Atelier & professionnel

La Verrerie du Der, Baptiste Failla souffleur de verre à La Porte du Der

La Porte du Der

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À La Porte du Der, dans la Haute-Marne, Baptiste Failla fait vivre La Verrerie du Der autour du soufflage du verre à la canne. Son atelier travaille des objets creux et pleins, façonnés à la main à partir d’une matière portée à haute température. Vases, carafes, coupelles, bolinettes, luminaires et éléments de décoration naissent dans un temps où la chaleur impose son rythme. Le verre n’est pas découpé puis assemblé comme un matériau ordinaire : il est cueilli, mis en mouvement, gonflé, étiré ou sculpté avant de refroidir progressivement. Cette relation directe avec le feu donne à chaque pièce une présence singulière et rend visible la continuité entre le geste du souffleur et la forme qui prend place dans un intérieur. Baptiste Failla a découvert le verre à l’adolescence lors d’une visite à la verrerie de Kaysersberg. Cette rencontre a suscité une vocation qu’il a ensuite construite par une formation spécialisée. Il a obtenu un CAP puis un brevet des métiers à l’École nationale du verre de Moulins, avant de travailler pendant plusieurs mois à la Cristallerie de Saint-Louis. En ouvrant son propre atelier en 2023, il a choisi de poursuivre cette pratique dans un lieu accessible aux visiteurs et de développer une production où la technique sert des objets à la fois décoratifs et utilisables. Le parcours se lit dans la précision des formes et dans l’attention portée au passage du verre plein à l’objet creux. Le soufflage à la canne commence par le prélèvement d’une masse de verre en fusion. Le verrier recueille la quantité nécessaire au bout d’une canne creuse, puis il la fait tourner pour maintenir l’équilibre du poids et de l’axe. En introduisant de l’air par la canne, il crée une cavité qui deviendra l’intérieur d’un vase, d’une carafe ou d’un autre contenant. La matière demeure souple quelques instants seulement. Il faut donc coordonner le souffle, la rotation, les outils et les retours vers la chaleur afin de conserver assez de plasticité pour poursuivre la mise en forme. Une pièce peut être ouverte, resserrée, étirée ou aplatie selon l’usage et le dessin recherché. La fabrication d’un objet creux demande une attention particulière à l’épaisseur et à la stabilité. Une carafe doit présenter un col permettant un geste naturel et une base capable de supporter le poids du contenant. Une coupelle ou une bolinette doit rester régulière sur son support tout en conservant une silhouette vivante. Pour un vase, l’ouverture, le volume intérieur et la relation entre le pied et les parois déterminent autant l’usage que l’apparence. Le verre soufflé à la bouche peut garder de légères variations de diamètre et de couleur ; ces écarts appartiennent à la fabrication manuelle et différencient chaque exemplaire. La verrerie comprend aussi des objets en verre plein. Dans ce cas, le travail ne cherche pas à créer une cavité intérieure, mais à conduire une masse compacte vers une forme sculptée ou décorative. Le poids, la température et la vitesse de refroidissement demandent d’autres repères. Une pièce pleine peut être polie, étirée, marquée ou modelée pour faire apparaître une ligne, une pointe ou un volume. Le geste reste lié au four, mais le résultat se rapproche parfois davantage de la sculpture que du contenant. Les deux approches peuvent coexister dans une même collection et montrer l’étendue du savoir-faire du verrier. La couleur intervient pendant le façonnage. Elle peut accompagner une forme claire, créer un contraste ou donner au verre une profondeur qui change selon l’éclairage. Une nuance concentrée dans une zone épaisse n’est pas perçue comme la même nuance sur une paroi fine. La lumière révèle également les infimes variations de surface produites par la rotation, les outils ou le refroidissement. Dans une pièce destinée à la table, une couleur peut souligner le bord ou le pied ; dans une sculpture ou un élément décoratif, elle peut guider le regard vers une courbe et modifier la perception du volume. Les luminaires prolongent cette recherche en associant la verrerie à la lumière électrique. Le verre peut diffuser l’éclairage, le concentrer ou le faire apparaître par transparence sur une surface voisine. Une lampe demande donc de penser ensemble le volume, le montage et l’usage. La forme doit laisser sa place à l’éclairage, à la ferrure et au passage des câbles tout en restant cohérente lorsqu’elle est éteinte. Dans ce type de création, la pièce n’est pas seulement un objet éclairant : elle devient un élément de décoration qui change d’apparence entre le jour et le soir. La Verrerie du Der conserve une place pour les arts de la table. Une carafe, un verre, une coupelle ou un bolinette accompagne un geste quotidien, mais la fabrication artisanale lui donne un caractère différent d’un objet produit en série. La prise en main, la stabilité, le bord et la relation avec la lumière sont étudiés pendant que la matière est encore chaude. Une petite différence de courbe peut modifier le contact avec les doigts ou la manière dont le contenu se présente. Le choix d’une pièce peut ainsi tenir à son usage, à sa couleur, à sa silhouette ou à la façon dont elle s’accorde avec les autres éléments d’une table. Les objets décoratifs et les créations saisonnières offrent une autre liberté. Une boule, un volume plein ou une forme plus abstraite peut être conçu pour accrocher la lumière sans avoir à répondre aux contraintes d’un contenant. La pièce peut alors privilégier la transparence, la densité, un relief ou une ligne irrégulière. Les petites séries permettent de développer une famille de formes tout en conservant les différences qui apparaissent lorsque le verre est cueilli et façonné à la main. Deux objets inspirés par la même idée peuvent ainsi partager une couleur et une intention sans être parfaitement identiques. Le refroidissement constitue une étape aussi décisive que le soufflage. Lorsque la pièce quitte le travail à chaud, elle doit perdre sa température de manière progressive afin de limiter les tensions internes. Un objet qui semble terminé peut encore être fragile s’il n’a pas passé le temps nécessaire dans le four de recuisson. Ce refroidissement lent participe à la solidité et à la durabilité de la création. Il rappelle que le métier associe des gestes rapides à des temps d’attente incompressibles. Le résultat final dépend autant de la maîtrise de la forme que de la patience accordée à la matière. L’atelier a aussi une vocation de découverte. Les visiteurs peuvent voir le matériel, comprendre le rôle des outils et observer une démonstration de soufflage à la canne. Le public suit la transformation d’une masse de verre en fusion et découvre les décisions prises à chaque étape : quantité cueillie, direction de la rotation, intensité du souffle, passage au réchauffeur et moment où la pièce doit être déposée pour refroidir. Cette présence du geste rend plus compréhensible la différence entre un objet soufflé à la bouche et une production industrielle. Elle donne également une place concrète aux métiers du feu dans la vie locale. Des initiations sont proposées pour permettre une approche encadrée du soufflage. Elles ne se résument pas à regarder l’artisan travailler : la personne accompagnée découvre la chaleur, le poids de la canne, le rythme de la rotation et les précautions nécessaires autour du four. Une formule destinée aux enfants et une approche pour les adultes sont annoncées par les organismes qui présentent l’atelier. Les modalités peuvent dépendre du programme et de la période, mais l’esprit reste le même : transmettre un premier contact avec une matière qui réagit immédiatement au geste. La Porte du Der est une commune nouvelle dont le territoire comprend Montier-en-Der. L’implantation de la verrerie face au patrimoine du centre ancien donne à la visite un cadre particulier. Le travail de Baptiste Failla s’inscrit dans une région où le verre et le feu appartiennent à une histoire artisanale plus large, tout en restant une création actuelle. La boutique et l’espace de fabrication rapprochent les objets finis de leur processus de naissance. Une carafe ou une sculpture y est présentée avec la mémoire du four, de la canne et des outils qui ont servi à la façonner. À La Porte du Der, La Verrerie du Der réunit donc une formation spécialisée, une pratique du verre creux et plein et une production de pièces uniques ou de petites séries. Baptiste Failla crée des objets pour la table, des vases, des luminaires et des éléments décoratifs en soufflant le verre à la canne et en les façonnant à la main. Le lieu permet aussi de voir le métier et de s’en approcher par des initiations encadrées. Chaque réalisation avance entre chaleur, souffle, mouvement et refroidissement : une manière exigeante de transformer une matière en lumière, en usage et en volume.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    La Verrerie du Der (site externe)

    Organisme : La Verrerie du Der

    Fait soutenu
    Le site officiel présente l’atelier de Baptiste Failla, son activité de verrier et la création d’objets en verre soufflé à la canne.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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