Atelier & professionnel

L’Atelier de Marion — Marion Cattani, vitrailliste à Sieurac

Sieurac

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Sieurac, dans le Tarn, Marion Cattani développe L’Atelier de Marion autour de la création et de la restauration de vitraux. Artisan d’art qualifiée, elle intervient sur le patrimoine comme dans les intérieurs privés. Portes, fenêtres, séparations de pièces, verrières, lampes et éléments décoratifs peuvent accueillir le verre coloré, la peinture à la grisaille, l’émail ou des inclusions d’agates. Le vitrail y est abordé comme une œuvre qui doit s’accorder à un lieu, à sa lumière et à la manière dont les personnes le regardent.

Le parcours de Marion Cattani commence par un bac Arts appliqués à Rouen, puis se poursuit en 2001 à l’École supérieure des Beaux-Arts d’Arras, spécialisée dans le vitrail et la restauration du patrimoine. Après trois années de formation, elle obtient un diplôme des métiers d’art. Elle acquiert ensuite sept années d’expérience dans deux ateliers du Tarn et du Gard. En 2011, elle s’installe à Sieurac, près d’Albi, pour créer son propre atelier. Cette trajectoire réunit une formation artistique, l’apprentissage des techniques verrières et la pratique de chantiers consacrés à des ouvrages anciens.

La création d’un vitrail commence par une intention et par l’observation de l’espace qui l’accueillera. Une fenêtre, une porte ou une cloison n’offre pas la même lumière ni le même point de vue. Les dimensions de l’ouverture, la présence d’un cadre, la circulation dans la pièce et la relation entre intérieur et extérieur orientent le dessin. Marion Cattani propose des compositions classiques, abstraites ou modernes. Le style n’est pas choisi indépendamment du lieu : il doit dialoguer avec l’architecture, les couleurs environnantes et la fonction de l’ouvrage.

La maquette permet de fixer les grandes lignes du projet. Elle organise les masses, les contours, les passages de lumière et les zones de couleur. Un motif figuratif demande une lecture claire des formes ; une composition abstraite peut s’appuyer davantage sur les rythmes, les contrastes et la transparence. Le dessin doit ensuite être traduit en pièces de verre. La couleur observée sur une table évoluera lorsqu’elle sera traversée par la lumière naturelle ou artificielle. La conception tient donc compte de l’éclairage réel et de la manière dont le vitrail sera perçu au fil de la journée.

La technique traditionnelle au plomb structure une grande partie du travail. Une fois la maquette établie, les gabarits sont découpés avec un ciseau à triple lame afin de retirer l’épaisseur prévue pour le plomb. Chaque gabarit est ensuite posé sur un verre coloré. La découpe suit précisément les bords du modèle, car une différence de dimension peut modifier la ligne générale du panneau. Les pièces sont préparées une à une, en tenant compte de leur place dans le dessin et de la façon dont elles seront réunies.

La mise en plomb vient après la découpe. Les verres sont sertis dans des profils de plomb qui suivent le graphisme de la maquette. Le choix de différentes largeurs peut donner davantage de force à certaines lignes et modifier la lecture du motif. Le réseau de plomb ne sert pas uniquement à maintenir les pièces : il participe au dessin et contribue à la structure de l’ensemble. Les intersections sont ensuite soudées à l’étain, sur le recto puis sur le verso, afin de relier les lignes et de donner au panneau sa cohésion.

Le masticage complète cette construction. L’Atelier de Marion décrit l’application sur les deux faces d’un mastic à base d’huile de lin et de blanc de Meudon. Cette opération contribue à l’étanchéité et à la rigidité du panneau. Le vitrail doit ensuite sécher avant sa pose. Chaque étape dépend de la précédente : une coupe régulière facilite le sertissage, un réseau bien ajusté accompagne le dessin, et une soudure soigneuse assure la continuité des intersections. La fabrication associe ainsi regard artistique, mesure, geste manuel et attention aux propriétés du bâtiment.

La peinture sur verre à la grisaille et à l’émail apporte des détails que la seule découpe ne peut pas produire. Un visage, un drapé, une ombre, une architecture ou un motif végétal peuvent être précisés par des couches de peinture adaptées à la cuisson. Les références de l’atelier montrent notamment la réalisation progressive d’un visage de Jean-Paul II : dessin du trait, premières ombres, couches successives de grisaille et application du jaune d’argent sur la mitre et la couleur de peau. Cette progression donne de la profondeur à l’image tout en conservant la transparence propre au verre.

Les créations contemporaines peuvent intégrer des matériaux qui déplacent le vitrail vers l’objet et l’ameublement. Des agates sont insérées dans certaines portes, lampes et compositions. Leur forme, leur translucidité et leurs nuances deviennent des points singuliers dans le panneau. Une agate ne se comporte pas comme un verre plat : elle apporte une épaisseur, une irrégularité et un éclat qui attirent le regard. Le dessin doit lui réserver une place cohérente et prévoir la manière dont cette inclusion s’insérera dans la structure.

L’atelier réalise des vitraux pour des intérieurs particuliers. Une verrière métallique peut séparer une entrée d’une cuisine tout en maintenant une continuité visuelle. Un lutrin en bois peut recevoir un vitrail autour d’un motif ou d’un symbole. Une porte peut intégrer des agates et des verres colorés pour créer une composition qui se découvre depuis plusieurs pièces. Ces projets montrent que le vitrail ne se limite pas aux édifices religieux. Il peut accompagner un usage quotidien, filtrer la lumière et donner une identité à un espace sans l’isoler complètement.

Les luminaires constituent un autre terrain d’expression. Une lampe en vitrail peut associer des verres colorés, des mouvements de matière, une agate centrale ou un support en bois. Lorsque la lumière est allumée, les couleurs et les textures se transforment ; lorsqu’elle est éteinte, l’objet conserve sa présence de panneau décoratif. Le dessin doit donc fonctionner dans ces deux situations. La position de l’éclairage, la forme de la lampe, les bords et la stabilité du support participent à la conception autant que la palette choisie.

La restauration du patrimoine suit une logique différente de la création. L’atelier indique prendre en charge les phases allant de la dépose à la réinstallation in situ, avec les opérations de restauration réalisées au sein de l’atelier. Un vitrail ancien peut présenter des pièces cassées ou manquantes, un réseau déformé, des soudures fragilisées ou des peintures altérées. Avant d’intervenir, il faut comprendre l’organisation du panneau, repérer les éléments conservés et distinguer ce qui appartient à l’histoire de l’œuvre de ce qui menace sa stabilité.

Le remplacement d’un verre ne consiste pas nécessairement à effacer toute différence. La teinte, la texture, la transparence et la peinture doivent s’accorder au panneau sans créer une imitation qui masquerait l’intervention. Une pièce manquante peut demander une étude du dessin, de la gamme chromatique et des lignes de plomb voisines. Le restaurateur doit aussi considérer la place du vitrail dans l’édifice, la lumière qui le traverse et les conditions auxquelles il est exposé. Le but est de rendre à l’ensemble une cohérence visuelle et une tenue suffisante tout en respectant les traces de son histoire.

Les références patrimoniales de L’Atelier de Marion comprennent des créations et restaurations dans plusieurs églises et édifices. À Sieurac, l’église Saint-Géraud a reçu un ensemble de quinze vitraux modernes. À Briatexte, l’atelier a créé cinq scènes bibliques dans un style du XIXe siècle et restauré sept vitraux. D’autres interventions ont concerné des édifices à Gaillac, Giroussens, Roquecourbe, Ambialet, Paulinet, Prades, Vaour, Graulhet et Laval-Roquecezière. Cette diversité de chantiers montre l’adaptation du geste à des panneaux, des périodes, des dessins et des états de conservation différents.

La restauration peut être précédée d’une étude graphique. Les photographies et les observations de l’ouvrage servent à comprendre une scène, un blason, un décor géométrique ou un ensemble de panneaux. Lorsque des verres manquent, le dessin doit retrouver une place qui respecte les proportions du reste de la composition. Lorsqu’une peinture est altérée, la grisaille et l’émail doivent être abordés avec mesure afin de préserver la lisibilité sans surcharger la surface. Le travail demande à la fois une connaissance des techniques anciennes et une capacité à dialoguer avec le bâtiment et ses responsables.

Le patrimoine religieux occupe une part visible des références, mais les mêmes principes concernent des ouvrages civils. Une fenêtre, une verrière intérieure ou un élément de décoration peut être restauré ou créé selon son environnement. La lumière d’un logement, d’une école, d’un espace de travail ou d’un lieu collectif n’a pas les mêmes usages. L’atelier examine la relation entre le verre, la structure qui le reçoit et les personnes qui le traverseront du regard. Cette attention évite de choisir un motif ou une couleur sans considérer la vie réelle de l’ouvrage.

La pratique de Marion Cattani associe tradition et recherche personnelle. Le plomb organise des vitraux de facture classique ; la grisaille et l’émail précisent des scènes ; les agates, le bois et les structures métalliques ouvrent des compositions plus contemporaines. Un même atelier peut donc passer d’une église à une lampe, d’une restauration patrimoniale à une séparation intérieure. La diversité des commandes ne change pas la nécessité d’un dessin lisible, d’une coupe juste, d’un assemblage solide et d’une finition adaptée.

Le vitrail transforme la lumière plutôt qu’il ne la bloque. Un verre coloré peut projeter une nuance dans une pièce, une texture peut diffuser un éclat, et une partie peinte peut retenir le regard. La perception varie selon l’heure, la saison et la position de la personne. C’est pourquoi la création doit être pensée avec son orientation et son environnement. Les projets de L’Atelier de Marion cherchent à produire un dialogue entre la composition et le lieu, qu’il s’agisse d’un patrimoine ancien ou d’un intérieur contemporain.

À Sieurac, Marion Cattani fait vivre un métier d’art où la précision du dessin rencontre la fragilité et la force du verre. La création sur mesure s’adapte aux portes, fenêtres, cloisons, verrières, lampes et objets décoratifs ; la restauration accompagne les édifices et les panneaux qui portent une histoire. Découpe, mise en plomb, soudure à l’étain, masticage, grisaille, émail et insertion d’agates composent une palette de gestes cohérente. Depuis le Tarn, L’Atelier de Marion relie ainsi la lumière, l’architecture et la mémoire dans des ouvrages conçus pour leur lieu.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    L’Atelier de Marion — vitrail, création et restauration à Sieurac

    Organisme : L’Atelier de Marion

    Fait soutenu
    Le site officiel présente Marion Cattani comme artisan d’art vitrailliste à Sieurac et décrit la création et la restauration de vitraux pour le patrimoine et les intérieurs.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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