Atelier & professionnel

Krystel Créations, dinanderie et bijoux à Saint-Mury-Monteymond

Saint-Mury-Monteymond

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Saint-Mury-Monteymond, dans le massif de Belledonne, Krystel Guimet développe Krystel Créations autour de la dinanderie d’art et de la création de bijoux en métal. L’atelier se trouve dans un village de montagne proche de Grenoble, à environ 750 mètres d’altitude, un environnement où les saisons, les reliefs et la nature occupent une place constante. Le métal y devient une matière de recherche, capable de passer de la feuille fine à un objet de décoration, d’un élément suspendu à une pièce à poser, ou d’une chute réemployée à un bijou singulier.

La pratique repose sur plusieurs gestes complémentaires : dessiner, découper, graver, marteler, brosser et patiner. Chaque opération transforme la surface et modifie la manière dont la lumière se réfléchit. Le martelage donne du relief et de la vibration à une feuille qui, avant le travail, reste plane. Le brossage peut adoucir ou souligner une direction. La gravure introduit des lignes, des signes ou des motifs. La patine ajoute des nuances et accentue les creux, les bosses ou les différences de texture. Le résultat dépend donc autant de la forme générale que de la qualité de la surface.

Le cuivre et le laiton occupent une place centrale dans les créations de Krystel Guimet. Ces métaux non ferreux offrent des teintes et des comportements distincts, tout en se prêtant au travail de la feuille et au martelage. L’aluminium, le zinc et l’argent peuvent également entrer dans les recherches de l’atelier. Le choix ne se fait pas seulement selon la couleur : la souplesse, la réaction aux outils, le poids et la façon dont la matière reçoit une finition influencent le dessin de la pièce. Une forme légère ne demande pas la même préparation qu’un volume plus épais ou qu’un bijou destiné à être porté.

La dinanderie consiste à faire naître des volumes à partir d’une feuille de métal. Le travail peut commencer par un dessin, un gabarit ou une idée de proportion. La feuille est ensuite préparée, mise en forme et martelée afin de créer des courbes, des creux et des reliefs. Les coups portés sur les tas et les outils de soutien ne servent pas uniquement à déformer la matière : ils construisent une peau, une tension et un rythme visuel. La surface garde la trace du geste, parfois discrète, parfois plus présente, selon l’effet recherché.

Les objets de décoration sont conçus pour dialoguer avec un intérieur. Une pièce métallique peut accrocher la lumière sur un mur, se poser sur un meuble ou s’intégrer à un ensemble associant métal et bois. Les volumes, les lignes et la finition sont étudiés pour que l’objet conserve sa présence à différentes distances. Une surface martelée révèle des éclats changeants lorsque l’éclairage se déplace ; une patine plus profonde peut donner davantage de densité aux creux ; une composition plus claire laisse la forme prendre le dessus. L’objet ne dépend pas d’un seul point de vue et gagne à être observé dans son espace.

Les créations sur mesure prolongent cette relation entre la matière et le lieu. Krystel Guimet accompagne des projets qui demandent une forme, une dimension ou une finition particulières. Le dessin sert à préciser la silhouette, les points de fixation, le mode de présentation et la relation avec les matériaux environnants. Un objet destiné à être accroché ne se construit pas comme une pièce posée ; une composition qui associe le métal au bois doit tenir compte de la rencontre entre deux textures ; un volume destiné à la lumière doit laisser celle-ci circuler et se déposer sur ses reliefs. Chaque demande devient un terrain d’expérimentation.

Les bijoux forment un prolongement naturel de cette pratique. Les chutes générées par la dinanderie sont réemployées pour créer des pièces portées, ce qui donne une nouvelle vie à des fragments qui auraient pu rester inutilisés. La petite échelle impose d’autres exigences : les bords doivent être agréables, les volumes rester équilibrés et la pièce conserver une bonne lisibilité malgré ses dimensions réduites. Un même geste de martelage peut produire une texture expressive sur un objet de décoration et une surface plus intime sur une bague, une paire de boucles d’oreilles ou un pendentif.

Le travail des bijoux permet aussi d’explorer des associations de couleurs et de matières. Le cuivre apporte une chaleur particulière, le laiton une tonalité jaune qui évolue selon la finition, tandis que l’argent et l’aluminium ouvrent d’autres contrastes. Le zinc peut introduire une présence plus grise et plus mate. Les assemblages sont pensés à partir de la forme et de la façon dont la pièce sera regardée ou portée. La patine à la flamme ou au soufre peut renforcer les variations de la surface, puis un vernis est appliqué pour préserver l’aspect obtenu et limiter l’entretien.

La finition n’est pas une étape ajoutée à la fin sans rapport avec le reste du travail. Elle influence la couleur, le toucher, la profondeur et la résistance visuelle de l’objet. Une surface brossée ne réagit pas comme une surface martelée ; une patine peut se concentrer dans les creux et laisser les reliefs plus lumineux ; un vernis peut stabiliser l’apparence et accompagner l’usage. La décision dépend de la destination de la pièce et de l’équilibre voulu entre le geste, la couleur du métal et la présence du support.

Krystel Guimet réalise elle-même les différentes étapes de ses créations, du dessin à la pièce finie, sans recourir à la sous-traitance. Cette continuité permet de conserver une relation directe entre l’idée, les outils et le résultat. Une modification peut être appréciée pendant la mise en forme, et les choix de surface restent liés à la construction de l’objet. Le travail se déroule dans un espace installé au fil du temps, passé d’une pièce de la maison à un sous-sol aménagé pour accueillir les outils, les feuilles de métal, les pièces en cours et les essais de finition.

Le parcours de l’artisane relie une première activité de création de bijoux à la découverte de la dinanderie. Krystel Guimet a commencé à créer des bijoux en métal en 2007, après un changement de vie professionnelle. Les marchés de créateurs et les boutiques artisanales ont accompagné ses premières années de pratique. En 2017, elle a approfondi la dinanderie auprès de Bernard Garrigues, dinandier installé en Lozère, puis de Jimmy Schluck, dinandier d’art à Colmar. Ces rencontres lui ont permis d’élargir son rapport au métal et de passer de la petite pièce portée à des volumes de décoration plus amples.

La transmission occupe une place visible dans cette histoire. Apprendre la dinanderie passe par l’observation du métal, la compréhension de ses réactions et la répétition des gestes. Il faut reconnaître le moment où la feuille accepte une courbe, distinguer une marque voulue d’une déformation indésirable et choisir l’outil qui permet de poursuivre le volume. Le dessin, le martelage et la finition restent liés : un motif gravé peut guider la lumière, une patine peut révéler une profondeur et un bord doit être pensé dès le début pour rester cohérent avec la forme.

L’atelier s’inscrit aussi dans une démarche de réemploi et de proximité. Krystel Guimet indique travailler principalement avec des fournisseurs situés dans la région Rhône-Alpes et réutiliser les chutes issues de la dinanderie pour fabriquer des bijoux. Les résidus qui ne peuvent plus servir sont orientés vers une filière de recyclage adaptée. Cette organisation ne transforme pas le métal en matière neutre : elle prend en compte sa valeur, son coût de production, son potentiel de transformation et la possibilité de faire naître une petite pièce à partir d’un fragment.

La vie en montagne nourrit l’univers de Krystel Créations sans enfermer les objets dans une représentation littérale du paysage. Le massif de Belledonne offre un cadre où la lumière change vite, où les surfaces minérales, les forêts et les saisons composent un environnement très présent. Le métal peut traduire cette relation par des nuances, des contrastes et des rythmes de relief plutôt que par une image figurative. Les formes restent ouvertes : elles peuvent évoquer une ligne, une feuille, une ondulation ou une architecture abstraite, selon la façon dont elles sont dessinées et éclairées.

Les créations sont proposées en vente directe, dans des boutiques artisanales et dans le cadre de projets sur mesure. Un showroom permet de regarder les pièces et d’apprécier les différences entre les finitions, les formats et les modes de présentation. L’atelier peut également accueillir des démonstrations sur rendez-vous. Cette rencontre rend visibles les outils et les étapes qui restent habituellement cachés derrière l’objet terminé : la feuille, les tas, les marteaux, les brosses, les produits de patine et les essais qui conduisent à la forme finale.

À Saint-Mury-Monteymond, Krystel Guimet associe ainsi la dinanderie d’art à une création de bijoux nourrie par le réemploi des chutes. Cuivre, laiton, aluminium, zinc et argent changent de caractère au fil du dessin, du martelage, du brossage et des patines. Les objets de décoration et les pièces portées partagent une même attention portée au relief et à la lumière, tout en répondant à des usages différents. Le travail en direct, les influences de la montagne, les apprentissages auprès de dinandiers expérimentés et l’accompagnement des projets sur mesure composent un univers où la feuille de métal devient volume, surface colorée et matière à porter.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    L’atelier — Krystel Créations Dinanderie d’Art (site externe)

    Organisme : Krystel Créations

    Fait soutenu
    La page officielle décrit la dinanderie, le travail du métal par gravure, martelage, brossage et patine, les objets décoratifs et bijoux, le travail sans sous-traitance, le réemploi des chutes, la formation auprès de dinandiers et l’accueil sur rendez-vous à proximité de Grenoble.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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