Atelier & professionnel

L’Atelier doré — Justyna Sozanska-Doumandji, dorure et restauration à Labergement-Sainte-Marie

Labergement-Sainte-Marie

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Labergement-Sainte-Marie, dans le Haut-Doubs, Justyna Sozanska-Doumandji a créé L’Atelier doré en 2017. Son activité associe la dorure, la restauration d’œuvres d’art et la réalisation de décors en plâtre. Elle intervient sur des objets qui ont une valeur esthétique, historique ou affective : cadres de tableaux, miroirs, sculptures, meubles, éléments décoratifs et pièces en métal. Le travail s’appuie sur des techniques anciennes et sur une attention portée à la matière qui porte la finition. La feuille d’or, d’argent ou de cuivre ne vient pas simplement recouvrir une surface ; elle révèle un relief, accompagne une forme et modifie la manière dont un objet reçoit la lumière.

La dorure peut être appliquée sur le bois, le plâtre, le métal ou la pierre. Chaque support impose une préparation et une façon de travailler différentes. Une moulure en bois, une sculpture en plâtre polychrome, un élément métallique ou une corniche intérieure ne présentent ni la même porosité ni la même résistance. Avant de poser une feuille, il faut comprendre l’état du support, ses irrégularités, ses anciennes finitions et la relation entre les parties mates et brillantes. L’Atelier doré pratique la dorure à l’eau, appelée aussi dorure à la détrempe, ainsi que la dorure à l’huile avec une mixtion. Les colles animales et les résines naturelles font partie des matériaux employés dans le respect des savoir-faire traditionnels.

La dorure à la détrempe demande une préparation particulièrement régulière. La feuille métallique est très fine et révèle les défauts qui resteraient discrets sur une peinture épaisse. Le support doit donc recevoir des couches préparatoires, être égalisé puis contrôlé avant la pose. La feuille d’or se dépose sur une surface prête à l’accueillir ; elle peut ensuite être brunie ou conservée avec une finition plus douce selon l’effet recherché. Les zones qui doivent capter la lumière ne sont pas traitées comme les fonds d’un décor. Une moulure, une bordure ou un relief gagne ainsi sa profondeur grâce à l’alternance des brillances, des mats et des ombres.

La dorure à l’huile repose sur une mixtion qui permet d’adhérer la feuille sur des supports ou des surfaces où la technique à l’eau n’est pas retenue. Le temps de prise, la préparation du fond et le moment de la pose doivent être maîtrisés. Une feuille trop tôt appliquée peut se déplacer ou marquer la surface ; une feuille posée trop tard adhère mal. La dorure à l’huile peut convenir à une finition plus résistante ou à certaines parties d’un objet, tandis que la détrempe offre une autre qualité de lumière. Le choix dépend de l’objet, de son environnement et de la finition ancienne à retrouver ou à compléter.

La restauration commence par l’observation des parties conservées. Un cadre peut avoir perdu des fragments de décor, présenter une dorure usée ou porter des repeints qui masquent les couches anciennes. Un miroir peut associer une glace, un bâti, des moulures et plusieurs métaux. Une sculpture en bois ou une statue en plâtre polychrome peut cumuler des manques, des fissures, une peinture écaillée et une dorure très altérée. Le diagnostic permet de distinguer les zones stables, les parties à consolider et les éléments qui doivent être retirés ou repris. La restauration ne consiste pas à rendre toute la surface identique : elle cherche un accord entre les parties anciennes, les réparations et la lecture générale de l’objet.

Les cadres de tableaux et de miroirs occupent une place particulière dans le travail de l’atelier. Ils sont à la fois des objets décoratifs et des structures qui accompagnent une œuvre ou une glace. Une couronne de miroir, une moulure ou un angle peut être endommagé lors d’un déplacement, d’un choc ou d’une réparation ancienne. La consolidation et la réparation des ornements précèdent alors la remise en finition. Une feuille d’or, de cuivre ou d’argent peut être choisie en fonction de la dorure déjà présente. Le raccord doit respecter le relief et la lumière du cadre sans produire une tache neuve trop visible.

Les réalisations de l’atelier comprennent aussi des miroirs anciens restaurés avec plusieurs métaux. Une dorure à la feuille d’or, d’argent et de cuivre permet de retrouver des nuances différentes dans un même objet. Le cuivre apporte une tonalité plus chaude, l’argent une lumière plus claire et l’or une présence dorée qui varie selon le brunissage et la patine. La combinaison ne se décide pas indépendamment du décor. Elle doit suivre les profils, les zones d’accent et les traces conservées. Une réparation réussie redonne sa continuité à l’ensemble tout en laissant comprendre que l’objet a traversé le temps.

La sculpture en bois polychrome exige une attention au volume comme aux couches colorées. Une sculpture ancienne peut avoir été repeinte, redorée ou réparée à différentes périodes. Le support ligneux, la préparation, les pigments, la dorure et la patine ne réagissent pas de la même manière. Les parties manquantes peuvent demander une reconstitution du relief avant la pose de la feuille. Sur une statue en bois, le dessin d’un vêtement, d’un visage ou d’un attribut dépend de la forme sculptée et de la polychromie qui l’accompagne. La retouche au pinceau permet de renouer les couleurs et les ombres sans effacer les marques qui appartiennent à l’histoire de la pièce.

L’Atelier doré travaille également sur les statues en plâtre polychrome. Une porte de tabernacle en bois, ornée d’un bas-relief en plâtre polychrome et d’une ferrure en laiton, a nécessité plusieurs opérations : démontage de la ferrure, reconstitution des éléments manquants et dorure à la feuille d’or. Ce type de restauration réunit plusieurs matières dans un même ensemble. Le bois porte la structure, le plâtre construit le relief et le laiton contribue aux détails fonctionnels ou décoratifs. Les étapes doivent s’enchaîner dans le respect de ces relations, afin que la restitution ne fragilise ni le support ni les éléments rapportés.

Une statue en bois polychrome datée de 1619 illustre une autre situation. La peinture, les dorures et la patine ont été restaurées au pinceau, tandis que les éléments manquants ont été reconstruits au plâtre. La date et la polychromie donnent à l’objet une présence particulière, mais elles imposent aussi de ne pas confondre restitution et création neuve. Une lacune doit retrouver sa place dans le volume et dans la couleur, sans devenir un décor indépendant. La patine établit ensuite une relation entre la partie restaurée et les surfaces qui ont conservé leur aspect ancien.

Les objets en métal élargissent encore le champ d’intervention. Un encrier de style Napoléon III peut réunir un socle en marbre massif orné de frises et des encriers en bronze doré ciselés de palmettes et de lauriers. Le travail doit tenir compte du socle minéral, de la ciselure et de la finition métallique. Une surface dorée peut être ternie, rayée ou recouverte de dépôts ; un nettoyage trop énergique risquerait d’altérer les détails ou de modifier l’équilibre des brillances. La restauration associe donc l’observation du décor, la protection des parties conservées et le choix d’une intervention adaptée au métal.

La restauration de peintures sur toile et de leurs cadres fait aussi partie des prestations proposées. Une toile peut présenter des trous, des déchirures, un vernis jauni ou une couche picturale tachée. Le cadre qui l’entoure peut être très abîmé, avec des repeints ou une dorure qui ne correspond plus à la structure. Le dévernissage, la réparation de la toile, le masticage, la réintégration picturale et le vernissage répondent à des problèmes distincts. Lorsqu’un cadre est reconsolidé et nettoyé, ses côtés peuvent être repeints selon les pratiques anciennes avant de recevoir les reprises de dorure nécessaires. L’œuvre et son encadrement sont ainsi considérés ensemble.

Les décors en plâtre constituent un volet de création sur commande. L’atelier réalise des objets décoratifs qui peuvent rester blancs, recevoir une feuille d’or ou adopter une présence plus baroque, fantaisiste, sobre ou discrète. Le plâtre permet de travailler le relief, les moulures et les formes qui donnent du caractère à un intérieur. Il peut aussi servir à transformer un décor existant sur un cadre ou un miroir. Une modification doit tenir compte du profil déjà en place, de l’échelle de l’objet et de la lumière du lieu. Le nouveau décor doit s’inscrire dans l’ensemble sans déséquilibrer la pièce.

La création ne se limite pas à une finition brillante. Une surface dorée, cuivrée ou argentée peut souligner une ligne, encadrer un motif ou donner une présence nouvelle à un meuble ou à un accessoire. Un décor en plâtre peut rester mat pour préserver la blancheur du matériau, ou devenir un élément lumineux grâce à la feuille métallique. Le choix entre simplicité et abondance dépend du support, du style de l’intérieur et de l’effet recherché. Les techniques anciennes servent alors des projets actuels sans perdre leur précision manuelle.

Le parcours de Justyna Sozanska-Doumandji relie l’histoire de l’art, les langues et la pratique de l’artisanat. Ses études supérieures de philologie arabe à Cracovie et à Paris ont nourri sa connaissance de l’art islamique et son intérêt pour les travaux d’orfèvres, de miniaturistes et de sculpteurs orientaux. Après sept années passées au siège de l’Unesco, elle a suivi pendant trois ans une formation dans une école d’artisanat à Wroclaw, en Pologne, pour apprendre la restauration d’objets d’art et la dorure. Elle a ensuite complété cette formation auprès du maître doreur Ludomir Domanski.

Cette double approche explique la place accordée aux techniques décoratives et à leur histoire. La dorure des manuscrits, les ornements des objets précieux et la relation entre écriture, motif et lumière appartiennent à des traditions différentes, mais ils posent une question commune : comment une matière fine transforme-t-elle une surface ? Justyna Sozanska-Doumandji a consacré une dissertation soutenue en septembre 2019 à une recherche comparative sur les techniques anciennes et contemporaines de dorure entre l’Orient et l’Occident, autour des techniques décoratives des manuscrits médiévaux sur les terres de l’Islam.

Installée dans le Haut-Doubs depuis l’automne 2017, elle travaille principalement pour des particuliers et coopère avec d’autres artisans. L’Atelier doré participe aussi à des ateliers, à des salons et à des présentations dans des lieux culturels. La transmission permet d’aborder les outils, la préparation des supports et la manipulation de la feuille dans un cadre progressif. Une personne qui découvre la dorure doit apprendre à protéger la feuille, à préparer une surface et à reconnaître le moment où la matière peut recevoir le métal. La patience et la précision sont aussi nécessaires pour comprendre les différences entre l’or, l’argent, le cuivre et les poudres métalliques.

L’économie circulaire accompagne cette pratique. En tant que membre des Répar’Acteurs, L’Atelier doré inscrit la restauration et la réparation dans une logique de prolongement de la vie des objets. Un miroir ancien, un cadre transmis dans une famille ou une sculpture trouvée chez un brocanteur peuvent retrouver un usage et une présence sans être remplacés. Restaurer un objet suppose de conserver ce qui peut l’être, de traiter les fragilités et de remettre en valeur une construction existante. Cette démarche donne une place aux matières déjà présentes et aux traces qui racontent le parcours de la pièce.

Les objets décoratifs en plâtre, les miroirs à moulures, les cadres, les peintures sur toile, les sculptures polychromes et les pièces en métal demandent des réponses différentes. La dorure à l’eau ou à l’huile, la feuille d’or, d’argent ou de cuivre, les colles animales, les résines naturelles, la reconstitution du relief, le nettoyage et la patine sont choisis selon le support. L’Atelier doré associe ainsi restauration, création et transmission dans un même espace de travail. À Labergement-Sainte-Marie, Justyna Sozanska-Doumandji fait vivre une pratique où l’éclat de la feuille ne se sépare jamais de la préparation, du geste et de l’histoire de l’objet.

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    L’Atelier doré — restauration, dorure et plâtres (site externe)

    Organisme : L’Atelier doré

    Fait soutenu
    Le site officiel présente Justyna Sozanska-Doumandji, L’Atelier doré créé en 2017 à Labergement-Sainte-Marie, ses activités de dorure, restauration d’œuvres d’art, création de décors en plâtre et son inscription dans la logique des Répar’Acteurs.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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