À Barby, en Savoie, Marie-Agnès Douchez exerce la sculpture sur bois et développe des créations, des restaurations et des cours autour de ce matériau. Elle travaille principalement à la main, avec des gouges de sculpteur, et utilise surtout des essences de bois issues des régions françaises. Son activité comprend les sculptures sur commande pour particuliers ou professionnels, la personnalisation de manches de couteaux Opinel, la décoration de meubles et d’objets, la réalisation de panneaux et la restauration de cadres ou d’objets d’art en bois. Une formation à la sculpture ornemaniste et à la dorure complète ce savoir-faire et permet d’aborder aussi bien une pièce autonome qu’un élément intégré à un décor.
Le parcours de Marie-Agnès Douchez passe par les Beaux-Arts, un atelier de statuaire et une activité de designer d’espaces extérieurs. Son rapport au volume et à la composition s’est construit avant qu’elle ne se consacre pleinement au bois. Elle a ensuite travaillé à l’Atelier Saint Joseph, à Pugny-Chatenod, un atelier consacré à des statues religieuses de style roman. Elle y a été formée à la polychromie et à la dorure. La pratique des gouges dans cet environnement a renforcé son envie de retrouver la sculpture et de l’approfondir. Une reconversion lui a permis de se former spécifiquement à la sculpture sur bois. Depuis 2005, elle propose ce savoir-faire aux personnes qui souhaitent acquérir, restaurer ou faire réaliser une pièce.
Le bois occupe une place centrale dans sa démarche parce qu’il est à la fois tactile, chaud et expressif. Une planche ou un bloc possède une histoire visible dans son fil, ses variations de teinte, ses nœuds et ses irrégularités. Le sculpteur doit lire cette matière avant de choisir l’orientation du dessin et la profondeur du relief. Une ligne qui suit le fil ne se comporte pas comme une ligne qui le traverse. La résistance change selon l’essence, la densité et l’humidité. Cette observation conduit à adapter la forme au matériau réel plutôt qu’à appliquer un modèle identique sur chaque pièce.
La gouge est l’outil principal de l’atelier. Elle permet d’ouvrir progressivement le volume, d’enlever une partie de matière, de creuser un fond ou de préciser une arête. Les différents profils de lame produisent des marques et des courbes distinctes. Le geste doit rester régulier, car une entaille trop profonde peut modifier la composition ou fragiliser un détail. La sculpture avance par étapes : dégrossissage, mise en place des masses, définition du motif, reprise des transitions et finition. Les pleins et les vides, les lumières et les ombres apparaissent au fur et à mesure que la surface se dégage.
La sculpture ornemaniste associe le relief à la construction d’un décor. Une feuille, une volute, une moulure, un motif figuratif ou une composition géométrique doit garder une relation avec son support. Sur un meuble, le décor accompagne une façade, un pied, un panneau ou un élément de structure. La profondeur ne peut donc pas être choisie uniquement pour son effet visuel. Elle doit rester compatible avec les assemblages, la solidité et l’usage de l’objet. Un ornement destiné à être regardé de près ne se travaille pas comme un relief placé au-dessus d’une porte ou sur une pièce de mobilier visible à distance.
Les commandes sur mesure commencent par une demande précise ou par une idée encore ouverte. Le projet peut concerner une sculpture, un tableau en bois, une statue, un décor, une pièce destinée à un jardin ou un objet qui doit être offert. Le dessin sert à déterminer les proportions, la posture, les zones de relief et le rapport entre les surfaces. Le choix de l’essence intervient ensuite avec les contraintes du format et de l’emplacement. Une commande pour un professionnel peut demander de respecter une identité, un usage ou une dimension particulière ; une demande personnelle peut partir d’un thème, d’un souvenir ou d’une figure appréciée.
Marie-Agnès Douchez réalise aussi des manches de couteaux Opinel personnalisés, en bas-relief ou en ronde-bosse. Un manche de petit format impose une lecture très resserrée et une bonne résistance aux manipulations. Le motif doit s’intégrer à la prise en main sans créer d’arête inconfortable. Le relief, le dessin et la finition sont pensés avec la forme existante du couteau. Cette personnalisation montre comment la sculpture peut s’inscrire dans un objet quotidien, en donnant à un accessoire courant une dimension singulière sans perdre sa fonction.
La ronde-bosse se lit de tous les côtés. Une statue ou une figure doit conserver une cohérence de silhouette lorsqu’elle est observée depuis plusieurs angles. Les masses principales sont donc préparées en tenant compte du dos, des côtés, des appuis et de la manière dont la lumière circule autour du volume. Le bas-relief, au contraire, reste lié à un fond. La profondeur disponible, les plans successifs et la distance de regard déterminent son expressivité. Ces deux pratiques demandent une compréhension différente de l’espace, même lorsqu’elles partent d’un même sujet.
Le site de l’artiste présente notamment des œuvres de sculpture, des tableaux et des statues pouvant être choisies pour soi ou offertes. Une pièce destinée à un cadeau doit prendre en compte le goût de la personne, le format souhaité et la place disponible. Une création exposée dans une galerie ou une exposition se découvre dans un contexte différent d’un objet installé chez un particulier. La finition, le support et les conditions de présentation peuvent être discutés en fonction de la destination. Dans chaque cas, le travail manuel conserve les variations du geste et l’empreinte de l’essence choisie.
La restauration et la décoration prolongent l’activité vers le mobilier et les objets déjà existants. Un cadre sculpté, un meuble ou un objet d’art peut présenter des manques, des chocs, une finition altérée ou une partie décorative fragilisée. Avant d’intervenir, il faut examiner ce qui subsiste, comprendre la construction et distinguer l’usure d’une dégradation. Une restitution trop neuve peut rompre l’équilibre de la pièce ; une intervention trop légère peut laisser un défaut qui gêne la lecture ou l’usage. La réponse est donc adaptée à l’état de l’objet et au niveau de conservation recherché.
La dorure apporte une dimension lumineuse à la sculpture et à l’ornement. Elle peut souligner un relief, donner du contraste à une moulure ou modifier la perception d’un objet. La surface doit être préparée afin que la finition adhère régulièrement et que le dessin reste lisible. Les creux retiennent davantage l’ombre, tandis que les parties saillantes accrochent les reflets. La couleur, la brillance et les éventuelles variations de la dorure sont liées au support, à la forme et à l’environnement de présentation. La polychromie apprise dans l’atelier de statuaire complète cette attention aux surfaces et aux effets visuels.
Le choix du bois régional participe à l’identité des réalisations. Les essences locales peuvent présenter des teintes, des grains et des duretés différents. Une pièce fine demande une matière qui accepte la précision du relief ; un volume plus grand doit conserver une stabilité suffisante ; un objet manipulé régulièrement nécessite des arêtes et une finition capables de supporter l’usage. Le séchage, l’exposition à la chaleur, l’humidité et les changements rapides de température influencent la conservation. Le bois n’est pas un matériau immobile : il continue à réagir à son environnement, ce qui doit être pris en compte au moment de la conception et de l’installation.
Marie-Agnès Douchez transmet également la sculpture sur bois dans des cours et des stages. Les participants peuvent choisir leur propre pièce et avancer à leur rythme, avec des conseils adaptés à leur niveau et à leur projet. Des gouges sont mises à disposition et chaque personne travaille sur un établi équipé d’une presse. Les formats annoncés vont de la demi-journée à la semaine, avec des réalisations qui peuvent prendre la forme d’une rosace entaillée, d’un bas-relief ou d’une ronde-bosse simple. Le bois nécessaire au projet doit être prévu séparément. L’atelier peut aussi se déplacer avec son matériel dans des stations, des structures partenaires ou chez des particuliers réunis en petit groupe.
Un cours de sculpture permet de comprendre les étapes qui restent invisibles dans une œuvre achevée. Le débutant apprend à tenir la gouge, à contrôler la direction de la coupe, à dégager un fond et à laisser des réserves de matière. Avec la pratique, il peut aborder des plans plus nombreux, préciser les transitions et construire un relief plus complexe. Le choix d’un sujet libre favorise une relation personnelle avec l’objet. Le rôle de l’enseignante consiste à accompagner le geste et à aider chacun à résoudre les difficultés propres à son morceau de bois, sans imposer une production identique à tous.
La transmission relie la technique à l’histoire des métiers de la main. Les anciennes méthodes ne se résument pas à une liste d’outils : elles comprennent une manière de choisir la matière, de préparer le dessin, d’affûter la lame et de lire les effets de la lumière. Une pièce peut sembler simple lorsque le relief est terminé, alors que sa construction demande de nombreuses décisions. Les cours rendent ces choix visibles et donnent le temps de les expérimenter. Ils peuvent convenir à une personne qui découvre la sculpture comme à un amateur qui souhaite progresser sur un projet personnel.
Pour une commande ou une restauration, des photographies, les dimensions et la destination de l’objet permettent de préparer un premier échange. Il est utile de préciser si la pièce sera regardée, manipulée, installée à l’intérieur ou exposée dans un autre environnement. Un motif destiné à un panneau ne recevra pas nécessairement la même profondeur qu’un décor de meuble. Pour un cadre ou un objet d’art, les vues des zones abîmées aident à comprendre les besoins, mais l’examen de la matière reste déterminant avant de choisir une méthode. La fabrication, la sculpture, la dorure, la finition et la remise de la pièce sont ensuite organisées selon le projet.
À Barby, Marie-Agnès Douchez associe sculpture sur bois, ornementation, dorure et restauration dans une pratique construite autour du travail manuel. Les gouges révèlent les formes, les essences régionales donnent leur caractère aux pièces et le dessin guide la profondeur du relief. L’atelier accepte des commandes personnalisées, transforme des objets du quotidien, intervient sur des meubles ou des cadres et accueille des personnes désireuses d’apprendre. Entre la figure sculptée, le bas-relief, la ronde-bosse, la finition dorée et l’objet restauré, son activité montre la diversité d’un bois travaillé avec patience, précision et attention à la vie intérieure du volume.