À Avignon, Les Verriers du Palais réunissent Emma Rojo et Anne-Claire autour de la création et de la décoration sur verre. L’atelier-boutique accueille les projets de particuliers et de professionnels qui souhaitent une pièce unique, une petite série ou un ouvrage personnalisé. Le verre y est travaillé pour ses transparences, ses reflets, sa profondeur et sa capacité à transformer la lumière. Sablage, argenture et vitrail Tiffany composent un ensemble de techniques qui permet de passer d’un objet décoratif à une intervention plus architecturale, d’un miroir à une lampe ou d’un panneau à une pièce de vaisselle.
L’histoire de l’atelier est liée à la restauration. Emma et Anne-Claire se sont rencontrées pendant leurs études de design verrier, puis ont travaillé sur le chantier de restauration du Cyclop de Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle. Cette expérience dans un environnement artistique singulier a nourri leur envie de créer des objets en verre et de reprendre un atelier de gravure. En octobre 2021, elles ont saisi l’occasion de poursuivre l’activité de Stéphanie Le Breton en y ajoutant leur propre regard et une gamme de vitrail Tiffany personnalisable.
Leur parcours associe des formations différentes. Emma est diplômée d’un baccalauréat STD2A, orienté vers le design et les arts appliqués. Anne-Claire possède un Brevet des Métiers d’Art de verrier décorateur. Toutes deux ont également suivi un Diplôme des Métiers d’Art avec une option consacrée à l’art du verre et du cristal. Ces apprentissages donnent une base technique et artistique à leur pratique. Ils permettent d’aborder le verre comme une matière à observer, à découper, à creuser, à assembler ou à faire réfléchir selon le résultat recherché.
Le sablage est une technique centrale de la décoration sur verre. Il consiste à projeter un abrasif sur la surface afin de la dépolir ou de la creuser. L’atelier joue sur les profondeurs pour faire apparaître un motif, créer une gradation et donner au décor une sensation de volume. Un aplat dépoli diffuse la lumière de manière douce, tandis qu’une zone plus creusée peut produire une ombre ou un contraste plus marqué. La gravure devient ainsi un travail de modelé : la surface vitrée se lit comme un dessin dont les nuances dépendent de la profondeur et de l’éclairage.
Le sablage se réalise généralement sur l’envers d’une plaque. Cette position protège la lecture du décor tout en laissant la face visible conserver une relation directe avec la lumière. Le geste doit rester précis, car une matière retirée ne peut pas être remise en place de la même façon. Le motif est préparé, les zones sont protégées ou dégagées, puis les passages successifs créent les différents niveaux. Une ligne fine, une ombre, un dégradé ou une forme plus profondément sculptée demandent chacun une maîtrise différente. Le verre devient une surface graphique, mais aussi une matière qui réagit à la lumière.
La profondeur modifie l’expression d’un même dessin. Un contour légèrement dépoli peut rester discret dans une pièce très éclairée, puis apparaître davantage lorsque la lumière vient de côté. Une zone creusée capte l’ombre et donne un relief visuel à un motif. Cette relation avec l’éclairage est particulièrement intéressante pour un panneau décoratif, une porte vitrée, une applique ou une pièce placée près d’une fenêtre. Le décor n’est jamais complètement séparé de son environnement : il évolue avec la position du regard et avec les conditions lumineuses du lieu.
L’argenture répond à une autre logique. Cette technique artisanale consiste à déposer un mélange chimique à base d’argent sur une surface de verre afin de créer un miroir ou d’en modifier l’aspect. La couche réfléchissante transforme la plaque en objet de lumière. Elle renvoie l’image, agrandit visuellement un espace et peut être associée à des zones décorées ou sablées. Un miroir argenté n’est donc pas seulement un accessoire fonctionnel. Sa bordure, sa surface, ses variations et sa relation avec le mur participent à une composition qui peut être sobre, graphique ou plus expressive.
La rencontre entre argenture et sablage ouvre des possibilités de contraste. Une zone réfléchissante renvoie l’environnement, tandis qu’un passage dépoli diffuse ou absorbe davantage la lumière. Les deux surfaces se répondent sans produire le même effet. Un motif peut apparaître dans le reflet, se perdre dans une partie mate ou se révéler lorsque la personne se déplace. Cette alternance donne au miroir une profondeur particulière. Elle permet également d’adapter le décor à l’usage d’une pièce, à ses couleurs et à la distance depuis laquelle l’objet sera regardé.
Le vitrail Tiffany complète cette recherche autour de la lumière. Les Verriers du Palais proposent des créations en vitrail et une collection personnalisable. Une composition peut être pensée pour offrir un motif, une ambiance colorée ou une séparation légère entre deux espaces. Les verres choisis, leurs teintes, leurs transparences et la forme générale déterminent la manière dont la lumière traverse l’ensemble. Un panneau placé près d’une fenêtre reçoit une lumière changeante ; une pièce installée dans un intérieur dépend davantage d’un éclairage artificiel ou de la clarté qui circule dans la pièce.
Une commande personnalisée commence par le dialogue autour de la destination de l’objet et de l’intention visuelle. Un particulier peut rechercher une pièce qui s’accorde à son intérieur ; un professionnel peut souhaiter un décor qui accompagne l’identité d’un lieu. La taille, la position, les couleurs, la fonction et la place de la lumière orientent la proposition. Un objet destiné à être manipulé ne se prépare pas comme un panneau mural. Une lampe doit conjuguer structure, diffusion et stabilité ; un miroir doit rester agréable à utiliser tout en conservant son caractère décoratif.
L’atelier réalise des objets et des créations pour des usages variés. Les références professionnelles comprennent des appliques, des bougeoirs, des lampes, de la vaisselle et des pièces de verrerie. Chaque catégorie impose une relation différente avec le verre. Une applique travaille avec une source lumineuse ; un bougeoir accompagne une flamme ; une lampe organise un éclairage ; la vaisselle doit être pensée pour la prise en main et le quotidien ; une sculpture en verre se découvre davantage par son volume et ses transparences. Le dessin et la technique sont choisis selon la fonction de l’objet.
Les pièces uniques laissent une grande place à l’interprétation. Un motif peut être dessiné spécialement, une profondeur peut être modulée et une finition peut être ajustée à une ambiance. Une petite série demande une cohérence entre les exemplaires tout en conservant les nuances de la fabrication manuelle. Le verre n’absorbe pas la lumière de manière identique selon son épaisseur, son décor ou sa position. Une légère différence de traitement peut changer un reflet ou une ombre. Cette singularité fait partie du caractère des pièces réalisées à l’atelier.
Le travail du verre réclame une préparation attentive. Il faut comprendre les dimensions de la plaque, les zones qui recevront le décor, les limites de la technique et la manière dont l’objet sera installé. Le sablage demande de maîtriser les profondeurs ; l’argenture demande de préparer une surface adaptée ; le vitrail demande de composer une structure cohérente et de vérifier les relations entre les différents verres. Les finitions se pensent avec le support, le cadre, les systèmes de fixation et la lumière environnante. Une création réussie tient autant à la qualité du geste qu’à son intégration dans le lieu.
Le verre donne une place particulière aux ombres et aux reflets. Une surface transparente laisse passer une partie de la lumière, une surface colorée la filtre, une zone sablée la diffuse et une partie argentée la renvoie. Ces comportements peuvent être combinés dans une même pièce. La personne qui regarde découvre alors plusieurs lectures : le motif visible sur la surface, l’ombre projetée derrière l’objet, le reflet du lieu et la variation apportée par le déplacement. La décoration sur verre devient une expérience qui change selon l’heure et la position.
L’atelier est installé au pied du Palais des Papes, dans le centre d’Avignon. Cette implantation inscrit Les Verriers du Palais dans un environnement fortement marqué par le patrimoine et par les passages de visiteurs. Leur travail ne cherche pas à imiter une époque particulière. Il s’appuie sur les techniques artisanales pour créer des objets actuels, décoratifs et personnalisables. La proximité avec un lieu historique renforce toutefois le dialogue entre la matière, la lumière et l’architecture. Un miroir, un panneau ou un vitrail peut modifier la perception d’un espace tout en restant à une échelle humaine.
Les deux verrières accordent aussi une place à la rencontre avec le public. L’atelier-boutique permet de découvrir les pièces, de comprendre les effets de surface et de parler d’un projet. Des événements artistiques ont été organisés autour de la création sur verre, de l’argenture et du vitrail. Ces rendez-vous prolongent le travail de l’atelier par une dimension de transmission et d’échange. Ils montrent que le verre peut être regardé comme une matière technique, mais aussi comme un support d’expérimentation et de création accessible à différents publics.
Leur pratique relie donc plusieurs temps. La restauration a contribué à leur histoire commune, la formation leur a donné des outils et la reprise d’un atelier de gravure leur a permis de développer une identité. Le sablage apporte le dessin et la profondeur, l’argenture transforme la surface en miroir, et le vitrail Tiffany ouvre la composition à la couleur et à la lumière traversante. Ces techniques ne sont pas juxtaposées sans lien : elles répondent à une même recherche sur la manière dont le verre peut modifier un espace et raconter une intention.
À Avignon, Les Verriers du Palais proposent une décoration sur verre qui associe précision artisanale et recherche visuelle. Emma Rojo et Anne-Claire conçoivent des pièces uniques, des petites séries et des créations sur mesure pour des particuliers ou des professionnels. Leurs appliques, lampes, bougeoirs, miroirs, objets de table et panneaux s’appuient sur le sablage, l’argenture ou le vitrail Tiffany. Les surfaces peuvent être transparentes, mates, sculptées, réfléchissantes ou colorées, selon l’effet recherché et la place de l’objet dans son environnement.
Le verre devient chez elles une matière de lumière. Un motif sablé se révèle par ses profondeurs, un miroir argenté renvoie le lieu et un vitrail transforme la clarté qui le traverse. Les créations peuvent rester discrètes ou devenir le point de départ d’une atmosphère entière. Leur qualité se découvre dans les détails, dans la relation entre une surface et son reflet, dans le passage de la lumière et dans la façon dont une pièce s’accorde avec un intérieur. À Avignon, Les Verriers du Palais font vivre un savoir-faire verrier qui mêle gravure, décoration, couleur et imagination.