Atelier & professionnel

HE-LAM, céramique d’art d’Henri Erambert à Saint-Denis

Saint-Denis

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, Henri Erambert développe avec HE-LAM une céramique d’art qui associe recherche de formes, travail de la matière et attention aux usages. Diplômé de l’École des Beaux-Arts de Reims en 1978 et affilié à la Maison des Artistes, il travaille dans un atelier partagé avec le Collectif d’Artistes Céramistes. Ses créations se déploient dans l’art de la table, la décoration intérieure et la sculpture. Elles ont en commun une relation très directe à la terre, au tour, au modelage et aux effets d’émaux.

Le site de HE-LAM présente un univers où l’objet utilitaire garde une dimension artistique. Une tasse, un bol, une théière ou une assiette n’est pas seulement défini par sa fonction. La ligne, la prise en main, la surface et le rendu de la cuisson participent à son identité. Les pièces décoratives et les sculptures prolongent cette recherche en donnant davantage de place à la silhouette, à la matière et à l’interprétation. L’ensemble reste guidé par une même attention : faire dialoguer le geste du potier avec la présence de l’objet terminé.

Un parcours formé aux Beaux-Arts

Henri Erambert obtient son diplôme de céramiste à l’École des Beaux-Arts de Reims en 1978. Cette formation situe sa pratique à la rencontre de l’art et du métier. La céramique demande de penser une forme, mais aussi d’accepter les transformations provoquées par l’eau, le séchage, la cuisson et l’émail. Le projet imaginé dans la terre humide ne reste jamais exactement identique après ces étapes. Le potier doit donc anticiper le comportement du matériau tout en laissant une place à ce qui apparaît pendant le processus.

Le travail d’Henri Erambert s’intéresse au monde végétal. Il indique que ses œuvres traduisent sa perception de cet univers et qu’elles peuvent être interprétées librement par un public novice comme par un amateur d’art. Cette ouverture donne aux pièces une présence qui n’est pas enfermée dans une seule lecture. Une forme peut évoquer une graine, une pousse, une enveloppe ou un paysage sans devenir une simple représentation. La terre permet de conserver cette hésitation entre le reconnaissable et l’abstrait.

La recherche porte aussi sur les lignes et les formes harmonieuses, les effets de matière et le rendu des émaux. Ces éléments se répondent. Une courbe modifie la façon dont la lumière atteint la surface ; un relief peut retenir l’émail ou en interrompre la continuité ; une couleur peut accentuer une ouverture ou adoucir le volume d’un objet. Le résultat dépend donc autant de la forme façonnée que de ce que la cuisson révèle.

La terre au tour

Sur le tour de potier, la terre devient une matière en mouvement. Le potier place une balle d’argile sur la girelle, centre la masse, puis accompagne sa montée par des pressions adaptées à la rotation. Le site de HE-LAM insiste sur l’écoute du rapport entre la terre et le tour. Les mains ne doivent pas imposer une forme de manière brutale : elles observent la réaction de l’argile et ajustent le geste en continu.

Cette relation demande de la précision. Une pression trop forte peut déformer une paroi ; un déplacement trop rapide peut rompre la régularité du volume. Le potier doit aussi sentir l’épaisseur, surveiller la verticalité et garder en mémoire la forme recherchée. La terre conserve les traces de ce qui lui a été imposé. Une correction mal maîtrisée peut rester visible dans la pièce et modifier son équilibre.

Le tour apporte une régularité que la main seule ne produirait pas. La rotation crée une base commune pour les profils, les ouvertures et les parois. Mais elle ne supprime pas la part humaine du travail. Le centrage, la pression, le rythme et la manière de terminer une lèvre ou un pied influencent chaque pièce. La même famille d’objets peut donc conserver une cohérence tout en présentant des variations liées au geste.

La pratique du tournage s’inscrit dans une discipline intérieure. Il faut savoir agir au moment où la terre le demande, puis rester immobile lorsque le tour produit la régularité nécessaire. Cette alternance entre intervention et retenue participe à la qualité de la forme. Elle évite de multiplier les corrections et permet à l’objet de trouver progressivement son équilibre.

Modelage, façonnage et recherche de formes

HE-LAM ne limite pas la céramique au tour. Les cours et stages présentés par l’atelier abordent également le modelage et différentes techniques de façonnage. La boule, le colombin, la plaque, les estampages et les empreintes donnent des moyens de construire des objets qui ne reposent pas sur la seule rotation. Ces procédés permettent de travailler des volumes plus irréguliers, des surfaces marquées ou des formes qui gardent une relation visible avec la main.

Le modelage commence avec une masse que l’on transforme directement. Le colombin construit la paroi par l’ajout de boudins d’argile ; la plaque permet de composer des plans et des angles ; l’estampage utilise un support ou une empreinte pour donner une première structure à la terre. Chaque technique produit un rapport différent entre l’intérieur et l’extérieur de l’objet. La forme peut rester souple, présenter des facettes ou accueillir des traces volontairement conservées.

La sculpture ouvre encore un autre espace de recherche. Elle permet de travailler l’équilibre, la tension et la présence d’une forme dans l’espace. Une sculpture peut partir d’un motif végétal, d’un volume organique ou d’une association de surfaces. Elle ne doit pas répondre aux mêmes contraintes qu’un récipient, mais elle reste soumise à la stabilité de la terre, au séchage et à la cuisson. Le travail demande donc de conjuguer liberté de composition et connaissance des limites de la matière.

L’art de la table

La galerie HE-LAM présente une grande variété de pièces de table : tasses à café, coupes à thé ou à chocolat, soucoupes et sous-tasses, bols, théières, chocolatières, cafetières, mugs, porte-couteaux ou porte-baguettes, assiettes, coupelles et plats. Cette diversité montre comment un même atelier peut décliner la céramique selon des gestes et des usages différents.

Une tasse engage la forme de la paroi, le bord et la prise en main. Une coupe doit offrir une ouverture qui accompagne ce qu’elle reçoit, tout en gardant une présence visuelle. Une théière ou une cafetière ajoute la question du bec, du couvercle et de l’équilibre lorsque la pièce est soulevée. Un bol met en relation le creux, la base et la manière dont la lumière se déplace sur la courbe. Un plat ou une assiette travaille davantage l’étendue de la surface, les proportions et la relation avec ce qui sera posé dessus.

Les porte-couteaux et porte-baguettes appartiennent à une échelle plus petite, mais ils demandent la même attention au détail. Leur usage est précis et leur forme doit rester stable. Les coupelles, les mugs et les petits contenants peuvent jouer sur des différences de hauteur, de bord ou de texture. Le caractère artistique vient alors de la manière dont chaque décision fonctionnelle est accompagnée par une recherche sur la ligne et la matière.

Le site de HE-LAM présente les projets utilitaires comme des objets qui peuvent aussi porter une dimension esthétique. Cette conception évite de séparer strictement la vaisselle et l’art. L’objet peut être employé, regardé, déplacé et conservé dans un même mouvement. La cuisine, la table et l’espace intérieur deviennent des lieux où la terre cuite accompagne les gestes ordinaires sans perdre son caractère singulier.

Décoration intérieure et sculptures

Les créations HE-LAM s’étendent aux accessoires de salle de bain, aux décorations d’intérieur, aux bougeoirs, aux coupelles, aux vide-poches, aux coupes, aux vases, aux grands plats et aux tableaux. Ces pièces sont destinées à des espaces où la forme peut être observée sous plusieurs angles. Le vase se définit par son ouverture et sa capacité à accueillir une présence végétale, mais aussi par sa silhouette lorsqu’il est vide. Le bougeoir associe un usage à la lumière et à l’ombre. Le vide-poches transforme un geste quotidien en petite composition de matière.

Les grands plats et les tableaux peuvent utiliser la surface comme un espace de dessin. La terre peut recevoir des reliefs, des empreintes, des variations d’émail ou des zones laissées plus sobres. Le format modifie la relation au spectateur : une petite pièce se découvre dans la main, tandis qu’une surface plus large organise le regard à distance. Le travail de l’artisan consiste à conserver une cohérence entre l’échelle, la structure et la finition.

Les sculptures donnent une place plus libre au monde végétal et aux formes organiques. Elles peuvent se présenter comme des volumes autonomes, des constructions ou des compositions qui évoquent la croissance, l’enveloppe et le mouvement. Les collections mentionnées par le site, notamment les séries anciennes et récentes, montrent que cette recherche s’inscrit dans le temps. Elle se renouvelle sans abandonner le rapport entre ligne, matière et émail.

Les émaux et les effets de matière

L’émail transforme la perception de la céramique. Il peut rendre une surface mate, brillante, profonde, douce ou plus minérale. Sa répartition dépend de la forme, de la préparation et de la cuisson. Une courbe peut retenir davantage de matière, tandis qu’un relief révèle des variations dans l’épaisseur. Le résultat final ne se résume donc pas à une couleur choisie avant la cuisson : il dépend d’une rencontre entre la surface, l’émail et la chaleur.

Henri Erambert décrit une recherche constante sur les rendus des émaux et les effets de matière. Cette recherche donne aux pièces un aspect qui évolue avec la lumière. Un objet peut sembler plus sombre dans un creux, plus lumineux sur une arête ou plus nuancé sur une surface irrégulière. Les contrastes contribuent à la lecture du volume et peuvent renforcer une inspiration végétale sans la représenter littéralement.

Les essais d’émaux apparaissent aussi dans les collaborations présentées par HE-LAM. Expérimenter permet de comparer des mélanges, des cuissons et des effets sur des formes différentes. Un émail qui semble équilibré sur une petite coupe peut produire un autre résultat sur un grand plat. Les tests servent alors à comprendre les réactions de la matière et à choisir une finition qui respecte le projet.

Un atelier partagé à Saint-Denis

L’atelier d’Henri Erambert est partagé avec l’association Collectif d’Artistes Céramistes. Le lieu est présenté comme un espace de travail, de discussion et de mise en perspective de l’activité céramique. Cette dimension collective rapproche la création individuelle d’autres pratiques. Les échanges peuvent porter sur les formes, les cuissons, les surfaces ou les usages, mais chaque artiste conserve sa recherche et son langage.

HE-LAM propose aussi à des céramistes confirmés ou en voie de le devenir de venir développer leur pratique et leur potentiel personnels. L’atelier devient alors un environnement de travail autant qu’un lieu de production. La présence d’autres céramistes rend visibles des manières différentes de préparer la terre, de construire une pièce ou de penser l’émail. Elle nourrit une culture de l’expérimentation et de la transmission.

Cette organisation donne à Saint-Denis une place dans le parcours de HE-LAM. La pratique n’est pas isolée dans un espace fermé : elle s’inscrit dans un collectif où la céramique peut être observée, discutée et approfondie. Le lieu réunit la fabrication, la recherche et l’accompagnement, sans confondre ces activités avec une production standardisée.

Collaborations et transmission

Les collaborations documentées sur le site montrent qu’Henri Erambert intervient aussi dans des contextes pédagogiques et artistiques. Entre 2019 et 2022, des projets sont associés à des écoles maternelles de Saint-Ouen, Saint-Denis et Franconville, avec des classes et des groupes d’enfants. Ces expériences inscrivent la terre dans un apprentissage sensible : toucher, modeler et observer une forme permettent d’aborder la création par le geste.

En 2023, HE-LAM présente une collaboration avec l’artiste peintre Yu Zhao, ainsi que des essais d’émaux. Le dialogue entre peinture et céramique ouvre une réflexion sur la surface, la couleur et la relation entre deux disciplines. La terre apporte le volume et la résistance ; la recherche picturale peut proposer un autre regard sur la répartition des teintes et la composition. Les essais deviennent un espace où l’objet se construit autant par la matière que par la perception.

La transmission est également au cœur des cours et stages. HE-LAM accueille des novices comme des personnes déjà initiées pour des cours de céramique-poterie et des stages de tournage. Les participants peuvent apprendre les gestes du tour, le modelage, le façonnage, les engobes et la patine. Le travail peut conduire vers des pots, vases, théières, bols, assiettes ou créations originales. L’accompagnement tient compte du projet et de la sensibilité de chacun.

Les séances donnent une place à la concentration et à l’écoute du geste. Au tour, il faut sentir la terre et ajuster la pression. En modelage, il faut construire progressivement la forme et comprendre la mémoire de l’argile. La transmission ne consiste pas à imposer une seule manière de faire : elle fournit un socle technique à partir duquel chacun peut engager une recherche personnelle.

La cuisson comme étape de transformation

HE-LAM présente également des cuissons extérieures pour des pièces en céramique. Le site distingue la cuisson biscuit et la cuisson émail, avec des températures annoncées de 980 et 1250 degrés selon le type de cuisson. L’atelier dispose d’un four de 112 litres et d’une cabine d’émaillage. Ces éléments montrent que la cuisson est traitée comme une étape à part entière de la fabrication, et non comme une simple formalité après le modelage.

La cuisson biscuit stabilise la pièce avant l’émaillage. La cuisson émail transforme ensuite la surface et fixe le rendu choisi. Le volume de la pièce, la nature de la terre et la place disponible dans le four influencent la préparation. Une pièce doit être suffisamment sèche et compatible avec le programme retenu. L’artisan doit aussi penser à la manière dont l’émail réagira à la température.

Cette maîtrise de la cuisson complète le travail du potier. La forme, le séchage, l’émail et la chaleur sont liés. Une belle intention peut être fragilisée par un séchage trop rapide ou un émail mal adapté. À l’inverse, une surface préparée avec soin peut révéler des nuances inattendues au sortir du four. La céramique garde ainsi une part d’expérience et d’observation jusqu’à la dernière étape.

À Saint-Denis, HE-LAM réunit une pratique de céramiste diplômé, une recherche sur le monde végétal, une galerie d’objets utilitaires et décoratifs, une activité sculpturale et une démarche de transmission. Les tasses, bols, théières, vases, bougeoirs, grands plats et sculptures témoignent de la diversité des formes que la terre peut prendre. Le tour, le modelage, le façonnage, les émaux et la cuisson donnent à chaque pièce une présence particulière. L’atelier partagé avec le Collectif d’Artistes Céramistes prolonge cette approche en faisant de la création un travail individuel ouvert à l’échange, à la collaboration et à l’apprentissage.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    HE-LAM — parcours d’Henri Erambert (site externe)

    Organisme : HE-LAM

    Fait soutenu
    La page officielle présente Henri Erambert, diplômé de l’École des Beaux-Arts de Reims en 1978, affilié à la Maison des Artistes, travaillant à Saint-Denis avec le Collectif d’Artistes Céramistes, et sa recherche sur le monde végétal, les lignes, les formes et les émaux.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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