Atelier & professionnel

Houlès — passementerie et tringlerie décorative à Noisy-sur-École

Noisy-sur-École

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Noisy-sur-École, en Seine-et-Marne, Houlès développe des collections de passementerie, de tringlerie décorative et de tissus d’ameublement. La maison travaille pour les architectes, les décorateurs, les designers, les bureaux d’études, les tapissiers et les boutiques spécialisées. Galons, franges, câblés, passepoils, embrasses, cartisanes et accessoires participent à la finition d’un décor. Ces éléments peuvent souligner la bordure d’un rideau, accompagner une assise, encadrer un panneau textile ou donner une présence plus construite à un meuble. La passementerie agit sur la ligne, le relief, la couleur et le mouvement du tissu, tout en demandant une fabrication régulière et une pose adaptée au projet.

Une maison familiale née dans le Faubourg Saint-Antoine

Félix Houlès fonde la maison en 1928 à Paris. Avec son fils André, il ouvre une première boutique dans le quartier du Faubourg Saint-Antoine, alors très lié aux tapissiers, aux décorateurs et aux métiers de l’ameublement. L’activité commence par les fournitures destinées aux professionnels. Après la Seconde Guerre mondiale, Houlès élargit son offre et développe la passementerie fabriquée à la demande. Cette évolution rapproche la maison des besoins particuliers d’un chantier, d’un décor ou d’un ouvrage de tapissier, où la largeur, la matière et la couleur doivent être accordées à un ensemble déjà conçu.

En 1958, Pierre Houlès rejoint cette histoire familiale avec Suzanne, d’abord cliente puis collaboratrice. Elle accompagne le passage d’une production principalement commandée au développement de collections suivies. Ce changement ne supprime pas la réponse sur mesure. Il permet de proposer des familles cohérentes de galons, de franges et d’ornements, avec des coloris et des proportions pensés pour être associés à différents tissus. En 1974, la maison s’installe à Noisy-sur-École, village d’enfance de Pierre, dans des locaux adaptés à cette nouvelle organisation. La commune devient ainsi le point d’ancrage d’une entreprise qui conserve une relation étroite avec les professionnels de la décoration.

La passementerie est un métier de fil et de finition. Le passementier peut fabriquer des galons, des franges et des rubans en utilisant plusieurs familles de métiers, le retordage et des interventions à l’aiguille. Les fils sont préparés, assemblés, tendus, tissés ou noués selon l’effet recherché. Une frange doit garder une chute régulière ; un galon doit conserver sa largeur et son dessin ; un câblé doit présenter une torsion stable sur toute sa longueur. Les détails qui semblent décoratifs ont donc une dimension technique : ils déterminent la manière dont l’ornement se place, se courbe, se fixe et résiste aux manipulations.

Galons, franges et cordons pour l’ameublement

Les collections Houlès réunissent plusieurs formes de passementerie. Les galons peuvent border un rideau, souligner une tête de lit ou encadrer un panneau mural. Les franges ajoutent une ligne souple et mobile à la partie basse d’un textile ou au pourtour d’un siège. Les câblés servent notamment à créer des contours, des embrasses ou des effets de relief. Les double cordes et les passepoils accompagnent les coutures et permettent de préciser une arête. Les cartisanes, les perles et les accessoires complètent cet alphabet de finition, avec des effets qui vont de la discrétion graphique à l’ornement très présent.

Le résultat dépend du fil, de la structure et du traitement de surface. Une matière mate absorbe la lumière et peut s’intégrer à un décor sobre. Une fibre brillante révèle davantage la torsion et le mouvement des mèches. Le lin apporte une texture plus sèche, tandis que la fibranne ou la rayonne peuvent produire un tombé et une luminosité différents. Pour un projet extérieur, le choix d’un fil adapté aux conditions d’usage modifie les contraintes de conception. Le passementier ne choisit donc pas une couleur isolée : il cherche une relation entre la matière de l’ornement, le tissu voisin, la lumière du lieu et les gestes nécessaires à la pose.

Houlès propose également des échantillons qui permettent de comparer les largeurs, les coloris, les textures et les proportions avant de commander. Cette étape est précieuse pour un projet d’intérieur, car une frange observée sur une petite carte ne produit pas le même effet une fois posée sur un grand rideau. Le décorateur peut vérifier la relation avec le tissu, le tapissier peut examiner la couture et l’architecte peut apprécier la répétition de l’ornement dans l’espace. L’échantillonnage transforme une intention visuelle en choix concret, sans dissocier le dessin de la manière dont il sera mis en œuvre.

Le sur-mesure comme dialogue entre dessin et fabrication

Le service sur mesure accompagne les projets qui ne trouvent pas leur réponse dans une collection existante. Houlès indique suivre les différentes étapes du développement : conception, choix des matières, dimensions et coloris. Une demande peut partir d’un motif, d’un fragment ancien, d’un tissu déjà sélectionné ou d’une contrainte architecturale. Il faut alors préciser l’échelle du décor, la longueur nécessaire, la répétition du dessin, le mode de fixation et les conditions d’utilisation. Un galon destiné à une bordure ne se développe pas comme une embrasse qui devra supporter le poids d’un rideau.

Le programme de personnalisation permet de sélectionner certains articles, puis de travailler leur matière et leur gamme de couleurs. Embrasse, galon ou frange peuvent être étudiés avec des fils de fibranne, de rayonne, de lin ou des fils prévus pour l’extérieur, selon les possibilités présentées par la maison. La couleur ne constitue qu’un élément du développement. La largeur, la densité, la souplesse, le poids et le rapport entre les motifs déterminent aussi la qualité d’une passementerie. Une fois le modèle défini, le travail doit rester régulier afin que la finition conserve son caractère sur toute la longueur.

Les professionnels de la décoration utilisent la passementerie pour construire une transition entre le meuble et le textile. Sur un fauteuil, un passepoil suit une ligne et protège visuellement une couture. Autour d’un rideau, un galon peut prolonger un motif ou créer une séparation nette. Une embrasse organise le tombé du tissu et devient un élément du décor lorsqu’elle associe corde, glands, perles ou détails métalliques. Dans une chambre, un salon, un hôtel ou un espace de réception, la même famille d’ornements peut relier plusieurs pièces sans les rendre identiques. La justesse vient de la répétition maîtrisée et de la différence de proportion.

De l’ornement textile aux chantiers patrimoniaux

Houlès présente des réalisations pour des appartements, des hôtels, des palais, des châteaux et des résidences présidentielles, en France comme à l’international. Ces projets demandent une collaboration étroite avec les architectes, les décorateurs et les ateliers chargés de la pose. La passementerie doit respecter le dessin du lieu, les dimensions des ouvertures et les caractéristiques du tissu. Elle peut être développée pour une série de fenêtres, une salle entière ou un élément architectural qui impose des longueurs et des raccords particuliers.

La restauration d’un monument ajoute une exigence de lecture historique. Un ornement neuf doit s’accorder avec les proportions, les couleurs et les matériaux conservés. Il peut être nécessaire de comparer des documents, d’observer un fragment ancien et de produire plusieurs essais avant de choisir une forme. La reproduction ne consiste pas seulement à reprendre une couleur. Le nombre de mèches, la torsion, la hauteur d’une frange, la largeur d’un galon et la manière dont les fils accrochent la lumière contribuent à la perception de l’ensemble.

Le Palais de l’Élysée illustre cette relation entre passementerie et patrimoine. Dans le cadre de la restauration de la salle des fêtes, Houlès a travaillé avec le Mobilier national sur des propositions de styles, de dimensions et de coloris. Les panneaux ont reçu des galons et un effilé à quilles associés au décor. Une telle intervention montre que la finition textile peut modifier la lecture d’une architecture : elle souligne les contours, accompagne les courbes et réintroduit une continuité entre les rideaux, les boiseries, les tapisseries et les autres éléments de la salle.

La maison cite aussi des projets hôteliers et résidentiels prestigieux, dont certains nécessitent des pièces très longues, des embrasses assemblées à la main ou des fils répondant à des exigences particulières. Dans ces cas, le travail de fabrication rejoint celui de l’atelier de décoration. Le produit doit arriver avec des dimensions contrôlées, des raccords pensés et une finition compatible avec le chantier. La pose, la tension du tissu, le sens du motif et la façon dont les éléments seront manipulés doivent être anticipés dès le développement.

Une collection ouverte aux usages contemporains

L’histoire de Houlès suit les transformations de la décoration. Après les fournitures pour tapissiers et la passementerie à la demande, la maison a développé des collections, puis élargi son offre aux tissus, aux objets décoratifs et à la tringlerie. Les tringles, supports et embouts ne sont pas séparés de la question textile. Ils organisent le mouvement d’un rideau, définissent sa hauteur et participent à la composition du mur. Une finition cohérente associe parfois un tissu, un galon, une embrasse et un système de suspension choisi pour le même projet.

Les collections peuvent s’inspirer d’archives historiques tout en adoptant des dessins plus actuels. Les formes classiques de la frange, du galon et de la cartisane sont réinterprétées par des jeux de largeur, de contraste, de matière ou de couleur. Les collaborations avec des designers prolongent cette recherche. Une collection inspirée des salons du XVIIIe siècle peut reprendre des franges mèches, des franges perles, des guipures et des moulinés. Une autre, conçue autour du modernisme italien, peut privilégier des motifs asymétriques, des compositions jacquard et des finitions satinées. Dans chaque cas, le vocabulaire du passementier sert une intention décorative précise.

Le numérique accompagne désormais la relation avec les professionnels. Le site de Houlès permet de consulter les collections, de comparer des références et de préparer des demandes. Le programme de personnalisation rend certains choix plus accessibles, mais il ne remplace pas l’examen d’un échantillon et l’échange technique autour du projet. La couleur affichée, la longueur, le support et la lumière d’une pièce peuvent changer la perception du résultat. Le métier reste lié à la matérialité du fil, à la régularité de la fabrication et à la manière dont l’ornement sera posé.

Transmission d’un vocabulaire de finition

La transmission du passementier repose sur des gestes parfois discrets. Il faut comprendre la tension d’un fil, reconnaître une torsion régulière, surveiller la largeur d’un tissage et savoir reprendre une extrémité. Les finitions à l’aiguille demandent une autre précision que le travail sur métier. Le retordage modifie la structure d’un cordon ; le choix de l’âme et des fils influence sa tenue ; la préparation d’une frange conditionne la régularité de sa chute. Ces étapes forment une chaîne où chaque variation peut se retrouver dans l’aspect final.

Houlès fait vivre ce savoir-faire dans un cadre familial et professionnel ouvert aux tendances de la décoration. À Noisy-sur-École, la maison relie une histoire commencée en 1928 à une offre qui comprend la passementerie, la tringlerie décorative et les tissus d’ameublement. Les galons, franges, cordons et embrasses sont développés pour accompagner des intérieurs privés, des projets hôteliers, des créations de designers et des restaurations patrimoniales. Leur rôle ne se réduit pas à ajouter un détail : ils organisent les bordures, soulignent les volumes et donnent au textile une finition qui dialogue avec l’architecture.

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

Vous représentez cet atelier ou vous avez repéré une erreur ?

Revendiquer la ficheSignaler une correction