Atelier & professionnel

Laura Puntillo — bottière, souliers féminins sur mesure et création à Paris

Paris

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Paris, Laura Puntillo exerce comme bottière et designer spécialisée dans la création de souliers féminins sur mesure. Dans son atelier du 12e arrondissement, elle dessine avec ses clientes, prend les mesures, sculpte la forme en bois et réalise à la main chaque partie de la chaussure jusqu’au montage final. Une paire peut être destinée au quotidien, à une occasion particulière ou à un prototype. Le sur-mesure devient un dialogue autour du pied, de la cambrure, du style et de la manière d’habiter ses chaussures.

Laura Puntillo est italienne et arrive à Paris après des études d’anthropologie visuelle et de design. Elle commence à se former à la botterie en 2011 au sein de l’association Maurice Arnoult, dans le 18e arrondissement. Elle y suit l’enseignement de Michel Boudoux, bottier de luxe pour femmes, et de Jacques Aslanian, spécialisé dans la chaussure masculine. Cette double approche lui permet de comprendre les volumes, les montages et les exigences de la chaussure féminine comme celles de la chaussure homme.

En 2015, une rencontre avec Philippe Atienza l’amène à transformer sa passion en métier. En février 2016, ils s’associent pour ouvrir un atelier indépendant dédié au sur-mesure homme et femme. Après sept années de collaboration, leur binôme intègre en 2022 le dispositif Maître d’art & Élève de l’Institut National des Métiers d’Art. Philippe Atienza prend ensuite sa retraite et Laura Puntillo lance son propre atelier, où elle poursuit et fait évoluer les gestes transmis.

Le sur-mesure commence par la prise de mesures. La cliente est installée en position assise et six mesures principales sont relevées à l’aide d’un mètre ruban et d’un stylo : la largeur des doigts, le bas du cou-de-pied, le cou-de-pied, le haut du cou-de-pied, la grande entrée et la petite entrée. Ces repères décrivent le volume du pied et servent à construire une forme qui ne soit pas seulement élégante, mais réellement confortable. La mesure devient le premier lien entre la morphologie et le dessin du soulier.

La forme en bois constitue le cœur de la construction. Laura Puntillo esquisse les grandes lignes du volume au crayon, puis sculpte l’ébauche avec un couteau de forme. Elle affine ensuite le bois à la râpe pour atteindre les lignes exactes de la paire imaginée. La cambrure est travaillée avec soin, car elle détermine la stabilité et influence directement la hauteur du talon. Une forme bien équilibrée soutient le pied et prépare les étapes suivantes du patronage et du montage.

Le choix du talon intervient tôt dans le projet. Un talon haut, un talon bottier bas ou un talon artistique ne distribuent pas le poids de la même manière. La cambrure doit être adaptée pour que la silhouette reste fine sans perdre sa stabilité. La bottière vérifie les volumes, les appuis et la relation entre l’avant-pied et le talon. Cette recherche transforme la chaussure en petite architecture, pensée pour accompagner un corps en mouvement.

Lorsque la forme est prête, le modèle est dessiné directement sur le bois. Laura Puntillo extrait ensuite les différentes parties du patronage : empeigne, talonnette, quartier et autres éléments de la tige. Le patronage traduit la ligne du dessin en pièces de cuir ou de tissu qui devront se rejoindre avec précision. Une modification de courbe peut changer l’allure de la chaussure et la manière dont la matière se tend. Le travail demande de prévoir les coutures, les renforts, les plis et les zones de mouvement.

L’apprêtage et le piquage suivent le patronage. La bottière coupe dans la peau ou le tissu les pièces de la tige, de la doublure et des renforts. Les éléments sont préparés, positionnés et assemblés à la machine ou à la main selon la construction. Une fois la tige piquée, elle est montée sur la forme pour prendre le volume du pied. Le montage exige de répartir la tension sans créer de plis et de maintenir une ligne régulière autour de la cambrure.

La toile d’essayage est une étape décisive. Cette maquette reproduit le modèle dans une matière provisoire et permet à la cliente de découvrir les lignes, le volume et le chaussant. Un rendez-vous est nécessaire pour observer les sensations. La cliente décrit les points de pression, la liberté des orteils, la position du talon et la manière dont elle se déplace. Laura Puntillo peut alors modifier le patronage ou la forme avant de couper les matières définitives.

Cette phase permet d’éviter une erreur difficile à corriger. Une chaussure peut sembler harmonieuse sur la forme et devenir moins agréable lorsque le pied y prend place. La toile révèle les différences entre le dessin et la réalité du mouvement. La bottière écoute les remarques, vérifie les appuis et ajuste les volumes. Le sur-mesure se construit ainsi par essais successifs plutôt que par une seule décision prise au début du projet.

Le montage doit assurer une bonne solidité au niveau de la cambrure. Pour un soulier féminin, cette zone soutient le poids du corps et participe à la stabilité du talon. Laura Puntillo porte une attention particulière à la structure tout en conservant une silhouette légère. Les couches de la chaussure, les renforts et la semelle sont assemblés dans un ordre précis. Le résultat doit rester stable, réparable et confortable.

Les matières sont choisies selon le projet. Les créations présentées utilisent du veau lisse, du chevreau, de l’agneau, du satin, de la soie imprimée, du crêpe de Chine, du daim, du cuir verni, du tissu rétro-réfléchissant et, pour certaines pièces, des plumes ou des ornements. Un cuir souple peut accompagner une ligne fine ; un cuir plus dense conserve une forme structurée ; un satin apporte une lumière différente. La doublure, les renforts et la semelle doivent être compatibles avec la matière extérieure.

Les modèles de la collection illustrent cette variété. « Sakura » associe une soie rose imprimée et du chevreau. « Mimi » mêle un crêpe de Chine noir à un agneau imprimé. « Orion » propose un talon artistique en daim bleu et tissu rétro-réfléchissant. « Bella » est un modèle sling-back en agneau métallisé rose avec un motif de cristaux sur la bride. « Betina » reprend la ligne d’un richelieu en cuir verni noir, avec un talon bottier bas, un bout carré et un lacet cognac tressé.

D’autres créations explorent le contraste et le décor. « Strelitzia » combine cuir de crocodile, chevreau et plumes. « Moira » associe un satin violet, une doublure jaune anis et des cristaux sur le décolleté. « Matys » juxtapose un veau rouge profond et une lanière en cuir gris anthracite. « Lena » met en scène un veau brun sombre, un talon conique en bois strié et des boutons en bois. « Cherry » utilise un veau rouge cerise légèrement nacré, des cerises peintes et un lacet fuchsia. Chaque nom correspond à une recherche de matière, de couleur et de mouvement.

La bottière peut également travailler sur un prototype. Le prototype sert à tester une forme, un talon, un assemblage ou une combinaison de matériaux. Il peut être destiné à une créatrice, à une marque ou à une cliente qui souhaite explorer une idée avant de la décliner. Le dialogue autour du projet précise le niveau d’ornement, le type de marche, la fréquence d’utilisation et les contraintes de fabrication. La liberté du sur-mesure permet d’essayer des solutions qui ne figurent pas dans une collection standard.

Une chaussure du quotidien demande une autre attention qu’un soulier de cérémonie. Pour une paire portée souvent, la robustesse des coutures, le confort de la doublure, la facilité d’entretien et la possibilité de réparation sont examinés. Une chaussure destinée à une occasion peut privilégier une couleur, un talon ou une matière plus expressive. Dans les deux cas, le pied reste le point de départ et la cliente participe aux choix qui donnent son identité à la paire.

L’atelier confectionne chaque paire entièrement à la main et achète les matières au fur et à mesure afin d’éviter les stocks dormants. Cette organisation limite les achats inutilisés et permet de choisir les matières en fonction d’un projet réel. Chaque soulier est conçu pour être réparable et un service après-vente est assuré pour prolonger sa durée de vie. Une couture, une semelle ou un élément de talon peut être repris lorsque l’usage le demande.

La réparation fait partie d’une consommation plus réfléchie. Une paire sur mesure représente plusieurs mois de dessin, d’essais, de fabrication et de finitions. La conserver suppose de nettoyer les surfaces, de respecter les temps de repos du cuir et de demander une intervention lorsque la semelle ou le talon s’use. Une réparation bien menée protège le travail initial et évite de remplacer une chaussure encore adaptée au pied.

L’atelier du Viaduc des Arts est visible depuis la rue. La cliente peut voir la bottière couper une peau, travailler la forme en bois et monter une paire derrière son établi. Cette visibilité rend les étapes de fabrication plus concrètes. L’odeur du cuir, les outils et les formes suspendues font partie de l’atmosphère du lieu. Le rendez-vous permet de parler du modèle, de regarder les matières et de comprendre le temps nécessaire avant la première toile d’essayage.

La relation de travail repose sur l’écoute. Laura Puntillo cherche à comprendre les envies, les besoins, la façon de marcher et la manière dont la cliente souhaite habiter ses chaussures. Le sur-mesure n’est pas uniquement une question de volume ou de décoration : il s’agit de créer une rencontre entre une morphologie et une ligne. Une chaussure devient un espace pour le pied, avec une architecture qui doit rester belle, stable et vivable.

Le dessin conserve une place centrale, mais il reste lié à la matière. Une couleur peut modifier la perception d’un volume, un cuir verni révèle chaque courbe, un tissu imprimé impose un sens de coupe et une plume demande un équilibre avec le reste de la silhouette. Le patronage traduit ces choix en pièces assemblables. Le montage et les finitions donnent ensuite au modèle sa tenue et son caractère.

Le parcours de Laura Puntillo associe design, anthropologie visuelle et tradition bottière. Les rencontres avec Michel Boudoux, Jacques Aslanian et Philippe Atienza ont enrichi sa compréhension des chaussures féminines et masculines. La transmission reçue dans le cadre de Maître d’art & Élève nourrit aujourd’hui un atelier indépendant. La création contemporaine peut ainsi s’appuyer sur des gestes anciens sans perdre sa liberté de forme et de couleur.

À Paris, Laura Puntillo propose donc une bottière sur mesure où chaque paire commence par un échange et se termine par un montage manuel. Mesures, forme en bois, patronage, apprêtage, piquage, toile d’essayage et finitions composent une progression précise. Les matières vont du veau au satin, du chevreau à la soie, avec des recherches de talons, d’ornements et de couleurs. Le service après-vente et la conception réparable prolongent la vie des souliers. L’atelier transforme ainsi une idée en chaussure habitée, durable et singulière.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    Laura Puntillo — bottière et souliers sur mesure à Paris (site externe)

    Organisme : Laura Puntillo

    Fait soutenu
    Les pages officielles présentent le parcours de Laura Puntillo, sa formation auprès de bottiers, l’atelier parisien, la prise de mesures, la forme en bois, le patronage, la toile d’essayage, le montage, les créations sur mesure, les matières et la conception réparable avec service après-vente.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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