Atelier & professionnel

Jonathan Soulié, dinandier à Gaillac

Gaillac

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Gaillac, dans le Tarn, Jonathan Soulié développe une pratique de la dinanderie qui associe la précision du travail du métal à une recherche sur la lumière, le mouvement et les formes inspirées du vivant. Ses œuvres naissent de feuilles de cuivre ou de laiton transformées par le dessin, la réalisation de maquettes, la préparation de gabarits et la déformation progressive de la matière. Le métal n’est pas utilisé comme une simple surface à décorer : il devient une peau, un volume et un support de lumière. La forme se construit par étapes, avec une attention portée à la courbe, à la tension de la feuille et à l’équilibre général de la pièce.

Une rencontre entre création et dinanderie

Jonathan Soulié se présente comme dinandier et artiste. Son parcours est nourri par une relation ancienne à la nature, aux paysages, à la faune et à la flore. Cette sensibilité se retrouve dans des œuvres qui ne cherchent pas à reproduire un motif de manière littérale. Une forme ovoïde, un vortex, une ligne qui semble se déployer ou une surface qui capte la lumière peuvent évoquer le monde naturel sans devenir une illustration. Le métal reçoit une impulsion organique, puis la main et l’outil lui donnent une structure.

La dinanderie fournit la technique nécessaire à cette recherche. Elle consiste à mettre en forme des feuilles de métal par le martelage, le repoussé, l’étirage et la rétreinte. Une plaque plane doit être préparée, maintenue et frappée selon une progression maîtrisée pour prendre une courbure. Le geste ne consiste pas à forcer la matière en une seule fois. Chaque série de coups déplace le métal, modifie ses tensions et rapproche la pièce de la forme dessinée. Le dinandier observe la surface, écoute la réponse de la feuille et choisit le moment où il faut poursuivre, recuire ou reprendre une zone.

La feuille de métal devient volume

Le travail commence par une idée et par un dessin. Les maquettes et les gabarits permettent d’examiner les proportions avant que la matière ne soit engagée dans une déformation irréversible. Ils servent à comprendre la silhouette, les ouvertures, les points de contact et la manière dont la pièce sera vue. Une création destinée à être posée sur un socle n’obéit pas aux mêmes règles qu’un luminaire, un miroir ou une sculpture qui doit dialoguer avec un mur. Le dessin prépare donc autant la forme que son rapport à l’espace.

La feuille de cuivre ou de laiton possède une résistance et une mémoire propres. Sous les coups, elle s’étire dans certaines zones et se resserre dans d’autres. La rétreinte permet de fermer progressivement un volume ou de donner de la profondeur à une forme. L’étirage accompagne au contraire une ouverture ou une extension. Ces deux actions peuvent se combiner sur une même pièce. La régularité du volume dépend de la manière dont les frappes sont réparties et de la capacité à maintenir une progression cohérente autour de la forme.

Le métal se durcit au fur et à mesure du martelage. Le recuit rend alors une partie de sa souplesse à la feuille afin que le travail puisse continuer sans provoquer de rupture ou de déformation incontrôlée. Cette alternance entre déformation et recuit exige une lecture attentive de la matière. Le dinandier doit connaître le moment où la plaque ne peut plus être travaillée de la même manière, préparer la chauffe et laisser le métal retrouver les qualités nécessaires à l’étape suivante. Le feu n’est pas un effet spectaculaire ajouté à la création : il participe à la possibilité même de conduire la feuille jusqu’au volume voulu.

Le martelage comme écriture de surface

Les marques de l’outil peuvent être conservées et devenir une composante de l’œuvre. Un martelage régulier donne au cuivre ou au laiton une texture qui accroche les reflets. Les petites variations de la surface font circuler la lumière et empêchent la courbe de paraître immobile. À l’inverse, une zone planée ou plus lisse peut calmer la composition, souligner une arête ou créer un contraste avec une partie fortement travaillée. La finition ne gomme donc pas nécessairement le geste. Elle peut le rendre lisible et organiser les différences de densité, d’éclat et de relief.

La lumière occupe une place centrale dans les créations de Jonathan Soulié. Elle glisse sur le métal, se concentre sur un bombement, s’interrompt dans un creux ou se diffuse sur une surface martelée. Un objet peut changer d’allure quand le spectateur se déplace autour de lui. La même courbe paraît plus ouverte depuis un côté et plus fermée depuis un autre. Cette mobilité visuelle rejoint l’idée d’énergie et de vibration présente dans la démarche de l’artisan. La pièce n’est pas seulement un volume fixe : elle organise des variations de regard.

Le cuivre apporte une tonalité chaude et une profondeur particulière aux reflets. Le laiton introduit une nuance plus dorée, qui peut être renforcée ou modérée selon le traitement de surface. Les choix de finition sont liés au dessin, à l’éclairage et au rôle de l’objet. Une surface très brillante renvoie l’environnement de manière directe ; une surface plus mate ou plus texturée absorbe davantage la lumière et laisse apparaître le relief du martelage. Les variations ne sont pas décoratives au sens secondaire du terme : elles participent à la construction de la forme.

Des œuvres entre nature et biomimétisme

L’inspiration de Jonathan Soulié se situe entre l’infiniment grand et l’infiniment petit. L’astronomie, la physique et la biologie nourrissent une réflexion sur les structures, les forces et les mouvements. Le biomimétisme devient une manière d’observer les principes du vivant plutôt qu’un répertoire de silhouettes. Une croissance, une rotation, une enveloppe ou une organisation en couches peuvent conduire à une forme métallique. La dinanderie permet ensuite de traduire cette intuition dans une matière dense, en conservant une impression de légèreté ou de mouvement.

Les œuvres présentées sur son site portent des titres qui suggèrent des univers différents : « Anastási athiná », « Miroir de lumière », « Éloïse », « Fang », « Série Conscience », « Horus », « Œil du soleil », « Fragrance », « Au-Delà », « Luminaire M », « Sidobre », « Huiracocha », « Préambule », « XY » et « Cassiopée ». Ces appellations ne décrivent pas toutes la même forme. Elles accompagnent des pièces qui peuvent être sculpturales, lumineuses, décoratives ou pensées pour un intérieur. Le métal reste le lien commun, mais chaque réalisation explore une relation particulière entre volume, surface et présence.

Un miroir ou un luminaire demande une attention spécifique à la lumière réfléchie ou diffusée. Une sculpture autonome doit tenir par elle-même et être lisible sous plusieurs angles. Une œuvre murale doit dialoguer avec le support et maîtriser son poids. Dans chaque cas, la dinanderie impose de résoudre des problèmes concrets : la stabilité, la précision des raccords, la résistance des zones courbes et la manière de protéger les surfaces. La dimension artistique n’est pas séparée de ces contraintes ; elle se développe grâce à elles.

Un parcours de formation et de distinctions

Jonathan Soulié indique avoir suivi en 2017 une initiation à la dinanderie d’art auprès d’Olivier Courtot, Meilleur Ouvrier de France et Compagnon du Devoir. Il décrit ensuite une formation autodidacte en 2018. Ce parcours associe l’apprentissage de gestes précis à une recherche personnelle. La rencontre avec un professionnel reconnu permet d’aborder les bases techniques, tandis que le travail autonome ouvre un espace d’essais, de formes et de matières. La maîtrise se construit par la répétition, l’observation des résultats et la capacité à corriger la méthode d’une pièce à l’autre.

La démarche a été distinguée à plusieurs reprises. En 2020, Jonathan Soulié est lauréat du concours Ateliers d’Art de France en région Occitanie, dans la catégorie création. Il reçoit aussi cette année-là le prix de la création et le prix du public du concours départemental des métiers d’art du Tarn. En 2021, il est sélectionné dans le Homo Faber Guide de la Fondation Michelangelo. Ces reconnaissances situent son activité dans le champ de la création contemporaine en métiers d’art, tout en laissant la place au travail quotidien de la feuille, du marteau et du feu.

Ses œuvres ont également été montrées dans différents contextes. Deux pièces ont été sélectionnées pour l’exposition « Ressources » organisée à la Biennale Émergences au Centre national de la danse à Pantin. En 2019, deux œuvres ont été exposées à New York dans le cadre d’une présentation consacrée aux métiers d’art du Sud de la France, tandis qu’une autre a été présentée à la Biennale Révélations au Grand Palais à Paris. Le site de l’atelier mentionne aussi une œuvre exposée au Musée Soulages à Rodez et des participations à des galeries ou salons de design à Bruxelles, Toulouse et Pézénas.

Gaillac, point d’ancrage d’une pratique du métal

Gaillac inscrit l’atelier dans le Tarn, en Occitanie. Cette localisation relie le travail de Jonathan Soulié à un territoire où la création contemporaine, les métiers d’art et les paysages du Sud-Ouest se rencontrent. L’activité n’est pas définie par une production en série. Elle repose sur des œuvres singulières, conçues pour être regardées dans un intérieur, une galerie, un espace d’exposition ou un projet de décoration. Le choix de Gaillac accompagne cette pratique tout en laissant les pièces circuler dans différents lieux.

Le site officiel mentionne des liens avec Toulouse et des présentations en France et à l’étranger. Cette circulation est cohérente avec des œuvres de petite ou moyenne dimension, qui peuvent rejoindre une collection, une galerie ou un projet d’aménagement. Elle ne change pas la nature du travail : chaque pièce reste construite à partir d’une intention, d’un dessin et d’une transformation manuelle du métal. Le lieu de création demeure le point où la matière est mesurée, frappée, recuite et finie.

Une dinanderie tournée vers les projets

Jonathan Soulié propose d’échanger autour de créations et de projets dans le domaine des arts décoratifs. Une commande peut demander une adaptation de dimensions, une relation particulière à la lumière ou une forme conçue pour un espace donné. Le projet doit alors préciser l’usage, le mode de présentation, la matière souhaitée et le niveau de présence de la surface martelée. Les maquettes servent à mettre en relation l’idée et les contraintes du métal avant la réalisation.

Le sur-mesure ne signifie pas seulement agrandir ou réduire une œuvre existante. Une pièce nouvelle peut demander une autre épaisseur, une autre répartition des tensions, un équilibre différent ou une finition adaptée à son environnement. Le dessin doit tenir compte de la fabrication, et la fabrication peut en retour modifier le dessin lorsque la matière révèle une limite ou une possibilité inattendue. Cette conversation entre le projet et le métal donne aux objets leur caractère singulier.

À Gaillac, Jonathan Soulié fait de la dinanderie un langage de formes, de reflets et de mouvements. Le cuivre et le laiton sont dessinés, découpés, déformés et martelés jusqu’à devenir des sculptures, des luminaires, des miroirs ou des objets décoratifs. La démarche s’appuie sur une formation technique, une recherche nourrie par le biomimétisme et un parcours reconnu par plusieurs sélections et prix. La matière conserve la trace de la main tout en ouvrant un espace à la lumière, aux volumes organiques et aux projets d’art décoratif.

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    Jonathan Soulié — dinandier, Gaillac (site externe)

    Organisme : Jonathan Soulié

    Fait soutenu
    Le site officiel présente Jonathan Soulié comme dinandier à Gaillac et décrit son activité dans les arts décoratifs.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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