Atelier & professionnel

Le Jardin dans Les Saules — Carine, osiéricultrice-vannière à Bégard

Bégard

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Bégard, dans les Côtes-d’Armor, Carine développe Le Jardin dans Les Saules autour de deux activités qui se répondent : la culture de l’osier et la vannerie. Elle produit de l’osier en Agriculture Biologique, le propose à des particuliers et à des professionnels, puis transforme une partie de cette matière en objets tressés. Des stages prolongent cette pratique par la transmission des gestes. L’ensemble forme un atelier agricole, artisanal et artistique où le saule n’est pas une matière achetée à la dernière étape, mais une plante suivie depuis la parcelle jusqu’à l’objet.

L’osier correspond à la pousse de l’année du saule. Il est récolté pendant l’hiver, lorsque la plante est en repos, puis préparé en fonction de l’usage recherché. Le Jardin dans Les Saules propose de l’osier vivant, de l’osier brut et de l’osier blanc. Ces trois formes ne se distinguent pas seulement par leur aspect. Elles correspondent à des moments et à des traitements différents, et n’offrent pas la même souplesse, la même couleur ni la même manière de se comporter sous les doigts du vannier.

La culture commence par le choix des variétés. Parmi la centaine de saules sélectionnés pour la vannerie, Carine en cultive quarante-trois, auxquelles s’ajoutent cinq variétés ornementales. Les teintes peuvent aller du brun au marron cuivré, mais la productrice recherche aussi des nuances de vert. La couleur d’un brin dépend de la variété, du sol, du climat de l’année et des conditions de séchage. Cette diversité donne à la vannerie une palette qui ne repose pas uniquement sur une teinture ajoutée après la récolte.

Les parcelles sont conduites avec une attention portée aux sols, à l’eau et à la biodiversité. Le projet de Carine s’est construit autour de l’envie de travailler dehors et de développer une activité agricole cohérente avec une relation directe au vivant. La certification Agriculture Biologique encadre cette production. Elle accompagne un choix de culture qui cherche à préserver la faune, la flore et les ressources du terrain, tout en fournissant aux vanniers une matière cultivée en France.

La récolte transforme la pousse en brins utilisables. Après la coupe, les tiges sont triées puis orientées vers les différentes préparations. L’osier vivant, parfois appelé osier frais, conserve l’humidité de la plante et peut servir à des travaux où la souplesse immédiate est recherchée. Des boutures peuvent aussi être proposées pour être plantées. La matière continue alors son cycle végétal au lieu d’être destinée directement au tressage.

L’osier brut suit un autre chemin. Après la récolte et le tri, il est monté dans un espace de séchage. En perdant de l’eau, les brins diminuent de diamètre et de poids, tandis que les couleurs de leur écorce apparaissent plus nettement. Une fois sec, l’osier brut peut être conservé pendant plusieurs années, à condition de surveiller son état. Avant le tressage, il doit être retrempé pendant une durée qui varie selon la taille, la variété et la température de l’eau, puis réessuyé dans de bonnes conditions.

Le retrempage rend au brin une partie de sa souplesse. Le vannier doit ensuite lui laisser le temps de s’équilibrer avant de le travailler. Un osier froid peut devenir plus cassant, tandis qu’une matière trop humide peut favoriser des défauts de conservation. Le rythme de préparation influe donc sur la qualité du tressage. Ce temps n’est pas une attente vide : il permet de retrouver une matière capable de plier, de suivre une courbe et de garder sa résistance lors des croisements.

L’osier blanc est obtenu après retrait de l’écorce. Dans les conditions françaises décrites par l’atelier, les bottes sont mises les pieds dans l’eau afin que la montée de sève facilite la pèlerie au printemps. L’écorce peut être retirée à la main avec un ciroir ou par un passage dans une décortiqueuse. Le bois apparaît alors dans une teinte claire. L’osier blanc se trempe plus rapidement que l’osier brut et glisse moins pendant le travail, mais les coudes et les cassures y sont plus visibles.

La préparation donne au vannier une matière adaptée à la construction. L’osier brut conserve son écorce et ses nuances ; l’osier blanc apporte une surface plus claire et régulière ; l’osier vivant garde la fraîcheur de la pousse. Le choix dépend de la forme, de la résistance, du rendu et du moment où l’objet sera réalisé. Pour une personne qui pratique la vannerie, connaître l’origine et le traitement des brins aide à choisir une botte qui correspond réellement à son projet.

La vannerie de Carine s’appuie sur l’osier qu’elle cultive et transforme. Les créations sont décrites comme solides, durables et biodégradables. Les pièces peuvent être utilitaires ou décoratives. Un panier doit offrir une prise en main confortable et une structure assez résistante pour son usage. Une corbeille peut privilégier la légèreté, l’ouverture et la finesse du tressage. Une pièce décorative peut donner davantage de place aux couleurs, aux croisements et aux variations de forme. Dans chaque cas, la matière reste visible et participe à l’identité de l’objet.

Le tressage construit progressivement la forme. Les brins sont disposés, courbés, croisés et resserrés afin de former un fond, des côtés et une bordure. La régularité ne vient pas d’un gabarit qui imposerait une surface identique, mais de la tension maintenue par la main et des corrections apportées pendant le travail. Une variation d’épaisseur peut modifier un angle ou une courbe. Le vannier doit donc lire le brin, choisir son emplacement et adapter la séquence de tressage à la matière disponible.

Les variétés de saule offrent des comportements différents. Un brin long et souple peut suivre une courbe sans casser, tandis qu’un brin plus ferme peut contribuer à la structure ou à l’armature. La couleur change aussi la lecture des motifs. Des nuances de vert peuvent se répartir dans une paroi et créer un dessin discret ; des teintes brunes ou cuivrées peuvent souligner une bordure. Le résultat dépend de la préparation, mais aussi de la manière dont les brins sont orientés et rapprochés.

Le Jardin dans Les Saules vend de l’osier aux particuliers et aux professionnels. Un particulier peut rechercher quelques bottes pour un panier ou une création personnelle. Un vannier professionnel peut avoir besoin d’un volume plus régulier, de certaines longueurs ou d’une variété particulière pour une série. Les échanges permettent de préciser le type de matière, le calendrier et l’usage. La vente à l’oseraie donne aussi la possibilité de voir les brins, de comparer les couleurs et de choisir une matière en connaissance de cause.

Cette relation directe entre productrice et utilisateur fait partie du projet. Carine souhaite conseiller les personnes qui viennent chercher leur osier et les aider à choisir des bottes adaptées. Les demandes peuvent porter sur l’osier vivant, brut ou blanc, selon la saison et le stock disponible. La matière étant issue d’une production agricole, son apparence peut varier d’une année à l’autre. Le sol, le climat et le séchage influencent les couleurs et la souplesse, ce qui donne à chaque récolte un caractère particulier.

Les créations de vannerie prolongent cette connaissance de la matière. Transformer son propre osier permet d’observer les différences entre une tige récoltée, un brin séché et une pièce en cours de tressage. La productrice connaît le temps nécessaire à la culture et à la préparation, tandis que la vannière sait comment les brins réagissent au trempage, au pliage et à la tension. Cette double compétence aide à relier le choix d’une variété à la forme finale et à l’usage de l’objet.

La démarche peut aussi conduire à des essais. Une même forme peut être réalisée avec une variété claire, une variété verte ou un mélange de brins. Le motif change selon le diamètre, la longueur et la souplesse. Une bordure plus serrée demande une préparation différente d’une structure ajourée. Une création inspirée du Land Art peut utiliser l’osier brut de manière plus libre, tandis qu’un panier quotidien réclame une construction pratique et une finition soignée. L’expérimentation reste liée à la matière réellement disponible et aux propriétés de chaque pousse.

La transmission occupe une place à part dans l’activité. Carine propose des stages et des formations pour les personnes qui veulent découvrir la vannerie d’osier ou approfondir ses techniques. Les participants peuvent apprendre à préparer les brins, à les maintenir humides, à commencer un fond, à monter une paroi et à finir un bord. La progression dépend du niveau et du projet. Un débutant découvre la relation entre l’humidité et la souplesse ; une personne déjà pratiquante peut se concentrer sur un motif, une forme ou une méthode de construction.

Un stage permet aussi de comprendre ce qui se passe avant le tressage. La culture de l’osier, la récolte hivernale, le tri, le séchage et la pèlerie forment un cycle qui conditionne le travail de la main. Les brins ne sont pas interchangeables. Leur variété, leur diamètre et leur préparation déterminent les gestes possibles. En observant l’osier sur place, les participants peuvent mieux saisir pourquoi une tige casse, se redresse, se déforme ou suit une courbe. Le savoir-faire devient alors une expérience du végétal autant qu’une technique de fabrication.

Le choix d’une pratique biologique ne se limite pas à un argument d’apparence. Il correspond à la manière dont Carine souhaite conduire ses parcelles et inscrire son activité dans un environnement vivant. Les saules poussent, sont récoltés puis repoussent, ce qui donne à la matière un rythme annuel. La vannerie rend ce cycle visible dans des objets qui restent légers, réparables et biodégradables. La culture et le tressage se complètent sans que l’une soit réduite à une simple étape de production.

Le Jardin dans Les Saules a commencé après une reconversion et une formation professionnelle. Carine a suivi un CAP Vannerie à Fayl-Billot avant de s’installer en Bretagne en 2021. Son parcours associe des études de biologie, une expérience dans d’autres activités et une envie de travailler au contact de la nature. La vannerie a d’abord été découverte comme une manière de fabriquer des contenants pour de futurs légumes, puis elle est devenue un métier à part entière. Cette origine explique le lien étroit entre l’agriculture, la matière locale et les objets utiles.

À Bégard, Carine fait ainsi vivre une osiériculture-vannerie où le saule est cultivé en Agriculture Biologique, récolté, préparé et proposé sous plusieurs formes. L’osier vivant, brut et blanc répondent à des usages différents, tandis que les créations tressées donnent une nouvelle fonction aux brins de l’année. Les particuliers et les professionnels peuvent être conseillés dans le choix de leur matière, et les stages permettent de découvrir les gestes du tressage. Le Jardin dans Les Saules relie le sol, la pousse, la main et l’objet final dans une activité artisanale qui prend le temps de respecter le rythme de la plante.

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    Le Jardin dans Les Saules — osier et vannerie (site externe)

    Organisme : Le Jardin dans Les Saules — Carine

    Fait soutenu
    Le site professionnel présente Carine comme agricultrice, artisane et vannière à Bégard, sa culture d’osier en Agriculture Biologique, ses créations de vannerie et ses stages.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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