Atelier & professionnel

Lisa Maïofiss — céramiques texturées et design à Chaville

Chaville

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Chaville, dans les Hauts-de-Seine, Lisa Maïofiss développe une pratique de la céramique contemporaine où le volume se découvre autant par le regard que par la texture. Ses créations vont du vase au luminaire, du bijou au petit mobilier, avec des pièces murales, des miroirs et des objets décoratifs de dimensions variées. Elles sont réalisées en pièces uniques, en petites séries ou dans le cadre de projets sur mesure. Cette amplitude ne disperse pas son langage : les surfaces marquées, les lignes sobres et le dialogue entre terre et textile forment un fil conducteur reconnaissable. Installé entre Sèvres et Versailles, son atelier de Chaville constitue le lieu où croquis, essais de matière et construction des volumes se rejoignent.

Le parcours de la céramiste s’est bâti sur un temps long. Après près de dix années de pratique autodidacte, elle se forme au tournage en 2013, obtient un CAP de tournage en 2014 et fonde son atelier à Chaville. Ses premières productions associent des vases et des objets en grès chamotté brut, des formes épurées et des émaillages graphiques. Elle étend ensuite ses recherches à la porcelaine texturée, aux objets utilitaires et décoratifs, puis aux bijoux en céramique. Cette progression explique la coexistence, dans son travail, d’une connaissance précise du geste de potier et d’une attention portée à l’objet dans l’espace intérieur.

En 2020, Lisa Maïofiss poursuit sa réflexion à l’ENSCI–Les Ateliers dans le mastère « Innovation par le design ». Son mémoire porte sur la collaboration dans les métiers d’art et sur la place du design et des territoires. Cette étape accompagne une évolution vers des pièces de plus grand format, le petit mobilier et les projets conçus avec des architectes ou des designers. Le design n’intervient donc pas seulement comme une apparence ajoutée à l’objet : il nourrit la manière de penser son usage, son échelle, son insertion dans un lieu et les échanges nécessaires à sa réalisation.

La matière occupe une place centrale dans cette démarche. Lisa Maïofiss travaille la porcelaine, la faïence et plusieurs grès, notamment des terres chamottées dont les grains participent à l’aspect de la surface. La terre peut rester visuellement brute, recevoir un relief régulier ou être ponctuée par un émail coloré. Le contraste entre une silhouette simple et une peau richement travaillée revient souvent. Une forme calme peut ainsi être animée par des stries, une trame quadrillée ou l’empreinte d’un cordage. À l’inverse, une construction plus affirmée conserve de la lisibilité grâce à une gamme de matière resserrée.

Le textile fournit une part importante du vocabulaire plastique. Tissages, rubans, cordes et lignes accumulés dans l’environnement de travail deviennent des points de départ pour modeler ou rythmer la terre. Dans la porcelaine, un quadrillage délicat peut évoquer une étoffe sans chercher à l’imiter littéralement. Sur un volume de grès, des lignes verticales modifient la façon dont l’ombre se dépose et soulignent la hauteur de la pièce. L’ajout d’un cordage après les cuissons met en présence deux matériaux dont la souplesse, la couleur et le toucher ne se répondent pas de la même manière. Cette rencontre donne aux objets une tension particulière entre structure et mouvement.

Les étapes de fabrication montrent comment cette recherche s’inscrit dans des gestes concrets. Lisa Maïofiss part fréquemment d’un motif, d’une forme ou d’un détail conservé dans ses cahiers d’inspiration, puis passe par le croquis et l’expérimentation. Montage, texturage, assemblage, cuissons, émaillage et ajout éventuel de cordes construisent progressivement la pièce. Le processus laisse une place à l’imprévu : une réaction de la matière ou un déséquilibre peut ouvrir une nouvelle piste, sans supprimer la rigueur nécessaire au séchage, à l’assemblage et au passage au four. Chaque opération transforme l’équilibre entre volume, surface et détail.

Plusieurs techniques de façonnage répondent à des intentions différentes. Le tournage permet d’obtenir des formes symétriques tout en conservant la trace et la spontanéité du geste. Le travail à la plaque convient aux découpes, aux assemblages et aux constructions plus géométriques ou architecturées. La jarre à la corde offre une autre relation au grand volume. Dans cette technique ancienne originaire du sud de la France, une corde est enroulée autour d’une structure de bois avant l’application de l’argile. Après un séchage partiel, la structure et la corde sont retirées ; leur empreinte demeure visible à l’intérieur. Le procédé ne sert pas seulement à atteindre une taille importante : il inscrit la logique de construction jusque dans la paroi de l’objet.

Les collections donnent à voir deux grandes familles de matières. Sous l’intitulé Terre Brute, les ensembles Terrablanca, Terracotta et Anticorps réunissent des pièces uniques en faïence ou en grès chamotté. Leurs formes contemporaines empruntent notamment à l’Antiquité ou à la biologie, tandis que textures extérieures et émaillages accentuent le caractère brut de la terre. Le versant consacré à la porcelaine blanche comprend Quadrille, Les Effilés et les bijoux. Les formes y sont simples et contemporaines, avec des reliefs plus délicats et des émaux colorés qui créent un contraste net. Ces familles ne reposent pas sur un décor interchangeable : chacune organise autrement le rapport entre profil, toucher et lumière.

Les influences revendiquées par Lisa Maïofiss expliquent la diversité maîtrisée de cet univers. Le minimalisme scandinave et l’esthétique japonaise côtoient la céramique antique, l’art contemporain et l’architecture brutaliste. Le XVIIIe siècle, les cabinets de curiosités, l’art flamand du XVIe siècle et la haute couture élargissent encore ce champ. Il ne s’agit pas de reproduire un style historique, mais d’observer une proportion, une ligne, une accumulation ou un détail pour le faire passer dans un objet contemporain. La rigueur géométrique peut rencontrer une texture intuitive ; une référence ancienne peut être ramenée à une silhouette très épurée.

Cette approche se déploie dans des objets destinés à des usages et à des espaces différents. Les vases et contenants donnent une place centrale au profil et à l’ouverture. Les miroirs et modules muraux travaillent la relation entre céramique, mur et lumière. Les luminaires — appliques, suspensions ou lampes de table — ajoutent les contraintes d’un objet qui doit structurer l’éclairage autant que l’espace. Les tabourets, tables basses et piétements céramiques font entrer la terre dans le registre du mobilier. Totems, paravents et compositions de plus grande échelle prolongent cette recherche vers des présences plus architecturales.

Le travail avec les professionnels de l’aménagement repose sur un dialogue avec le contexte. Architectes, designers et décorateurs peuvent solliciter une création adaptée à une ambiance, à des contraintes techniques ou à un cahier des charges. Lisa Maïofiss travaille à partir d’intentions, de plans ou de planches d’inspiration, puis propose des matières, des formes et des variantes compatibles avec le projet. Cette méthode lui permet de conserver son écriture — lignes épurées, textures brutes, attention aux contrastes — tout en concevant un objet qui ne soit pas isolé de son futur environnement.

La collaboration autour des tables ROC, créées et éditées par la designer Rebecca Felcey pour Portobello, illustre cette articulation entre céramique et mobilier. Lisa Maïofiss en réalise les piétements pour des tables basses et des bouts de canapé. Les versions mentionnées associent grès blanc, grès noir chamotté ou faïence chamottée de Toscane, avec une texture de lignes verticales et un façonnage à la plaque. Ici, la céramique devient un élément porteur et fortement visible du meuble. Le relief allonge le volume, tandis que le choix de terre modifie sa présence, de la clarté minérale du grès blanc à une tonalité plus sombre ou terracotta.

Avec l’architecte d’intérieur Alexandra Lazzarini, la céramiste a réalisé des suspensions destinées à une cuisine. Le grès blanc partiellement émaillé de noir dialogue avec des éléments électriques noirs, ce qui fait de la continuité chromatique une composante de l’ensemble. Une grande coupe à cordes appartient également à cette collaboration et associe le grès blanc, l’émail partiel et le cordage. D’autres créations ont servi à des prises de vue et à des scénographies pour Casamance. Ces exemples montrent comment un même vocabulaire peut passer de l’objet autonome à une composition pensée pour l’architecture intérieure, le mobilier ou l’image.

Le bijou constitue une échelle plus intime de cette exploration. La porcelaine permet d’y retrouver les motifs graphiques, les reliefs et les contrastes colorés présents dans les objets de décoration, mais dans un format lié au corps et au mouvement. Les premières lignes de bijoux mêlaient déjà références au XVIIIe siècle et dessins contemporains. Cette circulation entre parure, objet et mobilier est caractéristique de la pratique de Lisa Maïofiss : un motif peut changer de dimension et de fonction, tout en gardant la même attention à la matière et à la façon dont la lumière révèle sa surface.

À Chaville, l’atelier réunit ainsi tournage, travail à la plaque, construction de grands volumes, texturage et recherche d’émaux. La proximité de Sèvres place cette activité dans un territoire fortement associé à la céramique, mais le travail de Lisa Maïofiss se distingue par son ouverture vers le textile, le design et l’architecture. Ses collections et ses réalisations sur mesure montrent une même volonté de faire dialoguer une forme lisible avec une surface active. Qu’il s’agisse d’un vase, d’un miroir, d’une suspension, d’un bijou ou d’un piétement de table, l’objet prend sa singularité dans l’équilibre entre la terre choisie, la technique de construction et le rythme du relief.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel biographie-officielle

    À propos — Lisa Maïofiss, céramiste (site externe)

    Organisme : Lisa Maïofiss

    Fait soutenu
    La présentation officielle décrit son parcours, sa formation au tournage, son CAP, son atelier à Chaville, son mastère à l’ENSCI, ses influences, ses matières et les étapes de fabrication.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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