Atelier & professionnel

Lorelei Felt — feutrière et artiste lainière à Fleurey-lès-Faverney

Fleurey-lès-Faverney

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Fleurey-lès-Faverney, en Haute-Saône, Lorelei Felt transforme la laine, la soie et certaines fibres végétales en vêtements, accessoires et objets décoratifs. La feutrière présente un univers où les matières naturelles deviennent des créations uniques et poétiques. Étoles, chapeaux, vêtements, bijoux, tableaux et éléments de décoration y prennent forme grâce au feutrage, avec un langage visuel nourri par les textures, les couleurs et les formes organiques. Le travail associe un savoir-faire ancien à une expression contemporaine, tout en laissant à chaque fibre une part de présence et de variation.

La nature constitue le premier point de départ de cette démarche. L’écorce d’un chêne ou d’un bouleau, les lichens sur une pierre, les mousses, le mouvement d’une branche, une fleur ou l’aile d’une libellule peuvent faire naître une idée de surface ou de silhouette. Les formes organiques, les textures brutes et les nuances observées dehors alimentent une recherche qui ne sépare pas la matière de l’imaginaire. La musique, les contes et les mythes peuvent également accompagner la création. Une étole, un vêtement ou un objet feutré devient alors le résultat d’un dialogue entre une fibre souple et des images venues du monde vivant.

Le parcours de Lorelei Felt passe d’abord par l’histoire et la reconstitution historique. Elle commence à fabriquer des costumes en autodidacte, en portant une attention particulière aux techniques de couture souvent réalisées à la main et au choix de tissus cohérents avec les périodes évoquées. Cette pratique lui fait découvrir les arts textiles et les possibilités des matières naturelles. Elle élargit ensuite ses réalisations aux vêtements, sacs, étoles et chapeaux, en privilégiant le lin, la soie, le drap de laine et les tissus recyclés. La découverte du métier de feutrière vient prolonger cette recherche : la laine offre une matière que l’on peut construire directement, sans passer par le filage ou le tissage.

Le feutre artisanal est un textile non tissé. Il naît de fibres de laine qui s’accrochent les unes aux autres sous l’effet conjugué de l’eau, du savon, de la chaleur et des frottements. Les petites écailles présentes sur les fibres s’ouvrent, se saisissent des fibres voisines et finissent par former une matière cohérente. Le processus peut produire une étoffe dense et solide, mais aussi une surface souple, élastique ou modelée selon la manière dont elle est travaillée. Ce phénomène distingue le feutre de laine de la feutrine industrielle et de la laine bouillie, qui ne reposent pas sur la même construction.

Lorelei Felt privilégie particulièrement le feutrage humide. La laine est répartie en fonction de l’épaisseur et du dessin recherchés, puis humidifiée avec de l’eau savonneuse. Les frottements et le foulage, qui peuvent comprendre le roulage et le pétrissage, rapprochent progressivement les fibres. Le rétrécissement qui suit donne du corps à la matière et fixe la relation entre les couleurs. Une nappe très fine peut servir à créer une étole légère ; une construction plus épaisse peut devenir un chapeau, une pochette ou un objet qui tient seul en volume. Le geste doit suivre l’évolution de la laine afin de ne pas perdre la répartition initiale tout en permettant à l’ensemble de se resserrer.

Le feutrage à l’aiguille intervient parfois en complément. Cette technique sèche permet de préciser certains dessins et d’ajouter des détails dans une surface déjà préparée. Elle ne remplace pas le feutrage humide, qui reste le cœur de la démarche, mais offre une autre manière de diriger les fibres. Une ligne fine, un motif ou une petite forme peuvent être travaillés avec davantage de précision. L’association des deux procédés élargit les possibilités de composition, depuis une nappe colorée jusqu’à un décor qui demande des contours plus lisibles.

La laine mérinos est choisie pour les vêtements et les créations destinées au contact de la peau. Sa douceur convient aux étoles et aux pièces portées, où le toucher compte autant que la couleur. Lorelei Felt cite la laine Mérilainos, issue d’un collectif d’éleveurs qui valorise la laine du mouton Mérinos d’Arles. Pour les accessoires et les objets décoratifs, la feutrière utilise aussi des laines de pays dont le caractère tient à la race, au volume de la fibre et à sa manière de se mêler. Noire du Velay, Bizet, Thones et Marthod, Ouessant, Gotland ou Wensleydale sont citées parmi les laines explorées dans l’atelier.

Le choix des élevages s’inscrit dans une réflexion sur l’origine de la matière et le bien-être animal. Lorelei Felt recherche de petits troupeaux d’éleveurs français, aussi proches que possible, qui souhaitent valoriser leur laine. Cette orientation donne une place aux nuances naturelles et évite de considérer la fibre comme une matière anonyme. La feutrière se forme également auprès de maîtres teinturiers spécialisés dans la teinture naturelle. En attendant de teindre elle-même de nouvelles laines, elle utilise un stock de laine mérinos colorée selon les normes OEKO-TEX 100, GOTS 5.0 et GRS, telles qu’elles sont présentées par l’atelier.

La palette ne se limite pas à la laine. La soie apporte de la finesse et de la lumière ; le lin, l’ortie et le chanvre introduisent des effets de texture et de transparence. Ces fibres végétales se mêlent à la laine pour créer des contrastes dans une étoffe ou un objet. Des chutes de tissus et des morceaux de fils peuvent également être incrustés dans les créations. Les matériaux recyclés gardent alors une trace de leur histoire tout en participant à une nouvelle surface. La combinaison dépend du projet : une étole peut rechercher la légèreté et le mouvement, tandis qu’un élément décoratif peut privilégier le relief et la densité.

Les vêtements et les étoles mettent en évidence le rapport du feutre au corps. Une étoffe feutrée doit trouver un équilibre entre chaleur, souplesse et confort. La répartition de la laine influence le tombé, la sensation sur la peau et la manière dont le vêtement accompagne un mouvement. Les matières ajoutées peuvent créer une transparence ou une ligne plus marquée. La couture et la mise en forme servent ensuite à donner une silhouette, mais la surface conserve l’irrégularité mesurée du feutrage manuel. Une pièce portée se découvre ainsi autant par son toucher que par son apparence.

Les chapeaux et les accessoires montrent la capacité du feutre à tenir un volume. Un béret, un chapeau, une pochette ou un autre objet commence par une répartition de fibres qui doit se resserrer autour d’une forme pensée pour l’usage. L’épaisseur n’est pas uniforme par hasard : elle peut être renforcée sur une bordure, un fond ou une zone soumise aux manipulations. La matière accepte les courbes et les déformations guidées, à condition que le foulage soit suffisamment avancé. Les couleurs et les détails s’intègrent avant ou pendant le travail afin que la surface reste cohérente avec la silhouette.

Les créations décoratives prolongent cette recherche vers des formes qui ne sont plus portées. Un tableau de laine peut organiser des nappes de couleur, des lignes et des textures comme une composition picturale. Un objet en volume met plutôt en jeu la tenue, l’ouverture et les ombres produites par la surface. La laine peut rester douce et mate ou recevoir des éléments qui accrochent la lumière. Le feutre devient alors une matière de décoration, capable d’apporter du relief dans un intérieur sans perdre son caractère textile. Les fibres végétales, la soie, les tissus recyclés et les fils oubliés enrichissent cette écriture par leurs différences de toucher.

Les créations présentées sous les noms « Labyrinthe », « Punctus », « Gradient Ocean II » et « Fleur de Jean » témoignent de cette diversité. Ces titres évoquent des directions distinctes : un cheminement de formes, un jeu de points, un passage entre des nuances et une relation avec le végétal. Ils appartiennent à un ensemble qui comprend vêtements, étoles, accessoires et décoration. Le travail de la feutrière ne cherche pas à rendre toutes les surfaces identiques. Les fibres se mélangent avec une part d’imprévisible, et cette part devient une composante de l’œuvre finale.

Le feutre est aussi un médium méditatif. Lorelei Felt le décrit comme un art lent qui sollicite les sens et apaise l’esprit. Le mouvement répété du foulage, la résistance de la laine et l’évolution de la surface demandent une attention continue. La matière ne se laisse pas accélérer sans conséquence : un feutrage insuffisant ne donne pas la même tenue qu’un feutrage poussé, et une répartition mal observée peut modifier le dessin. Cette temporalité offre un espace de concentration où le geste, la respiration et la transformation de la fibre participent à la création.

La transmission occupe une place dans cette activité. Le métier de feutrière est encore peu connu en France, alors que le feutre accompagne depuis longtemps les usages textiles, les objets et la chapellerie dans d’autres régions du monde. Lorelei Felt aime expliquer les procédés et échanger avec les personnes qui souhaitent comprendre comment une matière dense naît d’une fibre légère. Son propre apprentissage, commencé en autodidacte puis approfondi auprès de feutrières expérimentées, nourrit cette volonté de rendre le geste plus lisible. Parler de la laine permet aussi de faire connaître les élevages, les races, les choix de teinture et les possibilités offertes par le feutrage.

À Fleurey-lès-Faverney, Lorelei Felt associe donc une sensibilité aux paysages et une recherche textile exigeante. La laine mérinos et les laines de pays, la soie, le lin, l’ortie, le chanvre et les matériaux recyclés sont choisis pour leurs qualités propres. Le feutrage humide construit des étoffes, des volumes et des surfaces ; l’aiguille précise certains détails. Vêtements, étoles, chapeaux, accessoires et objets décoratifs prolongent une même attention au toucher, à la couleur et aux formes organiques. Cette pratique fait du feutre un matériau vivant, capable de relier un savoir-faire ancestral à une création actuelle et personnelle.

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    Feutrière et Artiste Lainière — Lorelei Felt (site externe)

    Organisme : Lorelei Felt

    Fait soutenu
    Le site officiel présente Lorelei Felt, son activité de feutrière et d’artiste lainière, ses créations en laine, soie et fibres végétales, ainsi que son implantation à Fleurey-lès-Faverney.
    Consultée le
    10 septembre 2026

Vous représentez cet atelier ou vous avez repéré une erreur ?

Revendiquer la ficheSignaler une correction