À Éguilles, près d’Aix-en-Provence, La Forge Éguillenne travaille le fer forgé pour l’habitat, le mobilier, la décoration et la coutellerie. L’atelier de Franck Guilley conçoit des ouvrages sur mesure en tenant compte de l’architecture, des usages et du caractère du lieu. Une rampe d’escalier, une grille, un garde-corps ou une table ne se dessinent pas de la même manière : chaque pièce doit trouver son équilibre entre résistance, circulation, proportions et expression décorative. Le fer peut rester au premier plan ou dialoguer avec le bois, la pierre et le verre.
La ferronnerie d’art commence par une idée et par l’observation de l’espace. Pour un projet extérieur, il faut considérer l’exposition au soleil, à la pluie et aux embruns, la manière dont l’ouvrage sera fixé et les efforts auxquels il sera soumis. Pour un aménagement intérieur, le toucher, la lumière, l’ouverture des passages et la relation avec les meubles deviennent essentiels. L’atelier échange sur les dimensions, le style, la fonction et l’entretien avant de préparer une proposition. Une création peut s’inspirer du décor classique, des lignes Art nouveau ou d’une écriture plus contemporaine.
Le fer forgé permet de créer des lignes souples et des volumes qui ne sont pas obtenus par simple assemblage de profilés. À chaud, le métal est chauffé puis déformé par le martelage, l’étirage, le refoulement ou le pliage. La chaleur doit être suffisante pour rendre la matière malléable sans la brûler. Chaque opération modifie la section et la direction de la barre. Une volute, une feuille, une pointe ou un motif géométrique se construit par une succession de gestes qui doivent rester cohérents afin que l’ensemble conserve sa solidité.
Les ouvrages de La Forge Éguillenne comprennent des garde-corps, des rampes d’escalier, des portails, des grilles, des marquises et des éléments d’agencement. Un garde-corps protège un vide et doit respecter des dimensions adaptées à la sécurité, tout en s’intégrant au bâtiment. Une rampe accompagne le mouvement de la main et doit offrir une prise confortable. Une grille peut filtrer les regards, protéger une ouverture ou devenir un décor. Une marquise doit résister au vent et guider l’eau. Dans chaque cas, le dessin et la mise en œuvre sont liés à la fonction.
Les treilles et les structures de jardin prolongent le travail vers l’extérieur. Une treille peut soutenir une plante, créer une ombre légère ou rythmer une façade. Les barres, les assemblages et les points d’ancrage sont choisis selon la portée et le poids de la végétation. Une table ou une gloriette demande de prévoir la stabilité, les charges et les usages quotidiens. Le traitement de surface protège le métal et participe à l’aspect final. Les nuances, les patines et les finitions peuvent être choisies pour accompagner une pierre ancienne, une façade claire ou une terrasse en bois.
L’atelier réalise aussi des objets et du mobilier forgés. Une lampe, un support, une console, une grille de fenêtre ou un élément de décoration peut être fabriqué comme une pièce unique. Le fer se prête à des motifs classiques, à des formes inspirées de la nature et à des compositions plus graphiques. Le travail de la matière peut être associé à une assise, un plateau de bois, une pierre ou un verre. Une collaboration avec un autre artisan, comme un céramiste ou un menuisier, permet de répartir les compétences et de construire un objet où chaque matériau garde sa présence.
La serrurerie complète la ferronnerie. L’atelier présente notamment la restauration de pentures et de serrures, qui demande d’observer les pièces existantes avant de reproduire une forme ou de réparer un assemblage. Une penture doit porter une porte et accompagner ses mouvements ; sa longueur, son épaisseur et ses points de fixation influencent la tenue. Une serrure ancienne peut nécessiter un nettoyage, un ajustage ou une pièce refaite. La restauration cherche à rendre l’usage fiable sans effacer le caractère de l’ouvrage ni remplacer systématiquement les éléments conservables.
La coutellerie constitue une autre facette de la forge. La Forge Éguillenne propose des couteaux forgés et des stages pendant lesquels un participant peut réaliser sa propre pièce avec l’aide d’un forgeron. La lame, le manche et les finitions sont étudiés ensemble. Le choix de l’acier, la ligne du tranchant, l’émouture et l’équilibre déterminent la prise en main. Un manche peut être travaillé dans une matière choisie pour son toucher et sa résistance. La fabrication demande d’enchaîner forgeage, mise en forme, traitement, polissage, montage et affûtage avec des précautions adaptées à chaque étape.
Le stage de forge se déroule sur une journée longue ou selon une formule en duo. Il permet de comprendre la transformation du métal à chaud, d’observer les outils et d’apprendre les règles de sécurité autour du feu et de l’enclume. L’accompagnement porte sur la forme du couteau, la tenue du marteau, la régularité des coups et la manière de corriger une déformation. Le participant suit les opérations principales et repart avec une réalisation issue de son travail. Les dates, la formule et les conditions pratiques doivent être confirmées directement, car elles peuvent évoluer.
Le parcours de l’atelier s’inscrit dans une histoire familiale de la ferronnerie à Éguilles. Franck Guilley a repris la forge transmise par son père Bernard Guilley et développe des créations où l’inspiration vient autant du matériau que du dialogue avec les clients. Les échanges servent à préciser une ambiance, un motif, une proportion ou une contrainte technique. Un décor Art nouveau peut demander de longues volutes et des courbes régulières ; une réalisation plus actuelle peut privilégier des lignes sobres, des pleins et des vides ou un assemblage avec un autre matériau.
La préparation d’un projet gagne à réunir des photographies, des mesures, un plan ou un croquis, ainsi qu’une description de l’usage. Pour une restauration, il est utile de montrer les fixations, les zones déformées et les traces de corrosion. Pour une création, les exemples de style, la couleur souhaitée et les contraintes de pose aident à définir la proposition. L’atelier peut alors distinguer ce qui relève d’un dessin, d’une étude de structure, d’un travail de forge, d’une serrurerie ou d’une mise en place sur site. Le devis doit préciser les matériaux, la finition et les conditions d’intervention.
La Forge Éguillenne participe également à des foires et salons régionaux, où des démonstrations permettent de voir le travail de la forge en direct. Le public peut y observer le métal chauffé, le martelage et la transformation progressive d’une barre. Cette présence rappelle que la ferronnerie est à la fois un métier de chantier et un artisanat de création. À Éguilles, l’atelier réunit donc forge à chaud, ferronnerie d’art, serrurerie, restauration, coutellerie et transmission. Chaque réalisation cherche un équilibre entre la solidité attendue, la précision du geste et la personnalité du lieu auquel elle est destinée.