À Saintes, Johan Collard exerce comme luthier et archetier, avec une spécialisation dans les instruments du quatuor et certaines formes baroques. L’atelier fabrique, répare, restaure, entretient, vend et loue des violons, altos, violoncelles, contrebasses, violes de gambe et archets. Le site présente également un service de réparation et de réglage pour guitares acoustiques. Cette diversité s’appuie sur une connaissance de la structure, de l’acoustique et des usages propres à chaque famille d’instruments.
Le parcours de Johan Collard commence dans une famille où se côtoient musiciens, professeurs, peintres et carillonneurs. Il découvre tôt le piano, la batterie, la contrebasse et la viole de gambe, tout en se familiarisant avec le bois et les outils. Il suit une formation de lutherie à Anvers pour le violon, le violoncelle et la guitare, puis une formation à Chichester consacrée aux instruments baroques. Cette seconde école comprend la sculpture, la marqueterie, l’analyse acoustique, la fabrication d’archets baroques et la pratique de la viole de gambe.
Son expérience professionnelle passe par la réparation de contrebasses à Paris, des ateliers de lutherie à Versailles et Lille, puis plus de trois années chez JP Guivier & Co à Londres pour se perfectionner en archèterie. De retour en France, il travaille pour des particuliers, des professionnels et des conservatoires. Après des implantations successives en Charente-Maritime, l’atelier est installé à Saintes en 2026. Cette trajectoire relie la fabrication d’instruments, la restauration et l’entretien des archets, sans séparer le travail de l’établi de l’écoute musicale.
La fabrication d’une contrebasse ou d’une viole de gambe demande du temps et une organisation précise. Johan Collard indique réaliser à l’atelier toutes les étapes, de l’épaisseur des bois à la sculpture de la tête, en passant par la marqueterie et le vernis. Les méthodes naturelles et traditionnelles sont privilégiées, avec des outils et des gestes inspirés du XVIIIe siècle pour les instruments concernés. Une contrebasse peut être basée sur un modèle existant ou adaptée à la convenance du musicien. La forme, le volume de la caisse, la longueur du manche et la réponse sonore sont alors discutés avant la construction.
Les violes de gambe présentent des contraintes particulières. La sculpture de la tête, les filets, les incrustations et la marqueterie participent à l’identité de l’instrument, tandis que la caisse et le manche doivent rester compatibles avec la posture du musicien. Un dessus, une ténor ou une basse de viole ne répondent pas à la même tessiture ni aux mêmes dimensions. Le luthier doit donc ajuster la construction, le poids et l’équilibre pour que l’instrument accompagne le répertoire baroque ou les projets contemporains qui s’en inspirent.
La réparation et la restauration concernent les instruments à cordes frottées de toutes les générations. Nettoyage, réglage d’âme, redressage de touche, nouveaux chevalets, réparation de fractures, détablage et retablage, pièce d’âme, enture de manche, enclavement, rebarrage ou rebouchage de chevilles font partie des interventions présentées. Chaque opération répond à un problème précis. Le réglage d’âme agit sur la réponse et l’équilibre ; un chevalet doit transmettre les vibrations tout en respectant la géométrie ; une fracture demande une réparation solide et discrète. L’état de la matière, l’histoire de l’instrument et son usage futur orientent la méthode.
L’archèterie complète le travail sur l’instrument. Un archet peut être entretenu, reméché ou réparé lorsque le crin, la hausse, la baguette ou les garnitures sont usés. Les archets du violon, de l’alto, du violoncelle et de la contrebasse demandent des équilibres différents. Le poids, le cambre, la tension et la répartition des matériaux influencent la réponse sous la main droite. La restauration d’un archet ancien doit préserver autant que possible les éléments d’origine et les traces de sa fabrication, tout en permettant au musicien de le jouer dans de bonnes conditions.
L’atelier propose aussi des instruments neufs, anciens et des accessoires, ainsi qu’un service de location. Les formules de location concernent le violon, l’alto, le violoncelle, la contrebasse et certains instruments baroques ; elles peuvent être envisagées pour quelques mois ou une année. Les ensembles loués comprennent l’instrument, un archet d’étude et un étui ou une housse rembourrée, selon les conditions indiquées par l’atelier. Cette solution permet à un élève ou à un musicien de commencer avec un équipement cohérent avant de choisir un instrument à acheter.
Johan Collard annonce également des stages de lutherie et d’archèterie autour du montage, de l’entretien, de l’usage des outils, de la réparation, de la sculpture de tête de viole de gambe et du reméchage d’archets. Ces apprentissages rapprochent le public des gestes techniques sans réduire l’instrument à un simple objet. Comprendre une âme, une touche, un chevalet ou une mèche aide à mieux écouter les effets d’un réglage et à dialoguer avec l’artisan.
À Saintes, Johan Collard réunit donc lutherie du quatuor, archèterie et instruments baroques. Fabrication, restauration, réparation, location et vente forment un ensemble destiné aux amateurs, aux solistes, aux orchestres et aux conservatoires. L’atelier accueille aussi les demandes liées aux guitares acoustiques. Chaque projet est étudié selon la construction de l’instrument, son histoire et le répertoire auquel il doit répondre, afin de préserver la matière et de rendre au musicien un outil sonore équilibré.