Atelier & professionnel

Mamette Laine — Christel Gonzales, paysanne moutonnière et artisane lainière à Salsein

Salsein

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Salsein, en Ariège, Christel Gonzales développe Mamette Laine autour d’un parcours qui relie l’élevage des moutons, la transformation des toisons et la création textile. Elle se présente comme paysanne moutonnière et artisane lainière, avec une activité qui va de la matière première aux vêtements, bijoux et accessoires de mode. Cette continuité donne à son travail une identité particulière : la laine n’est pas achetée comme une matière anonyme destinée à être simplement façonnée, elle est suivie à travers de nombreuses étapes jusqu’à devenir une pièce unique.

Le nom Mamette vient d’un héritage familial. Christel Gonzales a reçu de sa grand-mère ce surnom, mais aussi une passion et un savoir-faire liés à la laine. Elle poursuit cet héritage en tant qu’artisane d’art, éleveuse et pédagogue. La transmission familiale se prolonge donc dans une pratique actuelle, avec des modèles uniques et une volonté de faire comprendre la valeur d’une fibre qui porte une histoire agricole, animale et artisanale. Chaque création reste liée à un ensemble de gestes qui commencent bien avant le travail de l’aiguille, du crochet ou du feutrage.

Christel Gonzales revendique la création d’une pièce et d’une seule à la fois. Ce choix donne au temps de fabrication une place essentielle. Un modèle unique ne cherche pas à reproduire mécaniquement une série d’exemplaires identiques. Il se construit selon la matière disponible, les nuances de la laine, la forme souhaitée et les décisions prises au fil du travail. La pièce peut garder une variation de texture, un mélange de tons ou une différence de volume qui témoigne de sa fabrication. L’objet porté devient ainsi une création identifiable, avec une relation directe entre les fibres et le geste.

La démarche met en avant des matières premières de qualité, nobles et traçables, dans un cadre écologique, social et humain responsable. La traçabilité permet de suivre l’origine et le parcours de la matière, tandis que la qualité se découvre dans la douceur, la résistance, la chaleur et la capacité de la laine à être transformée. Le travail en conscience ne sépare pas la valeur esthétique de la manière dont les fibres sont obtenues et préparées. Il invite à regarder le vêtement ou l’accessoire comme le résultat d’une chaîne complète, où chaque étape compte.

Toute la transformation de la laine est réalisée par Christel Gonzales. Le parcours commence avec l’élevage et la tonte des toisons. La tonte libère la fibre qui a poussé sur le mouton, mais elle ne produit pas encore une matière prête à être filée ou feutrée. Il faut ensuite trier la laine, écarter ce qui ne convient pas et distinguer les qualités de fibres. Le lavage retire les impuretés et prépare la toison à la suite des opérations. L’écharpillage ouvre la matière et sépare les fibres agglomérées avant le cardage.

Le cardage organise les fibres et les rend plus régulières. Cette étape prépare la laine à plusieurs directions possibles. Elle peut être filée pour obtenir un fil, feutrée pour devenir une nappe compacte ou conservée dans une forme qui servira à une construction textile. Le filage transforme les fibres cardées en un fil continu grâce à la torsion. La manière de filer influence l’épaisseur, la souplesse et la présence du fil. La laine filée main conserve une relation visible avec la toison de départ et permet d’adapter la matière au modèle créé.

Le feutrage constitue une autre voie de transformation. Les fibres sont rapprochées et agglomérées afin de former une surface ou un volume. La matière peut devenir dense, souple, épaisse ou plus légère selon le projet. Le feutre se prête à la fabrication d’un vêtement, d’un élément décoratif ou d’un accessoire, mais il peut aussi entrer dans la composition d’un bijou. Le travail demande d’observer la réaction de la laine et de guider la forme au lieu de forcer la matière à suivre un résultat prévu sans variation.

La création textile de Mamette Laine ne s’arrête pas au filage et au feutrage. Les pièces présentées montrent aussi le rôle du crochet. Le crochet transforme un fil en mailles qui peuvent dessiner une surface, un relief ou une bordure. Il permet de construire un vêtement avec une progression visible, rang après rang. Associé à une laine filée main, il donne au modèle une texture qui dépend de l’épaisseur du fil, de la tension et du point choisi. Le crochet peut également servir à réaliser un col, une finition ou un élément décoratif qui personnalise une pièce.

La Cape Holda est réalisée à partir de laine de mouton Skuddes, feutrée à la main, avec un col crocheté en laine filée main. Elle réunit donc deux transformations de la fibre dans un même vêtement. Le corps de la cape s’appuie sur une surface feutrée, tandis que le col introduit une construction au crochet. La différence entre les deux techniques peut se lire dans la texture et dans la manière dont le vêtement se pose. La cape devient une enveloppe, mais elle reste aussi une démonstration de la façon dont une seule matière peut être conduite par plusieurs gestes.

Le choix du mouton Skuddes donne à cette cape une identité propre. La laine n’est pas décrite comme une couleur générique ; elle est reliée à une race et à une matière précise. Le feutrage à la main conserve la particularité de la fibre et permet de construire un modèle unique. Le col crocheté ajoute une ligne et une finition qui structurent la silhouette. Cette combinaison montre l’intérêt d’un travail où la matière première, la technique et la forme ne sont jamais séparées.

La Robe Virginia ouvre une autre possibilité. Elle est réalisée en laine, lin et soie et crochetée à la main. L’association de ces fibres apporte un dialogue entre la chaleur et le relief de la laine, la tenue du lin et la présence plus lisse de la soie. Le crochet construit la robe à partir de mailles, et le modèle reste annoncé comme unique. La robe porte ainsi une histoire de matières mélangées et de gestes répétés, avec une surface qui peut être observée dans le détail des points comme dans la silhouette générale.

Le Gilet Holda est crocheté avec de la laine Shetland filée main. Il associe à cette matière des bijoux en boule de feutre et en bois. Ce modèle ne traite pas la décoration comme un ajout indépendant. Les boules de feutre prolongent le travail de la laine, tandis que le bois introduit une matière différente, plus ferme et plus visuelle. Le gilet devient un vêtement orné par des éléments qui rappellent son origine artisanale. La laine filée main donne au crochet une présence irrégulière et chaleureuse, et les éléments en feutre et en bois rythment la pièce.

Les bijoux en boules de feutre montrent comment la laine peut passer du textile à l’accessoire. Une boule doit être suffisamment compacte pour conserver sa forme, mais elle peut garder une surface douce et légèrement fibreuse. Son diamètre, sa couleur et son assemblage modifient la manière dont le bijou se porte. Le bois apporte un contraste de matière et de poids. Cette association permet de créer des accessoires qui ne ressemblent pas à des bijoux métalliques ou à des pièces produites dans une matière uniforme.

Les vêtements uniques de Mamette Laine se choisissent aussi pour leur relation au corps. Une cape enveloppe et crée une ligne extérieure ; une robe suit une silhouette et demande une répartition régulière de la matière ; un gilet accompagne les mouvements et laisse apparaître les détails du crochet. La fibre agit sur la chaleur, le poids et le tombé. La construction artisanale permet d’observer ces qualités pendant la réalisation et d’adapter le modèle à la matière disponible, plutôt que de partir d’un tissu standard dont les caractéristiques seraient fixées à l’avance.

Le travail à toutes les étapes donne également une cohérence à la démarche écologique annoncée. L’élevage, la tonte, le tri, le lavage, l’écharpillage, le cardage, le filage et le feutrage sont réalisés par la même artisane. Cette maîtrise réduit la distance entre la toison et la création. Elle permet de savoir comment la fibre a été préparée et de choisir le moment où elle devient fil, nappe, boule ou surface crochetée. Christel Gonzales présente cette organisation comme un choix écologique avec un bilan carbone proche de zéro, en accord avec son cadre de travail.

La pédagogie accompagne la fabrication. En tant qu’éleveuse et pédagogue, Christel Gonzales peut montrer la continuité entre l’animal, la fibre et l’objet. Comprendre la laine commence par regarder une toison, sa texture et ses différences. Il faut ensuite suivre la transformation progressive : une matière brute devient une fibre triée, une nappe cardée, un fil ou un feutre. Cette connaissance permet de mieux apprécier la pièce finale, car le vêtement ne semble plus apparaître par magie. Il garde la mémoire de gestes précis et d’un temps de préparation.

La transmission des savoir-faire devient particulièrement lisible dans les modèles uniques. Une cape, une robe ou un gilet ne sont pas seulement des résultats à porter ; ils montrent des techniques différentes et une manière de composer avec les fibres. La laine Skuddes, la laine Shetland, le lin, la soie et le bois donnent des présences variées. Le feutrage, le filage main et le crochet organisent ces matières de façons distinctes. L’artisane peut ainsi faire comprendre qu’un textile ne se définit pas uniquement par son aspect, mais aussi par son origine et par la suite de gestes qui lui a donné sa forme.

À Salsein, Mamette Laine associe donc une activité paysanne, un atelier de transformation et une création de mode. Christel Gonzales suit la laine depuis l’élevage et la tonte des moutons jusqu’au tri, au lavage, à l’écharpillage, au cardage, au filage et au feutrage. Elle crée des modèles uniques, dont la Cape Holda en laine Skuddes, la Robe Virginia en laine, lin et soie et le Gilet Holda en laine Shetland filée main, avec des éléments en feutre et en bois. Cette pratique donne à la fibre une trajectoire complète et lisible, tout en faisant de chaque vêtement, bijou ou accessoire une pièce singulière où se rencontrent l’animal, la matière, le geste et la transmission.

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Source institutionnelle annuaire-officiel

    Mamette Laine — Christel Gonzales (site externe)

    Organisme : CMA Occitanie

    Fait soutenu
    La fiche officielle présente Christel Gonzales comme paysanne moutonnière, artisane lainière et pédagogue à Salsein, la transmission familiale du surnom Mamette, les modèles uniques, le travail de la laine de l’élevage à la tonte, au tri, lavage, écharpillage, cardage, filage et feutrage, la démarche écologique, ainsi que la Cape Holda, la Robe Virginia et le Gilet Holda.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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