À Veyre-Monton, dans le Puy-de-Dôme, Anthony Issartel conçoit et réalise du mobilier contemporain en s’appuyant sur une formation complète en ébénisterie, en marqueterie et en conception de mobilier. Son atelier présente des meubles sur mesure et des pièces de création qui associent le bois à d’autres matériaux : métal, cuir, verre ou éclairage intégré. L’ébéniste travaille ainsi sur des objets dont la fonction, la structure et la présence visuelle doivent rester liées. Une table basse, une étagère, un bureau, un fauteuil ou une vitrine ne répondent pas aux mêmes contraintes, mais chacun demande une réflexion sur les proportions, les assemblages, les surfaces et les finitions. L’inspiration donne naissance à la forme, puis le savoir-faire permet de la rendre stable, utilisable et durable.
Le parcours annoncé par Anthony Issartel commence par un CAP ébéniste, complété par un CAP marqueteur en art du bois. Il poursuit avec un Brevet technique des métiers, puis un Brevet technique des métiers supérieurs option conception de mobilier contemporain. Cette progression réunit les bases du travail du bois, la précision du décor et la capacité à développer un meuble dans son ensemble. L’ébénisterie ne consiste pas seulement à assembler des panneaux. Elle demande de comprendre les caractéristiques des essences, la direction du fil, les mouvements du matériau, la résistance des parties porteuses et la manière dont une finition va modifier la lecture de la surface. La conception contemporaine ajoute la recherche d’une ligne claire, d’un usage confortable et d’une relation équilibrée entre plusieurs matériaux.
La marqueterie apporte une autre façon de construire le décor. Des placages de teintes, de grains ou de directions différentes peuvent composer un motif à la surface d’un meuble. La coupe doit rester précise pour que les pièces se rejoignent sans rupture visible. Le dessin, l’échelle du motif et la position sur le support sont préparés en fonction de la forme de l’ouvrage. Une marqueterie placée sur une façade, un plateau ou un panneau vertical ne se regarde pas de la même manière. La lumière révèle les variations du fil et les différences de ton. Le choix du vernis ou de la protection doit préserver cette lecture sans masquer la matière. La formation de marqueteur complète donc le travail de fabrication par une attention particulière portée au détail, au raccord et à la composition.
Le portfolio de l’atelier montre plusieurs directions. Le fauteuil Classic Heritage et le fauteuil Lounge placent le confort et la structure au centre du projet. Une table basse laquée travaille davantage la relation entre une surface réfléchissante, un volume bas et l’espace de circulation autour du meuble. Le bureau en porte-à-faux demande de maîtriser la stabilité d’une forme qui semble s’avancer sans support visible sous toute sa longueur. Une étagère murale en wengé associe une essence sombre à des chants en aluminium brossé, un dos gainé de cuir d’agneau et un éclairage LED dissimulé. Une vitrine en chêne destinée à la présentation de verrerie cristal réunit le bois, le verre, le métal et le cuir dans un objet qui doit protéger, exposer et organiser.
Le bureau en porte-à-faux illustre la relation entre dessin et construction. Lorsqu’un plateau paraît se prolonger au-dessus du vide, les efforts se concentrent sur les points d’appui et les assemblages. L’ébéniste doit prévoir la rigidité, le poids des éléments posés sur le bureau et les mouvements éventuels liés à l’usage. La section des pièces, la qualité des liaisons et la répartition des charges contribuent à la stabilité. La forme finale peut rester légère visuellement, mais elle repose sur des choix précis de structure. La conception d’un tel meuble demande de confronter l’intention esthétique aux propriétés réelles des matériaux, aux dimensions disponibles et à la manière dont la personne s’installera devant l’ouvrage.
La table basse laquée repose sur un autre dialogue avec la lumière. Une surface laquée peut renforcer la profondeur d’une couleur, refléter les ouvertures de la pièce et souligner la géométrie du plateau. Elle révèle aussi les défauts de préparation : une poussière, une rayure ou une irrégularité devient visible dans le reflet. La préparation du support, l’application régulière de la finition et le respect des temps de séchage déterminent la qualité du résultat. Les proportions doivent rester compatibles avec la circulation autour du meuble et avec la hauteur des assises voisines. La table n’est donc pas seulement une surface décorative ; elle doit offrir un usage quotidien tout en conservant la netteté de sa silhouette.
L’étagère en wengé montre comment des matières contrastées peuvent former un ensemble cohérent. Le wengé apporte une teinte profonde et un veinage marqué. L’aluminium brossé souligne les chants par une présence plus froide et régulière. Le cuir d’agneau placé au dos introduit une surface souple, tandis que l’éclairage LED dissimulé modifie la façon dont les objets sont perçus. Chaque jonction demande une préparation particulière. Le bois réagit aux variations de température et d’humidité, le métal ne se travaille pas comme un placage et le cuir doit être tendu sans perdre sa souplesse. La personnalisation annoncée porte sur les dimensions, les matériaux et les finitions, ce qui laisse au projet une marge d’adaptation tout en conservant son unité.
La vitrine d’exposition en chêne pour verrerie cristal répond à une double exigence. Elle doit mettre les objets en valeur, mais aussi les maintenir dans un environnement ordonné et suffisamment protégé. Le chêne constitue la structure visible, avec une finition naturelle mate qui laisse apparaître son caractère. Les portes et les étagères en verre créent une transparence partielle ; le métal participe à la construction ou aux détails ; le cuir matelassé habille l’intérieur et apporte une surface plus douce au regard. Le tiroir inférieur ajoute une capacité de rangement sans concurrencer les pièces exposées. Le meuble exige une attention aux alignements, aux jeux d’ouverture et à la relation entre les éléments transparents et les parties pleines.
Les créations sur mesure commencent par l’écoute d’une demande. Les dimensions d’une pièce, les habitudes de rangement, les objets à présenter et la circulation déterminent la forme utile. Le choix du matériau dépend de la résistance recherchée, de la couleur, du grain et de l’entretien. Un bois massif ne se comporte pas comme un panneau plaqué ; une surface laquée ne demande pas les mêmes précautions qu’un plateau huilé ; une partie gainée de cuir apporte une sensation différente au toucher. L’ébéniste peut donc comparer plusieurs solutions avant de fixer la construction. La conception permet de vérifier les proportions et les relations entre les composants, tandis que la fabrication transforme ces choix en assemblages, en façades, en plateaux et en finitions contrôlées.
Le travail de l’atelier s’inscrit dans une ébénisterie contemporaine, mais il ne se coupe pas des gestes fondamentaux. Le débit prépare les pièces dans le sens qui convient à leur rôle. Le corroyage apporte des surfaces et des chants réguliers. Les assemblages doivent résister aux sollicitations et rester cohérents avec la ligne du meuble. Le ponçage prépare la surface avant la protection, et la finition révèle ou modifie la couleur du bois. Pour un meuble associant plusieurs matières, chaque étape doit tenir compte des raccords qui seront visibles à la fin. Une différence d’épaisseur ou un angle mal anticipé peut perturber l’ensemble. Le contrôle s’effectue donc à mesure que le projet avance, depuis les premiers éléments jusqu’au montage final.
Anthony Issartel indique avoir obtenu une médaille d’argent aux niveaux départemental et régional dans les concours MAF d’ébénisterie et de marqueterie. Son parcours comprend également un trophée de l’artisanat des services et de la production attribué à un nouvel artisan. Ces distinctions s’ajoutent à une formation orientée vers la conception de mobilier contemporain. Elles éclairent une pratique où le geste technique et la recherche de forme avancent ensemble. La pièce doit être précise dans ses détails, mais elle doit aussi trouver sa place dans un intérieur et conserver une fonction lisible. Le meuble contemporain peut associer une construction traditionnelle, une finition actuelle et des matériaux qui n’appartiennent pas tous au vocabulaire classique de l’ébénisterie.
À Veyre-Monton, Issartel Ébéniste Contemporain propose ainsi une vision du mobilier où le bois reste une matière directrice sans être isolée des autres. Les fauteuils, tables, bureaux, étagères et vitrines présentés montrent différentes réponses à la question de l’usage : s’asseoir, travailler, ranger, exposer ou éclairer. La formation en ébénisterie et en marqueterie apporte la maîtrise des surfaces et des assemblages ; la conception de mobilier contemporain ouvre un travail sur les proportions et les combinaisons de matières. Chêne, wengé, métal, aluminium, cuir, verre, laque et lumière intégrée sont réunis selon les besoins de chaque pièce. L’atelier transforme ainsi une intention en meuble singulier, construit pour son espace et pensé pour durer.