Atelier & professionnel

HAP Céramique — Charlotte Casanas à Sanilhac-Sagriès

Sanilhac-Sagriès

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Sanilhac-Sagriès, dans le Gard, Charlotte Casanas développe HAP Céramique, un atelier de création consacré à des pièces sensibles, durables et lumineuses. Sa pratique associe le grès chamotté, la terre rouge et la faïence, travaillés à la main par modelage, plaques, colombins et parfois au tour. Les collections explorent la matière, la couleur, la lumière et le geste, entre objets du quotidien, luminaires, décors muraux et créations plus sculpturales. Chaque série conserve une place pour les différences de façonnage, de texture et de finition qui donnent aux pièces leur présence artisanale.

Le parcours de Charlotte Casanas commence dans l’industrie pharmaceutique, où elle a travaillé pendant quinze ans. Le changement d’orientation vers la céramique répond à un désir de retrouver un rapport direct à la matière, au temps et à la création. HAP est né de cette envie de ralentir le rythme et de construire un quotidien autour d’un travail manuel. La terre, le feu et l’imaginaire forment le cœur de cette nouvelle activité. La reconversion ne gomme pas l’expérience précédente : elle apporte une habitude de la précision, de l’organisation et des essais, transposée dans un domaine où la matière conserve toujours une part de réaction et de surprise.

À l’atelier, la terre est choisie en fonction de la pièce et de l’effet recherché. La faïence offre une matière douce et lumineuse, adaptée à des formes tournées et à des décors colorés. Le grès chamotté présente une texture plus minérale, avec des grains qui restent perceptibles dans la surface. La terre rouge apporte une tonalité chaude et une profondeur particulière aux objets. Chaque argile impose un rythme de séchage, une épaisseur et une cuisson adaptés. Le choix de la terre intervient donc avant le dessin définitif : il détermine la manière dont la main va modeler la forme et dont la pièce va évoluer au four.

Le modelage permet de construire directement un volume en pressant, étirant, ajoutant ou retirant de la terre. Cette technique garde une relation visible avec les doigts et les outils. Les plaques offrent une autre approche : la terre est préparée en surfaces régulières, puis découpée et assemblée pour former un plat, un panneau ou un objet à plusieurs faces. Les colombins consistent à monter des boudins de terre successifs, qui peuvent être lissés ou conserver une trace de leur superposition. Le tour intervient parfois pour créer une forme centrée et régulière, avant que la pièce ne soit reprise ou enrichie à la main.

Le grès chamotté se prête particulièrement à une recherche tactile. Les grains de chamotte introduisent une légère rugosité et modifient la façon dont la lumière accroche la paroi. Une surface peut rester brute, recevoir une couche de couleur ou être partiellement recouverte afin de laisser l’argile visible. Le contraste entre une zone lisse et une zone granuleuse donne du relief à un objet qui pourrait autrement sembler uniforme. La céramiste compose avec cette présence minérale pour créer des pièces où la matière n’est pas cachée sous une finition continue.

La terre rouge agit autrement sur la lecture des volumes. Sa couleur de fond participe déjà à l’identité de l’objet avant l’application d’un décor. Elle peut soutenir des nuances naturelles, des effets marbrés ou des contrastes plus francs. Le modelage et la plaque permettent de conserver une part de cette couleur dans les zones moins recouvertes. Les bords, les angles et les reliefs peuvent être utilisés pour faire apparaître des différences entre le fond et la surface. La pièce garde alors un dialogue entre la terre elle-même et ce qui vient la recouvrir.

La faïence est utilisée pour des objets du quotidien tels que des gamelles pour animaux, des tasses à café et des assiettes décorées. La forme doit rester agréable à prendre en main et suffisamment stable pour son usage. Le bord d’une tasse, le fond d’une assiette ou l’ouverture d’une gamelle sont des zones où l’épaisseur et la régularité ont une conséquence directe. Une pièce faite à la main peut porter une variation légère, mais elle doit rester cohérente avec la fonction qui lui est confiée. Le travail décoratif vient ensuite accompagner le volume, sans en rendre l’usage inconfortable.

Certaines créations permettent aussi de personnaliser une pièce en la peignant avant la cuisson et l’émaillage. Cette approche met en relation la forme préparée par la céramiste et l’intervention de la personne qui choisit les couleurs ou les motifs. La cuisson fixe ensuite le décor et transforme la surface. Les teintes peuvent évoluer avec l’émail et la température, ce qui demande de comprendre la différence entre la couleur posée avant le four et l’apparence finale. L’objet conserve ainsi une trace de la rencontre entre un savoir-faire de fabrication et une décision personnelle.

Le grès est également travaillé par assemblage de deux terres, une noire et une blanche. La juxtaposition crée des marbrures dont le dessin varie d’une pièce à l’autre. Le plat Marcel et les assiettes Marbrées s’inscrivent dans cette recherche. La plaque est préparée, les deux terres sont réunies, puis la surface est découpée et mise en forme. Les lignes qui apparaissent ne sont pas imprimées comme un motif industriel : elles proviennent du déplacement et de la rencontre des terres pendant l’assemblage. Chaque pièce porte donc une composition qui lui est propre, même lorsqu’elle appartient à une même famille de formes.

Les effets marbrés demandent de trouver une relation entre le dessin et la structure. Une plaque trop fine risque de perdre sa tenue, tandis qu’une épaisseur excessive alourdit l’objet. La jonction entre les terres doit rester suffisamment solide pour supporter le séchage et la cuisson. La surface doit ensuite être reprise avec mesure afin de ne pas effacer les contrastes. La céramiste recherche un équilibre entre la lisibilité du motif et la douceur du toucher. Le décor n’est pas ajouté après coup : il naît de la matière même qui compose la pièce.

La lumière est un fil conducteur de HAP Céramique. Les luminaires et les décors muraux ne sont pas seulement des objets colorés ; ils organisent la manière dont une surface renvoie, filtre ou accompagne la lumière. Une paroi texturée crée des ombres plus nuancées qu’une surface parfaitement lisse. Une terre claire peut diffuser une luminosité douce, tandis qu’une couleur plus dense donne au volume une présence plus profonde. La forme, l’épaisseur et la finition sont alors pensées ensemble. La pièce doit conserver son caractère lorsqu’elle est éclairée et lorsqu’elle est regardée sans lumière directe.

Les corolles se situent entre sculpture et lumière. Leur forme évoque une ouverture, une expansion et un mouvement de pétales autour d’un centre. Façonnées à la main, elles montrent la relation entre la courbe, le relief et la lumière qui se pose sur les surfaces. Chaque élément peut porter une variation de bord ou de texture qui modifie l’ombre projetée. Le travail ne repose pas sur la répétition mécanique d’une même forme : les différences de modelage permettent à chaque corolle de garder une identité dans l’ensemble.

Les décors muraux prolongent cette recherche à une autre échelle. Une pièce destinée au mur doit être lisible depuis la distance où elle sera observée, mais aussi suffisamment détaillée pour retenir le regard lorsqu’on s’en approche. Le relief, la couleur et l’espacement des éléments composent une surface qui dialogue avec la lumière naturelle ou artificielle. Le poids, l’épaisseur et la manière de fixer l’ensemble doivent être pris en compte dès la conception. La céramique apporte une présence durable au décor, tout en conservant les petites irrégularités qui indiquent le travail manuel.

Les pièces du quotidien sont conçues en petites séries. Cette organisation permet de retrouver une forme ou une famille de couleurs sans imposer une uniformité absolue. Chaque exemplaire passe par les mêmes grandes étapes, mais le façonnage, l’application de la couleur et la cuisson peuvent introduire des écarts. Une tasse peut présenter une marbrure différente de celle d’une autre tasse ; une assiette peut recevoir une nuance plus claire ou plus profonde. Les objets restent liés par un langage commun, tout en offrant la singularité d’une production réalisée en atelier.

Le séchage est une étape discrète mais décisive. L’eau contenue dans la terre doit s’évacuer progressivement afin d’éviter les tensions qui provoquent fentes ou déformations. Les bords, les angles et les assemblages ne sèchent pas toujours à la même vitesse que le centre de la pièce. La céramiste protège ou découvre certaines zones selon leur épaisseur et leur forme. Cette attente fait partie du travail : elle sépare le geste de façonnage du moment où la pièce peut entrer au four. Le temps de repos permet à la matière de se stabiliser avant la transformation thermique.

La cuisson fixe la structure et prépare la surface à recevoir son aspect définitif. La température doit être adaptée à la terre et aux émaux. La faïence, le grès chamotté et la terre rouge ne réagissent pas de manière identique. Une montée trop rapide ou un refroidissement mal adapté peut fragiliser la pièce. La céramiste suit donc un cycle qui tient compte de la nature de l’argile, de son épaisseur et des éléments ajoutés. Le feu ne fait pas que durcir la terre : il révèle les couleurs, modifie les contrastes et donne à la surface sa résistance finale.

Les émaux et les décors colorés sont choisis pour accompagner les textures. Une surface marbrée peut rester partiellement visible sous une couche transparente ou recevoir une finition qui accentue le contraste des deux terres. Une pièce en faïence peut accueillir des couleurs plus lumineuses, tandis qu’un grès chamotté appelle parfois une réponse plus mate ou plus minérale. L’application doit rester régulière dans les zones fonctionnelles, sans effacer les irrégularités qui font partie du caractère de l’objet. Le résultat dépend de l’épaisseur déposée, de la forme et de la cuisson.

La couleur chez HAP Céramique se construit autour de nuances minérales, de blancs profonds, d’effets marbrés et de contrastes inspirés par les paysages méditerranéens. Cette palette ne se limite pas à une recherche décorative. Elle met en valeur la relation entre une terre et une lumière. Un blanc peut révéler une ombre fine, une terre rouge peut réchauffer un intérieur, tandis qu’un effet marbré introduit un dessin qui attire le regard sans recouvrir complètement la matière. Les couleurs sont liées au volume et au toucher visuel de la céramique.

L’atelier développe aussi des collaborations pour des projets de décoration. Le dialogue avec des décorateurs d’intérieur et d’autres corps de métier permet d’adapter une pièce à un lieu, à ses dimensions et à ses contraintes. Une création destinée à un espace précis doit tenir compte de la lumière, de la circulation, des matériaux déjà présents et de la manière dont elle sera entretenue. La céramique peut alors devenir un élément intégré à un ensemble plus large, tout en conservant le travail de la terre comme point de départ. La collaboration donne une place à l’échange sans effacer la signature de l’artisane.

Les collections HAP s’inscrivent dans un univers plus large inspiré par les voyages et l’artisanat méditerranéen. La céramique y dialogue avec des objets, des matières et des usages qui évoquent une manière de vivre tournée vers la lumière, la simplicité et les gestes quotidiens. Les formes restent épurées, mais elles ne sont pas froides : les textures, les variations de terre et les effets de surface leur donnent une présence sensible. Les pièces peuvent ainsi trouver leur place dans une cuisine, une pièce de vie, un espace professionnel ou un décor mural.

L’entretien dépend de la fonction et de la finition de chaque objet. Une pièce décorative se dépoussière avec douceur, en évitant les chocs sur les reliefs et les bords. Une tasse, une assiette ou une gamelle doit être manipulée en tenant compte de sa surface et de son usage. Les variations de température brutales et les chocs peuvent fragiliser la céramique. Les luminaires et les décors muraux demandent une installation stable et un nettoyage qui respecte les éléments en terre, les assemblages et les parties qui diffusent la lumière. Ces gestes prolongent la présence des créations sans modifier leur surface.

À Sanilhac-Sagriès, HAP Céramique relie la reconversion de Charlotte Casanas à une recherche autour de la terre, du feu, de la couleur et de la lumière. Le grès chamotté, la terre rouge et la faïence sont travaillés par modelage, plaques, colombins et parfois au tour. Les objets du quotidien, les petites séries, les pièces marbrées, les luminaires, les corolles et les décors muraux naissent d’une attention portée à la matière et à ses réactions. Les pièces uniques gardent les différences du geste, du séchage et de la cuisson. La céramique y devient une matière à la fois utile, décorative et sensible, capable d’accompagner un intérieur sans perdre la trace de la main qui l’a façonnée.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    HAP Céramique — L’atelier (site externe)

    Organisme : HAP Céramique

    Fait soutenu
    Le site officiel présente Charlotte Casanas, son parcours de reconversion, le travail de la faïence et du grès, les gamelles, tasses, assiettes, les pièces marbrées, les ateliers de personnalisation, les collaborations décoratives et l’univers de HAP Céramique.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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