Atelier & professionnel

La Signare — broderie d’art de Fatoumata Dieng à Champigny-sur-Marne

Champigny-sur-Marne

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Champigny-sur-Marne, dans le Val-de-Marne, Fatoumata Dieng développe La Signare autour de la broderie à la main, de la peinture à l’aiguille et d’une décoration inspirée par les cultures africaines. Son travail relie le textile, le dessin, la couleur et la mémoire familiale. La marque porte un hommage aux Signares, femmes africaines et métisses associées dans son univers à l’élégance, à la présence et au savoir-faire. Les créations ne cherchent pas à réduire la broderie à un simple motif ajouté sur une étoffe. Chaque pièce peut devenir une image, un objet de décoration ou un accessoire dont la surface est construite point après point.

La broderie faite main commence par une matière et une intention. Le tissu reçoit un dessin, puis l’aiguille fait circuler le fil pour remplir, souligner ou enrichir les formes. Le geste demande de suivre une ligne sans perdre la tension, de choisir une couleur adaptée et d’organiser les points pour obtenir une surface lisible. La main avance lentement, car une irrégularité peut modifier le contour d’un visage, la profondeur d’un regard ou la direction d’un motif végétal. Le résultat conserve la trace du temps passé et de la décision prise à chaque étape.

La peinture à l’aiguille constitue l’une des techniques centrales de La Signare. Elle consiste à reproduire un motif, une image ou un dessin sur un tissu ou une toile en remplissant les zones avec des fils de couleurs choisies. Les points lancés et le passé empiétant se succèdent pour produire des transitions et des dégradés. Le fil joue alors le rôle d’une matière picturale, mais il ne se dépose pas comme une peinture liquide. Il doit être posé dans une direction, une longueur et une densité qui contribuent au relief visuel de la composition.

Un portrait brodé demande une attention particulière aux expressions et aux proportions. Le visage peut être travaillé par de petites variations de teintes, par des lignes qui indiquent les contours et par des zones plus denses qui donnent de la profondeur. Le vêtement, les bijoux, un foulard ou une coiffure peuvent compléter le caractère du personnage. Le choix des couleurs ne sert pas seulement à décorer la toile : il participe à la manière dont la figure se tient dans l’espace. Dans les œuvres présentées par La Signare, les femmes afro-descendantes et les figures métissées deviennent des sujets porteurs d’identité, de force et d’élégance.

La broderie blanche ouvre une autre relation à la matière. Elle se réalise traditionnellement avec du fil blanc sur un tissu blanc et a longtemps été associée au linge de maison et aux trousseaux. Les initiales, les ornements floraux et les motifs de bordure peuvent être dessinés avec discrétion, en jouant sur les reliefs et les effets de lumière plutôt que sur le contraste des couleurs. Cette technique demande de distinguer les points par leur densité et leur texture. Une surface blanche n’est pas uniforme : la lumière révèle les différences entre une zone pleine, une ligne, un contour ou un relief.

Les matières utilisées par l’atelier comprennent le coton, le lin, la soie et les perles. La laine, les fils perlés et certains objets naturels peuvent aussi enrichir la composition. Chaque support influence le geste. Un coton souple ne réagit pas comme une toile tendue ; la soie demande une attention particulière à la finesse et à la régularité ; une perle ajoute un volume et un éclat qui modifient la surface. Le bois peut servir de support ou de structure pour une œuvre encadrée. L’assemblage doit respecter le poids, la tension du textile et la fragilité des éléments décoratifs.

La Signare présente des tableaux brodés, des objets décoratifs, du linge de maison et des housses de coussin. Les productions peuvent aussi associer broderie, peinture acrylique, perles, cauris, bois naturel ou tissu wax. Dans une composition murale, le support et l’encadrement participent à la lecture de l’œuvre. Une housse de coussin introduit au contraire le motif dans l’espace quotidien et demande une construction adaptée à la manipulation. Un tableau brodé peut privilégier le portrait et le récit, tandis qu’un objet textile peut s’appuyer sur un motif répété ou une association de matières.

Parmi les créations présentées, certaines donnent une place centrale à des personnages féminins. Gisèle est une figure brodée sur toile de peintre, montée sur bois naturel, dont le foulard, les créoles et les bracelets participent à l’allure générale. Amélia est un portrait de femme métissée où le chapeau, le rouge, le noir et les éléments dorés construisent une présence entre deux cultures. Sissy, présentée comme une princesse d’Afrique, associe fils, peinture acrylique, cauris et perles sur une toile. Ces œuvres montrent comment la broderie peut se rapprocher du portrait peint tout en conservant la matérialité de l’aiguille et du fil.

Le travail de Fatoumata Dieng s’est construit par étapes. Elle a grandi à Dakar et a commencé son activité de création au Sénégal avant de développer La Signare dans un parcours ouvert à la France et à l’international. La broderie familiale, les travaux manuels et les échanges avec une association ont nourri sa spécialisation dans la peinture à l’aiguille. Elle suit également des cours de broderie d’art auprès du Studio Eyral afin d’élargir ses techniques. Cette progression associe une pratique personnelle, une formation continue et une recherche sur la décoration inspirée par ses origines.

La transmission fait partie de l’activité. La Signare propose des ateliers consacrés à la peinture à l’aiguille et à la broderie blanche, en groupe ou individuellement. Une séance peut commencer par la présentation du matériel, la découverte de la technique et un exercice accompagné. Le participant apprend à tenir l’aiguille, à préparer le tissu et à remplir progressivement un motif. La peinture à l’aiguille demande de comprendre comment des points lancés et des couches de fil peuvent rendre une forme détaillée. La broderie blanche apprend plutôt à faire apparaître un dessin par les reliefs, les contours et la variation des points sur un support clair.

Le matériel pédagogique comprend notamment des échevettes de différentes couleurs, un tambour, des ciseaux et un morceau de coton ou de lin. Le kit permet de commencer avec des outils adaptés et de garder une trace de l’exercice. La formation associe théorie, pratique et correction. L’accompagnement aide à repérer une tension trop forte, une direction de fil qui ne suit pas le dessin ou une densité qui empêche le motif de respirer. La broderie s’apprend par le regard autant que par le mouvement : il faut observer l’effet de chaque point avant de poursuivre la surface.

À Champigny-sur-Marne, La Signare prolonge ainsi une histoire commencée à Dakar par une pratique de broderie d’art tournée vers le portrait, la décoration et la transmission. Le coton, le lin, la soie, les perles et les matières naturelles deviennent les éléments d’un langage visuel où les figures féminines, la nature et les références africaines occupent une place centrale. Des tableaux brodés aux housses de coussin, des motifs de peinture à l’aiguille à la sobriété de la broderie blanche, Fatoumata Dieng construit des pièces faites main qui associent récit, couleur, relief et précision du geste.

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