À Paris, leWORKSHOP réunit plusieurs gestes autour du cuir et de la personnalisation. L’atelier travaille la maroquinerie, la reliure et la dorure dans le 9e arrondissement, au cœur du quartier de la Nouvelle Athènes. Son approche s’adresse aux marques, aux professionnels et aux particuliers qui souhaitent donner une identité à un objet, créer une pièce sur mesure ou découvrir un geste manuel. Le cuir y est considéré comme une matière à construire, à protéger et à orner, depuis le choix du support jusqu’aux dernières marques de finition.
Le projet est né en 2011 de la volonté de Valérie Defix de créer un atelier consacré aux métiers du cuir. Sa première activité est orientée vers la maroquinerie et les pièces personnalisées. La créatrice se forme à l’école Grégoire-Ferrandi et obtient un CAP de maroquinerie en 2010. Elle complète ce parcours par un CAP de menuiserie, des bases de gainerie et des cours de cartonnage artistique. Cette pluralité lui permet de comprendre les liens entre une peau, une structure, un renfort, une charnière ou un volume en carton. Le projet évolue ensuite lorsque la dorure sur cuir devient un axe central de l’atelier.
La maroquinerie commence par une conception précise. Une pochette, un étui, un bracelet ou un petit sac doit être pensé en fonction de son usage, de la manière dont il sera porté et des contraintes de fermeture. Le dessin détermine les empiècements, les épaisseurs, les angles et les zones qui recevront une couture ou un bord rapporté. La préparation du patron sert à répartir la matière, à prévoir les replis et à maintenir les proportions. Selon l’objet, le cuir peut être refendu, paré, marqué, collé puis cousu. La netteté d’une tranche et la régularité d’un point participent directement à la solidité comme à l’apparence.
Les réalisations duWORKSHOP privilégient les finitions qui rendent l’objet personnel. Une initiale, un mot, un signe ou un motif peut être appliqué par marquage doré ou argenté. La dorure sur cuir demande une surface préparée, une température maîtrisée et une pression régulière. Le geste doit transférer le métal sans écraser la fleur ni déformer la pièce. L’or 22 carats et l’argent peuvent souligner une ligne, accompagner une couture ou devenir le centre d’un décor. Le choix du dessin, de sa taille et de son emplacement est discuté pour que la personnalisation reste lisible lorsque l’objet est utilisé.
La publication de la Ville de Paris consacrée au label Mode et accessoires décrit un bracelet double tour réalisé par ValérieD Création, nom alors associé au projet. Elle mentionne un cuir à bride rehaussé d’un marquage précieux, personnalisable, fermé par deux boutons de col. La pièce mobilise des savoir-faire de sellerie-maroquinerie et de dorure sur cuir. Cette référence illustre la façon dont un accessoire quotidien peut devenir un support de composition graphique : la largeur de la bride, le choix du cuir, la ligne du marquage et le contraste du métal sont réglés ensemble.
La reliure et le cartonnage élargissent le champ de l’atelier. En 2024, Philippine Letren rejoint leWORKSHOP comme relieure-doreure. Formée au lycée professionnel Corvisart-Tolbiac, elle obtient un CAP et un BMA en reliure-dorure ainsi qu’une mention complémentaire en dorure à chaud, après un premier parcours en communication visuelle. Ses stages à la Bibliothèque nationale de France et dans différents ateliers nourrissent une pratique qui va de la reliure de conservation à la reliure de création, du cartonnage à la papeterie. Le cuir peut alors recouvrir un plat, protéger un dos, recevoir un décor ou dialoguer avec un papier choisi pour sa texture.
Une restauration de reliure impose une attention différente d’une création neuve. Il faut observer l’état du livre, comprendre la construction existante, repérer les parties fragilisées et choisir une intervention compatible avec les matériaux anciens. Le démontage éventuel, la préparation des cartons, le traitement du dos et la pose de la couvrure s’effectuent progressivement. Les décors traditionnels ou contemporains doivent respecter la lecture du volume. La dorure à chaud, les filets et les motifs sont ajustés au format du livre et à la résistance du support.
La personnalisation constitue aussi un service destiné aux entreprises et aux maisons qui souhaitent proposer une animation ou une série identifiée. Le marquage peut être réalisé sur des pièces déjà fabriquées, en boutique ou lors d’un événement, à condition que le cuir accepte la chaleur et la pression. Un échange préalable permet de vérifier le format, la couleur, la zone disponible et le rendu recherché. Pour une série, l’échantillon sert à valider la taille du motif et la nuance du métal avant la réalisation. Pour une pièce unique, le placement peut suivre une couture, accompagner une courbe ou rester volontairement discret.
Les ateliers créatifs transmettent ces gestes à des participants qui veulent fabriquer un accessoire ou comprendre les étapes d’un objet en cuir. La préparation, la coupe, le parage, l’assemblage et la finition sont expliqués dans un ordre qui rend le travail accessible. Le résultat dépend de la précision des mesures et de la patience accordée aux bords. Cette pratique permet de découvrir pourquoi une peau ne se comporte pas comme un tissu et comment une construction simple peut gagner en tenue grâce à un renfort ou une doublure.
Dans le quartier parisien où il est installé, leWORKSHOP fait dialoguer artisanat du cuir, métiers du livre et décor précieux. La maroquinerie apporte la construction et la résistance ; la reliure apporte la relation au volume et à la conservation ; la dorure apporte une lumière et un signe. Cette combinaison ouvre des projets allant de l’accessoire personnalisé au livre habillé, en passant par les petites séries et les collaborations de marque. L’atelier conserve ainsi une échelle où le dessin, la main et la finition peuvent rester liés à chaque pièce.