À Hallivillers, dans la Somme, Loïc Budin réunit un atelier d’ébénisterie et un centre de formation consacré au travail du bois. Son activité associe la fabrication et la restauration de meubles pour des clients à des stages destinés aux personnes qui souhaitent apprendre les gestes du métier. Le lieu accueille aussi bien les débutants que les amateurs déjà autonomes, avec l’objectif de réaliser un objet ou un meuble pendant le séjour. L’approche s’appuie sur une expérience professionnelle construite en France et à l’étranger, puis sur une transmission organisée dans un cadre à taille humaine.
Le parcours de Loïc Budin commence très tôt. Il explique aimer le bois depuis l’enfance et avoir voulu devenir ébéniste dès l’âge de six ans. À vingt ans, son diplôme obtenu à l’Institut Saint-Luc en Belgique lui ouvre les portes d’une maison parisienne spécialisée dans les meubles anciens. Il y travaille sur des pièces de collection signées par de grands ébénistes des XVIIe et XVIIIe siècles. Cette expérience lui permet aussi de séjourner à New York dans le cadre de la galerie de son employeur. De retour dans sa région natale, il crée son propre atelier et développe progressivement une activité de fabrication, de restauration et de formation.
L’atelier travaille d’abord sur des meubles destinés à des usages concrets. Une réalisation peut être pensée autour d’une console, d’un banc, d’une table, d’un rangement ou d’un objet plus petit. La restauration demande une autre manière d’observer : il faut comprendre la construction d’origine, repérer les assemblages, distinguer les traces d’usure et intervenir sans effacer le caractère de la pièce. La modification d’un meuble peut également viser un nouvel usage, une meilleure stabilité ou une adaptation aux dimensions d’un intérieur. Chaque projet est abordé en fonction de son état, de ses proportions et du résultat recherché.
La transmission occupe une place essentielle dans le fonctionnement du centre. Les stages se déroulent sur deux formats principaux : deux jours et demi, du lundi matin au mercredi midi, ou une semaine complète du lundi au vendredi midi. Les participants peuvent choisir différents thèmes, parmi lesquels l’ébénisterie aux outils à main, la défonceuse, l’électroportatif, les machines stationnaires, les jouets en bois, la restauration de meubles et de sièges ou la sculpture ornementale. Le placage et la finition peuvent faire l’objet d’une demande particulière. Cette variété permet de commencer par un geste simple, puis d’évoluer vers une réalisation plus ambitieuse.
Deux niveaux sont proposés. L’initiation ne demande aucun prérequis et s’adresse aux personnes qui n’ont jamais travaillé le bois. Le perfectionnement convient à celles et ceux qui possèdent déjà quelques automatismes et veulent approfondir une technique ou découvrir un nouvel outil. Dans les deux cas, le projet est défini selon le thème choisi et les capacités de chacun. Des modèles de meubles sont proposés pour faire découvrir une difficulté technique précise. Avec l’accord du formateur, un participant peut aussi venir avec une idée personnelle et la transformer en objet réalisable pendant le séjour.
La première matinée sert à présenter l’atelier, le matériel et les consignes de sécurité. Chaque stagiaire dispose ensuite de son propre établi, choisi à une hauteur adaptée, ainsi que d’une caisse à outils équipée de manière identique. L’électroportatif comprend notamment du matériel Bosch ; les machines stationnaires citées sur le site sont de marques Felder, SCM et Robland. Les personnes qui le souhaitent peuvent apporter un outil électroportatif pour apprendre à le régler ou mieux le prendre en main. Des gants, des lunettes et des casques sont fournis, tandis que le port de chaussures de sécurité est conseillé.
Le travail en petit groupe constitue un autre repère décisif. Les sessions sont limitées à cinq personnes, ce qui permet à Loïc de suivre les gestes, de corriger un réglage et de proposer une aide adaptée au niveau de chacun. Une passe de rabot trop appuyée, un guidage imprécis à la scie ou un collage mal préparé peuvent compromettre une pièce ; l’accompagnement vise donc autant la précision que la compréhension. Les participants avancent étape par étape, contrôlent leurs mesures et apprennent à corriger une différence avant qu’elle ne devienne difficile à rattraper.
Le bois nécessaire à la réalisation est fourni, de même que les quincailleries utiles à l’objet ou au meuble du programme. Selon le sujet, cela peut comprendre des charnières, des aimants ou un système d’éclairage. La formation ne se limite pas à une démonstration : chacun travaille sur sa propre pièce, avec un établi et des outils disponibles pendant toute la session. Le résultat est poncé, assemblé et fini au fil des journées, puis le stagiaire repart avec sa réalisation. Ce passage de la planche à l’objet permet de mesurer le temps consacré au tracé, au débit, à l’ajustage, au collage et à la protection de la surface.
Les thèmes liés aux machines stationnaires permettent d’aborder des opérations qui demandent une attention particulière. Dégauchir une face, obtenir une épaisseur régulière, réaliser une coupe ou préparer un profil implique de régler l’outil, de placer la pièce correctement et de maintenir une trajectoire stable. La sécurité est présentée avant la pratique et reste associée à chaque opération. Cette méthode aide à comprendre pourquoi un geste est nécessaire, plutôt qu’à reproduire une séquence sans en saisir les conséquences.
La sculpture ornementale et la fabrication de jouets offrent une approche différente du bois. La sculpture invite à suivre le dessin, la profondeur et les ombres créées par les gouges. Un jouet demande de réfléchir aux proportions, à la solidité des assemblages et à la douceur des arêtes manipulées par un enfant. La restauration de meubles et de sièges apprend quant à elle à respecter une construction existante, à sélectionner une réparation mesurée et à accorder la finition avec les parties conservées. Ces thèmes donnent à chacun une manière d’entrer dans le métier selon sa sensibilité.
L’accueil est organisé pour favoriser la convivialité. Les stagiaires se retrouvent autour d’une pause et déjeunent ensemble dans un espace voisin de l’atelier. Ils peuvent apporter leur repas ou choisir une formule comprenant un plat, un fromage et un dessert. Le site indique également que des caravanes et des camping-cars peuvent séjourner dans la cour intérieure pendant le stage, avec accès aux sanitaires et à un club-house. Il n’y a pas d’hébergement permanent sur place, mais des chambres d’hôtes, gîtes et hôtels existent dans les environs. Le village n’étant pas desservi par le train ou le bus, la préparation du déplacement mérite d’être anticipée.
Les tarifs publiés pour les sessions indiquent un format de deux jours et demi à 360 euros TTC. Une semaine consacrée aux outils à main ou à la sculpture est annoncée à 600 euros, tandis que les formules d’initiation et de perfectionnement aux techniques d’atelier sont proposées respectivement à 620 et 660 euros TTC. Les prix comprennent la formation, le bois et les quincailleries nécessaires au projet prévu. Des périodes plus longues ou un objet différent du programme peuvent être étudiés sur demande. Les dates sont planifiées sur plusieurs semaines de l’année, avec la possibilité de contacter l’atelier pour une autre période.
L’entreprise familiale est aussi portée par Marie, l’épouse de Loïc, qui gère la partie commerciale et administrative, les plannings, les pauses et les repas. Cette organisation laisse au formateur le temps de rester présent auprès des stagiaires et de suivre les projets en cours. Le lieu s’adresse ainsi à des adultes, des jeunes, des seniors, des femmes et des hommes qui veulent découvrir le bois ou fabriquer eux-mêmes un meuble. Certains reviennent pour apprendre une nouvelle technique, d’autres profitent d’un séjour pour donner forme à un projet personnel.
À Hallivillers, l’atelier de Loïc Budin propose donc une expérience complète de l’ébénisterie : concevoir ou restaurer un meuble, apprendre à choisir et préparer le bois, utiliser des outils à main ou des machines, puis mener une finition jusqu’à un résultat durable. La taille des groupes, l’équipement disponible et l’accompagnement individualisé rendent les gestes accessibles sans réduire l’exigence technique. Le centre associe la rigueur héritée des meubles de collection à une pédagogie chaleureuse, où l’on apprend sérieusement en gardant le plaisir de fabriquer.