour le jardin
La décoration de jardin constitue l’un des univers principaux de Fer de l’Art. L’atelier propose des silhouettes pleines ou ajourées, des animaux, des oiseaux, des personnages et des sculptures. Les créations peuvent être conçues sur un pic pour être plantées, sur un socle pour être posées ou sur un autre support selon le lieu. Cette diversité de fixation permet d’imaginer une composition qui accompagne un massif, marque une entrée, anime un coin de terrasse ou se détache au-dessus d’une plantation.
Les mangeoires et les abreuvoirs pour oiseaux prolongent cette relation entre métal et vivant. Ils ont une fonction concrète, mais leur forme participe aussi à l’atmosphère du jardin. Une pièce peut devenir un point de rencontre entre l’observation des oiseaux et une recherche décorative. Le métal introduit alors une présence durable dans un espace où les couleurs, les feuillages et les mouvements changent au fil de l’année.
Les animaux et les personnages donnent une autre direction aux créations. Un chat, un chien, un oiseau ou une figure humaine peut être traité comme une silhouette immédiatement lisible ou comme un motif plus ouvert. L’atelier présente aussi des sculptures et des compositions imaginaires. Les contours, la découpe et le choix d’une surface pleine ou ajourée modifient la distance à laquelle le sujet est perçu. Vu de près, le dessin laisse apparaître les détails et les traces du travail ; vu de loin, il devient une forme qui prend place dans le paysage.
Fer de l’Art propose également des brise-vues et des éléments destinés à accompagner une clôture ou une limite de propriété. Une plaque métallique peut réduire une ouverture tout en conservant une dimension décorative. Le motif n’est alors pas seulement ajouté après la construction : il devient une manière de filtrer les regards, de rythmer une façade ou de créer des ombres. La découpe doit tenir compte des dimensions du support et de la façon dont la lumière traversera les parties ajourées.
Façades, enseignes et projets personnalisés
Les créations de Fer de l’Art ne sont pas réservées au jardin. L’atelier réalise aussi des décors de façade, des numéros de maison, des noms, des enseignes et de la signalétique. Une inscription métallique doit rester lisible tout en trouvant sa place dans l’architecture. Le dessin des lettres, la proportion du motif et le mode de fixation sont ajustés pour que l’objet accompagne une maison, un commerce, un portail, une porte de garage ou un bâtiment professionnel.
La personnalisation peut partir d’un projet précis, d’un portrait, d’un tableau ou d’un décor particulier. L’atelier présente cette activité comme un travail sur mesure dans lequel l’idée du client est traduite en métal. La demande peut concerner un thème, une silhouette, une composition ou une atmosphère. Le rôle de l’artisan consiste alors à étudier ce qui est réalisable dans la matière, puis à transformer une intention en lignes, en ouvertures, en assemblages et en volumes.
Les girouettes forment une autre spécialité visible dans l’univers de Fer de l’Art. Elles sont dessinées et fabriquées dans l’atelier, entièrement réalisées à la main, conçues en acier et équilibrées avec précision au plomb. Leur fonction impose une attention particulière à la circulation du vent et à la stabilité de l’ensemble. Leur forme peut néanmoins rester poétique et personnalisée. Installée sur un toit ou dans un jardin, une girouette associe un usage lié à l’orientation du vent à une présence décorative qui se lit depuis le sol.
L’acier brut et le temps de la patine
Les articles sont présentés en acier brut, sans traitement ni peinture selon les indications de l’atelier. Cette finition laisse au propriétaire le choix de conserver la surface telle quelle, de la peindre ou de laisser la rouille apparaître avec le temps et les intempéries. La transformation de la matière devient alors une partie de l’objet. La teinte évolue, les contrastes se modifient et la pièce s’inscrit progressivement dans son environnement.
L’acier rouillé demande une installation réfléchie. Fer de l’Art signale que la rouille peut tacher les pierres ou les dalles lorsque l’eau ruisselle sur la surface. Pour un objet placé sur une terrasse ou un balcon, l’atelier recommande de prévoir un dispositif permettant de recueillir cette eau chargée de fer. La patine peut continuer à se développer pendant plusieurs années. Une fois la teinte souhaitée obtenue, un vernis peut être appliqué pour limiter la poursuite de la corrosion. Ces indications montrent que la finition n’est pas séparée de l’usage : le choix de l’emplacement et l’entretien influencent la manière dont la décoration vieillira.
Cette évolution distingue une pièce en acier brut d’un objet dont l’aspect serait figé dès sa sortie de fabrication. Le métal conserve une part de mouvement visuel. La lumière accroche une arête, la pluie accentue une nuance, la rouille crée un contraste avec le vert des plantes et le support peut prendre une tonalité plus chaude. L’objet se transforme sans perdre le dessin initial, ce qui renforce le dialogue entre le geste de l’artisan et le passage du temps.
Un atelier ancré à Cassel
Fer de l’Art est installé à Cassel, commune du Nord située dans la région Hauts-de-France. La fiche de l’Insee attribue à Cassel le code officiel géographique 59135 et la rattache au département du Nord et à la région Hauts-de-France. Cet ancrage situe l’atelier dans le paysage des Flandres, un territoire où les toits, les jardins et les façades offrent de nombreux supports à une ferronnerie décorative visible depuis l’extérieur.
La production de Fer de l’Art s’adresse aux particuliers, aux professionnels et aux collectivités. Un projet peut chercher à animer un jardin, à identifier une maison, à donner une présence à un commerce, à signaler un lieu ou à créer une œuvre pour un espace collectif. La diversité des supports ne change pas le cœur du travail : concevoir une forme, la découper dans l’acier, la reprendre par le martelage, la soudure ou la sculpture, puis l’adapter à l’endroit où elle sera installée.
À Cassel, Romain Pawlak développe ainsi une ferronnerie décorative qui donne au métal une dimension sensible. Les oiseaux, les animaux, les personnages, les sculptures, les enseignes et les girouettes naissent d’un même rapport à la matière, mais chaque réalisation prend une direction propre selon son usage et son environnement. Fer de l’Art associe la force de l’acier, la précision de la découpe et la liberté du sur-mesure pour créer des objets qui peuvent accompagner un jardin, une façade ou un lieu de vie pendant de nombreuses années.