Atelier & professionnel

Hubert Braye — facteur et restaurateur d’orgues au Haut-Soultzbach

Le Haut-Soultzbach

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

Au Haut-Soultzbach, dans le Haut-Rhin, Hubert Braye dirige une entreprise de facture d’orgues spécialisée dans la construction, la restauration, la reconstitution et l’entretien des instruments à tuyaux. Créée en 2000, la maison travaille sur des orgues de styles différents, des instruments neufs, des ouvrages historiques et des harmoniums. Le site officiel présente une équipe de six personnes et plus d’une centaine d’instruments entretenus. Il décrit une activité qui associe le travail du bois, la mécanique, la soufflerie, la tuyauterie, l’harmonisation, le buffet et la relation avec les lieux qui accueillent les instruments.

Un orgue à tuyaux est un ensemble complexe dans lequel chaque partie participe à la production et à la maîtrise du son. Les claviers transmettent le geste de l’organiste, les tirants permettent de sélectionner les jeux, les sommiers distribuent l’air vers les tuyaux et la soufflerie fournit la pression nécessaire. Les transmissions peuvent être mécaniques ou pneumatiques, selon l’époque et la conception de l’instrument. Le buffet protège et organise l’ensemble, tandis que la tuyauterie et l’harmonie donnent aux notes leurs couleurs. Restaurer un orgue demande donc de comprendre ses éléments comme un système qui doit fonctionner et conserver son caractère.

La construction d’un instrument neuf commence par l’étude du lieu, de l’usage et de l’esthétique souhaitée. Une église, un temple, une salle de concert ou une maison de la musique n’offrent pas les mêmes volumes ni la même acoustique. Le nombre de jeux, de claviers et de notes du pédalier dépend de la place disponible, du répertoire envisagé et du projet musical. Le buffet doit s’inscrire dans l’architecture, tandis que les mécanismes doivent rester accessibles pour l’entretien. Le facteur d’orgues relie ainsi le dessin général, les dimensions, la disposition sonore et les contraintes de construction.

La page consacrée aux créations de l’entreprise présente un orgue neuf pour l’église Saint-Médard de Cheviré-le-Rouge. Une première phase de reconstruction, menée en 2024 à partir d’éléments encore en bon état d’un orgue Bonn, a permis d’obtenir un instrument de onze jeux. Le projet est prévu pour évoluer vers trois claviers, un pédalier et vingt-deux jeux. Cette réalisation montre comment des éléments anciens peuvent être intégrés à une reconstruction progressive. Le facteur doit identifier ce qui peut être conservé, concevoir les compléments et organiser l’évolution future sans rompre la cohérence sonore et mécanique.

À Baillargues, l’entreprise a réalisé un orgue neuf de deux claviers, cinquante-six notes, un pédalier de trente notes et vingt-deux jeux. Son esthétique s’inspire des orgues d’Allemagne centrale de la fin du XVIIIe siècle. Le choix d’une esthétique historique guide la composition, la facture du buffet, la disposition des tuyaux et la manière d’obtenir les couleurs sonores. L’instrument n’est pas une simple accumulation de pièces. Les jeux doivent dialoguer, les claviers offrir une réponse précise et le pédalier compléter l’ensemble. La construction devient une interprétation technique d’un modèle musical.

L’orgue d’Artenay, dans l’église Saint-Victor, compte dix-sept jeux réels répartis sur deux claviers et un pédalier. Le site indique une esthétique sonore inspirée des orgues d’Allemagne du Sud du début du XIXe siècle. La composition influence la manière dont les registrations et les nuances seront utilisées. Les tuyaux, les pressions, les sommiers et l’harmonisation doivent produire une palette cohérente avec cette orientation. Le facteur adapte donc les choix de construction à l’identité sonore recherchée, tout en assurant la fiabilité de la transmission et l’accès nécessaire aux opérations d’entretien.

Les reconstructions d’instruments historiques s’appuient sur les éléments qui ont traversé le temps. À Mulhouse, l’orgue Joseph Callinet de 1834 a été reconstruit à partir de quelques éléments de buffet et de tuyaux anciens conservés. Le projet, mené de 2010 à 2013, a concerné un instrument de trois claviers, un pédalier et trente-deux jeux. Une reconstruction de ce type demande d’étudier les pièces existantes, de comprendre leur rôle et de fabriquer les éléments manquants en relation avec elles. L’ancien n’est pas traité comme une simple réserve de matériaux : il sert de repère historique, technique et sonore.

À Plobsheim, l’orgue E. A. Roethinger de 1898 a été entièrement mécanisé et sa palette sonore a été élargie. Il comprend dix-sept jeux, deux claviers et un pédalier, dont six jeux entièrement neufs ainsi qu’une façade nouvelle. La modification d’un instrument existant doit préserver une relation avec sa construction et son histoire. La mécanisation transforme la manière dont le geste est transmis, tandis que l’ajout de jeux modifie la palette sonore. Le facteur doit équilibrer ces changements afin que l’instrument gagne en possibilités sans perdre la cohérence de ses éléments anciens.

La manufacture a aussi construit un orgue neuf pour l’église du temple Saint-Paul de Mulhouse. L’instrument de dix jeux, conçu pour la musique française et allemande de la fin du XVIIIe siècle, a été construit en 2005 et 2006. Le projet a reçu le Grand Prix départemental et régional des métiers d’art en 2008. Cette réalisation associe une esthétique musicale précise à un ouvrage destiné à un lieu de culte. Les choix de composition, de facture et d’harmonisation permettent à l’instrument de servir un répertoire déterminé, tout en s’inscrivant dans l’architecture du temple.

Le site présente également un orgue entièrement neuf de vingt jeux pour l’église de l’Emm à Metzeral-Sondernach. L’instrument possède deux claviers, un pédalier, un Grand-Orgue et un Récit expressif. Il a été construit en trois essences de bois et intégré au style néo-roman de l’église. La composition et l’harmonisation favorisent un répertoire large avec une parenté aux orgues alsaciens du milieu du XIXe siècle. Le choix des bois, la forme du buffet et la mise en place des jeux participent autant à l’apparence qu’au comportement sonore de l’ensemble.

La restauration demande souvent de revenir à un état antérieur ou de distinguer plusieurs étapes de transformation. À Pfaffenheim, l’orgue Joseph et Claude Ignace Callinet de 1839 avait été transféré dans une église reconstruite et avait perdu son positif de dos. Les travaux de 2015 et 2016 ont permis de retrouver la disposition d’origine de ses quatre plans sonores. Sur les trente-cinq jeux, trente-trois étaient d’origine, ainsi que cinq des six sommiers. Les sculptures du positif de dos ont été reconstituées par Cathy Fellmann Sala, tandis que l’harmonisation a été menée en collaboration avec Jean-Marie Tricoteaux.

À Lutter, l’orgue Joseph Callinet de 1844 avait connu une transformation en 1927. La restauration a consisté à revenir à l’état d’origine de la composition, à compléter deux jeux prévus par Callinet et à étendre la pédale de dix-huit à vingt-sept notes. Une tirasse de Grand-Orgue, réalisée en copie de Callinet, a été créée. Le soufflet de Berger a été conservé et restauré. Ce type d’intervention montre qu’une restauration peut combiner conservation d’éléments existants, fabrication de pièces nouvelles et restitution d’une conception sonore ou mécanique ancienne.

Les opérations de relevage s’inscrivent dans un entretien approfondi. Elles peuvent concerner la mécanique, les sommiers, la soufflerie, la tuyauterie, la console ou l’harmonisation. À Turckheim, les tuyaux Silbermann de l’orgue Silbermann-Callinet-Kern souffraient d’une corrosion importante et ont fait l’objet d’un protocole de restauration et de préservation. À Giromagny, l’instrument classé au titre des monuments historiques avait connu plusieurs états successifs ; le projet a retenu un retour à l’état de Verschneider avec vingt-huit jeux sur trois claviers et pédalier. Le facteur adapte l’intervention à la trajectoire de chaque orgue.

La restauration des sommiers et de la transmission touche au cœur du fonctionnement de l’instrument. À Toulouse, la restauration de l’orgue Aristide Cavaillé-Coll de la cathédrale Saint-Étienne a concerné toute la partie instrumentale : mécanique, sommiers, console et tuyauterie. La soufflerie manuelle a été reconstituée, et certains jeux transformés ont retrouvé leur configuration d’origine. Les sculptures du buffet, très abîmées, ont également nécessité une restauration. Les travaux relient ainsi les mécanismes, le son, l’apparence du buffet et l’histoire de l’édifice.

Les opérations peuvent aussi avoir lieu à l’étranger. À Sendai, le site officiel mentionne le transfert de l’orgue Daniel Kern de l’université Tohoku Gakuin, en collaboration avec la maison Yamaha. À Kyoto, la soufflerie de l’orgue Daniel Kern de l’université Doshisha a été relevée en 2022. Ces interventions demandent une organisation adaptée au transport, au démontage, au remontage et au réglage d’instruments qui doivent retrouver leur place dans un nouvel environnement ou continuer à fonctionner dans un lieu d’enseignement et de concert.

Les travaux en cours présentés par l’entreprise comprennent une restauration ou reconstruction à Cheviré-le-Rouge, la restauration d’un orgue Stiehr-Mockers classé à Willer, une construction neuve pour la chapelle Lambuth de l’université Kwansei Gakuin à Nishinomiya et un relevage de l’orgue J. Callinet du temple Saint-Martin de Montbéliard. Ces projets montrent la coexistence de plusieurs temporalités. Un chantier peut prolonger un instrument ancien, préparer une création contemporaine ou adapter un orgue à un nouvel usage. Le facteur suit chaque situation avec les mêmes exigences de précision et de fiabilité.

La construction d’un buffet fait appel au travail du bois et à la compréhension de l’architecture. Les tourelles, les plates-faces, les sculptures et les panneaux doivent accueillir la tuyauterie tout en donnant à l’instrument sa présence dans l’église ou la salle. À Châtillon-sur-Chalaronne, un orgue d’études de huit jeux a été construit en réutilisant des éléments de l’ancien orgue de l’église : tourelles du buffet, sculptures, tuyauterie intérieure et façade. Les parties neuves comprennent notamment la mécanique, la boîte expressive, les claviers, le pédalier, la soufflerie et la partie centrale du buffet.

La tuyauterie exige une attention spécifique. Les tuyaux peuvent être en métal ou en bois, ouverts ou bouchés, et produire des couleurs différentes selon leur forme, leur alliage, leur longueur et leur pression. Une restauration peut demander de nettoyer, redresser, réparer ou reconstituer des tuyaux. La place de chaque tuyau dans le sommier et dans le buffet influence la projection du son. L’harmonisation vient ensuite ajuster la réponse et l’équilibre des jeux. Le facteur travaille donc à la fois sur des éléments visibles, des pièces cachées et une matière sonore qui ne se mesure pas uniquement par les dimensions.

La soufflerie et les transmissions jouent un rôle tout aussi déterminant. Une fuite, une pression instable ou un soufflet dégradé peut perturber l’ensemble de l’instrument. Les orgues pneumatiques nécessitent une attention particulière aux peaux, aux poches et aux conduits, tandis que les transmissions mécaniques demandent un réglage précis des leviers, vergettes et abrégés. Les travaux documentés à Sentheim ont concerné la restauration totale d’une transmission pneumatique, avec le remplacement des soufflets et le renouvellement des peaux. Chaque réparation doit rendre au geste de l’organiste une réponse régulière.

L’entretien régulier permet de préserver les instruments entre deux restaurations. Il peut comprendre le nettoyage, le contrôle des mécanismes, la vérification de la soufflerie, l’accord et l’harmonisation. Les besoins varient selon la fréquence d’utilisation, l’humidité du lieu, la poussière, les variations de température et l’âge de l’orgue. Une intervention préventive peut éviter qu’une petite défaillance n’entraîne une dégradation plus large. L’entreprise se présente ainsi comme un interlocuteur pour la construction, la restauration, l’entretien des orgues à tuyaux et la restauration d’harmoniums.

Le métier de facteur d’orgues associe des compétences de menuiserie, de mécanique, de travail du métal, d’acoustique et de musique. Il faut comprendre le fonctionnement de l’instrument, mais aussi son contexte liturgique, historique ou artistique. Les collaborations avec des organistes, des harmonistes, des restaurateurs de sculptures, des architectes et des responsables de lieux sont fréquentes dans les chantiers patrimoniaux. Les décisions techniques se prennent en relation avec la manière dont l’orgue doit être joué, regardé et conservé.

Le titre de Maître facteur d’orgues et le label d’État EPV mentionnés sur le site accompagnent une activité dont les références couvrent des instruments neufs, des reconstructions et des restaurations profondes. Ces reconnaissances ne remplacent pas l’étude d’un ouvrage particulier. Chaque orgue conserve une histoire, une composition et un état propres. La qualité d’une intervention dépend de la capacité à établir un diagnostic, à documenter les éléments, à choisir les parties à préserver et à fabriquer les compléments nécessaires sans réduire l’instrument à une apparence uniforme.

À l’atelier Hubert Braye, la facture d’orgues se construit donc entre le bois du buffet, le métal des tuyaux, le cuir des soufflets, les mécanismes de transmission et la voix de l’instrument. Les créations de Cheviré-le-Rouge, Baillargues, Artenay, Mulhouse, Plobsheim et Châtillon-sur-Chalaronne témoignent de la construction et de la reconstruction. Les restaurations de Pfaffenheim, Lutter, Turckheim, Giromagny, Toulouse, Strasbourg et de nombreuses autres communes montrent la variété des interventions patrimoniales. Les chantiers au Japon et les travaux en cours prolongent cette pratique au-delà du territoire alsacien.

Le travail d’Hubert Braye consiste à rendre possible une relation durable entre l’orgue, le lieu et les musiciens. Construire un instrument neuf demande de donner une forme à un projet sonore. Restaurer un orgue ancien demande de retrouver son fonctionnement, ses équilibres et les traces de sa conception. Entretenir un harmonium ou un orgue à tuyaux demande de prévenir les défaillances et de préserver la continuité de son usage. Au Haut-Soultzbach, ces gestes forment un métier d’art complet, où la précision de l’atelier rejoint la mémoire musicale et architecturale des instruments.

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    Hubert Braye — Maître facteur d’orgues (site externe)

    Organisme : SARL Hubert Braye

    Fait soutenu
    Le site officiel présente l’entreprise Hubert Braye, créée en 2000, comme une manufacture spécialisée dans la construction, la restauration et la reconstitution d’orgues, ainsi que dans l’entretien d’orgues et la restauration d’harmoniums.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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