À Biot, Léo Glass Dream développe une sculpture verrière située entre science-fiction, arts premiers et recherche sur la matière. Sous ce nom d’artiste, Jérôme Chion imagine des formes qui commencent par un travail à chaud et se prolongent par une intervention à froid. Le premier temps sert à donner au verre une silhouette, un volume et une expression ; le second ajoute des signes, des lignes et un récit. Les masques et les sculptures qui en résultent restent minimalistes dans leur construction, mais leur surface porte des indices qui invitent à regarder plus longtemps.
Léo est né en 1988 à Toul, en Lorraine, et a grandi dans un environnement lié au verre. Le parcours présenté par l’Office de tourisme de Biot indique qu’il a acquis les bases techniques auprès de son père dès l’âge de douze ans. Cette initiation précoce l’a familiarisé avec la chaleur, les outils et les réactions de la matière avant même que son langage artistique ne soit pleinement défini. La pratique s’est ensuite structurée autour de la sculpture, de la peinture de verre et d’une recherche personnelle sur la façon de faire apparaître un visage ou un personnage dans une forme transparente.
Le travail à chaud commence par le choix d’une masse ou d’un support de verre adapté au projet. La chaleur rend la matière malléable et permet de créer un volume par étirement, modelage ou assemblage. Le verrier observe la viscosité, la température et la manière dont la forme se tient pendant la rotation. Un geste trop rapide peut déplacer une expression ; un temps de chauffe trop long peut affaisser une zone. L’objectif n’est pas de lisser toutes les irrégularités, mais de conserver une tension entre la simplicité de la silhouette et l’énergie du verre en fusion.
La sculpture à chaud permet de travailler des expressions sans recourir à une description réaliste du visage. Une ouverture, une pointe, une courbe ou un changement d’épaisseur peut suggérer un regard, une bouche ou un mouvement. Le verre donne une impression de peau, de pierre ou de lumière selon la couleur et la façon dont il est refroidi. Les formes de Léo restent volontairement épurées afin que quelques signes suffisent à construire une présence. La lumière traverse alors le volume et modifie l’expression quand la pièce est déplacée ou regardée sous un autre angle.
Après le refroidissement, le travail à froid ouvre un second espace de création. La surface peut être gravée, travaillée ou recouverte de motifs qui ne changent pas la forme générale, mais transforment sa lecture. Léo puise notamment dans la culture maorie du tatouage pour dessiner des signes et des formes. Ces références ne sont pas décoratives au sens d’un simple motif ajouté après coup : elles participent à l’identité du masque et à l’histoire que la sculpture suggère. Chaque pièce reçoit ainsi un ensemble de lignes qui lui est propre.
Le contraste entre la forme obtenue au four et les interventions à froid crée une véritable construction en deux temps. La masse transparente ou colorée conserve la trace de la chaleur, tandis que le dessin introduit une dimension graphique. Une zone polie peut accrocher un reflet, une zone plus mate peut absorber la lumière et un trait gravé peut devenir très visible lorsque l’éclairage vient de côté. Le spectateur ne découvre pas tout d’un seul regard : il doit suivre les courbes, les signes et les variations de profondeur pour comprendre la pièce.
L’univers de Léo Glass Dream comprend plusieurs séries annoncées sur son site. « Peinture de verre » explore la relation entre couleur, transparence et surface. « Perspective » joue sur la manière dont une forme change avec le point de vue. « Magma » rappelle la chaleur et les mouvements d’une matière en fusion, tandis que « Fusion » met l’accent sur la rencontre de couches ou de volumes. Les séries « Arbre de vie » et « Espoir » ouvrent une lecture plus symbolique, où le verre devient support de croissance, de lien et de lumière.
Dans la série liée à l’arbre de vie, les lignes peuvent évoquer des ramifications, des racines ou un réseau qui relie les parties d’une forme. Le verre rend ces motifs sensibles aux reflets : une branche apparaît plus nettement sur un fond sombre et devient plus discrète devant une fenêtre. La sculpture ne se réduit pas à un symbole fixe ; elle se transforme avec l’espace qui l’accueille. La série « Espoir » s’inscrit dans une approche voisine, en utilisant la clarté, les couleurs et les ouvertures pour donner une sensation d’élan plutôt que de lourdeur.
Les pièces de Léo peuvent prendre la forme de masques, de sculptures ou de compositions murales. Un masque n’est pas conçu comme un accessoire à porter, mais comme un visage d’art qui possède son caractère et son récit. La transparence laisse parfois voir plusieurs plans, comme si une expression se cachait derrière une autre. Une sculpture plus compacte mettra plutôt en avant la densité, les volumes et la résistance de la matière. Dans les deux cas, la présentation compte : le support, la distance de regard et la direction de la lumière participent à l’expérience.
La peinture de verre ajoute une autre possibilité. Des pigments ou des couleurs peuvent être posés sur une surface transparente afin de faire apparaître une profondeur qui n’est pas seulement celle du volume. Une teinte peut se superposer à une autre, laisser un passage clair ou accentuer une ligne gravée. Le rendu varie selon l’éclairage et la distance. Cette technique demande de maîtriser la préparation de la surface et la façon dont la couleur s’accorde avec le verre, afin que le motif reste lisible sans étouffer la lumière.
Léo Glass Dream présente ses créations dans des expositions et des lieux partenaires. Le site de l’artiste et les pages de Biot Tourisme permettent de découvrir les séries, les pièces disponibles et les modalités de contact. Une personne intéressée par une œuvre peut préciser l’espace qui l’accueillera, la lumière disponible et les dimensions recherchées. Pour une commande, le dialogue sert à définir la gamme chromatique, la place des signes et le type de finition. Comme la sculpture est réalisée en deux temps, le projet doit laisser une part de réponse à la matière et aux essais.
La visite ou l’achat se prépare sur rendez-vous lorsque l’atelier ou l’espace d’exposition n’est pas ouvert en accès libre. Les horaires et les lieux de présentation peuvent changer selon les expositions. Un échange préalable évite de confondre une galerie temporaire, une rencontre avec l’artiste et un atelier de production. Les personnes qui souhaitent simplement découvrir le travail peuvent commencer par les séries en ligne, puis demander quelles pièces sont visibles au moment de leur venue.
À Biot, Léo Glass Dream propose donc une approche singulière du métier de verrier : une forme naît dans la chaleur, puis une écriture graphique apparaît à froid. Les références à la science-fiction, aux arts premiers et aux signes inspirés du tatouage maori donnent aux masques un caractère narratif. Les séries consacrées à la perspective, au magma, à la fusion, à l’arbre de vie ou à l’espoir montrent différentes façons de faire circuler la lumière. Chaque sculpture associe un volume, une expression et une histoire que le regard reconstruit au fil des déplacements.