Atelier & professionnel

L’Atelier des Verriers — Frédéric Guillot à Issigeac

Issigeac

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Issigeac, en Dordogne, L’Atelier des Verriers accueille le public autour du travail du verre soufflé. Frédéric Guillot y tient une boutique-atelier depuis 2005, dans un village du Périgord connu pour son patrimoine et son marché. Son histoire familiale est liée au métier : son père, lui-même souffleur de verre à Boisse, lui a transmis la passion de la matière et des gestes. Après des études dans l’habillement, Frédéric a commencé son apprentissage à vingt-quatre ans avant de s’installer à son compte.

Le soufflage à la canne repose sur une succession de gestes précis. Le verrier prélève une boule de verre dans un four de fusion au gaz, puis la maintient au bout d’une canne en acier. En soufflant dans le tube, il crée une forme creuse. La pièce est roulée dans des grains de verre coloré, puis aplatie ou arrondie sur un marbre en fonte. Des moules en bois mouillé, des ciseaux, un souffleur d’air froid, un compas et des pinces servent à donner au volume sa silhouette et ses détails.

Le four de fusion est annoncé autour de 1 100 °C. La matière se refroidit rapidement dès qu’elle s’éloigne de la flamme et peut perdre sa malléabilité en passant de plusieurs centaines de degrés à une température beaucoup plus basse. Frédéric replace donc régulièrement la pièce dans un four de réchauffe autour de 1 300 °C. Cette alternance permet de poursuivre la mise en forme sans casser la continuité du geste. Elle demande de mémoriser les proportions déjà obtenues et de savoir quelle zone doit retrouver de la souplesse.

La fin du travail se déroule dans une arche de cuisson maintenue autour de 500 °C. La pièce y refroidit lentement jusqu’au lendemain. Ce temps de stabilisation réduit les tensions internes créées pendant le façonnage et rend l’objet plus résistant. L’arche de cuisson est une étape discrète, mais indispensable : sans refroidissement progressif, les écarts de température peuvent provoquer des fissures ou une casse différée. Le verre fini porte ainsi la trace du feu, mais aussi celle de la patience nécessaire à sa solidité.

L’Atelier des Verriers propose une verrerie bullée traditionnelle. Les bulles et les irrégularités de surface accrochent la lumière et donnent aux objets une profondeur particulière. La production comprend également des reproductions de verrerie romaine et des formes inspirées de l’époque médiévale. Ces références historiques ne sont pas de simples copies : elles permettent d’explorer des proportions, des usages et des techniques qui ont traversé les siècles, tout en les adaptant aux besoins d’une création actuelle.

La verrerie décorative occupe une place large dans la boutique. Boules de Noël, presse-papiers, fleurs, flacons à parfum et ensembles de salle de bain montrent différentes manières de travailler le verre. Un presse-papier valorise la densité et la transparence ; une fleur s’appuie sur des tiges et des pétales façonnés séparément ou dans la continuité du volume ; un flacon demande une ouverture régulière et un bouchon adapté. Les objets sont conçus pour être regardés, touchés et utilisés, sans perdre leur caractère artisanal.

Le travail de la couleur intervient pendant la fabrication. Les grains de verre déposés sur la boule chaude peuvent former une surface régulière, une ligne ou un motif plus libre. La transparence amplifie les variations d’épaisseur et transforme la teinte selon l’éclairage. Une même couleur paraît plus dense au cœur du volume et plus légère sur une paroi fine. Le verrier doit anticiper ces effets, car la nuance observée à chaud n’est pas toujours celle qui apparaît après refroidissement.

Les démonstrations permettent de suivre l’évolution de la pièce en quelques minutes. Frédéric peut passer d’une boule incandescente à un cygne, un verre, une cruche ou un flacon, tout en expliquant ses choix. Le visiteur observe la canne, le four, le marbre et les outils, puis comprend pourquoi le souffleur travaille à la sensation plutôt qu’avec une mesure écrite pour chaque étape. La maîtrise vient d’années de répétition, de l’attention aux températures et de la capacité à corriger un volume en mouvement.

La formation du souffleur demande du temps. Les différentes techniques peuvent nécessiter cinq à dix ans d’apprentissage, et la seule opération qui consiste à cueillir le verre au four peut demander six mois à un an pour être maîtrisée. Cette durée explique la précision apparente des gestes observés en boutique. Le mouvement qui semble simple résulte d’une connaissance du poids de la matière, de sa viscosité et de la vitesse à laquelle elle se refroidit. La transmission familiale a donné à Frédéric une base solide, prolongée par sa propre pratique.

L’atelier travaille aussi sur commande. Des bouteilles destinées à la viticulture peuvent être réalisées selon un format ou une identité visuelle précise. La fabrication et la restauration de luminaires ouvrent un autre champ, avec des pièces qui doivent retrouver une forme, une teinte ou une compatibilité avec une structure existante. Une commande se prépare avec le client afin de définir l’usage, les dimensions, la couleur et les contraintes techniques. Le souffleur adapte ensuite la fabrication à la faisabilité du verre chaud.

Le parcours de visite comprend une boutique accessible en entrée libre, un espace de démonstration et des créations à découvrir selon les périodes d’ouverture. Un parking et l’accueil des animaux sont indiqués par l’office de tourisme. Les horaires peuvent varier selon la saison ; une vérification avant le déplacement est préférable. La présence d’un réseau de métiers d’art du Bergeracois inscrit l’atelier dans une dynamique locale où plusieurs artisans présentent leurs savoir-faire.

À Issigeac, L’Atelier des Verriers associe donc une transmission familiale, une pratique du verre soufflé à la canne et une production variée. Verrerie bullée, inspirations romaines ou médiévales, fleurs, flacons, presse-papiers et objets du quotidien naissent d’une matière chauffée, colorée, réchauffée puis refroidie lentement. Les démonstrations rendent visibles les gestes ; les commandes et restaurations prolongent le savoir-faire ; la boutique permet de repartir avec une pièce unique. Frédéric Guillot fait ainsi vivre un métier où le feu, la main et la lumière construisent ensemble chaque objet.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Source institutionnelle office-tourism

    L’Atelier des Verriers — Frédéric Guillot (site externe)

    Organisme : L’Atelier des Verriers

    Fait soutenu
    Le site officiel présente Frédéric Guillot comme souffleur de verre depuis 2001 à Issigeac ; la fiche de Dordogne-Périgord Tourisme détaille son apprentissage familial, l’installation de la boutique-atelier en 2005, la verrerie bullée traditionnelle, les inspirations romaines et médiévales, les objets décoratifs, les commandes viticoles, les réparations et restaurations de luminaires, les démonstrations et les étapes de chauffe et de recuisson.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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