Atelier & professionnel

GKO Céramique — Nathalie Marinier, potière céramiste à Anduze

Anduze

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

Une céramique guidée par la curiosité et l’émotion

À Anduze, aux portes des Cévennes, Nathalie Marinier développe GKO Céramique, un atelier de poterie où la terre est abordée comme une matière d’exploration. Titulaire d’un CAP de tournage en céramique et labellisée Artisane d’Art, elle construit son travail autour de deux sensibilités qui se complètent : le goût de la forme maîtrisée et l’envie de laisser une place à l’irrégularité. Son parcours créatif l’a conduite à rencontrer des matières et des univers différents avant de trouver dans l’argile un terrain d’expression particulièrement riche.

La rencontre avec la terre est décrite comme une expérience décisive. L’argile offre une multiplicité d’expressions et de sensations, avec laquelle la céramiste peut jouer entre recherche d’équilibre et volonté de déstructuration. Cette tension traverse GKO Céramique. Une pièce peut chercher une harmonie lisse et proportionnée lorsqu’elle est travaillée au tour, ou conserver une présence plus brute lorsque la forme est construite de manière irrégulière. Dans les deux cas, la main reste au centre du résultat.

Nathalie Marinier aime créer en terre brute, sans fioriture. Cette préférence ne signifie pas que les pièces seraient dépourvues de recherche. Elle affirme plutôt un rapport direct à la matière, à ses aspérités et à ce qui rend chaque objet différent. L’irrégularité devient une manière de faire apparaître le geste, tandis que l’imperfection assumée évite que deux pièces se ressemblent exactement. La céramique gagne alors une présence singulière, liée à son volume, à sa surface et au moment précis où elle a été façonnée.

Du geste libre à l’harmonie du tour

Le travail de GKO Céramique repose sur un dialogue entre modelage de la terre et tournage. Lorsqu’elle travaille l’argile au tour, Nathalie Marinier recherche une forme centrée, concentrée, lisse et proportionnée. Le tour organise le mouvement autour d’un axe. La terre se met en rotation et la main accompagne progressivement la montée du volume. Un bord, une paroi ou une base peuvent sembler simples une fois l’objet terminé, mais leur équilibre dépend d’une suite de gestes précis.

Le tournage permet d’obtenir des formes régulières tout en conservant la trace de la relation entre la main et la matière. La symétrie n’efface pas le travail artisanal : elle résulte d’un contrôle constant, d’une attention à la quantité de terre et d’une capacité à corriger le profil avant qu’il ne se fige. La céramiste peut ainsi chercher une harmonie claire sans renoncer à une sensation tactile. Le tour devient un outil de concentration, mais aussi un moyen de donner à l’objet une présence calme et proportionnée.

À côté du tournage, la création en terre brute ouvre un autre registre. La forme peut être irrégulière, plus libre et chaque fois différente. Elle peut garder une épaisseur, une tension ou une variation de surface qui rappellent le geste de construction. Une ligne qui n’est pas parfaitement droite, une courbe légèrement décalée ou une bordure moins uniforme peuvent donner à l’objet une personnalité que la répétition industrielle ne reproduit pas. Cette approche rend visibles les différences entre les pièces et affirme le caractère unique du travail.

Les deux façons de faire ne s’opposent pas. Elles permettent à la potière de choisir le degré de régularité qui convient à une intention. Une forme utilitaire peut bénéficier d’un profil équilibré et d’une prise en main évidente. Une pièce décorative peut accueillir une déformation légère, une surface plus libre ou une silhouette qui attire le regard par son écart. La terre devient un langage modulable, capable de passer de l’objet quotidien à une présence plus sculpturale.

Faïence et grès, des terres pour des créations variées

Les créations de Nathalie Marinier sont réalisées en faïence ou en grès. Ces deux terres permettent d’explorer des rendus différents et de faire varier la relation entre le volume, la surface et l’usage. Certaines pièces sont essentiellement utilitaires, d’autres purement décoratives. La distinction ne réduit pas la valeur du travail : un objet destiné à servir peut aussi être choisi pour sa silhouette, tandis qu’une pièce décorative peut conserver une relation très forte avec la fonction d’un contenant.

La faïence occupe une place visible dans les œuvres présentées par GKO Céramique. La collection « Antique » comprend des boîtes tournées, gravées, patinées et cirées. Ces opérations successives donnent à la surface plusieurs niveaux de lecture. Le tournage construit le volume, la gravure introduit un dessin ou un relief, puis la patine et la cire modifient la manière dont la lumière se pose sur la pièce. La boîte ne se limite plus à un contenant : elle devient un petit objet dont la matière et les détails invitent à regarder de près.

Le grand pot de la collection « Antique » reprend cette recherche dans une autre échelle. Il s’agit d’un pot en faïence à couvercle, tourné, gravé à la main, patiné et ciré. Le couvercle ajoute une relation entre les parties : il faut que la forme générale reste lisible, que l’ouverture et la fermeture soient cohérentes et que le décor accompagne le volume. La gravure manuelle donne à la surface une présence particulière, tandis que la patine et la cire renforcent l’impression d’objet travaillé dans le temps.

Une autre boîte de la collection « Antique » est également présentée comme une pièce tournée, gravée à la main, patinée et cirée. La répétition du nom de collection ne signifie pas que les objets seraient interchangeables. Le tournage donne une base commune, mais le travail de la gravure, la patine et la cire font varier la lecture de chaque boîte. La main intervient à plusieurs moments et laisse des différences qui font partie de l’identité de l’ensemble.

Des objets entre usage et décoration

La production de GKO Céramique se déploie entre objets purement décoratifs et pièces essentiellement utilitaires. Cette amplitude rejoint la curiosité de Nathalie Marinier pour les formes et les sensations. Une boîte peut protéger ou contenir tout en devenant un élément posé dans la maison. Un pot peut répondre à une fonction tout en affirmant une présence par son volume, son couvercle et son décor. Une pièce décorative peut quant à elle être regardée pour sa surface, son irrégularité et la manière dont elle témoigne du travail de la terre.

Le rapport à l’objet se construit donc sur plusieurs plans. Il y a d’abord le geste qui transforme une masse d’argile en volume. Il y a ensuite la surface, qui peut rester proche de la terre brute ou recevoir une gravure, une patine et une cire. Il y a enfin l’usage ou la place choisie dans un intérieur. Ces dimensions se répondent sans produire une forme unique. La céramiste conserve la liberté de faire naître des objets différents selon l’inspiration du moment.

Cette inspiration n’est pas synonyme d’improvisation totale. Le CAP de tournage et la pratique du tour donnent un socle technique qui permet de contrôler les proportions, de centrer la terre et d’accompagner la construction du volume. La volonté de déstructurer peut alors s’appuyer sur une compréhension solide des équilibres. Même une pièce qui semble spontanée résulte d’une décision sur la forme, la surface et la manière dont l’objet doit tenir dans l’espace.

Partager la pratique à Anduze

GKO Céramique propose aussi des cours et des stages de tournage et de modelage. Cette activité de transmission permet de découvrir l’argile par deux approches complémentaires. Le modelage crée une relation directe entre la main et la forme. Il donne le temps de construire, d’ajouter ou de retirer de la matière et de comprendre comment un volume s’équilibre. Le tournage introduit la rotation, le centrage et la régularité. Les personnes accueillies peuvent ainsi expérimenter des gestes qui ne demandent pas la même coordination ni la même façon de regarder la terre.

Apprendre le tournage, c’est d’abord comprendre comment stabiliser une masse d’argile et comment laisser la forme monter sans la forcer. La main agit sur la matière, mais elle doit aussi sentir le moment où il faut s’arrêter ou corriger. Le modelage offre une autre temporalité et permet de suivre plus librement une idée de volume. Passer de l’un à l’autre fait découvrir que la céramique ne se résume pas à une recette. Chaque technique propose une manière différente d’entrer dans la forme.

L’environnement de l’atelier, situé à Anduze dans le Gard, accompagne cette approche chaleureuse de la pratique. La commune appartient à l’Occitanie et se trouve dans le paysage cévenol. GKO Céramique y réunit la production de pièces en faïence ou en grès, la recherche entre terre brute et forme tournée, et la transmission par les cours et les stages.

Nathalie Marinier développe ainsi un univers où la curiosité rencontre la précision. Les boîtes et le grand pot de la collection « Antique » montrent l’attention portée au tournage, à la gravure, à la patine et à la cire. Les pièces plus brutes rappellent son goût pour l’irrégularité et l’unicité. Les formes tournées témoignent de son attachement à l’équilibre et aux proportions. À GKO Céramique, chaque objet naît d’un dialogue entre une intention, une matière et un geste qui ne se répète jamais tout à fait.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. official-directory-profile

    GKO Céramique — Nathalie Marinier (site externe)

    Organisme : Chambre de Métiers et de l’Artisanat Occitanie

    Fait soutenu
    CAP de tournage en céramique, label Artisane d’Art, approche de la terre brute et du tournage, créations en faïence et en grès, boîtes et grand pot de la collection Antique, cours et stages de tournage et de modelage.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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