Atelier & professionnel

L’Atelier de Bajou, tapisserie-garnissage à Cavagnac

Cavagnac

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Cavagnac, dans le Lot, Frédérique Segonnes exerce le métier de tapissière-garnisseuse au sein de L’Atelier de Bajou. Son activité s’organise autour des sièges, de leur restauration et de leur transformation. Fauteuils, chaises, tabourets, poufs et bancs deviennent le point de départ d’un travail qui associe structure, confort et choix des matières. Un siège ancien conserve souvent les traces de son époque, de son usage et des interventions qu’il a déjà connues. Le restaurer demande donc de comprendre sa construction avant de décider ce qui doit être conservé, repris ou renouvelé.

Frédérique Segonnes explique avoir choisi cette voie parce qu’elle réunit deux passions : l’histoire de l’art et du mobilier, d’une part, le travail des matières nobles et des textiles, d’autre part. Cette combinaison donne au métier une dimension à la fois technique et sensible. Le tapissier ne se contente pas de changer une étoffe visible. Il intervient sur l’ensemble qui permet à une assise de retrouver sa tenue et son confort : la carcasse, les sangles, les ressorts, les garnitures, la couverture, les coutures et les finitions. Chaque opération modifie la manière dont le siège se tient et dont il sera utilisé.

Son installation dans la partie lotoise de la Dordogne a accompagné une évolution professionnelle déjà engagée. Après une année de formation intensive, elle obtient le titre professionnel de Tapissier Garnisseur, puis fonde son entreprise d’artisanat d’art. Cette formation lui apporte les bases nécessaires pour reconnaître les différentes parties d’un siège, préparer une carcasse, organiser une garniture et conduire une couverture textile. Le métier s’apprend aussi au contact des pièces elles-mêmes. En les ouvrant, la restauratrice découvre les techniques d’une autre période, les matériaux choisis et les adaptations réalisées au fil des générations.

La première étape d’une restauration consiste à observer le siège dans son état présent. La carcasse peut être solide mais déformée, ou présenter des assemblages fragilisés. Les sangles peuvent avoir perdu leur tension, les ressorts leur souplesse, le crin sa répartition et le tissu sa résistance. Une ancienne réparation peut avoir amélioré un point tout en créant une contrainte ailleurs. Le démontage doit donc être conduit avec méthode. Il permet de retrouver la succession des couches et d’identifier les éléments qui appartiennent à la construction d’origine.

La garniture traditionnelle offre une réponse adaptée à de nombreux sièges de style. Elle repose sur des matériaux tels que la toile forte, les sangles, les ressorts, le crin et les toiles de couverture. La tension de chaque partie influence la forme finale. Trop lâche, elle ne soutient pas correctement le poids du corps ; trop tendue, elle peut exercer des contraintes sur la carcasse et rendre l’assise inconfortable. Le travail du tapissier consiste à construire progressivement un volume, à le maintenir par des points réguliers et à obtenir une ligne qui reste lisible sous le tissu.

Une restauration moderne peut répondre à d’autres contraintes de confort, de budget ou d’usage. Les matériaux et les méthodes sont alors choisis selon la pièce, son état et le résultat souhaité. Frédérique Segonnes distingue ces possibilités sans opposer systématiquement tradition et modernité. Un siège très ancien peut retrouver une garniture respectueuse de sa construction, tandis qu’une pièce plus récente peut recevoir une solution adaptée à une utilisation quotidienne. La décision se prend en tenant compte de la carcasse, de la forme, de la fréquence d’usage et de la relation entre l’assise et son environnement.

Le choix du tissu intervient après l’étude du volume et de la garniture, mais il influence aussi la manière de conduire le travail. Une étoffe épaisse ne se place pas comme un tissu léger. Un motif à raccord demande une préparation particulière, car les lignes doivent se poursuivre sur le dossier, l’assise, les manchettes ou les côtés. Un velours révèle les tensions par la direction de ses poils ; un lin met en évidence la régularité de la pose ; un tissu imprimé peut imposer une lecture précise des axes et des symétries. La couverture doit accompagner la forme du siège sans la déformer.

La couleur établit une relation avec le bois, la pièce et les autres textiles de la maison. Un fauteuil peut conserver une allure discrète grâce à une teinte sourde, ou prendre une présence nouvelle avec un motif plus affirmé. Les passementeries, galons, clous et coutures complètent l’ensemble. Ils ne servent pas seulement à cacher une jonction : leur largeur, leur dessin et leur couleur soulignent les lignes du siège. Une finition sobre peut mettre en avant une belle sculpture de bois ; une bordure plus visible peut accompagner une étoffe décorative et structurer une silhouette.

Frédérique Segonnes accorde une attention particulière aux matières françaises, naturelles ou issues du recyclage. Cette orientation concerne les tissus comme les éléments de garniture et s’inscrit dans une recherche de cohérence entre le projet, l’usage et l’impact des matériaux. Le choix d’une matière ne se résume pas à son aspect. Il faut également considérer sa résistance, son toucher, son entretien, sa réaction à la lumière et son comportement sur une forme donnée. Une étoffe agréable au toucher mais trop fragile pour une assise quotidienne ne répondrait pas au même besoin qu’un tissu robuste destiné à un usage fréquent.

Le siège porte une histoire qui peut être familiale, décorative ou simplement liée à son ancien usage. Certains fauteuils ont accompagné plusieurs générations, d’autres ont été trouvés puis adoptés pour leur dessin. La restauration peut préserver cette continuité ou permettre une nouvelle interprétation. Une couverture traditionnelle conserve le caractère d’un modèle ancien ; une couleur contemporaine peut l’intégrer dans un intérieur actuel ; une garniture repensée peut rendre son usage plus confortable. Dans tous les cas, la transformation reste liée à la forme et à la qualité de la carcasse.

L’Atelier de Bajou ne se limite pas aux commandes de restauration. Frédérique Segonnes expose et vend aussi ses propres créations, notamment des sièges, des coussins et des pochettes. Ces pièces lui permettent d’explorer le textile dans des formats différents. Un coussin demande un équilibre entre souplesse, maintien et volume. Une pochette met en jeu la coupe, les assemblages, la doublure et les détails de fermeture. Un siège offre une échelle plus ample, où le tissu se confronte à une structure et à des contraintes de confort. Ces objets se répondent tout en mobilisant des gestes distincts.

Les créations de l’atelier montrent la diversité de la tapisserie d’ameublement. Une chaise peut devenir une pièce colorée qui anime une table ; un tabouret peut associer une petite surface d’assise à une matière expressive ; un fauteuil peut être traité comme un objet central dans une pièce. Les coussins introduisent des variations plus faciles à déplacer et à renouveler. Les pochettes prolongent le travail du textile vers un accessoire que l’on tient, ouvre et emporte. Dans chaque cas, la coupe et la finition doivent rester précises, car les petits formats rendent les détails très visibles.

La transmission occupe également une place dans l’activité de Frédérique Segonnes. Elle propose des ateliers d’initiation, sur quelques heures ou sur plusieurs jours, pour accompagner des personnes qui souhaitent restaurer leur propre siège. Une telle pratique commence par l’identification de la pièce et l’évaluation de son état. Il faut ensuite apprendre à démonter sans perdre les repères, à préparer les matériaux, à organiser les étapes et à maintenir une tension régulière. L’accompagnement permet de comprendre les gestes tout en respectant les limites de chacun et les particularités du meuble choisi.

Restaurer son propre fauteuil demande de la patience. Les opérations ne produisent pas toutes un résultat visible immédiatement. Le dégarnissage révèle parfois une structure plus complexe que prévu ; la préparation peut prendre du temps ; une couture ou un raccord doit être repris si la tension n’est pas régulière. L’apprentissage devient alors une manière de regarder le siège autrement. On comprend comment une ligne de dossier est construite, pourquoi une garniture forme un angle particulier et comment une étoffe doit se placer pour accompagner les courbes.

L’Atelier de Bajou s’inscrit dans un territoire où les métiers d’art sont présentés au public et soutenus par des initiatives locales. Frédérique Segonnes a notamment été annoncée comme tapissière d’ameublement dans les programmes d’événements artisanaux du Lot. Cette présence relie son activité quotidienne à des occasions de rencontre, de découverte et de vente. Elle permet au public d’approcher des objets finis, de parler des matériaux et de mieux comprendre la différence entre une simple réfection de couverture et une restauration complète de siège.

À Cavagnac, le travail de Frédérique Segonnes repose donc sur une lecture attentive du mobilier et sur une pratique concrète des matières. La restauration des fauteuils, chaises, tabourets, poufs et bancs s’appuie sur la connaissance des carcasses, des garnitures et des textiles. Les créations de sièges, coussins et pochettes ouvrent un espace d’expérimentation complémentaire. Les matériaux français, naturels ou recyclés, les solutions traditionnelles ou modernes et les ateliers d’initiation dessinent une activité où le confort ne se sépare pas de la mémoire des objets. L’ouvrage final garde la forme qui fait son caractère, tout en retrouvant une présence adaptée à la vie actuelle.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel annuaire-professionnel

    L’Atelier de Bajou — Métiers d’art d’Occitanie (site externe)

    Organisme : Chambre de Métiers et de l’Artisanat Occitanie

    Fait soutenu
    Le profil professionnel présente Frédérique Segonnes comme tapissière-garnisseuse à Cavagnac, décrit sa formation intensive et son titre professionnel, la restauration traditionnelle ou moderne des sièges, les matériaux français, naturels ou issus du recyclage, les créations et les ateliers d’initiation.
    Consultée le
    10 septembre 2026

Vous représentez cet atelier ou vous avez repéré une erreur ?

Revendiquer la ficheSignaler une correction