À Millau, dans l’Aveyron, Komet réunit les compétences de Marion Dubourdieu et de Quentin Hermant autour d’une céramique pensée pour la table et pour les lieux de partage. La marque est née en 2023 de la rencontre entre une artiste plasticienne et designer, qui imagine les formes et les univers visuels, et un ingénieur céramiste, qui met ses connaissances techniques au service de la fabrication. Leur atelier millavois travaille la faïence pour créer des assiettes, bols, plats, contenants, accessoires de service et objets décoratifs. Les productions s’adressent aux particuliers comme aux professionnels, en petites séries, en pièces uniques et dans le cadre de projets sur mesure.
Le choix de la table donne à Komet un terrain d’expression très concret. Une assiette, un bol ou un plat doit trouver sa place dans un repas, recevoir des aliments, se manipuler avec naturel et résister aux usages répétés. La forme ne peut donc pas être séparée de la fonction. La ligne du bord, la profondeur d’un contenant, la prise en main et la relation entre la pièce et ce qu’elle accueille participent à la conception. Komet cherche une céramique fine et expressive, capable de donner du caractère à une table tout en restant adaptée à la vie quotidienne. Le site de l’atelier indique que ses pièces de vaisselle peuvent passer au lave-vaisselle et au four à micro-ondes.
Marion Dubourdieu porte la direction artistique du duo. Ses inspirations puisent notamment dans les paysages de l’Aveyron et dans les matières qui composent ce territoire. Les formes et les couleurs ne sont pas conçues comme une décoration ajoutée après la fabrication. Elles organisent la manière dont l’objet capte la lumière, accompagne un plat et dialogue avec les autres éléments posés sur la table. Une collection peut ainsi privilégier une ligne calme et une surface mate, ou jouer sur un contraste plus marqué entre la terre, l’émail et les reflets. Les souvenirs de paysages deviennent une sensibilité de forme et de palette plutôt qu’une illustration littérale.
Quentin Hermant intervient du côté de la fabrication et de la mise au point. Sa formation d’ingénieur céramiste lui permet de relier le dessin d’une pièce à son comportement pendant les différentes étapes de production. Komet réalise des modèles qui servent de base aux moules en plâtre. La barbotine, mélange fluide d’argile et d’eau, est ensuite coulée dans ces moules pour reproduire une forme avec régularité. Cette méthode donne à l’atelier la possibilité de fabriquer des séries tout en conservant une intervention manuelle à chaque étape. Elle permet aussi d’adapter une silhouette à un usage précis ou à une demande particulière.
Le moule n’efface pas le travail de la main. La préparation du modèle, l’ajustement de la forme, le démoulage, le séchage et la finition demandent une observation constante. Lorsque la pièce sort du moule, elle est encore fragile. Elle doit perdre progressivement son eau, se stabiliser et recevoir les gestes qui enlèvent les bavures ou affinent les contours. Le séchage modifie légèrement les dimensions ; le site professionnel décrit un retrait d’environ six pour cent dans le processus présenté par l’atelier. La maîtrise de cette transformation est nécessaire pour que le format prévu reste cohérent à la sortie du four.
La première cuisson transforme la terre crue en biscuit. Komet décrit une montée progressive en température, avec une attention portée aux étapes où l’eau s’évacue et où la matière se transforme. La cuisson peut durer onze à douze heures et atteindre environ 1 000 degrés pour cette première étape. Une fois le biscuit obtenu, l’objet reçoit son émail. L’application peut se faire au pinceau, par pulvérisation ou par trempage, selon l’effet recherché et la forme de la pièce. Chaque méthode modifie la façon dont la surface se couvre, dont les épaisseurs se répartissent et dont la couleur se révélera après la cuisson finale.
La cuisson finale est le moment où l’émail se fige et où les teintes prennent leur aspect définitif. Komet indique que ses pièces sont cuites à plus de 1 000 degrés. La chaleur agit sur les couleurs, les textures et les contrastes ; elle peut accentuer une variation de surface ou donner à une même teinte des nuances différentes selon la position et la forme de l’objet. L’ouverture du four permet de découvrir le résultat de cette rencontre entre une préparation maîtrisée et la part de transformation propre au feu. La céramique conserve ainsi une présence matérielle : la surface se regarde, mais elle se ressent aussi lorsque la pièce est prise en main.
Les collections de Komet sont pensées pour composer une table cohérente sans imposer une uniformité parfaite. Une série d’assiettes peut partager une même ligne tout en laissant apparaître de petites différences de couleur, de texture ou de contour. L’atelier présente des pièces en éditions limitées, des exemplaires uniques et des créations faites sur mesure. Cette organisation permet de répondre à plusieurs types de projets. Un particulier peut rechercher quelques pièces pour un usage quotidien ou une composition singulière. Un restaurateur peut avoir besoin d’une forme conçue pour un plat précis. Un hôtel, un chef, un designer ou un architecte peut travailler avec l’atelier sur une collection liée à un lieu.
Le sur-mesure commence par l’écoute du contexte. Une assiette destinée à une création culinaire ne répond pas aux mêmes contraintes qu’un contenant utilisé pour le service ou qu’un objet mural installé dans un espace intérieur. La taille, le poids, le dessin, la couleur et la quantité doivent être mis en relation avec la manière dont la pièce sera manipulée et regardée. Komet décrit des collaborations avec les professionnels de la restauration, de l’hôtellerie et de l’aménagement intérieur. Une demande peut concerner une assiette pour un plat signature, un pichet accordé à l’identité d’un établissement ou une série personnalisée. Le dialogue entre l’idée, la matière et la fabrication guide la mise au point.
La vaisselle peut également porter une dimension graphique. Un motif, une empreinte ou un contraste d’émail attire le regard sans empêcher l’objet de rester fonctionnel. Le travail sur les textures apporte une profondeur différente selon la lumière et la distance. Une surface mate peut calmer une couleur intense ; un relief léger peut accrocher l’éclairage ; un bord plus sombre peut souligner la forme d’une assiette. Ces choix servent la lecture de la pièce et la relation avec les aliments, les couverts et les autres objets de la table. La céramique devient ainsi un élément de composition, tout en gardant la simplicité d’un objet destiné à être utilisé.
Les objets décoratifs prolongent cette recherche au-delà du repas. Komet réalise aussi des accessoires et des créations murales, répertoriés parmi les tableaux et panneaux muraux. Le passage de la table au mur change la fonction de la pièce : il ne s’agit plus d’accompagner un geste de service, mais de construire une présence dans un espace. La forme peut alors s’affirmer davantage par son relief, sa couleur ou son rapport à la lumière. Un panneau mural peut conserver le vocabulaire de la vaisselle, avec des courbes et des surfaces travaillées, tout en adoptant une dimension décorative autonome.
L’atelier associe à cette production une attention aux ressources. Komet indique recycler ses matériaux, son eau et certains emballages, travailler avec des fournisseurs locaux et recourir à l’énergie solaire. La démarche est présentée sous le signe du zéro déchet. Dans une activité où la terre, l’eau, les émaux, les emballages et les cuissons représentent chacun une étape matérielle, cette réflexion porte sur l’ensemble du processus. Elle ne change pas la nature de la faïence, mais elle relie la fabrication des objets à la manière dont l’atelier organise ses usages et ses approvisionnements.
L’ancrage millavois est aussi lié aux collaborations locales. Le territoire de Millau et des Grands Causses apparaît dans les formes, les matières et l’histoire que Komet associe à ses créations. L’atelier a participé à des rencontres avec des artisans du goût et de la gastronomie, notamment autour de collections destinées à la table. Il a également travaillé avec le lycée Jean Vigo de Millau sur une vaisselle inclusive conçue pour un repas dans le noir destiné à des personnes malvoyantes. Ce projet met en relation céramique, design et attention aux usages : la pièce doit être pensée par sa forme, sa prise en main et les repères qu’elle peut offrir.
Les collaborations avec la restauration illustrent une autre facette du métier. La vaisselle n’est pas un simple support neutre : elle accompagne le rythme du service, le dressage et la manière dont un plat arrive devant le convive. Une forme particulière peut mettre en valeur une préparation, faciliter un geste ou prolonger l’identité d’un établissement. Komet travaille sur ces relations avec des chefs et des professionnels qui recherchent une pièce différente d’un modèle industriel. La fabrication artisanale permet d’échanger sur les proportions, les teintes et les détails, puis de traduire cette intention dans une série dont chaque exemplaire garde une part de variation.
À Millau, Komet développe donc une céramique de faïence située entre création, usage et collaboration. Marion Dubourdieu apporte la direction artistique et une sensibilité nourrie par les paysages aveyronnais ; Quentin Hermant accompagne la fabrication, les moules, le coulage, les cuissons et la régularité des pièces. Assiettes, bols, plats, contenants, accessoires, objets décoratifs et panneaux muraux sont réalisés à la main dans des petites séries, des pièces uniques ou des projets sur mesure. Les couleurs, les textures et la lumière donnent à chaque collection son caractère, tandis que l’attention portée à la résistance, à l’entretien et aux ressources inscrit l’atelier dans une pratique contemporaine de la table et des métiers d’art.