À Ruoms, en Ardèche, Inès Nano del Ortega développe une activité de maroquinerie, de stylisme et de décoration sous son nom. Son travail s’appuie sur le cuir, les textiles et des matières associées pour créer des modèles uniques. Sacs à main, petite maroquinerie, bijoux en cuir, vêtements et accessoires de mode composent un univers où la coupe et la finition occupent une place centrale. Les pièces sont imaginées et fabriquées artisanalement, avec une attention portée à la qualité des matières et à la possibilité d’adapter une création à une silhouette, à une taille ou à une envie particulière. L’atelier-boutique situé à Ruoms permet aussi de découvrir les objets et de participer à des temps de transmission autour du cuir.
Inès Nano del Ortega a grandi dans un environnement lié à la couture. Dès son plus jeune âge, elle a appris des gestes de couture, de tricot, de crochet et de broderie. Cette familiarité avec le fil, l’aiguille, le textile et le volume a préparé son passage vers la maroquinerie. Sa curiosité pour les métiers de la mode l’a ensuite conduite à explorer le cuir entre 2013 et 2014. Elle a suivi une formation au sein d’un atelier du luxe en Ardèche et obtenu un diplôme en maroquinerie en 2014. La pratique professionnelle a ainsi prolongé des gestes appris dans l’enfance en leur apportant une exigence nouvelle sur la construction et la durabilité des objets.
Le cuir impose une lecture attentive avant même la découpe. Son grain, sa souplesse, son épaisseur et sa capacité à se tenir déterminent le comportement d’un sac ou d’un accessoire. Une peau souple peut convenir à une pièce qui accompagne le mouvement, alors qu’un cuir plus ferme sera choisi pour structurer un rabat, une base ou une paroi. Le placement des gabarits doit tenir compte de la surface disponible, des éventuelles variations de grain et des zones qui seront sollicitées. La coupe prépare l’assemblage : une mesure légèrement décalée peut modifier la symétrie, la fermeture ou la manière dont une anse se pose sur le corps du sac.
Les sacs à main demandent de concilier présence visuelle et usage. Un modèle doit pouvoir être porté, ouvert, posé et rangé sans perdre sa forme. Les anses, bandoulières, rabats, soufflets et fermetures sont choisis en fonction du volume et du contenu prévu. Une poche intérieure peut accueillir un objet qui doit rester accessible, tandis qu’une poche zippée apporte une séparation sécurisée. La doublure accompagne la finition et peut créer un contraste avec l’extérieur. Chaque élément contribue à l’équilibre de l’ensemble, depuis la largeur du fond jusqu’à la longueur de la bandoulière.
La petite maroquinerie permet de travailler la précision à une échelle réduite. Un portefeuille, un étui, une pochette ou un porte-cartes réunit des pièces fines qui doivent rester alignées malgré les ouvertures et les manipulations répétées. Les plis sont préparés avec soin pour éviter une tension excessive. Les bords sont travaillés afin de rester agréables au toucher et de résister à l’usure. Les coutures suivent les lignes du modèle, tandis que les fermetures ou les boutons doivent être placés de façon fonctionnelle. La sobriété d’un petit accessoire ne diminue pas la complexité de sa fabrication : elle rend souvent chaque détail plus visible.
Les bijoux en cuir prolongent le travail de la matière vers des formats plus légers. Un bracelet, un collier ou une paire de boucles d’oreilles peut associer le cuir à des perles, à des pierres ou à d’autres éléments décoratifs. La souplesse, le poids et le contact avec la peau orientent les choix de montage. Une pièce doit rester agréable à porter et supporter les mouvements du quotidien. La découpe peut souligner une forme organique ou géométrique, tandis qu’une association de couleurs crée un point d’accroche. Le cuir devient alors un matériau de parure autant qu’un support de construction.
Le stylisme ouvre l’activité vers le vêtement et les accessoires. Inès Nano del Ortega imagine des pièces pour femme et pour homme, ainsi que des éléments qui complètent une tenue. Une création textile doit accompagner le corps, respecter une aisance de mouvement et conserver sa ligne lorsqu’elle est portée. La taille, la matière et le tombé sont pris en compte lors de l’adaptation. Un accessoire peut être conçu pour prolonger un vêtement ou pour introduire une couleur et une texture nouvelles. Les finitions restent déterminantes, car elles donnent au vêtement sa tenue et à l’accessoire sa résistance.
La personnalisation commence par une discussion sur la forme, la matière et la manière dont l’objet sera utilisé. Une personne peut rechercher un sac d’un format précis, un accessoire adapté à une tenue ou un objet qui associe plusieurs matériaux. Le projet doit alors tenir compte des proportions, de la disponibilité de la matière, du choix des doublures et de la façon dont les parties seront assemblées. Modifier une taille ne suffit pas toujours : une nouvelle dimension peut demander de revoir une poche, une fermeture, une anse ou un renfort. Le modèle est donc ajusté dans son ensemble pour rester cohérent et pratique.
Le travail d’Inès Nano del Ortega s’intéresse aussi à la réutilisation et au dialogue entre matières. Des éléments de cuir, de verre ou d’osier peuvent être associés dans une décoration intérieure ou un accessoire. Une matière déjà marquée apporte une histoire visuelle et impose parfois une construction différente. Il faut respecter ses irrégularités, sa solidité et ses points d’attache. Le réemploi ne consiste pas à juxtaposer des fragments sans logique : les surfaces, les poids et les textures doivent trouver un équilibre pour que l’objet reste stable et utilisable. La création peut ainsi donner une nouvelle place à des éléments qui auraient été écartés d’un usage courant.
L’association du cuir et des étoffes imprimées apporte un autre registre graphique. Un motif textile peut être encadré par une pièce de cuir, apparaître sur un rabat ou se prolonger sur une partie de la doublure. Le choix de la zone imprimée demande de réfléchir à la lisibilité du dessin et à son exposition à l’usure. Un tissu très coloré peut être équilibré par une matière unie, tandis qu’une surface plus discrète laisse la coupe prendre le premier rôle. Le travail de composition se poursuit dans les bordures, les raccords et les finitions, afin que le textile et le cuir paraissent réellement conçus ensemble.
La fabrication d’un modèle unique permet de faire varier la forme et les détails. Une pièce peut partir d’un dessin, d’une matière trouvée ou d’une demande particulière, puis évoluer au fil des essais. Les gabarits aident à contrôler le volume avant la coupe définitive. Ils permettent de tester une ouverture, une profondeur, une position de poche ou la longueur d’une bandoulière. Le prototype met en évidence les tensions et les déséquilibres que le dessin ne révèle pas toujours. Les corrections apportées à ce stade rendent la fabrication finale plus précise et évitent de perdre une matière choisie pour sa qualité.
Les finitions donnent à l’objet sa tenue et son aspect final. Une tranche propre, une couture régulière, un bord correctement préparé et une fermeture bien posée prolongent la durée d’usage. La finition haut de gamme annoncée par l’atelier ne tient pas à un effet de surface isolé : elle résulte de la continuité entre la découpe, l’assemblage et les détails visibles. Une anse doit être solidement reliée, une poche doit rester accessible et un rabat doit se fermer sans forcer. L’exigence se mesure dans la manière dont l’objet accompagne les gestes de la personne qui le porte.
La réparation constitue une autre façon de prolonger la vie du cuir. Un accessoire peut présenter une couture fatiguée, une anse abîmée, une fermeture défectueuse ou une zone fragilisée par les frottements. Avant d’intervenir, il faut identifier l’origine du problème et vérifier la construction de l’objet. Une nouvelle pièce doit s’accorder avec l’existant par son épaisseur, sa souplesse et sa couleur. Une réparation réussie rend la fonction sans effacer nécessairement les traces d’usage qui font partie de l’histoire du sac ou de l’accessoire.
Inès Nano del Ortega transmet ses gestes dans des stages et ateliers de découverte. Les participants peuvent approcher le cuir par un projet de petite maroquinerie ou par une réalisation plus simple. Découper, assembler et réaliser une finition demandent de prendre le temps de comprendre les outils et les réactions de la matière. L’accompagnement permet de distinguer une coupe destinée à un bord d’une coupe destinée à un pli, de mesurer l’effet d’un renfort et de préparer un assemblage durable. La fabrication d’un objet aide à mieux percevoir le travail qui se cache derrière un produit fini.
Le parcours de la créatrice s’est aussi enrichi par la découverte du travail de l’osier en Ardèche, entre 2018 et 2019, auprès d’une artisane vannière. Cette expérience ajoute une autre relation au tressage, à la structure et aux fibres naturelles. Elle nourrit les possibilités d’association entre matières et ouvre un dialogue avec la décoration. Le cuir peut entourer, soutenir ou souligner un élément tressé, tandis que l’osier apporte une texture et une légèreté différentes. Ces rapprochements restent dépendants du projet, de la solidité nécessaire et de l’usage de la pièce.
L’atelier de Ruoms s’inscrit dans le territoire des Gorges de l’Ardèche, en Auvergne-Rhône-Alpes. La présence d’une boutique et d’un espace de création rapproche les visiteurs des objets, des matières et des gestes. La production peut être découverte sur place ou à travers la boutique en ligne, qui présente des bijoux, des accessoires et des créations de maroquinerie. Les modèles restent liés à une fabrication artisanale et à un univers personnel, même lorsqu’ils répondent à des usages très différents. Le travail de l’atelier associe ainsi la mode, la petite série, la pièce unique et la transmission.
Inès Nano del Ortega développe une maroquinerie où la coupe, la matière et la finition avancent ensemble. Les sacs, les accessoires, les bijoux en cuir, les vêtements et les objets décoratifs sont conçus à la main, avec une attention à la personnalisation et à la possibilité de valoriser des matériaux associés. Sa formation en maroquinerie, son expérience dans un atelier du luxe et son parcours initial dans la couture nourrissent une pratique à la fois technique et créative. À Ruoms, Amele crée des pièces singulières en cuir et en textile, destinées à être portées, offertes, utilisées ou conservées comme des objets d’artisanat.