À Saint-Antonin-Noble-Val, dans le Tarn-et-Garonne, Les Ateliers PalmBeach réunissent Mélanie Gabu, designeuse, et Thierry Sterckval, fabricant. Leur activité est consacrée à la conception et à la fabrication de luminaires, avec une gamme qui comprend des lustres, des lampadaires, des lampes de bureau, des appliques murales et des abat-jour. Le duo travaille chaque objet comme une composition où la structure, la matière et la lumière doivent trouver leur juste relation. L’enjeu n’est pas seulement de produire un éclairage fonctionnel : il s’agit aussi de donner une présence, une proportion et un caractère à une pièce destinée à prendre place dans un intérieur.
Le point de départ des réalisations est une structure métallique. Cette base donne sa tenue à l’objet et détermine déjà une partie de son volume, de son équilibre et de sa façon de diffuser la lumière. À cette armature, les artisans associent plusieurs types d’éléments selon le projet. Il peut s’agir d’une pièce en tôle formée, d’une verrerie chinée dans une brocante ou un vide-grenier, ou encore d’un tissu sérigraphié. Ces choix ne produisent pas le même effet. Le métal affirme une ligne et une silhouette ; le verre apporte une transparence, une épaisseur ou une irrégularité ; le textile filtre la lumière et enveloppe le flux lumineux d’un motif. La conception consiste alors à faire dialoguer ces composants sans alourdir l’ensemble.
La tôle formée permet de prolonger la structure par une surface travaillée selon une courbe ou un volume précis. Sa mise en forme demande de penser les raccords, les bords, les points de fixation et la manière dont la lumière va rencontrer le métal. Une pièce trop fermée peut concentrer l’éclairage ; une surface ouverte peut au contraire laisser le flux lumineux se déployer davantage. Dans une lampe de bureau, la forme doit aussi accompagner le geste et l’espace de travail. Dans un lampadaire, elle participe à la hauteur et à la direction du halo. Chaque projet appelle ainsi une relation particulière entre l’armature et la partie visible qui l’habille.
Les verreries choisies dans les brocantes et les vide-greniers donnent aux luminaires une dimension singulière. Une pièce ancienne peut présenter une forme, une teinte, une texture ou une épaisseur qui ne se retrouve pas dans un élément fabriqué à l’identique. Son intégration demande de tenir compte de ses dimensions et de sa fragilité, mais aussi de sa relation avec le métal. La verrerie devient une partie active de l’objet : elle transforme la lumière, attire le regard et introduit une histoire matérielle dans une composition contemporaine. Le travail des Ateliers PalmBeach consiste à lui trouver une place juste, afin que la récupération ne soit pas un simple ajout mais participe réellement à l’équilibre du luminaire.
Les tissus sérigraphiés offrent une autre manière de travailler la diffusion. Un abat-jour en lin sérigraphié laisse passer la lumière à travers une surface souple et décorée. Le motif, son échelle et sa position modifient la perception de l’objet lorsqu’il est éteint comme lorsqu’il est allumé. La sérigraphie apporte une présence graphique, tandis que le textile conserve une douceur visuelle et une légèreté que ne donnerait pas une enveloppe métallique. La relation entre le tissu, la forme de l’abat-jour et le foyer lumineux doit rester lisible. Le décor ne doit pas empêcher la lumière de jouer son rôle ; il l’accompagne et lui donne une tonalité particulière.
La production comprend des pièces uniques fabriquées dans les ateliers. Cette dimension permet de conserver une attention portée à la rencontre entre les matériaux et à la finition de chaque objet. Une lampe de bureau métal-verre ne se lit pas comme une lampe de bureau entièrement métallique. Dans le premier cas, la verrerie devient un point de contraste et peut introduire une transparence ; dans le second, la matière métallique construit une expression plus continue. Les exemples présentés par les artisans montrent aussi la diversité des réponses possibles : une même fonction d’éclairage peut donner naissance à des objets très différents selon la structure, la surface et le matériau retenus.
Les Ateliers PalmBeach réalisent également des pièces sur mesure. Une demande personnalisée peut concerner le format, le type de luminaire, la matière, la présence d’une verrerie ou le choix d’un tissu. Le projet doit alors s’accorder avec les dimensions du lieu, le mobilier voisin, la hauteur disponible et l’effet lumineux recherché. Pour un lustre, la silhouette doit trouver sa place dans le volume de la pièce. Pour une applique murale, l’objet doit dialoguer avec le mur tout en laissant la lumière se répartir de façon agréable. Pour une lampe de bureau, la hauteur et l’orientation comptent autant que l’apparence. La fabrication sur mesure commence donc par une réflexion sur l’usage et l’environnement avant de se traduire en forme.
Le duo intervient aussi sur la restauration d’anciens luminaires de tout type. Deux orientations sont proposées : une restauration à l’identique, dans la mesure du possible, ou une réinterprétation de l’objet. La première cherche à respecter l’apparence et l’esprit du luminaire existant. Elle demande d’observer la structure, les pièces conservées, les assemblages et les éléments qui peuvent être remis en état. La seconde accepte une évolution de l’objet. La forme ancienne peut alors servir de point de départ à une nouvelle composition, en conservant une partie de son caractère tout en adaptant son usage, sa présentation ou ses matériaux.
Restaurer un luminaire suppose de ne pas séparer l’esthétique de la construction. Une armature doit rester stable, les éléments ajoutés doivent être correctement maintenus et la diffusion de la lumière doit correspondre au rôle attendu. La verrerie, le métal et le textile n’ont pas la même présence ni les mêmes contraintes. Un abat-jour peut transformer l’ambiance sans modifier la silhouette générale ; une nouvelle pièce métallique peut au contraire changer la lecture du volume. L’approche annoncée par les artisans laisse une place à l’examen de l’objet avant la décision, afin de choisir entre conservation, remplacement, adaptation ou transformation.
Le design des Ateliers PalmBeach est décrit comme simple et épuré. Cette sobriété ne signifie pas absence de recherche. Elle demande au contraire de maîtriser les proportions, les transitions et la quantité de matière visible. Un objet d’éclairage doit pouvoir être regardé lorsqu’il est éteint, puis révéler une autre qualité une fois allumé. La fonctionnalité reste liée à la forme : une structure trop chargée peut perturber la diffusion, une enveloppe mal proportionnée peut déséquilibrer l’ensemble, et un détail trop présent peut détourner l’attention de la lumière. La recherche se situe dans cet équilibre délicat entre dessin et usage.
À Saint-Antonin-Noble-Val, Mélanie Gabu et Thierry Sterckval développent ainsi une pratique qui relie design, fabrication et réemploi de matériaux choisis. Les structures métalliques, les tôles formées, les verreries trouvées et les tissus sérigraphiés deviennent les composants d’objets d’éclairage conçus pour un lieu et un usage. Les pièces uniques, les restaurations et les commandes personnalisées donnent plusieurs portes d’entrée à leur travail. Un luminaire peut être imaginé à partir d’une fonction précise, d’un élément ancien à conserver, d’une matière aimée ou d’une recherche sur la diffusion. Dans chaque cas, la ligne de l’objet, la qualité de sa lumière et la cohérence de sa construction sont pensées ensemble.