Installé à Perpignan depuis 2005, Julien Mortier crée, entretient et restaure des archets pour violon, alto, violoncelle et contrebasse. Son parcours associe une pratique autodidacte commencée à l’adolescence, une formation en lutherie en Italie et un apprentissage de l’archèterie auprès de Jean-Marc Panhaleux à Lille. Depuis 2003, il se consacre à la création et à la restauration des archets du quatuor. L’atelier s’adresse aux musiciens qui cherchent un archet adapté à leur jeu comme aux propriétaires d’instruments anciens qui souhaitent préserver un objet fragile.
La fabrication est réalisée entièrement à la main. La baguette, la hausse et le bouton sont façonnés puis montés en fonction du modèle choisi et de l’équilibre recherché. Julien Mortier sélectionne le pernambouc et l’ébène selon des paramètres de densité, de répartition du poids et d’esthétique. Le bois influence la réponse de l’archet, sa souplesse et la manière dont il accompagne la vibration de la corde. La fabrication ne se résume donc pas à reproduire une forme : elle demande de mettre en relation la matière, les dimensions et le geste du musicien.
Les modèles s’inspirent principalement de l’école française du XIXe siècle. Cette référence peut guider la ligne de la baguette, le dessin de la tête, la forme de la hausse ou le choix d’un montage en argent ou en or. Chaque archet neuf est toutefois défini en collaboration avec le musicien. Son répertoire, sa sensibilité, son niveau de puissance et ses habitudes de jeu peuvent orienter le choix du poids, de la rigidité et de l’équilibre. Un archet destiné à un violoniste ne répond pas aux mêmes priorités qu’un modèle pour violoncelle ou contrebasse.
L’essai et l’échange sont essentiels avant de finaliser une fabrication. Le musicien peut décrire les sensations recherchées, les difficultés rencontrées avec son archet actuel et les répertoires pratiqués. La prise en main, la facilité d’articulation et la stabilité dans les changements de position donnent des indications que les seules mesures ne suffisent pas à prévoir. Une discussion sur le montage, le poids et la forme de la poignée permet d’ajuster le projet. L’objectif est de créer un outil qui s’intègre naturellement au geste sans imposer une technique particulière.
L’entretien et la restauration concernent des éléments soumis à de nombreuses contraintes. Le crin, la mèche, la hausse, le bouton, la garniture et la baguette peuvent s’user ou se déformer. Pour une réparation, l’atelier annonce utiliser des matières comme le crin naturel, la nacre, le cuir, l’argent et l’or, en cherchant à respecter le style et la fabrication originale. La matière de remplacement doit être choisie pour ses propriétés et son intégration visuelle. Une intervention réussie rend à l’archet sa fonction musicale tout en conservant les traces de son histoire.
La restauration d’un archet ancien demande une observation attentive des fissures, des déformations et des réparations antérieures. Une tête fragilisée, une baguette fendue ou une hausse qui ne se déplace plus correctement ne se traitent pas de la même manière. Le démontage doit limiter les risques pour les parties conservées. Les éléments sont nettoyés, consolidés ou remplacés lorsque cela est nécessaire, puis remontés avec un réglage cohérent. La restauration cherche à préserver l’original autant que possible et à permettre au musicien de retrouver un instrument fiable.
Le choix du pernambouc engage aussi une réflexion sur la ressource. Julien Mortier est membre d’IPCI-France-Europe, une initiative consacrée à la conservation et à l’utilisation durable de ce bois. L’association travaille sur la replantation, la conservation, l’étude scientifique et la traçabilité des stocks existants, en lien avec des partenaires et les autorités brésiliennes. Pour un archetier, cette attention rappelle que la qualité d’un matériau doit être associée à une gestion responsable et à une connaissance de son origine. Le musicien peut ainsi demander des informations sur le bois choisi et sur sa provenance.
Les distinctions obtenues pour certains archets témoignent de recherches menées sur plusieurs familles d’instruments. Le site de l’atelier cite notamment des récompenses reçues à Paris pour un archet de violoncelle, à Amsterdam pour un archet de violon, ainsi qu’aux États-Unis et à Mirecourt pour des archets d’alto et de contrebasse. Ces résultats ne remplacent pas l’essai personnel, mais ils situent le travail de l’atelier dans un environnement professionnel et international.
Pour un rendez-vous à Perpignan, le musicien peut apporter son instrument, son archet actuel et quelques informations sur son répertoire. Pour une restauration, des photographies des zones abîmées et l’historique des réparations facilitent le premier échange. Julien Mortier reçoit uniquement sur rendez-vous et peut orienter la demande vers une fabrication, un entretien, une réparation ou une restauration. L’atelier propose ainsi un accompagnement personnalisé où la précision du geste, l’écoute du musicien et la préservation des matériaux avancent ensemble.