À Paris, L’Énergie des Couleurs est un atelier d’artisanat d’art consacré à la création, à la rénovation de vitraux et à la réalisation d’objets verriers. L’activité s’adresse aux particuliers et aux professionnels qui souhaitent faire entrer la lumière colorée dans une architecture, restaurer un panneau ancien ou concevoir une pièce décorative. L’atelier travaille notamment pour des architectes, des décorateurs d’intérieur, des syndics de copropriété et des sociétés d’événementiel. Les réalisations sont conçues et mises en œuvre dans l’atelier parisien, selon les techniques du vitrail au plomb, du Tiffany et du fusing.
Le parcours de la fondatrice commence loin de l’établi. Avant de devenir artisan d’art, elle a travaillé pendant vingt-huit ans dans les directions des ressources humaines de grands groupes de services. Cette expérience lui a donné une connaissance des équipes, de l’organisation et de la conduite de projets. Elle a parallèlement développé un intérêt pour la lumière, les couleurs et les arts visuels. La peinture de sa mère, les objets décoratifs, la création de bijoux et l’étude de la chromothérapie ont nourri une réflexion personnelle sur la manière dont une couleur transforme la perception d’un espace.
Le vitrail s’est imposé comme un métier capable de réunir ces recherches. Dans sa famille, le verre était déjà présent grâce aux vitraux réalisés par son père dans la maison familiale, en suivant les principes de maîtres verriers italiens. Une rencontre avec Nolwenn Chassin de Kergommeau, maître-verrier parisienne, a ensuite joué un rôle déterminant dans la reconversion. Après une formation professionnelle pour adultes, la fondatrice a obtenu le CAP Arts et techniques du verre, option vitrailliste, puis a créé son propre atelier. Son changement de métier repose donc sur une formation identifiée et sur une pratique manuelle construite progressivement.
La création d’un vitrail commence par une intention et par l’observation du lieu. Une fenêtre, un bow-window, une ouverture sans ouvrant, un claustra, un paravent, une porte, un blason, une enseigne ou une chapelle ne produisent pas la même relation avec la lumière. La position du panneau, sa taille, le sens des passages et les vues depuis l’intérieur orientent le dessin. Une composition placée dans une cage d’escalier se découvre en mouvement, tandis qu’une œuvre installée dans une pièce de repos peut être regardée plus longuement. Le projet doit être pensé avec l’architecture et non ajouté à la fin.
L’Énergie des Couleurs propose des créations allant du classique à l’abstrait, avec des recherches qui peuvent rejoindre l’Art déco ou l’Art nouveau. Les verres naturels, les verres colorés dans la masse et les peintures sur verre permettent de varier les effets. Une surface transparente laisse passer une lumière directe ; une matière plus diffuse adoucit les contrastes ; une texture crée des reflets et des variations selon l’heure. Le choix ne se réduit pas à une palette esthétique. Il dépend de la lumière disponible, de la fonction de l’ouverture, de l’entretien envisagé et de la place du vitrail dans la pièce.
Le commanditaire participe aux étapes clés du projet. La définition de l’objet verrier, la sélection des maquettes, la colorisation et le choix des verres ou des peintures sont discutés au fil de la conception. Des photographies de l’évolution peuvent être transmises et des visites d’atelier peuvent être organisées pour observer le rendu. Cette manière de travailler permet de comparer une idée sur le papier avec la présence réelle de la matière. La couleur, la transparence et les lignes d’assemblage prennent alors une dimension concrète avant la fabrication finale.
Le montage au plomb donne au vitrail sa structure traditionnelle. Le dessin est transformé en une organisation de formes qui doivent être découpées puis réunies par des profilés de plomb. Le calibrage prépare chaque pièce ; la coupe suit les contours avec précision ; le sertissage met les fragments en place ; les soudures consolident les croisements. Le plomb joue un rôle technique, mais aussi graphique. Il dessine les silhouettes, sépare les couleurs, rythme les bordures et contribue à la lecture générale du panneau. La régularité des lignes doit rester compatible avec la solidité de l’ensemble.
Le Tiffany propose une autre manière d’assembler le verre. Les pièces sont préparées puis réunies par un ruban de cuivre et une soudure qui suivent les contours des fragments. Cette technique permet de travailler des objets, des formes plus libres et des compositions qui ne dépendent pas toujours d’un grand panneau vertical. Elle peut convenir à des éléments décoratifs, à des petits volumes ou à des assemblages où la ligne de métal devient une partie visible du dessin. Le choix entre plomb et cuivre dépend de la forme, du support, de l’usage et de l’effet recherché.
Le fusing introduit la chaleur comme outil de transformation. Des pièces de verre compatibles sont superposées ou rapprochées puis chauffées dans un four afin de créer une fusion. La température, la durée, les épaisseurs et les différences de matière doivent être maîtrisées. Une création en fusing peut prendre la forme d’un objet décoratif, d’un élément lumineux ou d’une pièce conçue pour produire une ambiance. Les effets obtenus ne sont pas ceux d’un vitrail au plomb : la surface, les contours et la profondeur évoluent autrement lorsque les verres se réunissent par la cuisson.
Les objets verriers prolongent la recherche sur la lumière. Un luminaire ne se regarde pas de la même façon lorsqu’il est éteint et lorsqu’il diffuse une lumière intérieure. Une composition de verre peut projeter des couleurs sur un mur, filtrer une source lumineuse ou organiser une atmosphère plus douce. L’objet doit toutefois rester stable, compatible avec son support et accessible pour l’entretien. Les choix de matière, d’assemblage et de forme sont donc liés à l’usage quotidien. L’Énergie des Couleurs travaille aussi sur des objets et des éléments décoratifs entièrement réalisés dans son atelier parisien.
Les entreprises et les collectivités peuvent demander des reproductions de logos, d’armoiries ou de blasons sur verre. Ce type de projet exige de traduire une identité visuelle dans un matériau qui possède ses propres contraintes. Une ligne très fine peut devenir difficile à découper ou à lire, une couleur peut changer avec la lumière et un motif complexe peut nécessiter une interprétation. La conception doit préserver les signes qui rendent l’image reconnaissable tout en respectant la technique choisie. Une enseigne, un décor d’événement ou un élément intégré à une architecture peut ainsi devenir une réalisation verrière durable.
La rénovation et la restauration cherchent à préserver l’esprit d’un ouvrage existant. L’Énergie des Couleurs présente une approche fondée sur l’étude des options possibles, la préparation d’un devis adapté et le respect des règles professionnelles de l’ECCO. Avant d’intervenir, il faut observer les pièces cassées, les plombs, les peintures, les supports et les éventuelles réparations anciennes. Une rénovation légère ne répond pas au même besoin qu’une remise en état complète. Le choix dépend de l’état du vitrail, de sa fonction, de son histoire et de la stabilité attendue après les travaux.
Une pièce fêlée, un fragment manquant et une résille déformée appellent des réponses différentes. Le restaurateur peut chercher à conserver un élément ancien, à remplacer une partie ou à reprendre l’assemblage. La nouvelle pièce doit s’accorder avec la couleur, la texture et la transparence des verres voisins. Une reproduction trop nette peut attirer le regard ; une intervention trop approximative peut rompre la lecture du décor. Le travail consiste à retrouver une continuité sans effacer les traces qui témoignent de la vie de l’œuvre. La lumière aide à contrôler l’équilibre une fois le panneau remis en place.
Les projets de rénovation peuvent être menés avec des syndics, des municipalités, des associations, des paroisses ou des entreprises spécialisées dans les monuments civils et religieux. La coordination avec d’autres intervenants devient nécessaire lorsque le vitrail dépend d’un châssis, d’une baie, d’une cloison ou d’un support architectural. Les photographies, les dimensions, l’histoire connue de l’ouvrage et les désordres visibles permettent de préparer le premier échange. L’examen du panneau reste indispensable pour décider de la technique, du niveau d’intervention et des conditions de pose.
L’atelier annonce un accompagnement avant et après la réalisation. La demande peut commencer par un conseil, une étude, une maquette ou un devis, puis se poursuivre par la fabrication, la pose et les indications nécessaires à l’entretien. Les produits sont présentés comme majoritairement français et la pose est associée à une assurance décennale annoncée par l’entreprise. Ces éléments n’effacent pas la nécessité de définir précisément chaque projet : une verrière intérieure, une rénovation de copropriété et une œuvre destinée à un événement ne demandent ni les mêmes matériaux ni la même organisation.
L’Énergie des Couleurs relie enfin le métier à une réflexion personnelle sur le bien-être apporté par la lumière. Le verre coloré transforme les murs, les reflets et les seuils entre deux espaces. Cette dimension sensible n’exclut pas la rigueur technique. Elle s’appuie sur la coupe, l’assemblage, la peinture, la cuisson, la pose et la compréhension des contraintes du bâtiment. À Paris, l’atelier de Sandre Casse propose ainsi des vitraux et des objets verriers où le plomb, le cuivre, la chaleur, la transparence et la couleur participent ensemble à des créations sur mesure ou à la préservation d’œuvres existantes.