Atelier & professionnel

Laure Mitrano — céramiste à Lasseube-Propre

Lasseube-Propre

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

Une céramique pensée pour le quotidien

À Lasseube-Propre, dans le Gers, Laure Mitrano façonne au tour des poteries utilitaires conçues pour accompagner les gestes ordinaires. Tasses, bols, théières, porte-savons et saladiers composent un ensemble où la forme doit rester agréable à prendre en main tout en conservant une présence singulière. Le travail ne sépare pas l’usage de la recherche décorative : un objet destiné à la table ou à la salle de bains devient aussi une surface à regarder, une proportion à apprécier et une matière à toucher.

Le tournage donne à chaque pièce une construction centrée sur son axe. La terre monte sous les doigts, s’ouvre, s’épaissit ou s’affine selon le volume recherché. Pour une tasse, cette organisation concerne la relation entre le corps, l’ouverture et la prise en main. Pour un bol ou un saladier, elle se poursuit dans la courbe intérieure et dans la stabilité de la base. Une théière ajoute d’autres équilibres entre le contenant, le bec, le couvercle et la manière de verser. Ces différences expliquent pourquoi une série de formes proches ne produit jamais des objets entièrement interchangeables.

La collection présentée autour de Laure Mitrano comprend notamment une théière, des tasses et un vase aux oiseaux bleus. Ces pièces montrent plusieurs façons d’aborder le volume tourné. La théière appartient à la vaisselle mais concentre aussi l’attention sur la silhouette et le décor. Les tasses permettent de suivre la répétition d’un format tout en laissant apparaître les écarts liés au geste. Le vase aux oiseaux bleus déplace la recherche vers un objet davantage contemplatif, dans lequel le motif participe à la lecture du volume.

Le grès blanc comme support

Laure Mitrano utilise principalement le grès blanc. Cette terre offre une base claire qui reçoit les engobes et fait ressortir les contrastes du décor. Le grès associe une structure minérale et une surface capable de porter des nuances. Il convient aux objets de la vie quotidienne tout en laissant une place centrale au dessin et à la texture.

La couleur n’est donc pas appliquée sur une forme indifférente. Elle accompagne une pièce déjà construite au tour et doit suivre ses courbes. Sur une tasse, un motif peut se rapprocher de l’ouverture, descendre le long de la paroi ou s’interrompre pour laisser la forme respirer. Sur un bol, le décor peut se développer autour de la lèvre et se modifier à mesure que le regard tourne autour de l’objet. La surface blanche agit comme un espace de respiration entre les zones colorées.

L’engobe permet de déposer une couche de terre colorée sur le grès. Laure Mitrano l’emploie de deux manières indiquées par son travail : au pinceau ou par trempage. Le pinceau autorise un geste plus directement graphique, avec des variations de largeur et de densité. Le trempage enveloppe la pièce d’une manière plus continue et prépare une surface sur laquelle le motif sera ensuite révélé. Ces deux approches ne donnent pas la même relation entre le fond, les lignes et les zones laissées visibles.

Le sgraffito et le motif végétal

Le sgraffito intervient lorsque la pièce, entièrement plongée dans un engobe coloré, est ensuite gravée. Le geste retire localement la couche déposée et laisse apparaître la couleur de la terre. Le décor naît ainsi par contraste entre deux niveaux de matière plutôt que par simple ajout de peinture. Une ligne devient une incision ; un contour révèle le grès blanc ; une succession de traits peut donner l’impression qu’un végétal se déploie sur la paroi.

Cette technique demande de penser le dessin dans les deux sens. Il faut imaginer la couleur qui recouvre la pièce, mais aussi anticiper les endroits où l’engobe sera retiré. La pointe qui grave ne pose pas seulement un trait : elle ouvre un passage vers la terre claire. La pression, la vitesse et la continuité du mouvement influencent la netteté du motif. Une ligne trop légère peut rester discrète ; une ligne plus appuyée peut modifier l’équilibre d’une feuille, d’une tige ou d’un ensemble de branches.

Le végétal occupe une place centrale dans l’univers de Laure Mitrano. Il apporte des formes qui se prêtent au déroulement autour d’un volume : tiges, feuilles, ramifications et silhouettes peuvent accompagner une courbe sans l’alourdir. Un décor végétal n’est pas limité à une image placée au centre d’une face. Sur un objet tourné, il peut se poursuivre en mouvement et être découvert progressivement lorsque la pièce est déplacée.

Cette continuité transforme le geste de l’utilisateur en expérience visuelle. Une tasse tenue dans les mains ne montre pas toujours le même fragment de décor. Un bol regardé depuis le dessus révèle une autre organisation que lorsqu’il est posé sur une étagère. Le sgraffito conserve la trace de cette relation directe entre la main qui grave et la surface qui reçoit le dessin.

Des objets utilitaires avec une identité propre

Les tasses et les bols appartiennent à une vaisselle destinée au quotidien, mais leur utilité ne résume pas leur intérêt. La contenance, la prise en main et la stabilité demeurent essentielles ; elles donnent au décor un cadre concret. Le dessin végétal accompagne un usage plutôt qu’il ne l’empêche. La surface doit rester lisible quand l’objet est posé, porté ou rangé, et la forme doit conserver son équilibre dans les gestes répétés.

La théière rend cette articulation encore plus visible. Son volume doit accueillir le liquide, son ouverture doit permettre le remplissage et son bec doit guider le versement. Le couvercle ajoute une pièce qui doit trouver sa place sur le corps principal. Dans cet ensemble fonctionnel, le décor peut souligner la courbe, attirer l’attention sur une partie de la silhouette ou créer une continuité entre les différents éléments. L’objet reste identifiable comme théière tout en portant un dessin qui lui est propre.

Le porte-savon transpose la même recherche dans l’espace de la salle de bains. La forme doit recevoir un objet et laisser l’eau s’écouler ou se répartir selon sa conception. Le motif végétal ajoute une dimension sensible à un accessoire souvent traité comme un élément secondaire. Le saladier, de son côté, donne davantage d’ampleur au mouvement du décor. Sa paroi offre une surface plus large, tandis que son ouverture et sa profondeur organisent la relation entre le contenant et le dessin.

La fabrication tournée laisse subsister de petites différences d’une pièce à l’autre. Elles peuvent se manifester dans la courbe, l’épaisseur, la répartition de l’engobe ou le tracé gravé. Ces écarts ne sont pas des défauts à effacer : ils relient l’objet à un travail manuel et donnent à chaque exemplaire une présence particulière.

La porcelaine et la lumière

Laure Mitrano travaille également la porcelaine pour réaliser des photophores et des lampes. Cette matière est choisie pour sa translucidité. Lorsque la lumière rencontre une paroi suffisamment fine, elle peut la traverser et faire apparaître le décor autrement que sur une pièce opaque. Le motif végétal ne se découvre alors plus seulement par sa couleur ou son incision ; il participe à la diffusion d’une clarté intérieure.

Un photophore joue sur le contraste entre la lumière contenue dans le volume et l’ombre autour de celui-ci. Une lampe élargit cette relation à l’espace environnant. Les feuilles, les tiges et les autres formes végétales peuvent se transformer en zones plus ou moins lumineuses selon la distance entre les traits, l’épaisseur de la porcelaine et la position de la flamme ou de l’éclairage. Un dessin visible de jour prend ainsi une autre intensité lorsque l’objet est éclairé.

La translucidité demande une attention particulière à l’épaisseur. Une paroi trop épaisse laisse moins passer la lumière ; une paroi trop fine modifie la solidité et la tenue du volume. Le geste doit donc maintenir un équilibre entre la délicatesse recherchée et la construction de l’objet. Le décor s’inscrit dans cette contrainte : les zones gravées et les surfaces laissées intactes composent ensemble un filtre lumineux.

Les lampes et les photophores prolongent naturellement le travail végétal. Le jour, les motifs sont observés sur la surface de la porcelaine. Le soir, ils deviennent un dessin traversé de lumière. L’objet change de caractère sans perdre son identité artisanale. Il appartient à la décoration, mais il agit aussi sur l’ambiance d’une pièce par la manière dont il distribue la clarté.

Un langage décoratif entre ligne et volume

Le travail de Laure Mitrano repose sur un dialogue entre la construction tournée et le décor gravé. La forme donne au motif une trajectoire ; le motif rend la forme plus lisible. Sur une pièce cylindrique ou arrondie, la répétition végétale peut accentuer la verticalité, accompagner un élargissement ou attirer le regard vers une ouverture. La décoration n’est pas posée après coup comme une image indépendante : elle se développe avec le volume.

Le sgraffito ajoute une dimension tactile. Le doigt peut percevoir une différence entre l’engobe et la terre révélée, tandis que l’œil suit les lignes et les contrastes. Cette relation entre voir et toucher convient particulièrement aux objets destinés à être manipulés. Une tasse, un bol ou un porte-savon se découvre à plusieurs moments : dans le rangement, dans la main, sur une table ou sous une lumière différente.

Les bleus du vase aux oiseaux montrent aussi comment un motif figuratif peut s’inscrire dans ce langage. Les oiseaux ne sont pas seulement des éléments reconnaissables ; ils introduisent un rythme et une direction dans la surface. Le végétal peut leur servir d’environnement graphique, créer des passages entre les formes et relier le décor à la courbe du vase. L’ensemble reste attaché au volume et à la fonction décorative de la pièce.

Découvrir le travail à Lasseube-Propre

Lasseube-Propre est une commune du Gers, en région Occitanie. C’est dans ce cadre que Laure Mitrano développe une production de céramique tournée vers les objets utilitaires, les décors végétaux et les effets de lumière de la porcelaine. Son travail s’adresse à celles et ceux qui recherchent une vaisselle façonnée au tour, décorée par engobe et sgraffito, ainsi qu’à ceux qui souhaitent introduire dans leur intérieur des photophores ou des lampes où le motif apparaît par transparence.

Une tasse, un bol, une théière, un porte-savon ou un saladier peut trouver sa place dans un usage régulier tout en conservant une dimension de pièce artisanale. Un vase aux oiseaux bleus déplace le regard vers la décoration. Les photophores et les lampes ajoutent une présence lumineuse lorsque la porcelaine laisse filtrer l’éclairage. Dans chaque cas, la terre, le dessin et la fonction restent liés.

À travers le grès blanc, les engobes colorés, la gravure du sgraffito et la translucidité de la porcelaine, Laure Mitrano construit un univers où le végétal accompagne les formes sans les recouvrir. Le tour établit le volume, la main révèle la couleur de la terre, puis la lumière prolonge le motif. La céramique devient ainsi une manière de faire entrer dans les objets du quotidien une ligne organique, une surface attentive et une présence douce.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. official-directory-profile

    Laure Mitrano (site externe)

    Organisme : Chambre de Métiers et de l’Artisanat Occitanie

    Fait soutenu
    Profil de Laure Mitrano : céramiste à Lasseube-Propre, poteries utilitaires tournées, grès blanc décoré à l’engobe et au sgraffito, motifs végétaux, travail de la porcelaine translucide pour photophores et lampes, œuvres présentées comme une théière, un vase aux oiseaux bleus et des tasses.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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