Atelier & professionnel

Fonderie Rosini, cire perdue et bronze d’art à Bobigny

Bobigny

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Bobigny, en Seine-Saint-Denis, la Fonderie Rosini perpétue un savoir-faire de bronze d’art fondé sur la cire perdue, la ciselure et la patine. L’atelier travaille pour des sculpteurs, des ayants droit, des institutions et des commanditaires publics ou privés. Son activité couvre la réalisation de bronzes, la restauration d’œuvres anciennes ou modernes, les monuments et les éditions de multiples. Le travail associe des gestes très anciens à des moyens adaptés aux projets contemporains, avec une attention particulière portée au modèle, à la qualité de la surface et à la relation entre l’artiste et les artisans.

Une histoire de transmission dans la fonderie d’art

Le parcours de la famille Rosini s’inscrit dans l’histoire récente des fonderies parisiennes. Giuseppe Rosini, appelé Joseph ou Peppino, entre en 1974 chez Claude Valsuani. Il y apprend les exigences de la fonte artistique et les gestes qui permettent de transformer un modèle en bronze. Après une expérience à la Fonderie de la Plaine, il crée sa propre fonderie en 2002 et l’installe à Bobigny. Cette trajectoire relie la pratique familiale à une tradition de fondeurs qui ont travaillé pour la sculpture, les arts décoratifs et les éditions.

La fonderie est présentée comme une entreprise familiale. L’équipe réunit des compétences complémentaires autour du moulage, de la cire, de la fonte, de la ciselure et de la patine. Le travail ne se résume pas à la mise en température d’un métal. Il demande de comprendre la forme originale, de prévoir les transformations de la matière et d’organiser une suite de gestes dont chacun influence le résultat final. Une sculpture réussie conserve la présence du modèle tout en portant les marques maîtrisées du bronze.

Cette continuité entre générations ne signifie pas que l’atelier refuse les outils actuels. Les fours, les procédés de moulage et certains dispositifs de fabrication ont évolué. Le principe reste toutefois celui d’une relation étroite entre le modèle et la pièce fondue. L’expérience du fondeur intervient dans les décisions qui concernent la séparation du moule, l’épaisseur de la cire, les alimentations, la solidité de la potée et les reprises après la coulée.

Le modèle comme point de départ

Chaque bronze commence par un modèle qui peut être en plâtre ou dans une autre matière adaptée au moulage. La forme doit être observée avant d’être enfermée dans un moule. Les volumes, les creux, les zones fines et les parties qui devront être assemblées déterminent la manière de préparer la future fonte. Pour une sculpture figurative, le visage, les mains et les détails du vêtement demandent une attention particulière. Pour une forme animalière ou abstraite, la continuité des surfaces et l’équilibre des masses deviennent essentiels.

La Fonderie Rosini travaille avec un moule en élastomère. Ce matériau souple restitue l’empreinte du modèle et permet de démouler des formes qui seraient difficiles à extraire d’un moule rigide. La préparation de l’élastomère doit préserver les détails sans créer de déformation. Le moule est aussi conçu pour être refermé correctement et pour recevoir les éléments nécessaires à la fabrication de la cire.

Le moulage est une opération déterminante pour les éditions et les multiples. Une empreinte fidèle permet de reproduire les volumes du modèle dans plusieurs exemplaires. La qualité du moule conditionne la quantité de retouches qui sera nécessaire après la fonte. Le fondeur doit donc penser à la fois à la sculpture originale, à la fabrication de la cire et à la manière dont la pièce sortira du moule.

Trois couches de cire et un réseau de coulée

Dans la méthode décrite par la fonderie, la cire est appliquée en trois couches successives. La première est la couche de contact. Elle épouse directement l’intérieur du moule et joue un rôle décisif dans l’aspect du bronze. Sa régularité permet de conserver les détails du modelé et de limiter les défauts de surface. Les couches suivantes donnent l’épaisseur nécessaire à la future enveloppe métallique.

La cire d’abeille fait partie des matières citées dans la description des procédés traditionnels. Elle peut être travaillée avec des mélanges qui lui donnent une texture adaptée au pinceau et au modelage. La cire n’est pas seulement une copie provisoire du modèle : elle doit aussi supporter les opérations de retouche, la pose des alimentations et la préparation de la potée réfractaire. Une cire trop fine risque de se déformer ; une cire trop épaisse augmente la quantité de bronze et modifie le poids de la pièce.

Après le démoulage, la cire est examinée et retouchée. Le sculpteur peut intervenir sur son épreuve pour retrouver un détail, corriger une petite imperfection ou confirmer la forme avant la suite du travail. Le réseau d’alimentation est ensuite installé. Des jets conduisent le métal en fusion vers l’empreinte et des évents permettent à l’air et aux gaz de s’échapper. La disposition de ce réseau doit accompagner les volumes et favoriser une arrivée régulière du métal.

Le modèle en cire et ses alimentations sont enfermés dans une matière réfractaire. La première couche doit enregistrer les détails fins ; les couches suivantes renforcent l’ensemble afin qu’il résiste à la cuisson et à la coulée. L’enveloppe obtenue, souvent appelée potée, doit être assez solide pour maintenir la cavité tout en laissant la cire disparaître pendant la chauffe.

De la cuisson au bronze brut

La cuisson élimine la cire et prépare la cavité qui recevra le métal. Lorsque l’enveloppe est suffisamment sèche et résistante, le bronze est porté à l’état liquide puis versé dans le réseau de coulée. Le métal suit les jets, remplit l’empreinte et remonte vers les évents. La forme définitive apparaît seulement après le refroidissement, lorsque l’enveloppe réfractaire est ouverte.

Le décochage libère la pièce et permet de couper les jets et les éléments qui ont servi à l’alimentation. Le bronze brut porte encore des traces de fabrication. Il peut présenter des excédents, des lignes de séparation ou des zones qui demandent une reprise. Le nettoyage prépare la surface au travail du ciseleur. Dans les procédés décrits par la fonderie, le microbillage et le travail à la toile émeri interviennent avant la patine, après les opérations de dégagement et de finition.

La réussite de la coulée dépend de la préparation réalisée en amont. Une alimentation mal placée, une épaisseur de cire mal maîtrisée ou une enveloppe insuffisamment solide peut créer des défauts qui devront être réparés. L’œil du fondeur sert à anticiper le comportement du métal, mais aussi à reconnaître les particularités de chaque sculpture. Les formes complexes, les pièces de grande taille et les zones fines demandent des solutions adaptées au modèle plutôt qu’une application mécanique d’une seule recette.

Ciselure et métal repoussé

La ciselure donne au bronze son aspect achevé. Les jets sont retirés, les traces de coulée sont nettoyées et les éventuelles parties assemblées sont reprises. Le ciseleur travaille avec des outils qui permettent de redonner une netteté aux arêtes, de restituer un motif ou de nuancer une surface. Cette étape demande de rester fidèle au modelé tout en effaçant les marques qui ne font pas partie de la sculpture.

La Fonderie Rosini conserve aussi une compétence de métal repoussé, décrite comme une technique ancienne de ciselure. Dans ce travail, la feuille de métal est mise en forme par l’action des outils et par une succession de frappes maîtrisées. Le relief apparaît progressivement. Le geste peut créer une surface bombée, renforcer une ligne ou donner du volume à un décor. Cette pratique complète la fonte de sculptures massives par une approche plus directe de la feuille métallique.

Le métal repoussé demande une compréhension précise de la réaction du matériau. Une frappe trop forte peut marquer la surface ou la fragiliser ; un travail trop léger ne donnera pas assez de relief. Le ciseleur avance par étapes, en observant la lumière sur la matière et en contrôlant la régularité du décor. Le résultat dépend autant du dessin du motif que de la qualité des transitions entre les zones planes et les zones en relief.

La ciselure d’un bronze fondu et le repoussé d’une feuille ne sont pas identiques, mais ils partagent une même exigence : faire parler la surface. Dans les deux cas, l’artisan doit connaître les limites du métal et savoir quand une reprise améliore la lecture de l’œuvre ou risque au contraire d’en altérer le caractère.

La patine et la finition

La patine colore et protège le bronze tout en renforçant sa présence. Elle peut rendre un creux plus profond, accompagner un modelé ou établir un contraste entre plusieurs parties d’une même pièce. Le résultat dépend de la préparation de la surface, de la chaleur, des solutions appliquées et du nombre de passages. La patine n’est donc pas une couleur ajoutée à la fin sans relation avec la sculpture : elle participe à la manière dont les volumes sont perçus.

L’agrandissement de la fonderie annoncé en 2021 a notamment prévu un poste de patine bénéficiant de la lumière naturelle, un poste isolé et deux patineurs. Cette organisation montre la place donnée à la finition dans la production d’un bronze. Les dernières étapes demandent de regarder la pièce sous des éclairages différents, de comparer les zones et d’obtenir une teinte régulière lorsque le projet le demande. Une patine peut aussi conserver des variations qui suivent les reliefs et la façon dont la lumière se pose sur le métal.

Après la patine, la protection de la surface et l’aspect final sont contrôlés. Le bronze peut prendre une apparence mate, satinée ou plus lumineuse selon le traitement retenu. Les choix sont liés au modèle, à son environnement et au souhait de l’artiste. Une sculpture destinée à l’extérieur ne sera pas regardée de la même manière qu’une petite édition présentée à l’intérieur ; les reliefs, la distance et les conditions de lumière modifient la lecture de la finition.

Des œuvres pour artistes et institutions

La Fonderie Rosini travaille avec des artistes et des ayants droit, mais aussi avec des institutions et des commanditaires publics ou privés. Les références publiées par l’atelier comprennent des sculpteurs, des galeries, des musées et des structures culturelles. Cette diversité de commanditaires correspond à des formats et à des usages différents : pièce unique, série limitée, monument, trophée, restauration ou édition d’un modèle existant.

Le dialogue avec l’artiste conserve une place centrale. La fonderie indique que les sculpteurs peuvent intervenir à chaque étape de la fabrication lorsqu’ils souhaitent garder la maîtrise de leur pièce. Cette possibilité concerne notamment la cire et les corrections du modèle, mais aussi l’examen du bronze brut, les reprises de ciselure et la patine. Les décisions prises au cours du travail peuvent ainsi rester liées à l’intention de départ.

Pour une édition, la préparation doit préserver la cohérence entre les exemplaires. Le moule, la cire, les alimentations et la finition sont étudiés en fonction du nombre de pièces et du niveau de détail attendu. La ciselure ne consiste pas à rendre chaque bronze artificiellement identique : elle sert à restituer la forme et à corriger les traces propres à chaque coulée. La patine vient ensuite harmoniser l’ensemble tout en laissant la matière conserver sa profondeur.

Les monuments demandent une autre échelle. Le poids du métal, la préparation des éléments, les assemblages et la finition doivent être anticipés avec précision. La réalisation peut associer plusieurs parties fondues puis réunies et reprises. La surface doit rester lisible à distance, tandis que certains détails doivent être suffisamment marqués pour ne pas disparaître dans l’espace public.

Restaurer des bronzes anciens et modernes

La restauration de bronzes anciens ou modernes demande de distinguer la forme, la surface et les traces du temps. Une patine peut être altérée par les manipulations, les nettoyages ou les conditions d’exposition. Une partie peut être cassée, déformée ou manquante. L’artisan commence par comprendre l’état de la pièce avant de choisir les opérations de nettoyage, de réparation, de ciselure et de patine.

La réparation doit retrouver la solidité de l’œuvre sans effacer son histoire. Les assemblages sont repris, les lacunes peuvent être complétées et les surfaces sont raccordées avec le modelé existant. Une restauration réussie ne cherche pas nécessairement à rendre le bronze uniforme. Elle vise à rendre la forme lisible, à protéger la matière et à rétablir une continuité visuelle compatible avec l’œuvre.

La patine de restauration demande une attention particulière. Une couleur trop neuve ou trop régulière pourrait rompre l’équilibre d’un bronze ancien. Le travail de la flamme et des solutions de surface permet de retrouver des nuances, de différencier les plans et de rapprocher la réparation du reste de la pièce. Le choix de la finition dépend de l’œuvre, de son état et de son environnement de présentation.

Bobigny, un atelier de bronze aux portes de Paris

Bobigny situe la Fonderie Rosini dans le département de la Seine-Saint-Denis, en Île-de-France. L’atelier se trouve dans un territoire urbain proche de Paris, tout en conservant les espaces nécessaires aux opérations de moulage, de cire, de fonte, de ciselure et de patine. Cette implantation permet à une fonderie familiale de poursuivre une activité spécialisée au sein d’un réseau artistique et culturel particulièrement dense.

La Fonderie Rosini rassemble plusieurs métiers autour de la transformation d’un modèle en bronze. Le mouleur prépare l’empreinte, le préparateur en cire restitue la surface, le fondeur conduit la coulée, le ciseleur reprend le métal et le patineur donne sa profondeur à la finition. Les mêmes compétences peuvent être mobilisées pour une sculpture originale, une édition, un monument ou une œuvre à restaurer.

De l’apprentissage de Giuseppe Rosini chez Claude Valsuani à l’installation familiale à Bobigny, l’histoire de l’atelier repose sur la transmission et sur la précision des gestes. La cire perdue y reste une méthode complète, depuis l’empreinte élastomère jusqu’au bronze patiné. La ciselure et le métal repoussé élargissent cette maîtrise de la surface. La restauration et les éditions montrent enfin comment le même savoir-faire peut servir des œuvres nouvelles, des modèles existants et des pièces qui doivent retrouver leur équilibre après le temps ou l’usage.

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

Vous représentez cet atelier ou vous avez repéré une erreur ?

Revendiquer la ficheSignaler une correction